La chute est un accident fréquent chez l'enfant, particulièrement pendant les phases d'apprentissage moteur et d'exploration. Si la plupart des chutes sont sans gravité, il est essentiel de connaître les causes, les conséquences potentielles et les mesures à prendre pour assurer la sécurité de l'enfant et réagir adéquatement en cas d'accident.
Causes des chutes chez l'enfant
Les chutes font partie intégrante du développement de l'enfant, notamment lors de l'apprentissage de la marche et de l'équilibre. Elles sont souvent liées à la curiosité et au besoin d'exploration de l'enfant. Cependant, certains facteurs peuvent augmenter le risque de chute :
- Âge : Les nourrissons et les jeunes enfants sont plus vulnérables en raison de leur manque de coordination et de leur centre de gravité plus élevé. Entre 1 et 5 ans, un accident sur deux correspond à une chute de sa propre hauteur. Jusqu'à l'âge de 3-4 ans, on observe un déséquilibre entre le poids de la tête d'un enfant et celui de son corps, ce qui peut augmenter le risque de traumatisme crânien.
- Environnement : La maison est le lieu où se produisent la majorité des accidents de la vie courante. Les lieux en hauteur, comme les tables à langer, les chaises hautes ou les fenêtres, sont particulièrement dangereux. Les escaliers représentent également un risque important, surtout lorsque l'enfant commence à se déplacer à quatre pattes ou essaie de se tenir debout en s'accrochant à des éléments instables.
- Facteurs comportementaux : La précipitation des parents, le fait de faire plusieurs choses à la fois, ou le manque de surveillance peuvent également contribuer aux chutes.
Conséquences des chutes chez l'enfant
Les conséquences d'une chute peuvent varier considérablement en fonction de la hauteur de la chute, de la surface de réception et de la partie du corps touchée. Elles peuvent aller de simples contusions à des blessures plus graves :
- Lésions superficielles : Hématomes (épanchements de sang sous-cutanés), éraflures, coupures.
- Fractures : Toute chute accidentelle peut être à l’origine d’une fracture. Plus la chute est haute, plus le risque de blessure est important.
- Traumatismes crâniens : Ils peuvent entraîner des commotions cérébrales, des hématomes cérébraux ou des hémorragies internes. Les symptômes à surveiller sont les vomissements, les maux de tête, l'amnésie, la fatigue intense, la prostration (enfant très calme et éteint) et l'agitation.
- Traumatismes psychologiques : L'impact traumatique d'une chute peut rester caché derrière la volonté de se montrer fort ou de ne pas décevoir ses parents. Le trauma peut laisser des traces résiduelles dérangeantes, comme des symptômes qui ressemblent à de l’hyperactivité, de l’anxiété ou des peurs incompréhensibles.
Prévention des chutes chez l'enfant
La prévention est essentielle pour réduire le risque de chutes et minimiser leurs conséquences. Voici quelques mesures à prendre :
Sécuriser l'environnement :
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- Ne jamais laisser un enfant sans surveillance sur une table à langer, une chaise haute ou tout autre lieu en hauteur. Toujours attacher l’enfant à sa chaise haute. Placer l'enfant face à vous sur la table à langer.
- Éviter de placer des meubles ou des objets que l'enfant pourrait escalader sous une fenêtre.
- Équiper les escaliers de rampes ou de rambardes avec des barreaux suffisamment serrés. Apprendre à l'enfant à monter et descendre les marches dès que possible, d'abord à quatre pattes, puis sur les fesses, puis debout en se tenant à la rampe.
- Dans la salle de bains comme dans la cuisine, ne laissez pas votre enfant seul.
- Ne jamais poser le couffin ou le cosy en hauteur, pas plus sur une table qu'en équilibre sur le caddy du supermarché.
Surveillance active : Être vigilant et attentif aux mouvements de l'enfant, en particulier lorsqu'il commence à se déplacer.
Éducation : Apprendre à l'enfant les règles de sécurité de base, comme ne pas grimper sur les meubles ou courir dans les escaliers.
Que faire après une chute ?
La réaction immédiate après une chute est cruciale pour évaluer la gravité de la situation et prendre les mesures appropriées. Voici les étapes à suivre :
- Évaluer l'état de l'enfant :
- Vérifier rapidement si l'enfant a perdu connaissance ou non. Un enfant qui crie d’emblée après une chute n’a pas perdu connaissance. Il s’agit alors d’un traumatisme sans conséquence neurologique grave et le pronostic vital ne sera a priori pas engagé.
- Observer sa réactivité : est-ce qu'il bouge, respire, saigne, présente des déformations des membres, du crâne ou du thorax ?
