Introduction

Le secteur de la grande distribution est en constante évolution, cherchant continuellement des moyens d'améliorer l'expérience client et d'optimiser les opérations. Parmi les innovations récentes, le chariot libre-service intelligent suscite un intérêt croissant. Cet article explore les tendances actuelles du marché, les défis potentiels et les avantages promis par ces chariots connectés, en s'appuyant sur des exemples concrets et des analyses approfondies.

Les chariots connectés : Une nouvelle vague d'innovation

Malgré les défis liés à la maintenance de dispositifs électroniques fragiles dans un environnement de vente au détail exigeant, les projets de chariots connectés refont surface régulièrement. Ces chariots, équipés d'écrans et d'une électronique sophistiquée, visent à moderniser l'expérience d'achat en magasin.

L'exemple d'Intermarché et Shopic

Intermarché, en collaboration avec Shopic et Capgemini, a lancé un projet pilote de chariot intelligent à Provins (77). Ce chariot est doté d'une intelligence artificielle et de vision par ordinateur, lui permettant de détecter automatiquement les articles sans nécessiter de scan manuel. Le client peut ainsi contrôler ses dépenses en temps réel, consulter sa cagnotte et visualiser les promotions applicables. Intermarché prévoit également d'utiliser ces écrans pour diffuser de la publicité, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités de Retail Media.

Raz Golan, CEO et co-fondateur de Shopic, souligne l'approche visionnaire d'Intermarché et les avantages de cette technologie : « Avec notre technologie de chariot intelligent, Intermarché offre aux clients une expérience novatrice, interactive et personnalisée et une solution sécurisée d'encaissement autonome pour les magasins ».Perrine Vignon, patronne de l’Intermarché à Provins, ajoute : « Ce projet pilote avec Shopic est une excellente opportunité de tester concrètement les avantages de l’IA, avec la computer vision, pour le commerce ».

Comparaison avec le Dash Cart d'Amazon

Le chariot intelligent d'Intermarché contraste avec le Dash Cart d'Amazon, proposé dès 2020 et amélioré en 2022. Le Dash Cart, plus encombrant et robuste, est équipé d'un écran, de capteurs et de caméras. Il permet d'effectuer des courses plus importantes, pèse les produits et offre une autonomie de batterie accrue. Amazon met en avant la satisfaction client élevée (98 %) avec le Dash Cart dans ses magasins Amazon Fresh.

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Cependant, un journaliste de Business Insider ayant testé le Dash Cart en juin 2024 a exprimé des réserves, soulignant que l'expérience ressemble beaucoup à une caisse en libre-service, avec la nécessité de scanner les produits et de saisir les codes manuellement. De plus, le Dash Cart soulève des questions de sécurité, notamment en termes de vol, similaires à celles des caisses automatiques.

Les défis et les limites des chariots intelligents

Fragilité et maintenance

L'un des principaux défis des chariots connectés réside dans leur fragilité et la complexité de leur maintenance, notamment dans un environnement de vente au détail où ils sont soumis à des conditions d'utilisation difficiles.

Acceptation par les consommateurs

L'adoption des chariots intelligents par les consommateurs dépendra de leur facilité d'utilisation, de leur fiabilité et de la valeur ajoutée qu'ils apportent par rapport aux méthodes d'achat traditionnelles. L'expérience utilisateur doit être fluide et intuitive pour encourager l'adoption à grande échelle.

Coûts et rentabilité

Le déploiement de chariots intelligents représente un investissement important pour les distributeurs. Il est essentiel d'évaluer attentivement les coûts d'acquisition, de maintenance et de mise à jour des chariots, ainsi que leur impact sur la rentabilité globale du magasin.

Sécurité et prévention du vol

Comme les caisses automatiques, les chariots intelligents sont potentiellement vulnérables au vol. Les distributeurs doivent mettre en place des mesures de sécurité efficaces, telles que la surveillance vidéo et les systèmes de détection de fraude, pour minimiser les pertes.

