L'érythème polymorphe est une affection cutanée qui peut toucher les enfants, caractérisée par des lésions cutanées et parfois des muqueuses. Bien que souvent bénigne et spontanément résolutive, il est important de reconnaître ses causes, ses symptômes et les options de traitement disponibles.

Définition de l'érythème polymorphe

L’érythème polymorphe est une affection cutanée touchant la peau et les muqueuses. Il produit des lésions en cocarde, c’est-à-dire arrondies, circulaires, annulaires avec des anneaux concentriques. Le mot « érythème » signifie littéralement « rougeur de la peau » sous différentes formes et se présente sous forme de taches rouges sur la peau. Cette maladie de la peau est fréquente et, même si les lésions se résorbent généralement spontanément, elles sont souvent récidivantes.

Ne pas confondre avec le syndrome de Stevens-Johnson

Pendant longtemps, l’érythème polymorphe a été confondu avec une allergie aux médicaments provoquant le syndrome de Stevens-Johnson, une réaction grave d’hypersensibilité cutanée. Les médicaments à l’origine de la maladie sont le plus souvent les sulfamides, les antiépileptiques et les antibiotiques, selon le Manuel MSD. La maladie provoque l’apparition de bulles épidermiques, de nécrose, et d’un décollement cutané. Ce syndrome de Stevens-Johnson peut causer jusqu’à 7,5 % de mortalité chez l’enfant et 20 à 25 % chez l’adulte, d’après les taux fournis par le Manuel MSD. La maladie se déclare dans les 4 à 28 jours à la suite de la prise d’un nouveau médicament, selon France Assos Santé. Difficile à diagnostiquer, elle peut être confondue avec d’autres pathologies comme l’érythème polymorphe. Les symptômes deviennent plus nets au bout de quelques jours lors de la phase aiguë. Après sa disparition, le syndrome de Stevens-Johnson laisse des séquelles plus ou moins invalidantes.

Causes de l'érythème polymorphe chez l'enfant

L’érythème polymorphe est généralement conduit par un agent infectieux, plus particulièrement l’herpès, ou parfois par une bactérie comme le mycoplasme. L'érythème polymorphe est causé par un agent infectieux, tel que l’herpès simplex ou la bactérie mycoplasma. Il peut aussi apparaître à la suite de la prise d’un médicament. La maladie peut être difficile à identifier, en raison de sa ressemblance avec d’autres affections de la peau.

Plus précisément, l’érythème polymorphe apparaît généralement en réaction à certaines maladies, telles que l’herpès, la mononucléose infectieuse, l’infection à mycoplasmes, la tuberculose ou les mycoses. Il peut aussi être causé par la prise de médicaments : anti-inflammatoires, sulfamides, pénicilline, œstrogènes, etc. Certains agents physiques peuvent être la cause de l’érythème polymorphe comme une exposition au soleil, au froid ou aux rayons X. Dans certains cas, il semblerait que la vaccination contre la variole puisse entraîner l’apparition d’un érythème polymorphe. Plus récemment, deux cas d'érythème polymorphe ont été rapportés suite à l'inoculation du vaccin Moderna contre le Covid, selon l'ANSM.

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Bien que l'érythème polymorphe ne soit généralement pas contagieux, il est important de noter que si son origine est l'herpès, des gestes préventifs doivent être respectés durant les crises, car l'herpès est très contagieux.

Symptômes de l'érythème polymorphe

L’érythème polymorphe entraîne l’apparition de lésions en cocarde : elles sont arrondies, en relief sur la peau, et leurs bords sont rouge sombre. Les lésions peuvent avoir un aspect bulleux. Les taches se développent en quelques jours, et apparaissent de façon symétrique sur le corps. D’autres lésions peuvent être associées, comme des bulles ou des papules. Certains patients présentent un prurit. Les zones généralement touchées par l’érythème polymorphe sont les mains, les avant-bras, les coudes, les genoux, les paumes ou les plantes des pieds. Des lésions peuvent aussi se développer dans la bouche, sur les lèvres, ou sur les zones génitales dans de plus rares cas. La maladie est majoritairement récidivante, en particulier lorsqu’elle est consécutive au virus de l’herpès.

Formes mineures et majeures

L'érythème polymorphe peut se manifester sous une forme mineure, lorsque les lésions cutanées sont légères : les taches mesurent alors 1 à 2 cm de diamètre, et se situent essentiellement sur la peau du visage et des membres, tandis que les muqueuses sont peu affectées.

Il existe par ailleurs des formes majeures causant une atteinte importante des muqueuses, de la fièvre, des brûlures, des démangeaisons, et une altération de l’état de santé général. Dans la forme majeure, les taches sont plus grandes, et se développent non seulement sur la peau, mais aussi sur les muqueuses, comme dans la bouche. Dans de rares cas, l’atteinte des muqueuses provoque des difficultés pour manger. Une atteinte oculaire peut parfois se déclencher, nécessitant une hospitalisation. ► l'érythème polymorphe majeur se caractérise par l'atteinte de deux muqueuses ou plus. "Certains patients présentent des lésions dans les muqueuses (yeux, bouche, muqueuse génitale, nasale).

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si vous souffrez d’une forte éruption cutanée, touchant notamment les muqueuses. Il est aussi conseillé de consulter un médecin si vous êtes atteint d’herpès, et que vous avez des doutes sur la nature de vos lésions :

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  • si vous avez une poussée plus sévère que d’habitude ;
  • si votre bouton de fièvre s’étend ou ne cicatrise pas tout seul ;
  • si vos poussées sont très fréquentes, plus de six par an ;
  • si votre bouton de fièvre est associé à une forte fièvre ou à une forte douleur ;
  • si vous avez des douleurs oculaires ou une baisse de vision ;
  • si vous êtes immunodéprimé.

