La fausse couche, également appelée avortement spontané, est une réalité vécue par de nombreuses femmes. Elle se définit comme l'interruption spontanée d'une grossesse avant la 20ème semaine (ou 22ème semaine d'aménorrhée). Bien que savoir que l’on est enceinte soit un heureux événement dans la vie d’un couple, particulièrement marquant dans la vie de la femme, il est important de comprendre que certaines grossesses sont interrompues avant leur terme. On estime qu'entre 10 et 15 % des grossesses se terminent par une fausse couche, un pourcentage qui tend à augmenter avec l'âge de la mère.
Types de fausses couches
Il est essentiel de distinguer les différents types de fausses couches :
- Fausse couche précoce : Survenant durant le premier trimestre, elle est la plus fréquente et se produit généralement avant la 10ème semaine de grossesse, parfois avant même que la femme ne soit consciente de sa grossesse.
- Fausse couche tardive : Elle se produit au cours du 2ème trimestre, généralement entre le 4ème et le 5ème mois. Elle désigne l’interruption involontaire d’une grossesse survenant entre 14-15 semaines d’aménorrhée (SA) et 22-24 SA, selon les termes de viabilité du fœtus que l’on prend en compte.
- Fausse couche isolée : Il s'agit d'une fausse couche unique, suivie de grossesses normales.
- Fausses couches à répétition : Définies par au moins 3 interruptions spontanées consécutives avant la 14ème semaine d'aménorrhée.
Causes des fausses couches
Les fausses couches sont le plus souvent dues à des anomalies génétiques de l'embryon ou à des problèmes de santé chez la mère. Dans près de 60 % des cas, notamment au cours du premier trimestre, une fausse couche est due à une anomalie du fœtus qui empêche son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux).
Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon, une condition appelée "œuf clair". Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.
Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus.
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Causes internes
- Anomalies génétiques détectées au niveau de l’embryon (chromosomes mal répartis à l’issue de la fécondation)
- Anomalies pouvant ralentir le développement embryonnaire (notamment anomalies au niveau du cœur ou du système nerveux).
- Anomalies pathologiques (diabète non contrôlé, glande thyroïde, problèmes d’hormone, maladies immunitaires, cœliaque, coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus : fibromes, polypes, poly kyste ovariennes…) détectées au niveau du corps fragile de la mère.
- Infections : la toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus.
Causes externes
- La consommation de certaines substances nocives (tabac, boissons alcoolisées, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès du café, certaines plantes médicinales comme l’absinthe, l’armoise, le génépi, l’aloès, la cascara, la menthe pouliot, la sauge officinale…)
Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de fausse couche :
- Âge de la mère : Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans. Chez les hommes dont l’âge est supérieur à 40 ans, il existe un risque de fausse couche car on constate une augmentation du nombre de spermatozoïde anormale.
- Antécédents de fausses couches : Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle.
- Infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.) peuvent aussi aboutir à l’ouverture du col et à une fausse couche.
- Un âge maternel avancé ou « extrême » (moins de 16 ans ou plus de 35 ans), la privation de sommeil, un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, une malformation utérine, un antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l’utérus), un col court ou encore un col ouvert (avec ou sans la poche des eaux dans le vagin).
Symptômes d'une fausse couche à 9 semaines
Les signes et symptômes d'une fausse couche peuvent varier, mais les plus courants incluent :
- Saignements vaginaux : Ils peuvent être légers ou abondants, et le sang peut être rouge clair ou rouge foncé.
- Caillots de sang ou de tissus brunâtres : L'expulsion de caillots ou de tissus est un signe préoccupant.
- Douleurs : Fortes douleurs au niveau du dos ou au niveau du bas ventre. La fausse couche est suivie d’une forte douleur soit au niveau du bas ventre, soit au niveau de l’abdomen. Les douleurs ressenties pendant une fausse-couche s'apparentent souvent à des crampes menstruelles, mais elles peuvent être plus intenses et prolongées. Certaines femmes décrivent une douleur lancinante dans le bas du dos ou des douleurs irradiantes dans le bassin.
- Disparition des symptômes de grossesse : Absence brusque des symptômes et signes de grossesses (nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…)
- Pour une grossesse de plus de 3 mois, la fausse couche s’annonce généralement par une forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).
Dans certains cas, une fausse couche peut survenir sans aucun symptôme apparent, on parle alors de fausse couche silencieuse.
Quand consulter un médecin ?
Il est crucial de consulter un médecin dans les situations suivantes :
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- Vous constatez un saignement vaginal abondant (à titre d’exemple, si celui-ci vous contraint à utiliser au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure)
- Lorsque vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas ventre, du dos ou de l’abdomen.
- Lorsque vous avez été victime d’une perte de conscience.
