La naissance de Jésus, un événement central de la foi chrétienne, est célébrée chaque année à Noël. Cependant, de nombreuses questions entourent cet événement, que ce soit concernant le lieu exact de sa naissance, la date, les circonstances, ou encore les détails rapportés dans les Évangiles. Cet article vise à explorer en profondeur les différents aspects de ce récit fondateur, en s'appuyant sur les sources bibliques et les analyses historiques.

Que disent les historiens de la naissance de Jésus ?

Pendant plus d’un millénaire et demi, jusqu’au XVIIIe siècle, on ne séparait pas les données historiques et le récit des Écritures. L’avènement de la modernité avec l’irruption des sciences historiques a introduit une lecture critique. On en est venu à soupçonner les évangélistes de réécrire l’histoire en fonction de leurs objectifs. C’est la grande époque des vies de Jésus qui reconstituait l’existence du prédicateur galiléen. Ces critiques ont été commentées à leur tour au début du XXe siècle par des chercheurs qui soulignaient que ces vies de Jésus nous en apprenaient autant sur les opinions de leurs auteurs que sur le personnage lui-même. Nous pouvons appliquer cette critique à Michel Onfray qui a défendu la thèse mythiste dans un ouvrage récent alors que plus aucun chercheur sérieux ne soutient cette théorie. Revenu des excès, la recherche de nos jours soutient que, même s’il est admis que les évangiles sont des prédications, ils reposent néanmoins sur les faits historiques.

Critères Historiques et Sources Évangéliques

Les historiens retiennent plusieurs critères dans leur quête du Jésus historique. Le premier est celui de l’attestation multiple de la part de sources différentes. Dans ce registre, les récits de nativité ont peu de poids puisqu’ils ne sont attestés que par deux évangiles (Matthieu et Luc). Ni Jean, ni Marc ne parlent de la naissance de Jésus et les livres plus anciens que sont les épîtres pauliniennes sont très laconiques puisqu’elles ne font qu’une référence à propos de l’origine de Jésus : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme (et non d’une vierge) et sous la loi. Ajoutons que les deux évangiles qui parlent de la naissance de Jésus ont de nombreuses différences entre eux. S’ils retracent tous les deux la liste des ancêtres de Jésus, les deux généalogies s’écartent à partir du roi David pour ne se rejoindre que sur le nom de Joseph. Pour Matthieu, Bethléem est la ville où résidaient les parents de Jésus, alors que chez Luc Joseph et Marie y sont arrivés pour répondre à un recensement. Jésus est né dans une crèche pour Luc et dans la maison de Joseph pour Matthieu. Des mages sont venus le visiter dans le premier évangile alors que dans le troisième ce sont des bergers.

Interprétations et Convergences

À partir de ces différences, nous pouvons faire deux remarques. La première est que si les évangiles ont « brodé » autour de la naissance de Jésus, ils ont été beaucoup plus sobres que les évangiles apocryphes qui ont multiplié les signes numineux dans leurs récits. La seconde est que ces différences ne doivent pas cacher des convergences. Puisque, si Jésus a vécu, il fallait bien qu’il naquît, nous pouvons accorder quelques crédits au fait que Joseph, son père juridique, est un descendant de David et que sa mère est Marie. Les deux évangiles rapportent une généalogie des ancêtres de Jésus. Les généalogies sont importantes dans la Bible puisqu’elles relèvent de l’incarnation. Elles parlent d’un Dieu qui se révèle à travers l’histoire d’un peuple. Les généalogies des évangiles ne sont pas scientifiques pour définir des filiations rigoureuses, elles sont théologiques pour dire quelque chose de la révélation de Dieu à travers la cascade des générations. Elles n’ont pas pour objectif de nous apprendre le nom des ancêtres de Jésus, ce sont des narrations.

Conception Virginale et le Rôle de Joseph

Dans l’évangile de Luc, nous avons en mémoire la visite de l’ange à une jeune fiancée appelée Marie, dans l’évangile de Matthieu, l’ange visite en rêve Joseph. Les deux évangiles se rejoignent pour affirmer que Joseph n’est pas le père biologique de Jésus, mais qu’il a été conçu du Saint-Esprit. Comment entendre cette affirmation ? L’évangile ne nous en dit pas plus. L’évangile souligne la démarche de foi des parents. Joseph accepte de prendre Marie chez lui alors qu’il pourrait se sentir trahi par la grossesse de sa fiancée. Par son geste d’accueil, il donne un nom à Jésus et lui évite d’être un bâtard, ce qui lui aurait ôté toute crédibilité dans sa parole publique.

