Esther Williams, née le 8 août 1921 à Inglewood, Californie, et décédée le 6 juin 2013 à Beverly Hills, était bien plus qu'une simple actrice. Elle fut une championne de natation devenue une icône d'Hollywood, une vedette dont la présence à l'écran illuminait les comédies musicales aquatiques de la MGM. Son parcours est celui d'une athlète accomplie qui a su transformer ses compétences aquatiques en une carrière cinématographique éblouissante, laissant une empreinte indélébile sur le cinéma et la natation synchronisée.
Une championne de natation
Dès son plus jeune âge, Esther Williams est attirée par la natation. Adolescente, elle s'entraîne quatre heures par jour au Los Angeles Athletic Club, préparant les Jeux Olympiques de 1940 à Helsinki. Bien que ces jeux aient été annulés en raison de la guerre, son talent et sa détermination ne passent pas inaperçus. En 1939, elle devient championne des États-Unis du 100 mètres nage libre, un titre qui confirme son statut de nageuse d'exception.
L'ascension à Hollywood
Au début des années 1940, Esther Williams délaisse sa carrière de nageuse professionnelle pour rejoindre le monde très fermé d’Hollywood. Remarquée pour sa beauté saine et sa silhouette parfaite, elle est engagée par la MGM. Le studio perçoit immédiatement son potentiel et lui offre un contrat, lançant ainsi sa carrière cinématographique.
La MGM n'hésite pas à investir massivement pour mettre en valeur ses talents aquatiques. Elle fait construire une piscine de 250 000 $ sur scène, dotée de fenêtres sous-marines, de fontaines de couleurs et d'ascenseurs hydrauliques. Cette piscine devient le décor emblématique de ses films, créant un spectacle visuel unique et enchanteur.
Les comédies musicales aquatiques : un genre novateur
Esther Williams devient rapidement la reine des comédies musicales aquatiques, un genre cinématographique novateur qui met en scène des ballets aquatiques spectaculaires. Elle ne savait pas jouer la comédie, elle ne savait pas danser, elle ne savait pas chanter, mais bon sang ! ce qu'elle savait bien nager! Réalisés par des cinéastes de renom tels que Busby Berkeley et Vincente Minnelli, ses films sont un mélange d'athlétisme, de glamour et de divertissement.
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"Le Bal des Sirènes" (Bathing Beauty, 1944), réalisé par George Sidney, est l'un de ses premiers grands succès. Aux côtés de Red Skelton, elle y met en valeur ses talents nautiques, séduisant le public par sa grâce et son aisance dans l'eau.
Ses films popularisent la natation synchronisée, transformant ce sport en un spectacle artistique et divertissant. Les scènes de natation sont minutieusement orchestrées, demandant souvent beaucoup à l'actrice sur le plan physique. Dans son autobiographie, Esther Williams détaille plusieurs occasions où elle a failli se noyer en tournant des cascades époustouflantes, soulignant son engagement et son professionnalisme. Elle a rarement fait appel à une doublure.
Diversification et défis
Au milieu des années 50, Esther Williams tente de diversifier sa carrière en acceptant des rôles sans natation, mais avec peu de succès. Elle apparaît dans quelques films dramatiques, tels que "L'Enquête de l'inspecteur Graham" (The Unguarded Moment, 1956), où elle incarne un professeur de musique menacée par un jeune psychopathe. Bien que ce film soit un succès, il marque un tournant dans sa carrière, les goûts du public évoluant et la popularité des comédies musicales aquatiques diminuant.
Malgré ces défis, Esther Williams reste une vedette très commerciale. La magie qu'elle exerçait sur le public n'a guère diminué, comme en témoigne l'accueil enthousiaste fait à la séquence qui lui était consacrée dans l'anthologie cinématographique "That's Entertainment" (1974).
Vie privée et héritage
La vie amoureuse d'Esther Williams a suscité l'intérêt des médias. Elle a été mariée quatre fois. En 1940, elle épouse son amour de jeunesse, Leonard Kovner. En 1945, elle épouse Ben Gage, un animateur de radio, avec qui elle a trois enfants : Benjamin, Kimball et Susan. Dans son autobiographie, elle le dépeint comme un parasite alcoolique qui a gaspillé ses revenus. Après avoir divorcé d'avec Ben Gage, elle épouse l'acteur Fernando Lamas en 1969, sa co-star dans "Traversons la Manche" (Dangerous When Wet). Leur union dure jusqu'à la mort de Lamas en 1982.
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En 1961, elle fait ses adieux au cinéma avec le film "La Fontaine magique", réalisé par Fernando Lamas, et se consacre à sa vie de famille avec son mari, Edouard Bell, à Beverly Hills.
Esther Williams laisse derrière elle un héritage cinématographique unique. Elle a fait pour la natation ce que Sonja Henie a fait pour le patinage et Eleanor Powell pour la danse à claquettes. Ses films ont popularisé la natation synchronisée et ont inspiré de nombreuses générations de nageurs et d'artistes.
En 1999, elle publie son autobiographie, intitulée "Million Dollar Mermaid", le surnom qu'on lui a donné par la suite. Ce livre offre un aperçu fascinant de sa vie, de sa carrière et de ses relations personnelles.
Hommages et reconnaissance posthume
Après sa mort en 2013, Esther Williams a reçu de nombreux hommages. Elle est saluée comme une pionnière du cinéma et une icône de la natation. Un documentaire intitulé "Esther Williams, la sirène d'Hollywood" lui est consacré, retraçant son parcours exceptionnel et mettant en lumière son engagement en faveur de l'émancipation des femmes.
Aujourd'hui, Esther Williams est considérée comme une légende d'Hollywood. Ses films continuent d'être appréciés pour leur esthétique, leur énergie et leur joie de vivre. Elle restera à jamais la "Sirène d'Hollywood", une artiste qui a su transformer l'eau en or et qui a marqué l'histoire du cinéma et de la natation.
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