Éric Di Meco, né à Avignon le 7 septembre 1963, est une figure emblématique du football français, reconnu non seulement pour ses performances sur le terrain, mais aussi pour son franc-parler et ses multiples passions. Son parcours, marqué par des succès sportifs, des épreuves personnelles et une reconversion médiatique réussie, témoigne d'une personnalité riche et complexe.
Enfance et Jeunesse : Les Racines d'un Marseillais
Éric Di Meco grandit à Robion, un petit village du Vaucluse. Son histoire est intimement liée à celle de son père, Esterino Di Meco, un immigré italien. En 1948, Esterino, alors âgé de vingt ans, quitte son village natal des Abruzzes, Lanciano, avec deux de ses treize frères et sœurs, pour échapper au service militaire. Leur périple les mène clandestinement jusqu'en France, où ils sont arrêtés à leur arrivée. Après trois jours de détention aux Baumettes, Esterino est relâché et s'installe à Robion, au pied du Luberon. Il travaille d'abord dans les champs, dormant dans les étables, une expérience qui marque profondément sa vie.
Éric Di Meco est submergé par l'émotion lorsqu'il évoque le contraste entre le parcours de son père, fuyant la pauvreté, et sa propre réussite grâce au football. Il mesure le fossé social qui les sépare et exprime sa reconnaissance envers les valeurs paternelles, fondées sur le travail acharné.
L'intégration des Italiens en Provence n'a pas toujours été facile. Le frère d'Éric, de dix ans son aîné, a subi des discriminations à l'école, où il était traité de "sale babi". Éric, quant à lui, n'a pas connu ces difficultés. Son père rencontre sa mère, originaire de Brante, chez sa marraine, une propriétaire terrienne. Cependant, la famille de sa mère n'accepte pas initialement cette union avec un Italien.
Éric Di Meco garde des souvenirs d'enfance contrastés. Il se souvient de moments où ses cousins recevaient des glaces et pas lui. Malgré cela, il entretient de bonnes relations avec certains membres de sa famille, qui ont été d'un grand soutien pour son père après le décès de sa mère, alors qu'il n'avait que neuf ans. Il regrette de ne pas avoir appris l'italien, malgré les tentatives de son père.
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La famille Di Meco est dispersée dans le monde entier, avec des oncles en Alsace, en Suisse, en Australie, au Canada et en Argentine. Éric a souvent proposé à son père de lui offrir un voyage pour rendre visite à ses frères, mais celui-ci a toujours refusé. Un jour, Éric rencontre l'un de ses oncles à Buenos Aires, un modeste boucher qui ressemble trait pour trait à son père.
La Mort de sa Mère : Une Blessure d'Enfance
Une épreuve marque profondément l'enfance d'Éric Di Meco : la mort de sa mère lorsqu'il avait neuf ans. Il décrit cette perte comme "terrible pour un enfant, terrible à tout âge, mais peut-être encore plus quand on est en phase de construction". Cette absence a pesé sur sa construction en tant qu'homme, en tant que père et grand-père. Il confie que son père était dur et qu'il n'a pas eu le côté câlin d'une maman. Il avoue également avoir eu du mal à dire "Je t'aime" à ses enfants, surtout à son premier enfant, Thomas.
Carrière de Footballeur : De l'OM à l'Équipe de France
Le parcours d'Éric Di Meco dans le monde du football est riche et diversifié. Il évolue au poste d'arrière gauche de 1980 à 1998.
Les Débuts à l'Olympique de Marseille
Il commence sa carrière en 1980 à l'Olympique de Marseille, club auquel il reste fidèle pendant une grande partie de sa carrière. Il joue également pour l'AS Nancy-Lorraine de 1986 à 1987 et pour le FC Martigues lors de la saison 1987-1988. Il quitte l'OM en 1994 et termine sa carrière à l'AS Monaco, où il joue ses quatre dernières années avant de prendre sa retraite sportive.
Le Sacre de Munich : Une Apothéose
Traumatisé par les échecs répétés des clubs français en compétitions européennes, Éric Di Meco vit la victoire de l'OM en Ligue des Champions en 1993 comme une apothéose. Il décrit l'équipe de cette époque comme une équipe de combat, composée de joueurs prêts à tout donner sur le terrain. Il souligne le rôle déterminant de Bernard Tapie, qui a permis à l'OM de rivaliser avec les grands clubs européens.