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Contexte Politique et Déplacements

Les deux évangiles annoncent que Jésus est né « aux jours d’Hérode ». Le premier évangile raconte que Jésus est né dans une période trouble puisque le roi a ordonné de massacrer les enfants de Bethléem. Pour fuir la répression, la famille s’est réfugiée en Égypte. Le troisième évangile situe la naissance de Jésus dans un autre exil, celui de ses parents qui sont venus de Galilée à Bethléem pour répondre à un ordre de recensement. Les deux évangiles marquent la naissance de Jésus sous le signe du déplacement.

Les Mages et les Bergers : Une Rencontre Inattendue

Les mages et les bergers sont souvent associés alors que tous les opposent. Les premiers sont des savants étrangers alors que les seconds sont des ouvriers méprisés. Ils ont en commun d’être des marginaux par rapport à la société religieuse de l’époque. En ce temps-là, l'empereur Auguste décide de compter tous les habitants de la terre dans leur ville d'origine. Alors Joseph avec Marie enceinte quittent la ville de Nazareth en Galilée pour monter à Bethléem en Judée. Arrivés à Bethléem, Marie met au monde son fils ; elle l'habille et le couche dans une mangeoire, car il n'y a pas de place pour eux ailleurs. Dans les environs, des bergers passent la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approche, et la gloire du Seigneur les enveloppe de sa lumière. « N'ayez pas peur ! Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tous les hommes : aujourd'hui vous est né un Sauveur. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né couché dans une mangeoire. Et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. pour voir ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils courent et découvrent Marie et Joseph, avec Jésus couché dans la mangeoire.

Le Lieu de Naissance : Bethléem et la Basilique de la Nativité

Dans le froid de l’hiver, Marie et Joseph peinent à trouver un lieu dans Bethléem pour les accueillir. Toutes les pensions de la ville leur tournent le dos, alors que la naissance de leur fils est imminente. Ils se réfugient alors dans une petite grotte qui fait office d’étable. L’Évangile de Matthieu évoque également sa naissance à Bethléem, sans plus de détails.

Les Doutes des Historiens et les Découvertes Archéologiques

Mais les historiens soupçonnent les deux évangélistes d’avoir fait naître Jésus à Bethléem pour établir un lien entre lui, paysan de Galilée, et une ville de Judée dont l’Ancien Testament annonçait qu’elle serait le berceau du Messie. Les archéologues, eux, ne trouvent aucune trace de sa naissance dans la ville. Les fouilles dans la basilique de la Nativité, construite au niveau de l’étable, n’ont révélé ni objet de l’époque, ni indice suggérant que le site était consacré pour les premiers chrétiens.

L'Importance de la Tradition et la Vénération du Lieu

Le premier témoignage incontestable de vénération de la grotte remonte au IIIe siècle. Origène, un théologien d’Alexandrie, écrivait : « À Bethléem, on peut voir la grotte où [Jésus] est né. » Au début du IVe siècle, Constantin, premier empereur romain chrétien, envoya une délégation en Terre sainte afin d’identifier les lieux associés à la vie du Christ et de les sanctifier par la construction d’églises et de sanctuaires. Ayant localisé ce qu’ils considéraient être la grotte de la Nativité, les délégués y firent bâtir une église, ancêtre de celle d’aujourd’hui.

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L'Absence de Preuves Matérielles et la Foi

Les chercheurs ne savent donc pas quel est le véritable lieu de naissance du Christ, faute de preuves matérielles. Le vieil adage de l’archéologie est plus que jamais d’actualité : « L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.

La Date de Naissance : Une Énigme Historique

La date de naissance de Jésus fait l'objet de nombreuses interrogations et d'un débat historique complexe. Les Évangiles ne fournissent pas de date précise, et les traditions et calculs ultérieurs ont conduit à différentes estimations.

Les Divergences entre les Évangiles

Alors déjà, j’aimerais commencer par affirmer que la seule certitude que nous pouvons avoir, c’est qu’il est impossible de répondre à cette question avec la moindre certitude, car les Evangiles présentent des chronologies différentes ! Tout ce que l’historien peut faire, c’est essayer d’argumenter pour le scenario le plus probable étant données les sources à disposition. Et quelles sont les sources dont nous disposons quant à la naissance de Jésus ? Les deux seules sources que nous avons à notre disposition sont les Evangiles de Matthieu et de Luc, les seuls qui nous parlent de la naissance de Jésus, c'est ce que nous appelons les récits de l’enfance. Quant aux autres écrits néo-testamentaires, comme les épîtres pauliniennes, elles ne mentionnent pas du tout la naissance de Jésus. Et bien, c’est là que réside toute la difficulté, car ils ne sont pas d’accords entre eux !

