Introduction
Le 8 juin 2023, la ville d'Annecy a été le théâtre d'une attaque au couteau qui a profondément choqué la France. Un homme a attaqué plusieurs personnes, dont de jeunes enfants, dans un parc du centre-ville. Cet article revient sur les faits, les victimes, l'enquête et les réactions à la suite de cet événement tragique.
Le déroulement de l'attaque
Le matin du 8 juin 2023, peu après 9h, un homme d'une trentaine d'années a attaqué au couteau des personnes dans un parc public du Pâquier, en plein centre-ville d'Annecy, près du lac. L'assaillant s'en est pris à quatre jeunes enfants âgés de 22 à 36 mois et à deux adultes, des promeneurs septuagénaires. Les enfants, dont une Britannique et une Néerlandaise, ont été grièvement blessés. Plusieurs personnes sont intervenues pour tenter de maîtriser l'assaillant et porter secours aux victimes.
Maryline, assistante maternelle et réserviste de la gendarmerie, se trouvait sur les lieux avec les enfants dont elle avait la garde. Elle a décrit une scène d'horreur, avec des bébés inanimés dans leurs poussettes. Elle a prodigué les premiers soins à un petit garçon de 22 mois, le plus gravement touché, en comprimant ses plaies. Face à la perte de conscience de l'enfant, elle a eu le réflexe de le mordre pour le ramener à elle. Son geste a permis de sauver le petit garçon, qui a ensuite été pris en charge par le SAMU.
Lilian, un jeune loueur de pédalos, a également été témoin de l'attaque. Il a tenté de raisonner l'assaillant en lui demandant pourquoi il faisait cela. Il a également aidé à mettre en sécurité l'une des victimes, un homme de 78 ans.
Les victimes
L'attaque a fait six blessés :
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- Quatre enfants âgés de 22 à 36 mois, dont une Britannique et une Néerlandaise.
- Deux adultes, des promeneurs septuagénaires.
Les enfants ont été conduits à l'hôpital dans un état grave. Deux enfants de nationalité française ont pu sortir de l'hôpital un peu plus de deux mois après l'attaque. Le petit garçon Ennio a quitté l'hôpital il y a plusieurs semaines. La petite fille Alba est sortie il y a une dizaine de jours. Leur état nécessite toujours une surveillance, notamment pour la fillette qui a aussi été touchée au pancréas. Deux autres enfants ont été blessés dans cette attaque: une petite Britannique de trois ans et un petit Néerlandais de deux ans. Eux aussi rapidement pris en charge par les secours dans un état d'urgence absolue, ils avaient pu sortir rapidement de l'hôpital. L'un des adultes a pu rentrer chez lui le soir même de l'attaque, l'autre après quelques jours d'hospitalisation.
L'assaillant
L'auteur de l'attaque a été identifié comme étant Abdalmasih H., un réfugié syrien âgé d'une trentaine d'années. Il avait obtenu le statut de demandeur d'asile en Suède en 2013 et était arrivé en France légalement à la fin de l'année 2022. Lors d'une nouvelle demande d'asile en France, il s'est présenté comme chrétien d'Orient. Cette demande a été refusée par la France, mais l'homme de 31 ans se trouvait en situation régulière sur le territoire.
Au moment de l'attaque, des témoins l'ont entendu "évoquer sa femme, et sa fille et prononcer le nom de Jésus-Christ".
L'enquête
L'assaillant a été arrêté et mis en examen pour tentative d'assassinat. Il a été placé en détention provisoire et incarcéré dans une unité psychiatrique de l'hôpital du Vinatier à Bron, près de Lyon.
L'enquête s'oriente vers la compréhension du geste de l'assaillant, la justice ayant rapidement écarté toute motivation terroriste. Une première expertise psychiatrique a été réalisée, et une seconde a été sollicitée par la justice. Le premier psychiatre qui l'avait examiné après son interpellation "a relevé l'absence d'éléments délirants francs", sans pouvoir se prononcer sur une éventuelle "pathologie psychiatrique". L'homme "se dit étranger aux faits" et "est toujours incarcéré en unité psychiatrique". Il sera réentendu en juillet.
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Deux juges d'instruction ont été saisis sur ce dossier. L'instruction est toujours en cours et des actes d'investigations restent à faire.
Réactions
L'attaque a suscité une vive émotion en France et à l'étranger. Le président Emmanuel Macron a dénoncé une attaque d’une lâcheté absolue. La Première ministre s’est rendue sur place. À l’Assemblée, les députés ont observé une minute de silence.
De nombreuses personnes ont salué le courage des personnes qui sont intervenues pour maîtriser l'assaillant et porter secours aux victimes. Maryline et Lilian ont été décorés pour leur bravoure.
Les familles des victimes ont été reçues par les juges d’instruction en février. Elles ont eu un point complet sur le déroulement des investigations. Aujourd’hui, elles veulent de la sérénité avec leurs maires, leurs communes.
Soutien psychologique
À la suite de l'attaque, un dispositif de soutien psychologique a été mis en place pour les familles des victimes, les témoins et les personnes choquées par l'événement. Jacques Lena, spécialiste, a souligné l'importance d'aborder le sujet avec les enfants, en leur expliquant ce qui s'est passé de manière simple et en répondant à leurs questions. Il est essentiel de leur dire que ce qui est arrivé est extrêmement rare et que l'homme qui a commis cet acte a été arrêté et sera jugé. Il est également important de les inciter à formuler leurs angoisses et de leur apporter des réponses adaptées.
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Il est déconseillé aux enfants de moins de 12 ans de regarder des vidéos de l'attaque sur les réseaux sociaux sans surveillance. Si un enfant a vu une telle vidéo, il est important de l'inciter à raconter ce qu'il a vu, car ce que l'on arrive à mettre en récit devient moins traumatisant. Ensuite, l’adulte peut raconter ce qu’il s’est passé après la vidéo : la police est intervenue, les pompiers sont arrivés, les blessés sont allés à l’hôpital et on va tout faire pour qu’ils guérissent.
Un an après
Un an après l'attaque, les souvenirs restent vifs pour ceux qui ont été touchés par ce drame. Maryline témoigne que c'est présent tous les jours, comme si c'était hier. Elle continue de venir dans ce square, au bord du lac, pour que le tragique ne l'emporte pas sur la vie.
Les médecins urgentistes du SMUR, arrivés en premier sur les lieux de l'attaque, ont également témoigné sur France Bleu Pays de Savoie, un an après les faits. L'émotion est encore forte.
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