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Les attentes des consommateurs et l'importance de l'expérience client

Une étude d'Unilog Management réalisée par TNS Sofres révèle que les consommateurs recherchent avant tout la qualité de l'offre, l'accueil et la propreté du point de vente, bien avant les prix. Ils souhaitent également gagner du temps et trouver les produits facilement. "Ils sont plus de 85% à réclamer que les produits soient disposés de façon plus claire pour les trouver sans hésitation et perte de temps."

La clarification de l'offre

Le principal défaut de l'offre actuelle réside dans le manque de clarté des packagings, qui ne facilitent pas la visibilité et la lisibilité des produits. L'emballage doit agir comme un signal pour attirer l'attention du client, séduire et sécuriser son choix. C'est pourquoi il est essentiel de bien réfléchir à la disposition des produits et au contenu du packaging.

Les trois phases de lecture de l'offre en rayon

  1. Phase de signal : Le packaging doit capter l'attention du client grâce à des lignes graphiques rudimentaires, des couleurs vives et le logotype de la marque.
  2. Phase de séduction : Le packaging évoque des sensations, du service et du résultat grâce à un visuel attrayant et des mots-clés lisibles.
  3. Phase de sécurisation : Les informations complémentaires, les pictogrammes et les informations sur le reste du packaging rassurent le client et l'incitent à acheter le produit.

Les différentes formes juridiques pour les commerces de détail

Le choix d'une forme juridique est une étape décisive pour toute entreprise, car elle détermine les règles de fonctionnement, le régime fiscal et la protection sociale. Il existe deux grandes formes juridiques :

Entreprise individuelle (EI)

L'entreprise individuelle permet d'exercer son activité seul et en son nom propre. Le chef d'entreprise et l'entreprise individuelle forment une seule et même personne. La micro-entreprise (ou auto-entreprise) est une entreprise individuelle avec un régime fiscal et social simplifié. La création d'une entreprise individuelle (EI) implique peu de formalités (pas de rédaction de statuts, pas de constitution de capital social et d'associé, etc) et permet de lancer son activité rapidement. Le patrimoine de l'entrepreneur individuel (EI), y compris celui du micro-entrepreneur est automatiquement séparé en un patrimoine professionnel et un patrimoine personnel.

Régime fiscal et social de l'entreprise individuelle classique

L'entrepreneur individuel est soumis à l'impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie correspondant à son activité (BIC, BNC, BA). Cependant, il lui est possible d'opter pour le régime réel d'imposition ou même pour l'impôt sur les sociétés (IS). L'entrepreneur individuel relève du régime de la Sécurité sociale des indépendants et a le statut de travailleur non-salarié (TNS). Il ne paye pas de cotisations et contributions sociales durant au moins les 90 jours qui suivent le début de son activité.

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Régime simplifié de la micro-entreprise

Le régime de micro-entrepreneur est un régime social et fiscal très simplifié. Il est applicable quand le chiffre d'affaires HT ne dépasse pas certains seuils : par exemple 188 700 € s'agissant d'une activité de vente de marchandises, ou 77 700 € pour les prestations de services. Le régime simplifié s'applique automatiquement pour l'année de création (N) et l'année suivante (N+1) à condition que ces seuils soient respectés. De plus, la micro entreprise est soumise à la franchise en base de TVA : c'est-à-dire que l'entrepreneur ne déclare pas la TVA sur les prestations ou ventes qu'il réalise et ne peut pas non plus la déduire. Concernant l'imposition de ses revenus, la micro entreprise est imposée à l'IR, dans la catégorie correspondant à son activité (micro BIC, micro BNC, micro BA). L'impôt dû est calculé en tenant compte d'un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires pour frais professionnels qui varie selon l'activité exercée (pour une activité de vente de marchandises : l'abattement correspond par exemple à 71 % du chiffre d'affaires). Enfin, l'entrepreneur paie des cotisations sociales uniquement s'il génère du chiffre d'affaires.

