L'ergonomie auxiliaire de puériculture est un domaine essentiel qui vise à adapter le travail des professionnels de la petite enfance à leurs besoins et capacités, afin d'améliorer leurs conditions de travail, leur bien-être et, par conséquent, la qualité des soins prodigués aux enfants.
Définition de l'Ergonomie
L’ergonomie est l’adaptation du travail à l’homme. Elle prend en compte tout ce qui peut influencer la réalisation du travail :
- Travail physique
- Travail mental
- Aspects psychiques ou affectifs du travail (stress…)
- Horaires de travail et travail de nuit
- La chaleur, le froid, le confort thermique
- L’éclairage
- Le bruit
- L’architecture et l’espace.
L’ergonomie a toujours pour objectif l’amélioration des conditions de travail et d’utilisation des outils. D’ailleurs, trois mots sont indissociables de cette discipline : efficacité, santé et sécurité. Pour cela, l’ergonomie puise dans des sciences aussi diverses que la médecine, la psychologie ou encore la sociologie. Ces caractéristiques se retrouvent dans les trois dimensions classiques de l’ergonomie.
- L’ergonomie physique : c’est la prévention des troubles musculaires et squelettiques, impacts de la posture assise, conséquences des mouvements répétitifs, etc.
- L’ergonomie organisationnelle : c’est l’analyse des facteurs humains, managériaux, de la conduite du travail, des situations à risques dans les organisations, du travail en équipe, de la culture d’entreprise… La problématique est d’optimiser l’organisation du travail par rapport aux travailleurs.
- L’ergonomie cognitive, parfois appelée ergonomie mentale, puisque c’est une analyse des processus et modèles mentaux : raisonnement, mémorisation, perception… L’ergonomie informatique, plus spécifiquement centrée sur les relations homme-ordinateur, fait ainsi partie de l’ergonomie cognitive.
Le Rôle Crucial de l'Auxiliaire de Puériculture
L’auxiliaire de puériculture intervient directement auprès des enfants et de leur famille, dans les différents lieux d’accueil de la petite enfance. Devenir auxiliaire de puériculture diplômé d’État, c’est être au contact quotidien de nombreux autres professionnels médicaux, soignants, éducatifs et sociaux. C’est aussi miser sur des débouchés professionnels variés et des perspectives d’évolution nombreuses tout au long de sa carrière. Une formation de 11 mois est nécessaire pour devenir auxiliaire de puériculture.
L’auxiliaire de puériculture est spécialisé dans l’accompagnement des nouveau-nés, des jeunes enfants et jusqu’à l’adolescence, qu’ils soient en bonne santé ou porteurs d’un handicap, atteints de maladies chroniques ou en situation de risque d’exclusion.
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L’auxiliaire de puériculture réalise des activités d’éveil et des soins visant au bien-être, à l’autonomie et au développement de l’enfant. Son rôle s’inscrit dans une approche globale de l’enfant et prend en compte la dimension relationnelle des soins ainsi que la communication avec la famille dans le cadre du soutien à la parentalité, mais aussi avec les autres professionnels et les aidants.
L’auxiliaire de puériculture participe à l’accueil et à l’intégration sociale d’enfants présentant un handicap, atteints de pathologies chroniques, en situation de risque d’exclusion ou de maltraitance.
Elle exerce sous la responsabilité d’un infirmier puériculteur diplômé d’État ou d’un infirmier, le cas échéant.
C’est un métier très humain, tant dans la relation avec l’enfant qu’avec ses parents. Je peux en effet les accompagner dans leur rôle éducatif, les rassurer. Je n’aime pas me fâcher, mais avec les enfants un peu plus grands, il faut parfois avoir de l’autorité. Quelquefois, il ne faut pas hésiter à passer le relais à une collègue : c’est aussi un vrai travail d’équipe !
Lieux d'Exercice
L’auxiliaire de puériculture travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire intervenant dans les services de soins ou réseaux de soins des structures sanitaires, médico-sociales ou sociales, en établissement ou à domicile :
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- Les crèches et établissements d'accueil du jeune enfant (EAJE) ;
- Les centres de protection maternelle et infantile (PMI) ;
- Les instituts médico-éducatifs ;
- Les services hospitaliers de pédiatrie et de néonatologie ;
- Les maternités ;
- Les pouponnières sanitaires ou sociales.