Diagnostic
Lors de la consultation médicale, le médecin examine la femme enceinte. Afin de connaître l’évolution de la grossesse il procède à une échographie. Cet examen permet de diagnostiquer une interruption de grossesse. Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire. Cet examen peut être effectué dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée. Les critères posés pour un diagnostic ont été fondés dans le but d’éviter les erreurs de diagnostic.
Traitements
Trois types de traitements sont possibles pour faire face à une fausse couche.
- Traitement médicamenteux : Lorsqu’il s’agit d’une grossesse de moins de 10 semaines, l’interruption peut être traitée à l’aide du Misoprostol, accompagné d’antidouleurs et de médicaments contre la nausée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants une menstruation normale sera également observée. Suivez les recommandations de votre médecin. Dans le cas du médicament, le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires.
- Curetage : C’est le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère. Le curage permet d’éviter toute infection et hémorragie. Des médicaments de la catégorie des sédatifs et des antalgiques vous seront administrés pour vous permettre de supporter la douleur. Une observation de 24 heures à l’hôpital est exigée pour suivre l’évolution de l’état du patient. Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Il est proposé lorsque les saignements sont abondants, que la mère souffre de troubles de la coagulation, et en cas d’échec ou de refus du traitement médicamenteux.
- Fausse couche naturelle : Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie.
Lorsque l’expulsion n’est pas totale ou que la patiente ne souhaite pas attendre que la fausse couche se termine naturellement, un traitement peut être prescrit.
Prévention
A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse.
- Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe
- Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose
- Adoptez une alimentation saine et variée.
- Évitez la consommation de boissons alcoolisées
- Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
- Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.
Impact psychologique et deuil
Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation.
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Après une fausse couche : Conseils et Précautions
Après une fausse couche, il est essentiel de prendre soin de vous physiquement et émotionnellement pour favoriser une récupération optimale et préparer une future grossesse. Voici quelques précautions à suivre :
- Consultez votre médecin Après une fausse couche, une consultation médicale est essentielle pour vérifier que tout est en ordre sur le plan physique. Votre médecin pourra confirmer que l'utérus est vide et qu'il n'y a pas de complications, comme une infection ou des saignements prolongés.
- Récupérez physiquement Donnez à votre corps le temps de récupérer. Reposez-vous, adoptez une alimentation équilibrée riche en nutriments essentiels, et hydratez-vous bien. Si vous ressentez des douleurs ou des symptômes inhabituels, n’hésitez pas à consulter rapidement.
- Évitez les rapports sexuels pendant un certain temps Il est généralement recommandé d'attendre que les saignements cessent avant de reprendre les rapports sexuels. Cela permet de réduire le risque d’infection et de donner à votre corps le temps de guérir.
- Ecoutez vos émotions La fausse couche est une épreuve émotionnelle difficile. Prenez le temps d’exprimer vos émotions, que ce soit avec votre partenaire, vos proches, ou un professionnel. N’hésitez pas à demander de l’aide si vous ressentez le besoin de parler ou de mieux comprendre vos sentiments.
- Évitez les efforts physiques intenses Après une fausse couche, il est préférable d’éviter les activités physiques trop exigeantes pour ne pas fatiguer votre corps inutilement. Privilégiez des activités douces, comme la marche ou le yoga, une fois que vous vous sentez prête.
- Adoptez de bonnes habitudes de vie Arrêter de fumer, limiter votre consommation d’alcool et réduire le stress sont des éléments importants pour votre santé et pour maximiser vos chances de mener à bien une future grossesse.
- Ayez un suivi médical Votre médecin pourra proposer un suivi plus rapproché si nécessaire, notamment en cas de fausses couches répétées.
Tomber enceinte après une fausse couche
Oui, il est tout à fait possible de retomber enceinte après une fausse-couche. Rassurez-vous ! La plupart des femmes qui vivent cette épreuve réussissent à mener une grossesse à terme. Il est toutefois important de prendre en compte plusieurs paramètres avant de se lancer dans une seconde grossesse.
Les médecins recommandent généralement d'attendre au moins un cycle menstruel avant de tenter une nouvelle grossesse. Cela permet à votre corps de retrouver son équilibre hormonal et d'avoir une datation plus précise de la future grossesse. Cependant, dans certains cas, il peut être conseillé d'attendre trois mois, surtout si la fausse-couche a été accompagnée de complications.
Après une fausse-couche, l'ovulation peut reprendre dès deux semaines environ, selon le moment où la fausse-couche est survenue. Si votre santé physique est bonne et que vous vous sentez prête émotionnellement, vous pouvez envisager une nouvelle conception rapidement.
Consultez un professionnel de santé pour évaluer votre état après la fausse-couche. Il pourra vous conseiller sur le moment optimal pour retomber enceinte en fonction de vos antécédents et de votre santé globale.
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