Société

La société permet d'exercer une activité dans une entité juridique distincte du chef d'entreprise. Elle dispose de la personnalité morale, c’est-à-dire qu’elle a sa propre existence juridique (capital social, dénomination sociale, siège social, etc). Elle peut signer un bail commercial, embaucher des salariés et possède un patrimoine distinct de celui de ses associés. Elle est représentée par un dirigeant (un gérant ou un président) qui exerce l'activité. L’intérêt de créer une société est de limiter la responsabilité du professionnel et de ses associés aux apports réalisés lors de la constitution de la société. Elle permet ainsi de protéger le patrimoine personnel de chacun. La création d'une société nécessite la réalisation de différentes formalités comme la rédaction de statuts, le dépôt d'un capital social qui peuvent être coûteuses. Par ailleurs, la société doit respecter différentes obligations comptables (tenue et dépôt de comptes annuels, convocation des associés aux assemblées générales (AG), tenue d'AG pour toute modification des statuts de la société, etc).

Régime fiscal

Les bénéfices réalisés par la société sont en principe soumis à l'impôt sur les sociétés (IS). Pour certains types de sociétés, les associés peuvent opter pour l'impôt sur le revenu (IR). Dans ce cas, les bénéfices réalisés sont déclarés en tant que BIC dans la déclaration d'impôt sur le revenu.

Protection sociale

La protection sociale du dirigeant de société varie en fonction du type de société choisie. Le dirigeant d'une EURL ou d'une SARL (s'il est majoritaire) est considéré comme un travailleur non salarié et doit cotiser à l'Urssaf sur le revenu d'activité indépendante ou sur une base annuelle minimale. Le dirigeant d'une SAS, SASU, SARL (minoritaire ou égalitaire) est considéré comme un travailleur assimilé salarié et relève du régime général de la sécurité sociale. Il bénéficie d'une protection sociale très proche de celle d'un salarié. S'il ne se verse pas de salaires, il n'a pas à payer de cotisations sociales.

Il est donc indispensable de prendre en compte de nombreux facteurs pour faire le bon choix :

  • Exercice de l'activité seul ou à plusieurs avec des associés (en société)
  • Régime fiscal concernant l'imposition des bénéfices
  • Régime de protection sociale selon la forme juridique envisagée

Le nom commercial et la dénomination sociale

Avant d’effectuer l’immatriculation le professionnel doit avoir choisi un nom commercial ou une dénomination pour son entreprise.

Entrepreneur individuel (dont micro-entreprise)

Si le restaurateur choisit d'exercer en tant qu'entrepreneur individuel (EI) le nom de son entreprise sera le même que son nom propre (ou nom de famille). En effet, dans le cas d’une EI, (forme juridique qui comprend aussi la micro-entreprise), le professionnel est responsable en tant que personne physique de son entreprise, il exerce en son nom propre. La dénomination de son entreprise correspond à son nom propre. Le professionnel peut également choisir en parallèle un nom commercial, qui lui est facultatif. Il peut servir à mieux identifier l’activité de l’entreprise notamment dans ses actions de communication. Sur tous le documents de l’entreprise, la mention « EI » doit apparaître après le nom.

Société

Si le restaurateur a choisi d’exercer sous la forme juridique de la société, la dénomination sociale de son entreprise est libre. Le nom reflète souvent l'activité exercée. Il doit inscrire le nom choisi dans les statuts de l’entreprise.