Aptitudes Nécessaires
- Sensibilité à l’univers des tout-petits ;
- Patience ;
- Sens des responsabilités ;
- Souci de la sécurité et de l’hygiène ;
- Dynamisme et endurance ;
- Capacités relationnelles ;
- Sens aigu de l'observation ;
- Sens du travail en équipe ;
- Pédagogie.
Formation
Une formation obligatoire de 11 mois est nécessaire pour accéder au métier d’auxiliaire de puériculture. Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP) se partage entre formation en milieu professionnel lors de stages d’immersion et cours théoriques en institut de formation.
La formation est accessible par la formation initiale, la formation continue et peut également être obtenu par la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Les Objectifs de l'Ergonomie en Puériculture
Les objectifs fondamentaux de l’ergonomie sont doubles :
La minimisation des maladies et des accidents. L’ergonomie sert à éviter les douleurs physiques et les sur-sollicitations mais elle a aussi des objectifs à plus long terme et faire en sorte que :
- le travail soit acceptable par l’organisme humain physiquement et psychologiquement,
- le travail n’entraîne aucune fatigue excessive qui ne soit pas insidieusement dégradante
- le travail ne précipite pas le vieillissement normal de l’organisme,
- l’homme ou la femme au travail puisse parcourir une vie professionnelle de quelques dizaines d’années sans problème grave
- réduire le nombre d’accidents avec des postes de travail correctement agencés.
L’amélioration du bien-être et du rendement. Des postes de travail et des processus de travail ergonomiques constituent les conditions premières du bien-être des professionnels de santé durant l’exercice de leur activité. Par ailleurs, un agencement du travail adapté aux capacités et aux besoins du personnel réduit les sollicitations physiques, ralentit l’apparition de la fatigue, améliore le confort et augmente la motivation. Tous ces éléments ont une influence positive sur la qualité mais aussi sur le rendement et la productivité du personnel de santé.
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Enjeux de l'Ergonomie en Milieu Hospitalier et dans les Structures de Petite Enfance
Si le personnel soignant gagne en confort physique et mental à voir ses conditions de travail s’améliorer, les dirigeants hospitaliers ont aussi un intérêt à mettre en place des mesures pour leur amélioration.
Selon l’Assurance maladie, 20 % des accidents du travail et 60 % des arrêts de travail du secteur médico-social sont en effet liés au mal de dos. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont même la 1ère cause d’arrêt de travail et d’inaptitude chez le personnel soignant et ils font partie des facteurs de pénibilité les plus importants, notamment dans les EHPAD.
Aides-soignants, brancardiers et infirmiers sont les premiers touchés.
Représentant 95% maladies professionnelles reconnues dans le secteur sanitaire et médico-social, Les TMS représentent donc un poids pour les soignants comme pour les structures. A court terme, ils génèrent des arrêts de travail et désorganisent les équipes. A long terme, ils peuvent devenir sources de handicap et d’inaptitude professionnelle, mettant à mal la pérennité des postes et la continuité des services.
Compte tenu de la forte sinistralité de ces métiers, des difficultés à recruter et fidéliser le personnel soignant, les TMS représentent par ailleurs un enjeu de prévention majeur pour maintenir des soins de qualité et un fonctionnement optimal au sein des établissements de santé.
Les effectifs hospitaliers sont déjà sous tension, il est donc primordial pour les structures de soins d’aménager les postes de travail de façon ergonomique pour limiter au maximum les TMS. L’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents de travail (INRS) estime par ailleurs que l’ensemble des contraintes physiques, psychiques et psychosociales auxquelles sont confrontés les soignants dans un environnement de travail de plus en plus complexe (population vieillissante, pluri pathologies, pression économique, exigence du public, organisation du travail, agressivité…) favorisent les TMS.
Le manque de reconnaissance de la hiérarchie, l’insatisfaction au travail, la charge élevée de travail et la pression du temps, sont également des éléments reconnus pour agir sur l’apparition de ces troubles et sur lesquels il est donc important de travailler.
