La fausse couche, un événement malheureusement courant, touche en moyenne une grossesse sur cinq. Elle se définit comme un arrêt spontané de la grossesse, survenant le plus souvent avant le troisième mois, mais pouvant aussi se produire plus tardivement, au cours du deuxième trimestre. Comprendre les causes, les symptômes et les options de prise en charge est essentiel pour les femmes enceintes et leurs proches.
Définition et types de fausses couches
Une fausse couche est une grossesse qui s'arrête spontanément. On distingue principalement deux types :
- Fausse couche précoce : elle survient durant le premier trimestre de la grossesse, soit avant 3 mois (14 semaines d'aménorrhée). C'est le type de fausse couche le plus fréquent.
- Fausse couche tardive : elle se produit pendant le deuxième trimestre, entre 14 et 22 semaines d'aménorrhée (avant 5 mois de grossesse). Elle est plus rare que la fausse couche précoce.
Il est important de noter que toute interruption de grossesse et expulsion du fœtus au-delà de 22 semaines d'aménorrhée est qualifiée de "mort fœtale".
Généralement, une fausse couche "a lieu le plus souvent entre la 8e et la 9e semaine d'aménorrhée", détaille le Dr Harvey, soit entre la 6ème et la 7ème semaine de grossesse.
Causes des fausses couches précoces
Les causes des fausses couches sont multiples, et il est important de distinguer les causes internes des causes externes.
Lire aussi: Informations Essentielles sur la Fausse Couche
Causes internes
- Anomalies génétiques de l'embryon : c'est la cause la plus fréquente, notamment lors du premier trimestre. Il peut s'agir d'anomalies chromosomiques (mauvaise répartition des chromosomes lors de la fécondation) ou d'anomalies du développement embryonnaire (affectant le cœur ou le système nerveux, par exemple). Dans environ 60 % des cas, les fausses couches précoces sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal.
- Anomalies de l'œuf clair : les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'embryon.
- Maladies maternelles : certaines pathologies chez la mère peuvent augmenter le risque de fausse couche, comme un diabète mal contrôlé, des problèmes de thyroïde, des maladies auto-immunes, la maladie cœliaque, des troubles de la coagulation sanguine ou des anomalies de l'utérus (fibromes, polypes). Des infections telles que la toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus peuvent également être en cause.
- Âge de la mère : l'âge maternel est un facteur de risque important. Si les femmes de moins de 30 ans ont un faible risque de fausse couche (10 à 15 %), ce risque augmente avec l'âge, atteignant 30 % à 39 ans et 75 % à 42 ans. Cela s'explique par la détérioration progressive des ovocytes avec l'âge. Sur la durée, "la structure qui organise le matériel génétique des ovocytes restantes se dégrade". "Pour diminuer le risque de fausses couches il faut que les femmes sachent que la meilleure période pour avoir un enfant est entre 25 et 35 ans, et qu'après 40 ans c'est plus difficile. Malheureusement, avoir vécu une fausse couche dans le passé peut présager d'un risque accru d'en avoir d'autres.
Causes externes
- Facteurs environnementaux et habitudes de vie : la consommation de tabac ou d'alcool durant la grossesse multiplie les risques de fausse couche. D'autres facteurs environnementaux impactent également. Ainsi, une l'hygiène de vie et l'alimentation sont à surveiller de près, en optant au plus tôt pour des repas sains et équilibrés, tout comme des en terme d'hygiène de vie sont à adopter dès l'annonce de la grossesse. La surconsommation quotidienne de café est à revoir, surtout si elle est couplée à la prise d'aspartame, et évidemment, pas de fromage au lait cru non pasteurisé. Et encore plus que de raison, le tabagisme, l' alcool, ou la prise de drogue sont à bannir totalement. En cas d'addiction, ne pas hésiter à en parler à son gynécologue, pour un suivi et un accompagnement sur mesure, propice au bon déroulement de la grossesse.