Déclaration et immatriculation de l'entreprise

Le professionnel doit procéder à l'immatriculation de l'entreprise en ligne sur le site du Guichet des formalités des entreprises. Cette procédure doit être effectuée dans le mois qui précède la date déclarée du début de l'activité et, au plus tard, 15 jours après la date de début d'activité. Cette formalité a pour effet de donner une existence juridique à l'entreprise. Cette déclaration permet d’informer l’ensemble des organismes concernés par le lancement de l'activité (Insee, organismes sociaux, Urssaf, centre des finances publiques…). Dès que la demande d'immatriculation est acceptée, l'Insee attribue :

  • Un numéro Siren : c'est un numéro unique d'identification de l'entreprise composé de 9 chiffres
  • Un numéro Siret : c'est l'identifiant géographique de chacun des établissements de l'entreprise, il est donc possible d'en avoir plusieurs. Ce numéro est composé du Siren et d'un NIC (Numéro Interne de Classement).

Lors de l’enregistrement de l’entreprise, l’Insee attribue également au professionnel son code APE.

Domiciliation de l'entreprise

Lors de la formalité d’immatriculation sur le site du guichet des formalités des entreprises, il faut renseigner l’adresse de l’entreprise. Elle correspond généralement au local (magasin, atelier, etc.) dans lequel est exercée l’activité. Si le professionnel possède à la fois un établissement fixe et un autre itinérant, il peut domicilier l’activité itinérante à la même adresse que le local fixe, comme 2d établissement. Lorsque l’activité est uniquement itinérante, le professionnel peut choisir de domicilier son activité à son adresse personnelle ou par le biais d’une société de domiciliation.

En cas d’activité itinérante, il faut demander une carte d’artisan ou de commerçant ambulant auprès de la CCI ou de la CMA du lieu de l’activité.

Déclaration de l’éventuel conjoint travaillant dans l’entreprise

Lorsque le conjoint (marié, partenaire de Pacs ou concubin) du chef d'entreprise exerce une activité professionnelle régulière dans l'entreprise, il faut fournir une attestation sur l'honneur précisant son statut. Il est possible d’opter pour l’un des statuts suivants : conjoint collaborateur, conjoint salarié, conjoint associé.

Déclaration d'un restaurant

Le professionnel doit déclarer l’existence de son restaurant et son activité à la mairie de la commune où l’entreprise est domiciliée. Cette déclaration doit être effectuée 15 jours minimum avant l'ouverture du restaurant en remplissant le formulaire dédié.

La carte de commerçant ambulant

Le professionnel restaurateur qui exploite un food-truck doit posséder la carte de commerce ambulant, qui l’autorise à se déplacer en dehors de la commune de sa domiciliation professionnelle. Tout professionnel est concerné par cette obligation qu’il ait ou non un local commercial fixe et quel que soit son statut. Si l’entreprise embauche un ou plusieurs salariés, ceux-ci doivent être munis d’une copie de la carte de commerce ambulant du dirigeant lorsqu’ils exercent de façon ambulante. La carte est valable 4 ans et coûte 30 €.

Comment obtenir la carte de commerce ambulant ?

Pour obtenir la carte, le professionnel doit effectuer une déclaration préalable pour l’exercice d’une activité ambulante auprès de la chambre du commerce et de l’industrie (CCI) ou de la chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) de son lieu de rattachement. De nombreuses CMA et CCI utilisent le formulaire cerfa n° 14022. Le formulaire doit être rempli, numérisé puis retransmis à la CCI ou la CMA (soit par courrier postal en recommandé avec accusé de réception, soit sur place, soit par courriel selon la région).

Documents à fournir

Lors d’une démarche de demande de carte de commerçant ou d’artisan ambulant, le professionnel doit fournir, des documents justificatifs, en plus du formulaire 14022. Les documents sont différents selon le pays d’établissement, en France ou dans un pays de l’Union européenne (UE). En France, il faut fournir :

  • Justificatif de déclaration d’activité datant de moins de 3 mois (extrait K ou Kbis si immatriculé au RCS, justificatif d’immatriculation au RNE)
  • Copie de la pièce d'identité en cours de validité
  • Pour les personnes hébergées : attestation d’hébergement signée par l’hébergeur et copie de justificatif de domicile de l’hébergeur.

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