L'infertilité, un problème croissant qui touche l'intimité des couples, est en augmentation constante depuis 20 ans dans les pays industrialisés, affectant aujourd'hui 3,3 millions de personnes en France, soit 1 couple sur 4. Si l'âge de la maternité est souvent pointé du doigt, l'infertilité masculine et son impact sur les fausses couches sont de plus en plus étudiés. Cet article se penche sur les causes masculines liées aux fausses couches, un aspect longtemps négligé.

Infertilité masculine : un aperçu

On parle d'infertilité pour un couple hétérosexuel après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Dans environ trois quarts des cas, l'infertilité est d'origine féminine, masculine ou les deux à la fois. Traditionnellement, les médecins se concentraient sur les femmes pour rechercher les causes des fausses couches récurrentes. Cependant, de récentes études ont mis en lumière le rôle potentiel de la santé des spermatozoïdes.

Le rôle du sperme dans les fausses couches récurrentes

Des fausses couches consécutives sont fréquemment liées à un sperme défectueux. Une étude de l'Imperial College London a révélé que le sperme des hommes dont les partenaires avaient subi trois fausses couches consécutives ou plus présentait un ADN deux fois plus endommagé que la normale.

Altération de l'ADN spermatique : Le matériel génétique des spermatozoïdes du partenaire masculin peut influencer la survenue de fausses couches. Des échantillons de sperme des partenaires masculins des femmes atteintes de pertes de grossesse récurrentes ont été comparés à ceux d'un groupe témoin sain. Les chercheurs ont conclu que le sperme des partenaires présentait deux fois plus d'altération de l'ADN (ADN fragmenté) du sperme par rapport au groupe témoin.

Espèces réactives de l'oxygène (ROS) : L'hypothèse « ROS » suggère que ces dommages à l'ADN pourraient être déclenchés par des espèces réactives de l'oxygène, dont les niveaux apparaissent multipliés par 4 par rapport au groupe témoin. Les molécules réactives à l’oxygène (ou dérivés actifs de l’oxygène : DAO) produisent, si elles sont en excès, un stress oxydatif qui joue un rôle important dans le processus des altérations des spermatozoïdes. En mesurant la concentration de ces molécules, les chercheurs se sont aperçus qu’elles étaient, en moyenne, quatre fois plus concentrées que chez la population témoin. Bref, l’étude ouvre de nouvelles pistes notamment celle de niveaux élevés de ROS, et de nouvelles voies thérapeutiques par la mise au point des traitements permettant d'abaisser ces niveaux.

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Infections : Bien qu'aucun des hommes participant à l'essai n'ait d'infection en cours, certaines bactéries, comme la chlamydia, peuvent affecter la santé des spermatozoïdes. Il est possible que des bactéries présentes dans la prostate, responsables de la formation du sperme, puissent subsister.

Âge et poids : Les hommes dont les partenaires avaient subi des fausses couches étaient également légèrement plus âgés que le groupe témoin (37 ans vs 30 ans) et un peu plus en surpoids.

Taux de testostérone : Par ailleurs, les taux de testostérone étaient 15 % plus faibles chez les partenaires masculins que dans le groupe témoin.

Autres causes d'infertilité masculine

D’après les connaissances actuelles, l’infertilité masculine est majoritairement liée à une altération de la production des spermatozoïdes, la « spermatogenèse » en langage scientifique : soit les spermatozoïdes sont trop peu nombreux, soit de mauvaise qualité ou totalement absents du sperme. C’est la principale cause d’infertilité masculine.

Azoospermie : absence de spermatozoïde. Les causes peuvent être diverses : génétiques, consécutives à une maladie, un accident avec traumatisme des testicules.

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Obstruction des voies génitales : Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent être acheminés normalement dans les voies génitales à cause d’une obstruction : absence de canaux déférents d’origine génétique, canaux endommagés par une infection ou une intervention chirurgicale, traumatisme…

Perturbations de la fonction sexuelle : Il faut aussi explorer les autres perturbations potentielles de la fonction sexuelle, comme les troubles de l’érection et de l’éjaculation.

Facteurs environnementaux et mode de vie: L’environnement au sens large, aussi appelé « exposome », joue un rôle néfaste important sur l’infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement. Cela inclut notamment les pollutions de tous ordres (pollution de l’air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides), les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : la consommation de tabac ou de drogues…

Déséquilibres hormonaux : On sait que certains déséquilibres hormonaux, dus à un mauvais fonctionnement de l’hypothalamus et de l’hypophyse, peuvent expliquer certains cas d’infertilité masculine et féminine. Ainsi, les troubles de la testostérone se traduisent par un déficit de production de spermatozoïdes chez l’homme.

Cancers et traitements anti-cancéreux : Enfin, l’infertilité masculine et féminine peut être causée par certains cancers et traitements anti-cancéreux, comme la chimiothérapie.

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Diagnostic de l'infertilité masculine

Avant toute chose, un point important à préciser : contrairement aux idées reçues, l’infertilité masculine n’a rien à voir avec l’impuissance sexuelle.

Spermogramme : Le spermogramme est généralement prescrit dès le début du bilan. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire pour éviter l’altération des spermatozoïdes pendant le transport. Au préalable, deux à cinq jours d’abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d’épisodes de fièvre ou de prises de médicaments pouvant interférer avec la fabrication de spermatozoïdes. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées.

Spermoculture : La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d’assistance médicale à la procréation.

Test de migration et de survie des spermatozoïdes : Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l’assistance médicale à la procréation.

Caryotype sanguin : Chez l’homme, on réalise également un caryotype sanguin (analyse génétique).

Que faire après une fausse couche ?

Après une fausse couche, en cas de désir d'une nouvelle grossesse, une consultation médicale est indispensable pour se rassurer et faire part de ses éventuelles inquiétudes.

Délai avant une nouvelle grossesse : Pour la majorité des femmes ayant subi une fausse couche précoce, aucun impact sur la fertilité n'est associé. Toutefois, il est conseillé aux femmes ayant eu des avortements spontanés à répétition de consulter un médecin afin de réaliser un bilan afin de rechercher les causes des fausses couches récurrentes. En ce sens, les fausses couches répétées peuvent être à l'origine d'une infertilité au sein du couple. Les chercheurs britanniques ont analysé 16 études portant sur plus d'un million de femmes. Les chances d'avoir une naissance vivante sont conservées. Ce qui importe, avant de concevoir un enfant après une fausse couche est de se sentir prête psychologiquement.

Hygiène de vie : Pour maximiser ses chances de grossesse, l'hygiène de vie est essentielle, étant donné que certains facteurs environnementaux peuvent avoir une influence sur le risque de fausses-couches.

Assistance Médicale à la Procréation (AMP) : Si le couple a des problèmes de fertilité et que le désir d'être de futurs parents est fort, la PMA peut être envisagée. L'une des techniques de PMA est la Fécondation In Vitro (FIV). Pour choisir la technique d’AMP la plus adaptée (insémination ou fécondation in vitro), il faut savoir si les trompes sont bien perméables. En effet, les trompes sont le lieu de la fécondation naturelle.

Infertilité inexpliquée

Concernant les couples hétérosexuels, il peut arriver que le bilan ne révèle aucune cause évidente d’infertilité compte tenu des connaissances actuelles. On parle d’infertilité inexpliquée. Dans cette proposition, le médecin intègre des éléments relatifs à l’âge et la durée de l’infertilité. Il peut arriver qu’il n’y ait pas de proposition thérapeutique évidente, ou qu’elle ne vous convienne pas. Dans ce cas, votre médecin examine avec vous les solutions alternatives.

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