- Ne pas bouger un enfant venant de faire une chute « grave » : un traumatisme du rachis devant toujours être suspecté (chute d’une table ou d’une fenêtre), la mobilisation de l’enfant pourrait entraîner des séquelles motrices (paralysie) ou une mort subite (fracture du rachis cervical).
- Premiers soins :
- Si l'enfant est inconscient mais respire spontanément, le placer en position latérale de sécurité en faisant très attention à maintenir l'axe tronc-rachis aligné. Appeler le SAMU (15) sans délai.
- Si l'enfant est conscient, le rassurer et l'examiner attentivement.
- En cas de plaie, la rincer à l'eau savonneuse ou la désinfecter avec un antiseptique doux (Biseptine ou Dakin, éviter la Bétadine à cause des risques d'allergie à l'iode).
- Immobiliser un membre déformé avec précaution (bandage, attelle).
- En cas d'hémorragie pulsatile (en jet discontinu régulier), exercer une compression efficace de la plaie à l'aide d'une main ou de doigts jusqu'à la prise en charge médicale par le SAMU.
- En cas d'hémorragie non pulsatile (continue), appliquer un pansement compressif.
- Surveillance :
- Surveiller attentivement l'enfant dans les heures et les jours qui suivent la chute. Les symptômes qui doivent alerter sont les vomissements, les maux de tête, l'amnésie, la fatigue intense, la prostration et l'agitation. Ces symptômes sont à surveiller jusqu'à 72h après une chute. Informer la personne qui garde votre enfant de la chute afin que la surveillance puisse être continue.
- Consultation médicale :
- En cas de doute ou d'apparition de symptômes inquiétants, ne pas hésiter à contacter le SAMU (15) ou à consulter un médecin. Le médecin régulateur vous dirigera vers la structure la plus à même à prendre en charge votre enfant. Une évaluation médicale est recommandée même en l'absence de signes inquiétants, surtout si l'enfant reste douloureux ou si vous avez des difficultés à évaluer vous-même votre enfant.
Gestion du traumatisme psychologique
Après une chute, il est important de prendre en compte l'aspect émotionnel de l'enfant :
- Évaluer votre propre état : Un adulte agité ou perturbé aura tendance à effrayer un enfant sous le choc.
- Maintenir l'enfant en place et au calme : Dites-lui d’une voix ferme et bienveillante, d’une façon qui inspire totalement confiance, que vous êtes en charge de la situation et que vous savez exactement ce qu’il faut faire.
- Couvrir l’enfant d’une couverture qui maintienne ses épaules et son torse bien au chaud.
- Réserver un maximum de temps pour le repos : C’est particulièrement nécessaire lorsque l’enfant montre des signes de choc. Ne pas le laisser sauter ou retourner jouer et lui dire quelque chose comme « Après une chute, il est important de rester au calme un moment, jusqu’à ce que le choc se dissipe.
- Contenir physiquement votre enfant : Si votre enfant est encore petit, vous pourrez le prendre dans vos bras, d’une façon douce et qui n’entravera pas ses mouvements. Évitez de trop le bercer afin de permettre au corps de se réguler naturellement. Pour un enfant plus âgé ou un adolescent, posez une main au milieu du dos, derrière son cœur ou sur le côté extérieur de son bras, juste au-dessous de l’épaule.
- Guider l’attention de votre enfant sur son ressenti corporel : Demandez à votre enfant « Comment tu te sens, dans ton corps ? » et répétez sa réponse comme une question « Tu te sens bien dans ton corps ? » Ensuite, posez une question plus spécifique « Comment te sens-tu dans ton ventre ? » (bras, jambe, tête etc.). Si l’enfant évoque une sensation particulière, l’inviter alors à préciser sa localisation, sa couleur, sa forme, son poids et aidez-le à maintenir son attention sur ce ressenti. Observez une ou deux minutes de silence entre chaque question.
- Ne pas discuter de l’événement au cours de ce processus : Le fait de poser trop de questions autour de l’événement qui vient de se produire va venir perturber le processus naturel de guérison.
- Continuez de valider les réactions physiologiques de l’enfant : Pour que le corps retourne à son état d’équilibre initial, les signes de détresse de l’enfant doivent continuer de s’exprimer jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent spontanément. Il faut résister à l’envie de faire stopper les tremblements et les pleurs. Votre rôle est de continuer à garder cette posture rassurante en disant d’une voix calme « Ça fait du bien de faire sortir toute cette peur de ton corps. C’est pour ça que tu trembles ».
Assurances et garanties
Il est important de noter que les assurances proposent aujourd'hui des contrats d'assurance labellisés Garantie des Accidents de la Vie (GAV), comportant un socle de garanties minimales. En effet, si la sécurité sociale et les mutuelles santé complémentaires prennent en charge une partie des dépenses de santé, les préjudices économiques et les frais liés à la modification des conditions de vie après l'accident sont peu ou pas couverts.
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