Le choléra, une maladie ancestrale et pourtant toujours d'actualité, continue de représenter une menace significative pour la santé publique, en particulier pour les populations les plus vulnérables, notamment les jeunes enfants. Bien qu'il existe des traitements et des vaccins, l'éradication du choléra exige une approche globale qui s'attaque aux causes profondes telles que la pauvreté, l'insalubrité, les crises alimentaires, les bouleversements climatiques et les conflits. Cet article explore le lien entre le choléra et la mortalité infantile, en mettant en lumière les facteurs de risque, les conséquences et les efforts déployés pour lutter contre cette maladie.
Le Choléra : Une Maladie de la Pauvreté et de l'Insécurité
Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Les chercheurs estiment prudemment qu'il y a chaque année jusqu'à 4 millions de cas de choléra dans le monde, entraînant jusqu'à 143 000 décès. Les jeunes enfants, en particulier ceux de moins de 5 ans, sont les plus touchés par la maladie. En effet, "un enfant en état de malnutrition sévère a 11 fois plus de risques de mourir du choléra qu'un enfant bien nourri."
Le choléra est intrinsèquement lié à la pauvreté, à la promiscuité et à l'insalubrité. Il provient toujours en premier lieu d'une problématique liée à l'eau. Les inondations, la stagnation des eaux, les défaillances des systèmes d'assainissement et l'absence de latrines sont autant de facteurs qui favorisent son apparition ou sa résurgence.
L'Impact du Choléra sur la Mortalité Infantile
La mortalité infantile, définie comme le nombre de décès d'enfants de moins d'un an pour 1 000 naissances vivantes, est un indicateur clé de la santé et du bien-être d'une population. Le choléra contribue de manière significative à la mortalité infantile, en particulier dans les pays en développement où l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement est limité.
Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables au choléra en raison de leur système immunitaire immature et de leur plus grande exposition aux sources de contamination. La déshydratation sévère causée par les diarrhées et les vomissements associés au choléra peut rapidement entraîner la mort chez les nourrissons et les jeunes enfants.
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Facteurs Aggravants : Crises Climatiques, Conflits et Déplacements de Population
Plusieurs facteurs peuvent exacerber la propagation du choléra et augmenter la mortalité infantile.
- Bouleversements climatiques: La région a connu des événements météorologiques extrêmes au cours des derniers mois. Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les cyclones et les inondations, peuvent contaminer les sources d'eau et perturber les systèmes d'assainissement, favorisant ainsi la propagation du choléra.
- Conflits et déplacements de population: Les conflits armés et les déplacements massifs de populations créent des conditions de vie précaires, avec un accès limité à l'eau potable, à l'assainissement et aux soins de santé. Ces conditions favorisent la propagation du choléra et augmentent la vulnérabilité des populations, en particulier les enfants.
- Crises alimentaires: La malnutrition affaiblit le système immunitaire des enfants, les rendant plus susceptibles de contracter le choléra et d'en mourir. "Un enfant en état de malnutrition sévère a 11 fois de plus de risques de mourir du choléra qu'un enfant bien nourri."
Exemples Concrets : Malawi, Mozambique, Syrie, Haïti et Soudan
La situation actuelle dans plusieurs pays illustre l'impact dévastateur du choléra sur la mortalité infantile.
- Afrique orientale et australe: Aujourd'hui, 11 pays d'Afrique orientale et australe connaissent une épidémie de choléra extrêmement préoccupante, avec 67 822 cas et 1 788 décès estimés. Le Malawi et le Mozambique sont les deux pays les plus touchés. Plus de 5,4 millions de personnes ont besoin d'aide, dont plus de 2,8 millions d'enfants. Le Malawi, à lui seul, affronte actuellement la plus grave des épidémies survenues au cours des deux dernières décennies. L’épidémie de choléra en cours depuis mars 2022 au Malawi y a tué plus de 1 000 personnes. Au total, 30 600 personnes ont été infectées depuis l’apparition des premiers cas l’an dernier.
- Syrie: Les séismes meurtriers qui ont frappé la Turquie et la Syrie le mois dernier pourraient provoquer une flambée de la maladie. Pour y pallier, les équipes de l’UNICEF associées à l’OMS vont mettre en place dans les prochaines semaines une vaste campagne de vaccination à destination des enfants syriens de plus d’un an.
- Haïti: Dans ce petit pays des Caraïbes, le choléra qui s’était assagi connait aussi une nouvelle résurgence.
- Soudan: Plus de 500 enfants ont été recensés parmi les 2 700 cas de choléra signalés dans l’État soudanais du Nil Blanc entre le 1er janvier et le 24 février 2025, selon les autorités sanitaires. L’épidémie a déjà tué au moins 65 personnes, dont dix enfants. Depuis le début de l’épidémie de choléra, officiellement déclarée le 12 août 2024, plus de 55 000 cas et plus de 1 500 décès ont été signalés dans 12 des 18 États du Soudan.
Prévention et Traitement : Une Approche Multisectorielle
La lutte contre le choléra et la réduction de la mortalité infantile exigent une approche multisectorielle qui comprend :
- Amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement: Il est essentiel d'investir dans les infrastructures d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement pour réduire la contamination de l'eau et des aliments.
- Promotion de l'hygiène: L'éducation à l'hygiène, notamment le lavage régulier des mains, est essentielle pour prévenir la propagation du choléra.
- Vaccination: Les campagnes de vaccination contre le choléra, en particulier chez les enfants, peuvent réduire considérablement le risque d'infection et de décès. Le pays a utilisé tous les vaccins dont il disposait, y compris les près de 3 millions de doses envoyées par l’ONU en novembre.
- Traitement rapide et efficace: Un traitement rapide et efficace de la déshydratation causée par le choléra, par la réhydratation orale ou intraveineuse, peut sauver des vies. Dans le traitement d’un choléra, la première des mesures thérapeutiques à appliquer consiste à réhydrater le malade par la pose de perfusions de sérums salés et bicarbonatés puis, dès que les vomissements ont cessé, continuer cette réhydratation par des boissons salées, sucrées et bicarbonatées.
- Lutte contre la malnutrition: La lutte contre la malnutrition est essentielle pour renforcer le système immunitaire des enfants et réduire leur vulnérabilité au choléra.
- Surveillance épidémiologique: Une surveillance épidémiologique renforcée est nécessaire pour détecter rapidement les épidémies de choléra et mettre en place des mesures de contrôle efficaces.
L'Action de l'UNICEF et de ses Partenaires
L'UNICEF et ses partenaires sont en première ligne dans la lutte contre le choléra et la réduction de la mortalité infantile. L’UNICEF se mobilise pour que, où qu’il soit, chaque enfant ait accès à l’eau potable nécessaire à sa survie. Grâce à la générosité de ses donateurs, en 2022, l’UNICEF a garanti à 25,9 millions d’enfants un accès à l’eau potable. L'UNICEF fournit également de l’eau potable, des systèmes d’assainissement et des produits d’hygiène afin d’améliorer les conditions de vie des populations.
En réponse à l’épidémie de choléra au Soudan, l’UNICEF a livré plus de 13,7 millions de doses de vaccins oraux contre le choléra depuis 2023, dont plus de 9,2 millions de doses en 2024 et près de 1,6 million de doses en 2025.
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