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Avant le sacre de Munich, Di Meco a connu de nombreuses déceptions, notamment les défaites en finale de la Coupe des clubs champions européens contre Bari en 1991 et contre Benfica en 1990, ainsi que l'élimination face au Sparta Prague en 1992. Après les larmes de Bari, il pensait que c'était fini.
Il se souvient avec émotion du match contre le Milan AC en phase de poules de la Ligue des Champions 1992-1993, qu'il considère comme l'un de ses préférés. L'OM avait remporté ce match 1-0 grâce à un but de Basile Boli.
L'Affaire VA-OM et la Rétrogradation
Un an après la victoire en Ligue des Champions, l'OM est rétrogradé en deuxième division à la suite de l'affaire VA-OM. Malgré cette épreuve, Di Meco reste fier de son passage au club et touché par les hommages que lui rendent les jeunes générations.
L'Équipe de France et la Concurrence avec Lizarazu
Éric Di Meco a également porté les couleurs de l'équipe de France. Il a participé à l'Euro 1996, mais a perdu sa place de titulaire au profit de Bixente Lizarazu. Il raconte avoir mal vécu cette situation, d'autant plus qu'il s'était mis à la basse à cette époque et qu'il avait emmené son instrument avec lui en Angleterre.
Reconversion et Autres Passions : Un Homme aux Multiples Facettes
Après sa carrière de footballeur, Éric Di Meco se lance dans une nouvelle aventure : la politique.
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L'Expérience Politique
Il est d'abord conseiller municipal, puis adjoint au maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, en charge des sports de 2000 à 2007. Cependant, il se rend compte que ce n'est pas sa voie et qu'il n'est "pas fait comme ça".
Consultant Sportif et Animateur Radio
Dans les années 2000, Éric Di Meco entame une reconversion en tant que consultant sportif. Très présent dans les médias, il continue à vivre de sa passion pour le football en tant qu'animateur de radio. Il intervient dans différentes émissions sur RMC, telles que Super Moscato Show, Team Duga et Les Grandes Gueules du Sport. En 2022, il participe à l'émission The Voice. En mai 2024, il annonce qu'il arrête sa carrière de commentateur sportif à la télévision.
La Musique : Une Passion Dévorante
Éric Di Meco ne se contente pas de commenter le football, il pratique également la musique. Il joue de la guitare basse et voue une grande passion au rock. Il a d'ailleurs créé un groupe, Osiris, qui reprend les tubes du groupe britannique Oasis. Il se produira sur scène avec son groupe à Vieux-Boucau le 12 juillet.
La Pâtisserie : Un Havre de Paix
Derrière l'image du footballeur et du consultant sportif se cache également un passionné de pâtisserie. Éric Di Meco trouve dans cette activité un moyen de canaliser son énergie et de se détendre. Il avoue être gourmand et fan de baba au rhum. Il envisage même de transformer cette passion en activité professionnelle.
Vie Privée : La Discrétion comme Rempart
Éric Di Meco a toujours su préserver sa vie privée. L'identité de son épouse et le nombre de ses enfants restent inconnus du grand public. Ce choix de discrétion témoigne de son respect pour ses proches et de son désir de les protéger des regards indiscrets.
Douleurs Physiques et Projets d'Avenir
Éric Di Meco a révélé souffrir de douleurs chroniques liées à sa carrière de footballeur. Il confie prendre des anti-inflammatoires lorsqu'il prévoit une journée où il devra beaucoup marcher. Il s'inquiète de sa capacité à rattraper son petit-fils s'il court trop vite vers un danger.
Malgré ces difficultés physiques, Éric Di Meco reste actif et passionné. Il envisage de retourner s'installer dans le Luberon et de se consacrer à ses différentes passions.
Un Héritage Marseillais
Éric Di Meco est une figure emblématique de l'Olympique de Marseille. Il porte le club dans son cœur et rêve de voir ses cendres reposer un jour au Stade Vélodrome. Il souhaite qu'un espace soit réservé aux personnalités qui souhaitent rester liées à leur club pour l'éternité, comme cela existe à Manchester City.
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