Ergonomie et Bientraitance : un Lien Indissociable
Dans un contexte où les 75-84 ans passeront de 4,1 millions en 2021 à 6,1 millions en 2030, il est urgent de donner la priorité à l’ergonomie pour améliorer les conditions de travail des personnels soignants qui s’investissent auprès des plus âgés pour prévenir des situations inconfortables, voire dangereuses.
L’épuisement et l’affaiblissement du corps médical ont en effet un impact important sur la gestion et le traitement des demandeurs de soins.
La bientraitance n’est pas seulement l’absence de maltraitance mais une démarche active, une manière d’être, d’agir et de dire soucieuse de l’autre, réactive à ses besoins, respectueuse de ses choix et de ses refus. Le respect de la personne, quelles que soient ses déficiences est donc un préalable à toute bientraitance.
Mais respecter les capacités restantes, les choix et les souhaits des patients, notamment en EHPAD, exige de l’empathie, de la curiosité, de la douceur et de la patience. Or, il est difficile d’offrir tout cela aux patients quand le personnel soignant est lui-même en souffrance à cause de mauvaises conditions de travail où se cumulent des difficultés dans les 3 dimensions de l’ergonomie : physique, organisationnelle et cognitive.
La Formation : un Pilier Fondamental
Permettre aux personnels soignants d’exercer leur activité en réduisant la difficulté de travail va leur fournir un soutien physique et mental. De bonnes conditions de travail passent par la construction ou le réaménagement de locaux, le choix de mobiliers et d’outils informatiques plus adéquats, l’entretien du matériel et son remplacement, de bonnes conditions environnementales, une bonne planification du travail mais également par la formation.
La formation du personnel soignant est même une des composantes essentielles de la prévention des TMS.
Les soignants sont formés à l’ergonomie et au risque de TMS dans leur formation initiale. Cependant, des formations régulières permettent de leur rappeler pourquoi ils doivent prendre soin d’eux, comment le faire, et quel est l’intérêt des différentes aides techniques. Savoir s’organiser, utiliser les gestes et postures adaptés, utiliser les moyens de protections mis à disposition sont autant de sujets à aborder afin de rendre les soignants acteurs de la prévention.
Risques et Prévention dans les Métiers de la Petite Enfance
Les métiers de la puériculture et de la petite enfance emploient de très nombreuses salariées dans les nurseries des maternités, les pouponnières, crèches, garderies, centres de protection maternelle et infantile (PMI) et à domicile. Ces métiers, quasi-exclusivement occupés par des femmes, concernent les puéricultrices, auxiliaires de puériculture et les assistantes maternelles.
Ces professions sont confrontées à plusieurs risques physiques, biologiques et psychologiques, auxquels on peut apporter une réponse par des mesures de prévention. La dimension relationnelle de l'emploi (exigences et violences des parents), le bruit (cris et pleurs des bébés), l’agitation perpétuelle des enfants, les cas de maltraitance infantile rencontrés, entrainent une lourde charge psychologique. Le port répété des enfants, les soins aux bébés, le déplacement des berceaux et chariots, le rangement des objets souvent ramassés au sol… entrainent des efforts physiques et des postures contraignantes avec l’obligation de se pencher souvent en avant, s’accroupir… Les activités de la petite enfance exposent au risque de contracter fréquemment des affections de la sphère oto-rhino-laryngologique et des gastro-entérites, des maladies comme la rubéole, la toxoplasmose, la varicelle, les infections à cytomégalovirus et parvovirus B19 (donnant un mégalérythème épidémique), les hépatites virales etc. Surtout dans les grandes structures où les enfants sont nombreux, le bruit généré par les enfants (cris, pleurs,…) entraine un niveau sonore élevé source de stress et de fatigue.
Les équipements mis à disposition doivent comporter des aides techniques comme des chariots de service, des tabourets sur roulettes… Les vaccinations obligatoires (tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, BCG après intradermo réaction tuberculinique) doivent être complétées par des vaccinations recommandées (hépatite A, coqueluche par le vaccin DTPCoq lors d’un rappel par exemple).
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