- Substances nocives : la consommation de certaines substances comme le tabac, l'alcool, la cocaïne, l'héroïne, les amphétamines, l'excès de café ou certaines plantes médicinales (absinthe, armoise, génépi, aloès, cascara, menthe pouliot, sauge officinale…) peut provoquer une fausse couche.
Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.
Causes spécifiques des fausses couches tardives
Bien moins fréquente que la fausse couche précoce, la fausse couche tardive résulte de causes différentes de celles des interruptions de grossesse du premier trimestre. La fausse couche tardive désigne l’interruption involontaire d’une grossesse survenant entre 14-15 semaines d’aménorrhée (SA) et 22-24 SA, selon les termes de viabilité du fœtus que l’on prend en compte.
Parmi les causes de fausse couche tardive, les plus fréquentes sont le fait d’avoir un col de l’utérus ouvert ou raccourci, car non fonctionnel (on parle parfois d’incompétence cervicale ou de béance du col). Cela peut être dû à une malformation utérine congénitale (utérus à fond arqué, utérus cloisonné ou utérus bicorne, par exemple) ou un traumatisme du col, mais ce peut aussi découler d’une infection ou d’une inflammation. Une grippe s’accompagnant d’une forte fièvre non prise en charge peut ainsi conduire à l’ouverture du col et in fine à une fausse couche tardive. Des infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.) peuvent aussi aboutir à l’ouverture du col et à une fausse couche.
Il y a bien des facteurs de risques de fausse couche tardive, mais il n’est pas toujours possible de les éviter : l’infection vaginale ou les infections vaginales à répétition, le tabac, une béance cervicale (lorsque le col n’est pas tout à fait fonctionnel), un âge maternel avancé ou « extrême » (moins de 16 ans ou plus de 35 ans), la privation de sommeil, un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, une malformation utérine, un antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l’utérus), un col court ou encore un col ouvert (avec ou sans la poche des eaux dans le vagin).
Symptômes d'une fausse couche
Les signes d'une fausse couche peuvent varier, mais les plus courants sont :
Lire aussi: Fausse Couche : Causes et Solutions
- Saignements vaginaux : ils peuvent être légers ou abondants, de couleur rouge clair ou rouge foncé. La perte de caillots de sang rouge vif est un signe particulièrement alarmant.
- Douleurs : des douleurs peuvent être ressenties au niveau du bas-ventre, du dos ou de l'abdomen. Elles peuvent s'apparenter à des crampes menstruelles, mais sont généralement plus intenses.
- Perte de tissus fœtaux : l'expulsion de tissus ressemblant à des grumeaux de sang peut indiquer une fausse couche.
- Disparition des symptômes de grossesse : une diminution ou une disparition soudaine des symptômes de grossesse (nausées, vomissements, tensions mammaires) peut être un signe d'arrêt de la grossesse.
- Absence d'activité cardiaque : lors d'une échographie, l'absence de battements cardiaques chez le fœtus confirme la fausse couche.
Dans certains cas, la fausse couche peut être asymptomatique, et n'être découverte que lors d'une échographie de routine.
Quand consulter un médecin ?
Il est important de consulter un médecin rapidement dans les situations suivantes :
- Saignements vaginaux abondants (nécessitant l'utilisation de plus de deux serviettes hygiéniques par heure).
- Douleurs intenses au niveau du bas-ventre, du dos ou de l'abdomen.
- Perte de conscience.
- Inquiétudes ou doutes concernant le déroulement de la grossesse.
Une téléconsultation peut permettre une première orientation, mais un examen en présentiel pourra être nécessaire pour réaliser une échographie, seul moyen de confirmer la vitalité de la grossesse.
Diagnostic
Le diagnostic d'une fausse couche repose généralement sur :
- Examen clinique : le médecin évalue les symptômes et les antécédents de la patiente.
- Échographie : elle permet de visualiser l'utérus et de vérifier la présence d'un embryon avec une activité cardiaque. En cas de fausse couche, l'échographie peut montrer un sac gestationnel vide, un embryon sans activité cardiaque ou une absence de développement embryonnaire.
