Introduction
La non-délivrance placentaire, également appelée rétention placentaire, est un problème courant en élevage caprin. Elle se définit comme la non-expulsion du placenta dans un délai normal après la mise bas. Cet article vise à explorer en profondeur cette condition chez la chèvre, en abordant sa définition précise, ses causes potentielles, ses conséquences et les mesures à prendre pour la gérer efficacement.
Définition Précise de la Non-Délivrance Placentaire
La rétention placentaire chez la chèvre est définie comme la non-expulsion du placenta dans les 24 heures suivant la mise-bas.
Causes Possibles de la Non-Délivrance Placentaire
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la non-délivrance placentaire chez la chèvre.
Avortement et Infections
L'avortement est l'expulsion d’un produit non viable de la gestation. Dans la pratique, cela revient à une interruption de la gestation au cours de la période fœtale. Sur le plan légal, l’avortement est l’expulsion de tout fœtus et animal mort-né ou succombant dans les 48 heures qui suivent la naissance.
Certaines maladies peuvent provoquer des mises-bas plus ou moins prématurées avec des petits non viables.
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La brucellose peut entraîner des signes inconstants. De plus, les formes inapparentes sont fréquentes. Chez les femelles bovines et ovines, le signe clinique principal est l'avortement. Il peut se produire à n'importe quel stade de la gestation, mais plus généralement en fin de gestation (vers le 6ème ou 7ème mois chez les bovins et vers le 3ème mois chez les ovins). En général, le fœtus est rejeté facilement en l'absence de dystocie. Les eaux fœtales peuvent apparaître troubles et parfois jaunâtres ou ocres, ces colorations étant liées à l'expulsion du méconium « in utero » par le fœtus souffrant d'anoxie. L'avorton est toujours mort et parfois momifié lorsque l'avortement survient avant le 6ème mois. Au-delà, le fœtus peut être vivant, mais ne survit que quelques heures. On peut assister également à une mise bas prématurée quelques jours avant le terme : le nouveau-né peut succomber néanmoins dans les 24 à 48 heures du fait des lésions nerveuses secondaires à une hypoxie. La non-délivrance est fréquente après avortement (adhérences utéro-choriales et fragilité des enveloppes), mais elle peut être le seul signe clinique lorsque l'infection est ancienne. Des lésions d'endométrite peuvent être responsables d'infécondité temporaire. Les brebis développent des mammites cliniques avec production d'un lait grumeleux et des nodules inflammatoires. Chez la chèvre, l'absence de signes cliniques contraste avec le fort niveau d'infection par « B. melitensis » avec souvent une infection à vie des animaux. Chez les mâles : des orchites ou orchi-épididymites (rares) sont observées. Chez les espèces sauvages, les mêmes signes cliniques peuvent être observés en fonction de la sensibilité des espèces animales à « B. abortus » ou « B. melitensis ». En plus des signes cliniques génitaux, sont également décrits des signes extra-génitaux et associés à une évolution chronique.
Facteurs Nutritionnels
Des carences nutritionnelles peuvent également augmenter le risque de rétention placentaire.
Autres Facteurs
La gémellité, la dystocie sont d'autres facteurs de risques de la rétention placentaire.
Conséquences de la Non-Délivrance Placentaire
Si le placenta n'est pas expulsé, il peut entraîner des complications graves.
Infections Utérines
Le placenta retenu peut se décomposer et provoquer une infection de l'utérus (métrite).
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Impact sur la Fertilité
Les infections utérines peuvent entraîner une infécondité temporaire.
Gestion et Prévention de la Non-Délivrance Placentaire
Surveillance Post-Partum
Il est essentiel de surveiller attentivement les chèvres après la mise bas pour détecter tout signe de non-délivrance.
Interventions Thérapeutiques
Les approches thérapeutiques doivent être individualisées et se concentrer sur la prévention des infections utérines et l'amélioration des performances de reproduction. Les traitements potentiels comprennent l'extraction manuelle et l'administration d'antibiotiques en cas de fièvre.
Prévention
La prévention passe par une bonne gestion de l'alimentation et de la santé des chèvres gestantes.
Cas Pratique : Avortement et Suspicion de Choc
Un cas rapporté sur un forum d'éleveurs décrit une chèvre ayant avorté un chevreau. L'éleveur suspecte un choc comme cause possible, le bouc étant resté avec la chèvre gestante et pouvant l'avoir brusquée. Dans un tel cas, il est important de surveiller la chèvre pour détecter tout signe d'infection (écoulements nauséabonds, fièvre, baisse d'appétit). Si le col est fermé, il est déconseillé de fouiller l'utérus.
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Alimentation et Lactation
Après un avortement, la lactation peut être affectée. Il est possible que la quantité de lait produite soit plus faible. Cependant, l'alimentation joue un rôle crucial dans la production laitière. Un mélange d'orge, de maïs, de luzerne, de tournesol, du foin de prairie à volonté et une pierre de sel sont considérés comme une bonne alimentation pour une chèvre.
Importance du Suivi Vétérinaire
Dans tous les cas de non-délivrance placentaire ou d'avortement, il est fortement recommandé de consulter un vétérinaire. Des analyses peuvent être nécessaires pour identifier la cause de l'avortement et prévenir la propagation de maladies.
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