Introduction
Les infections à Escherichia coli (E. coli) chez les nourrissons sont une source de préoccupation pour les parents et les professionnels de la santé. Bien que de nombreuses souches d'E. coli soient inoffensives et vivent naturellement dans le tube digestif des humains et des animaux, certaines peuvent causer des infections, notamment urinaires et des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU). Cet article vise à fournir des informations complètes sur les infections à E. coli chez les nourrissons, incluant les causes, les symptômes, les mesures de prévention et les traitements disponibles.
Escherichia coli : Généralités
Escherichia coli (E. coli) est une bactérie très répandue, présente dans le microbiote intestinal de l’humain et des animaux. La majorité des souches sont inoffensives, mais certaines, comme les ECEH (Escherichia coli entérohémorragiques), sont pathogènes en raison de l'acquisition de facteurs de virulence. Ces souches pathogènes libèrent des toxines, principalement des shiga-toxines, qui peuvent endommager l'endothélium vasculaire, notamment dans l'intestin et les reins.
Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU)
Définition et Risques
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est une complication rare mais grave, survenant dans 5 à 8 % des cas d'infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines (STEC). Il affecte principalement les reins et est plus fréquent chez les jeunes enfants. Environ 160 enfants sont atteints de SHU chaque année en France. Santé publique France surveille cette maladie depuis 1996 en collaboration avec les services de néphro-pédiatrie.
Symptômes du SHU
L'infection se manifeste généralement 3 à 4 jours après la contamination, avec un maximum de 10 jours. Les symptômes incluent :
- Diarrhée, souvent accompagnée de sang
- Douleurs abdominales
- Vomissements
Dans 5 à 8 % des cas, ces symptômes peuvent évoluer vers le SHU environ une semaine après. Les signes du SHU comprennent :
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- Grande fatigue
- Pâleur
- Diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées
- Parfois, des convulsions
Une prise en charge hospitalière est nécessaire, pouvant inclure des transfusions sanguines et/ou des dialyses. Il est crucial de consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes évocateurs.
Prévention du SHU
Les bactéries E. coli responsables du SHU sont présentes dans les intestins des ruminants et sont éliminées par les excréments, contaminant l'environnement et les aliments. Les mesures de prévention incluent :
- Hygiène alimentaire :
- Ne pas donner de fromage au lait cru aux enfants de moins de 5 ans (voire 10 ans selon certains professionnels).
- Éviter les viandes et poissons crus.
- Laver soigneusement les légumes et fruits crus.
- Hygiène générale :
- Respecter des pratiques d'hygiène strictes tout au long de la chaîne alimentaire.
Infections Urinaires chez le Nourrisson
Généralités
Les infections urinaires sont fréquentes chez les enfants, mais peuvent être difficiles à détecter chez les nourrissons en raison de symptômes non spécifiques. Elles surviennent lorsque des bactéries colonisent les voies urinaires, pouvant rester localisées (cystite) ou remonter aux reins (pyélonéphrite). Les filles sont plus souvent touchées que les garçons en raison de leur urètre plus court.
Causes des Infections Urinaires
La majorité des infections urinaires chez l’enfant sont causées par des bactéries issues du tube digestif. La plus fréquente, Escherichia coli (E. coli), est responsable d'environ 85 à 90 % des cas. Cette bactérie peut facilement migrer de la zone anale vers l’urètre, surtout en cas d’hygiène périnéale inadaptée.
Un reflux vésico-urétéral (RVU), un reflux anormal de l’urine de la vessie vers les uretères et les reins, favorise également la remontée des bactéries et augmente le risque de pyélonéphrite. Il est identifié chez 30 à 40 % des enfants souffrant d’infections urinaires récidivantes.
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Symptômes des Infections Urinaires
Chez les nourrissons, les symptômes sont souvent peu spécifiques et peuvent inclure :
- Fièvre sans cause apparente (souvent supérieure à 39°C)
- Pleurs et agitation
- Refus de manger
- Odeur forte de l'urine
Après 36 mois, les signes deviennent plus typiques :
- Douleurs ou brûlures en urinant
- Envies fréquentes d’uriner
- Urines qui sentent fort ou sont colorées
- Douleurs abdominales ou lombaires
Il est important de consulter un médecin rapidement en cas de fièvre chez un nourrisson de moins de 6 mois.