Le Contexte Historique des Hérodes

Faisons d'abord un court point historique : pour ceux d’entre vous qui sont habitués à lire les Evangiles. Le nom d’Hérode doit vous paraître familier. Le problème est qu’il y avait en réalité 4 Hérodes qui ont régné autour du temps du ministère de Jésus :

  • Hérode le Grand : Roi de l’ensemble de la Palestine, qui comprend donc la Judée et la Galilée, lieux principaux du ministère de Jésus. A sa mort en -4 av. JC, son Royaume a été divisé par les Romains entre ses trois fils, appelés tétrarques.
  • Hérode Antipas a hérité de la Galilée, sur lequel il a régné jusqu’en 39.
  • En Judée, vous avez Hérode Archélaüs, et celui-ci est déposé en 6 après JC par l’Empire Romain en raison de sa violence, et la Judée est alors devenue une province Romaine gouvernée par un préfet, donc le plus connu est probablement Ponce Pilate.
  • Hérode Agrippa a ensuite en 39 récupère pratiquement tout les territoires de son grand père Hérode le Grand.

Le travail de l’historien est donc d’essayer de démêler de quel(s) Hérode(s) les Evangiles nous parlent !

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L'Évangile de Matthieu et la Mort d'Hérode le Grand

Dans l'Evangile de Matthieu, si vous lisez le premier verset du chapitre 2, vous trouvez la première mention d'Hérode "Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode", puis au verset 22 "ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s'y rendre". Nous avons donc une claire mention de la dynastie Hérodienne, qui colle d’ailleurs à ce que nous pouvons savoir sur la violence d’Hérode Archélaüs, et nous pouvons donc dater la naissance de Jésus comme étant avant -4, car avant la mort d’Hérode le Grand, et le retour de la fuite en Egypte avant l'an 6. Nous avons donc l’Evangile de Mathieu un Jésus qui serait né en -4 avant Jésus-Christ, et qui serait rentré en Galilée avant ses 10 ans.

L'Évangile de Luc et le Recensement de Quirinius

L'Evangile de Luc nous parle de la grossesse d’Elisabeth dans son chapitre 1 au verset 5 comme étant sous Hérode, roi de Judée, et le doute plane : on peut penser à Hérode le Grand, car lui seul a porté le nom de Roi, ces fils étant tétrarques, mais il était roi sur l'ensemble de la Palestine, et non pas seulement sur la Judée, ce qui était le cas de son fils Archélaüs, lui tétrarque. Mais au chapitre 3, nous voyons que les rédacteurs de l’Evangile de Luc sont au courant que les descendants d’Hérode sont tétrarques, et non rois. Il n’est donc pas clair de quel Hérode parle Luc pour la naissance de Jean-Baptiste. Pour rendre les choses encore moins claires, Luc au chapitre 2, verset 1 et 2, nous parle de la naissance de Jésus qui aurait eu lieu lors d’un grand recensement qui aurait réalisé sous édit de l’Empereur Romain sous un certain Quirinius, gouverneur de Syrie. C’est à cause de ce recensement que Joseph a du faire le déplacement en Judée, où se situe Bethléem, où Jésus est né. La bonne nouvelle, c’est que nous avons bien un Quirinius, mandate par l’Empereur Romain Auguste en tant que légat et qui a gouverné la Syrie…mais la mauvaise nouvelle, c’est que celui-ci a été nommé en 6 après Jésus-Christ ! Nous avons aussi des traces d’un grand recensement aux alentours de 6 après Jésus-Christ, suite à la déposition d’Hérode Archélaüs, une fois que la Judée est devenue province romaine. Il était alors commun pour l’Empire Romain de faire le tour du propriétaire des nouvelles provinces acquises. Nous avons donc dans l’Evangile de Luc un Jésus qui serait né en 6 après Jésus-Christ ! Mais si nous lisons le reste de l’Evangile de Luc, nous avons un nouveau souci : celui-ci nous donne un début du ministère de Jean Baptiste la 15ème année du règne de Tibère, soit en 29, au cours duquel Jésus aurait eu environ 30 ans : cela pointe alors vers une naissance…en -1 ! Comme vous pouvez le voir, l'Evangile de Luc présente de nombreuses imprécisions chronologiques par rapport à ce que nous connaissons du paysage politique de la Palestine du 1er siècle.