- Dosage de l'hormone hCG : des dosages sanguins de l'hormone chorionique gonadotrope (hCG) peuvent être réalisés pour vérifier si son taux augmente normalement, stagne ou diminue, ce qui peut indiquer un problème de grossesse.
Lors d'une fausse couche tardive, l’interrogatoire du médecin sera alors important pour choisir la meilleure prise en charge à adopter. Il s’agira de rechercher un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, et de procéder à un bilan sanguin à la recherche d’une éventuelle infection. Le corps médical part généralement du principe qu’une patiente ayant déjà fait une fausse couche tardive est à risque d’en faire une autre. D’où la nécessité d’une prise en charge adaptée et d’un bilan, de préférence avant une nouvelle grossesse. On tentera de déterminer la ou les cause(s) de cette fausse couche tardive. Une échographie ou une IRM pelvienne pourra ainsi être prescrite avant une nouvelle grossesse, en vue d’éliminer la présence d’une éventuelle malformation utérine.
Lire aussi: Tout savoir sur la pilule du lendemain
Prise en charge et traitements
La prise en charge d'une fausse couche dépend de son type, du stade de la grossesse et des préférences de la patiente. Trois options sont possibles :
- Attente spontanée : on laisse le corps expulser naturellement l'embryon. Cette option peut être envisagée pour les fausses couches précoces, mais elle peut être longue et douloureuse.
- Traitement médicamenteux : des médicaments (misoprostol) sont administrés pour provoquer des contractions utérines et faciliter l'expulsion de l'embryon.
- Curetage : il s'agit d'une intervention chirurgicale (aspiration ou curetage) visant à retirer l'embryon et les tissus de l'utérus. Elle est généralement réalisée sous anesthésie générale.
Lorsque l’accouchement a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité n’est pas possible. En revanche, le médecin peut établir un arrêt de travail, lequel ouvre droit à une indemnisation par l’Assurance Maladie. Le père peut, quant à lui, bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour événement familial. Si l’accouchement intervient après 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité est accordé dans sa totalité, et selon les termes habituels (rang de l’enfant dans la fratrie). Quant à la reconnaissance de l’enfant sans vie et à son inscription dans le livret de famille, elle est possible à condition qu’un certificat d’accouchement ait été délivré. Lorsque l’accouchement a eu lieu avant 22 SA, la famille peut en faire la demande à l’équipe médicale, tandis qu’il est systématiquement délivré après le terme de 22 SA.
Prévention des fausses couches
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir une fausse couche, certaines mesures peuvent réduire les risques :
- Adopter une hygiène de vie saine : éviter le tabac, l'alcool et les drogues, avoir une alimentation équilibrée et gérer son stress.
- Se faire vacciner contre la rubéole et la grippe.
- Se faire dépister régulièrement de la toxoplasmose.
- Consulter régulièrement son médecin et suivre les recommandations médicales.
- Traiter les infections vaginales : "Le dépistage est important. En traitant la vaginose par exemple, on peut éviter qu'elle n'induise plus tard une fausse couche", explique le Dr Harvey. D'autres infections, comme la toxoplasmose - que l'on contrôle chaque mois de grossesse en cas de non immunité - ou la listériose, peuvent être à l'origine d'une fausse couche.
Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.
Soutien psychologique
Vivre une fausse couche est une épreuve difficile, tant sur le plan physique qu'émotionnel. Il est important de ne pas rester seule et de rechercher un soutien auprès de son entourage, de professionnels de santé ou de groupes de soutien.
Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un congé maladie sans délai de carence en cas de fausse couche. Bien moins fréquente que la fausse couche précoce, la fausse couche tardive résulte de causes différentes de celles des interruptions de grossesse du premier trimestre.
Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. Sur MédecinDirect, des psychothérapies sont proposées. Un psychopraticien (si besoin épaulé d’un psychiatre) vous écoute, vous oriente et vous conseille afin de vous guider vers la voie du deuil.
Fausse couche et fécondation in vitro (FIV)
S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, cela peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :
- Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
- Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
- Réaliser le test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.
Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.
tags: #fausse #couche #6e #semaine #causes #symptômes