Diagnostic des Infections Urinaires
Le diagnostic repose sur :
- Bandelettes urinaires : Permettent un premier dépistage rapide, mais ne suffisent pas pour poser un diagnostic. Elles recherchent la présence de leucocytes et de nitrites dans l'urine. Si les deux sont négatifs, la probabilité d'une infection urinaire est très faible.
- Examen cytobactériologique des urines (ECBU) : Confirme l’infection urinaire, identifie le germe en cause et détermine le traitement approprié. Chez les nourrissons, le prélèvement peut se faire par une poche urinaire ou une sonde.
- Échographie rénale : Nécessaire en cas de pyélonéphrite ou d’infections récidivantes pour détecter une éventuelle anomalie anatomique.
- Autres examens d'imagerie médicale : Peuvent être prescrits chez les bébés de moins de 3 ans pour rechercher des malformations du système urinaire.
Traitement des Infections Urinaires
Le traitement principal des infections urinaires est l’antibiothérapie. Le choix de l’antibiotique dépendra des résultats de l’ECBU. Si l’enfant a moins de 3 mois, une hospitalisation peut être nécessaire pour une surveillance accrue et un traitement par perfusion.
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Il n’existe pas de traitement naturel à l’infection urinaire chez le bébé. Une consultation médicale est indispensable pour soulager rapidement l’inconfort de l’enfant.
Quand s'inquiéter ?
Il faut s’inquiéter dans les situations suivantes :
- Infections urinaires répétées (au moins deux épisodes fébriles ou trois épisodes au total) : une consultation avec un urologue pédiatrique est recommandée.
- Fièvre persistante malgré le traitement antibiotique.
- Signes de pyélonéphrite (fièvre élevée, frissons, douleurs lombaires).
Prévention des Infections Urinaires
Plusieurs mesures peuvent aider à prévenir les infections urinaires chez les nourrissons :
- Hygiène périnéale : Nettoyer délicatement la zone génitale de l’avant vers l’arrière chez les filles pour éviter la propagation des bactéries de l’anus vers l’urètre. Utiliser un savon doux et éviter les produits irritants.
- Hydratation : Assurer une hydratation suffisante pour favoriser la production d’urine et l’élimination des bactéries.
- Éviter la constipation : La constipation peut favoriser la prolifération des bactéries dans le tube digestif.
- Changements de couches fréquents : Changer régulièrement les couches pour maintenir la zone propre et sèche.
Hausse des Infections Graves à Escherichia Coli chez l’Enfant
Depuis février 2022, les autorités de santé publique ont observé une augmentation du nombre de cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez l’enfant, consécutif à une infection grave à la bactérie Escherichia coli. Habituellement, entre 100 et 165 enfants sont touchés chaque année en France par un SHU lié à une infection par E. coli. Face à cette tendance, des investigations sont en cours pour identifier les causes de cette hausse et mettre en place des mesures de prévention adaptées.
Escherichia coli productrices de Bêtalactamases à Spectre Étendu (EBLSE)
La résistance des bactéries aux bêtalactamines, une classe d’antibiotiques couramment utilisée, peut être due à la production de bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) par certaines souches d’E. coli. Les entérobactéries sécrétrices de BLSE représentent un problème majeur de santé publique.
Facteurs de Risque de Portage d'EBLSE
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de portage d'EBLSE :
- Prise d’antibiotiques dans les 3 mois précédents.
- Séjours récents dans des zones de forte prévalence (sous-continent indien, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique du Nord, Bassin méditerranéen, Grèce, Italie).
- Hospitalisation récente, notamment en structure de long séjour ou en réanimation.
- Présence d’une sonde à demeure.
- Infections urinaires récidivantes.
Traitement des Infections Graves à Risque d'EBLSE
En cas d’infection grave à risque d’EBLSE, les traitements probabilistes recommandés incluent des carbapénèmes (imipénem ou méropénem) associés à l’amikacine. En cas d’allergie aux carbapénèmes, l’aztréonam associé à l’amikacine peut être utilisé.
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