La Date Retenue par les Historiens

Et bien, comme à chaque fois lorsque nous parlons de Jésus en tant que figure historique, cela reste flou. Nous avons deux récits qui sont contradictoires, et qui pointent à chaque fois vers une chronologie différente. En général, pour essayer de concilier au maximum les chronologies, on retient la date de -4, et on considère que l’Evangile de Luc présente des imprécisions historiques, même s'il n’est pas exclu, comme toujours en histoire, qu'il y ait eu un recensement sous Hérode le Grand en -4. Cela reste cependant très improbable que seul l’Evangile de Luc aurait garde trace d’un évènement historique d'une telle ampleur. Finalement, tout ce que l’on peut affirmer, c'est que les Evangiles nous disent que Jésus n’est pas né en l’an 0 !

Le 25 Décembre : Une Date Symbolique

La date précise de la naissance de Jésus n'est pas indiquée dans les Évangiles. Les premiers chrétiens ne célébraient pas spécifiquement la naissance de Jésus, mais plutôt sa mort et sa résurrection. La date du 25 décembre pour célébrer Noël apparaît pour la première fois au IVe siècle, sous l'influence de l'Église catholique. Certaines hypothèses suggèrent que la date a été choisie pour coïncider avec des fêtes païennes existantes, notamment les célébrations du solstice d'hiver, période marquant le retour progressif de la lumière.

L'Influence des Fêtes Païennes

En 274 après J.-C., l'empereur romain Aurélien avait instauré le culte du Sol Invictus, le "soleil invaincu", une fête célébrée le 25 décembre. Quelques décennies plus tard, l'Église catholique a choisi cette date pour célébrer la naissance du Christ, symbolisant la "lumière du monde" qui vient dissiper les ténèbres. En fixant Noël au 25 décembre, les chrétiens cherchaient à donner un nouveau sens à cette période de l'année marquée par les fêtes païennes.

Les Récits Évangéliques Détaillés

Le récit de la naissance de Jésus est composé de plusieurs éléments clés que l'on retrouve principalement dans les Évangiles de Matthieu et de Luc :

L'Annonciation à Marie

L'Évangile de Luc raconte comment l'ange Gabriel a annoncé à Marie qu'elle allait concevoir un enfant par l'Esprit Saint, et qu'il serait appelé "Fils du Très-Haut" (Luc 1:26-38). Cet événement souligne la conception virginale de Jésus, un dogme fondamental du christianisme.

Le Recensement de César Auguste

Selon Luc, Marie et Joseph se sont rendus à Bethléem en raison d'un recensement ordonné par l'empereur romain César Auguste. Cette information situe l'événement dans un contexte historique précis, bien qu'il n'existe pas de preuve directe d'un tel recensement à cette période.

La Naissance à Bethléem et la Mangeoire

L'accouchement a lieu dans des conditions modestes, et Jésus est placé dans une mangeoire. La simplicité de cette scène contraste avec la grandeur de la mission que l'enfant Jésus accomplira. Selon l'Évangile de Luc, la raison pour laquelle Marie et Joseph se sont retrouvés dans une étable est qu'il n'y avait "pas de place pour eux dans l'auberge" (Luc 2:7). Cette scène met en lumière l'humilité de la naissance de Jésus, qui, malgré sa nature divine, est venu au monde dans des conditions modestes. Symboliquement, la naissance dans une étable illustre le choix de Dieu de se révéler aux plus humbles et de ne pas se conformer aux attentes humaines de grandeur et de pouvoir. Jésus, le Roi des rois, n’est pas né dans un palais, mais dans un lieu simple, entouré d'animaux, ce qui montre l'amour de Dieu pour tous, y compris les plus démunis.

L'Annonce aux Bergers

Les bergers, considérés comme des personnes humbles et marginales, sont les premiers à recevoir l'annonce de la naissance du Sauveur par les anges. Cela souligne le message universel du Christ, qui s'adresse à tous, quels que soient leur statut ou leur condition sociale. En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

L'Adoration des Mages

L'Évangile de Matthieu évoque la visite de sages venus d'Orient, guidés par une étoile. Les mages apportent des cadeaux symboliques à l'enfant : l'or pour sa royauté, l'encens pour sa divinité, et la myrrhe pour sa future souffrance.

