L'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) est un sujet complexe, particulièrement pour les femmes célibataires ou les couples homosexuels en France. La loi française, jusqu'à présent, réserve la PMA aux couples hétérosexuels infertiles, laissant d'autres femmes face à un choix difficile : renoncer à leur désir d'enfant ou entreprendre un parcours clandestin à l'étranger. Cet article explore les réalités de ces femmes, leurs motivations, leurs espoirs et les défis auxquels elles sont confrontées, notamment en Espagne, une destination privilégiée pour la PMA.

Un Désir de Maternité Bafoué par la Loi Française

Leur faute ? Vouloir être mères. Seules ou homosexuelles, elles n'avaient qu'une solution, la procréation médicale assistée (PMA). Mais la loi française ne l'autorise jusqu'à présent qu'aux couples hétérosexuels et infertiles. La frustration et le sentiment d'injustice sont palpables chez ces femmes qui se sentent discriminées par une loi qu'elles considèrent comme "injuste, discriminatoire, réactionnaire, misogyne, homophobe". Elles se sentent traitées comme des citoyennes de seconde zone, privées du droit fondamental de fonder une famille.

Le "Tourisme Procréatif": Un Parcours Semé d'Embûches

Condamnées à un parcours clandestin, elles racontent leurs allers-retours à l'étranger et leurs craintes. Elles filent en douce à l'étranger, pour celles qui en ont les moyens, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark… là où on ne leur demande ni leur statut conjugal, ni leur orientation sexuelle. Ce "tourisme procréatif", une expression qui hérisse le Pr René Frydman, est loin d'être une simple escapade. Il implique des décisions lourdes et coûteuses, des déplacements fréquents, la gestion de traitements hormonaux complexes et, surtout, la peur constante d'être découvertes.

Sophie, 45 ans, raconte comment elle repère à l'aéroport de Beauvais les femmes qui voyagent seules et qui, comme elle, ont dû planquer dans leur valise le traitement hormonal pour leur “donneuse”. Elle sait que cette ligne Ryanair est très fréquentée par les recalées de la fertilité. Véronique a eu peur quand les douaniers ont trouvé dans son sac à main ses médicaments « gynécologiques ». Audrey Keysers a eu l'impression « en passant le contrôle des douanes, (…) de quitter l'Espagne illégalement. Comme s'ils allaient remarquer qu'un petit passager clandestin se cache désormais dans mon ventre.

L'Espagne: Un Eldorado pour la PMA

L'Espagne est devenue une destination de choix pour la PMA en raison de sa législation plus ouverte. En effet, depuis 2006, toute femme de 18 ans ou plus, seule ou en couple, hétérosexuelle ou homosexuelle, peut bénéficier des techniques de PMA espagnoles. Cette ouverture a attiré de nombreuses Françaises, faisant de l'Espagne un véritable eldorado pour celles qui souhaitent devenir mères.

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De plus, la loi espagnole spécifie que la donneuse peut recevoir un dédommagement d’environ 1000 €. C’est identique dans toutes les cliniques. Le dédommagement aide certainement à franchir le pas, mais ça ne peut pas être le motif principal du don. Si tel était le cas, la donneuse ne serait pas admise.

Eugin: Une Clinique de Référence à Barcelone

Parmi les nombreuses cliniques de PMA en Espagne, Eugin à Barcelone se distingue comme l'une des plus grandes et des plus connues. Cette clinique offre une gamme complète de traitements de fertilité, y compris le don d'ovocytes, et s'engage à fournir un soutien personnalisé à chaque patiente.

Eugin Barcelone est la seule clinique qui a développé ce que l’on appelle les “salles privées”, qui permettent aux patientes et aux personnes qui les accompagnent de disposer d’une chambre privée conçue comme le centre de votre séjour chez Eugin.

Les psychologues de la clinique Eugin, qui suivent des milliers de femmes dans ce cas chaque année, sont unanimes : si certaines patientes expriment, comme Julie, la crainte qu’un enfant conçu par don d’ovocyte ne soit pas « le leur », ces doutes disparaissent dès le début de la grossesse. « Le fait de porter l’enfant, puis de le sentir bouger, et enfin de lui donner naissance, crée un lien essentiel avec la mère, qui fait disparaître toute question quant à l’origine de l’ovocyte, affirme Cristina Rico, psychologue pour Eugin. C’est un sujet qui ne revient plus dans les témoignages des femmes qui ont été mères de cette façon. L’enfant auquel elles ont donné la vie est le leur ».

Les Défis Financiers et Émotionnels

Le coût de la PMA à l'étranger est un obstacle majeur pour de nombreuses femmes. Brune, mère célibataire de Joséphine, âgée de 3 ans, a déboursé 12 000 € pour ses deux FIV plus un transfert d'embryon chez Eugin, en Espagne. Elle a dû demander un crédit bancaire pour réaliser son rêve de maternité.

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Au-delà des difficultés financières, le parcours émotionnel est intense. L'attente, les traitements hormonaux, les espoirs déçus et la peur de l'échec mettent à rude épreuve la résilience de ces femmes. Violette, 44 ans, en traitement depuis deux ans, tombe enceinte après une première fausse couche : « Je planais. J'ai fait beaucoup d'échographies pour cet enfant, je l'ai investi. Une nouvelle écho, et là, écran noir, on me dit : “Il a six doigts”. Je réponds : “C'est pas grave, il sera musicien, foutez-moi la paix !” Le généticien vient me parler de trisomie 13 ou 18, d'horribles souffrances… Je n'ai pas d'alternative, mais l'impression de tuer mon bébé. Serait-elle prête à revivre une telle épreuve ? Oui, parce que le désir d'enfant est plus fort.

L'Importance du Soutien Médical et Psychologique

Dans ce parcours de la combattante, le soutien médical et psychologique est essentiel. Des gynécologues compréhensifs, même s'ils ne peuvent pas pratiquer la PMA en France, peuvent orienter et conseiller les femmes. La Dre Joëlle Belaisch-Allart, membre du Collège national des gynécologues-obstétriciens, déplore la loi française et souligne la souffrance des patientes.

De plus, la possibilité de faire appel à un psychologue est précieuse pour gérer les doutes, les angoisses et les questionnements liés à la PMA, notamment en ce qui concerne l'origine de l'enfant et la manière de lui raconter son histoire.

La Question de l'Anonymat des Donneurs

La question de l'anonymat des donneurs est un débat important. En France, l'anonymat est la règle, alors que d'autres pays, comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Danemark, ont levé l'anonymat des donneurs à la majorité de l'enfant. Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé, avait proposé la levée de l'anonymat en 2009, mais cette proposition n'a pas été retenue.

Des couples, comme Sophie et Camille, ont choisi la PMA avec donneur non anonyme pour ne pas fermer la porte à leurs filles quand elles se poseront la question de leurs origines.

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PMA pour Toutes: Un Enjeu de Société

L'ouverture de la PMA à toutes les femmes est un enjeu de société majeur. Pour la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, la maternité n'est pas biologique, et il ne faut pas que ces parents vivent leur PMA comme le résultat d'un handicap.

Le débat sur la PMA pour toutes est complexe et soulève des questions éthiques, sociales et politiques. Cependant, il est essentiel de prendre en compte la réalité des familles d'aujourd'hui et de garantir l'égalité des droits pour toutes les femmes.

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