Diagnostic de l’érythème polymorphe

Le diagnostic est clinique, il est confirmé par la présence de cocardes sur la peau. En cas de doute, une biopsie (petit prélèvement de la peau) peut être réalisée", indique la dermatologue. Le médecin cherche à déterminer le type de lésion cutanée, qui peut s’apparenter à une urticaire ou à une vascularite. Quant aux lésions au niveau des muqueuses, elles peuvent ressembler à des aphtes. Le médecin observe les taches de la peau pour vérifier l’aspect en cocarde. Il peut rechercher des lésions au niveau des muqueuses. Il recherche également le facteur déclenchant de la maladie, comme une infection ou la prise de médicaments. Il peut alors diagnostiquer l’érythème polymorphe, et le différencier d’autres réactions cutanées graves comme le syndrome de Stevens-Johnson ou la nécrose épidermique toxique, qui surviennent en réaction à des médicaments. Le syndrome de Stevens-Johnson se caractérise par des taches bleues et des cloques sur la peau et les muqueuses. L’épidermolyse toxique se manifeste par une éruption cutanée étendue, et atteint également les muqueuses. Dans sa forme mineure, l’érythème polymorphe n’atteint pas les muqueuses. Dans sa forme majeure, les muqueuses sont atteintes, et des lésions peuvent se présenter dans la bouche, sur les muqueuses génitales ou dans les yeux. Ces lésions peuvent être douloureuses, invalidantes, et nécessiter une hospitalisation.

Traitement de l'érythème polymorphe

L’érythème polymorphe guérit généralement spontanément sans aucun traitement, après une à trois semaines.

Traitement médicamenteux

Dans la phase aiguë de la maladie, des traitements peuvent être administrés pour réduire les symptômes et soulager les douleurs. Durant la phase aiguë de la maladie, c'est-à-dire au moment des poussées, des traitements symptomatiques sont administrés afin de soulager les douleurs et essayer d'accélérer la cicatrisation dans la bouche. Le traitement de l’érythème polymorphe nécessite alors des soins locaux à base d’antiseptiques. Les médicaments Eludril, Hextril et Bétadine peuvent dès lors être prescrits par un médecin. Les corticostéroïdes locaux ainsi que les anesthésiques peuvent améliorer les symptômes. De la cortisone peut également être prescrite pendant quelques jours.

Un traitement de la cause de la pathologie peut être proposé s’il s’agit d’une pneumopathie à mycoplasme ou de l’herpès simplex. En cas de récidives fréquentes, un traitement antiviral au long cours peut se révéler bénéfique pour prévenir les poussées d'herpès, qui sont à l'origine des poussées d'érythème polymorphe dans la grande majorité des cas. Si une infection bactérienne est à l’origine de l’érythème polymorphe, elle peut être traitée. Enfin, si l’érythème polymorphe est causé par un médicament, un arrêt du traitement est nécessaire. Lorsque cela ne fonctionne pas, ou qu'il ne s'agit pas d'un érythème polymorphe post-herpétique, divers traitements immunomodulateurs peuvent être envisagés.

Hospitalisation

Certaines formes graves de la maladie nécessitent une hospitalisation. De la même façon, si votre médecin suspecte un syndrome de Stevens-Johnson ou une épidermolyse toxique, il vous orientera vers le service d’urgences médicales. Les récidives étant fréquentes, un traitement d’entretien par Aciclovir 400 mg peut être conseillé toutes les 12 heures. Ce traitement est recommandé lorsque les symptômes récidivent plus de cinq fois par an. Le médecin peut aussi vous prescrire de la cortisone pendant trois semaines, si vous souffrez d’une forme majeure. Il peut par ailleurs vous conseiller de vous rendre chez un dermatologue. L’érythème polymorphe peut se révéler invalidant, mais il provoque peu de complications. Certaines séquelles peuvent néanmoins apparaître au niveau des yeux.

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Prévention de l'érythème polymorphe

L’érythème polymorphe peut essentiellement être prévenu en prenant des mesures pour éviter de contracter le virus de l’herpès. Ce virus se transmet par contact direct avec les lésions et la salive. Ainsi, les personnes atteintes d’herpès peuvent adopter les gestes suivants en guise de prévention, selon l’Assurance maladie :

  • éviter d’embrasser leurs proches, surtout les enfants ;
  • éviter d’entrer en contact avec des personnes immunodéprimées ;
  • se laver les mains après avoir touché la lésion ;
  • ne pas s’échanger de linge de toilette ;
  • ne pas se prêter de baume hydratant ou de rouge à lèvres ;
  • éviter les sports de contact comme le football ou le rugby ;
  • éviter les rapports sexuels bucco-génitaux mettant en contact la bouche avec le sexe.

Pour les personnes atteintes d’herpès, il est conseillé de ne pas toucher le bouton de fièvre, de ne pas se frotter les yeux après avoir touché les lésions, et de bien se laver les mains avant de poser des lentilles. Par ailleurs, pour éviter l’érythème polymorphe ainsi que les récidives du virus de l’herpès, il est recommandé d’éviter les expositions au soleil, ou d’utiliser un écran solaire haute protection. De même, se protéger du froid est conseillé.

Vous pouvez également adopter des gestes préventifs pour éviter la bactérie mycoplasma. Cette bactérie provoque une infection des voies respiratoires et des voies urinaires et génitales. Pour prévenir cette infection, Le Manuel MSD recommande de se couvrir la bouche quand on tousse ou quand on éternue. Il est aussi conseillé de se laver les mains fréquemment à l’eau et au savon. Enfin, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés, afin d’éviter les risques d’infections sexuellement transmissibles.

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