Signification Spirituelle et Appel à l'Action

Reprenons la prière de saint Augustin demandant au Christ le « repos » et le silence d’un cœur contemplatif et témoin de ce qui le comble : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi. » Offrons cette année au Seigneur et mettons tout notre zèle au service de ceux qui nous entourent, quelle que soit leur réponse au service et au secours que nous leur proposons. Avec les bergers, nous arrivons à l’étable de Bethléem avec l’enfant couché dans la crèche. Dans son homélie du 1er janvier 2018, le pape François nous invitait à imiter la Mère de Dieu. Il nous recommandait « de laisser derrière nous les fardeaux du passé (…) Voici aujourd’hui devant nous le point de départ : la Mère de Dieu. Parce que Marie est comme Dieu nous veut, comme il veut son Église : Mère tendre, humble, pauvre de choses et riche d’amour, libre du péché, unie à Jésus. » (Pape François, Homélie du 1er janvier 2018 pour la solennité de la très sainte Mère de Dieu)

« Les bergers (…) découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. » Ces hommes simples ont été avertis par un ange, suivi d’une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui chantait la gloire de Dieu tout en disant : « paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Là, Marie et Joseph sont devant l’enfant couché dans la mangeoire. Ils sont tous les deux extraordinairement calmes alors que tout est inhabituel : loin de chez eux, en des circonstances imprévues, Joseph dépose dans la crèche le nouveau-né auquel Marie vient de donner le jour. Ils vivent cet évènement, au milieu de gens, d’animaux et en des circonstances imprévisibles. Cet enfant est là tout petit et sans défense, couché devant les animaux dont le souffle diminue le froid ambiant. C’est le Sauveur du monde ! « Il sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1, 35) Après avoir vu l’Enfant-Jésus, les bergers racontèrent ce qui leur avait été annoncé à son sujet. Faisant le tour des troupeaux des environs, ces hommes relataient aux autres bergers, gardiens d’autres troupeaux, ce qu’ils avaient vu, ce qu’on leur en avait dit et ce dont ils avaient été témoins. Tous les auditeurs restaient stupéfaits. Luc, qui n’était pas présent lui-même à l’évènement, rapporte ce qu’on lui a raconté. Mais la suite de la vie de Jésus nous permet de le croire, de le vivre et de l’annoncer nous aussi.

« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus. » Ce nom est celui indiqué par l’ange au moment de la conception virginale du Sauveur. Revivons les paroles du Saint-Père, lors de la célébration de la solennité de sainte Marie, Mère de Dieu : « L’Église a affirmé : Marie est Mère de Dieu. Nous devons être reconnaissants parce que dans ces paroles est contenue une splendide vérité sur Dieu et sur nous. C’est-à-dire que, depuis que le Seigneur s’est incarné en Marie, dès lors et pour toujours, il porte notre humanité attachée à lui. Il n’y a plus Dieu sans homme : la chair que Jésus a prise de sa Mère est sienne aussi maintenant et le sera pour toujours. Dire Mère de Dieu nous rappelle ceci : Dieu est proche de l’humanité comme un enfant de sa mère qui le porte en son sein (…) Dans sa Mère, le Dieu du ciel, le Dieu infini s’est fait petit, s’est fait matière, pour être non seulement avec nous, mais aussi comme nous. » (Pape François, Homélie du 1er janvier 2018)

Le Saint-Père a repris cette idée de notre humanité dans les bras de cette Mère du Sauveur, celui qui a remis notre existence sur la route divine. Notre humanité fragile, chère et sacrée, est dans les bras de cette Mère tout aimée de Dieu. Avec elle nous pouvons avancer sur la route divine. Notre vie ici-bas traduit souvent la conscience que nous avons de notre fragilité humaine mais nous avons la certitude que, sous la protection de Marie, nous n’avons rien à craindre ! Le Je vous salue Marie va nous permettre de nous réfugier dans ses bras maternels. Avec l’encyclique Fratelli tutti (Pape François, 3 octobre 2020), le pape nous rappelle ce que nous pouvons et devons faire pour soulager notre prochain dans tous les domaines. Il nous permet d’approfondir la grâce que nous avons de vivre ce que notre foi nous enseigne ici-bas : la fraternité. Ce thème, très important, correspond particulièrement aux situations de confinement que nous traversons actuellement. « C’est pourquoi, servir la vie humaine c’est servir Dieu ; et toute vie, depuis celle qui est dans le sein de la mère jusqu’à celle qui est âgée, souffrante et malade, à celle qui est gênante et même répugnante, doit être accueillie, aimée et aidée.

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