À l’évocation des charmeurs de serpents, l’image qui vient à l’esprit est un homme indien, la tête recouverte d’un turban, jouant une sorte de flûte face à un panier d’où sort la tête et une partie du corps d’un serpent que l’on imagine des plus venimeux. Au-delà de tout mythe, que se passe-t-il en réalité entre l'homme et l’animal ? Qu’est-ce qui rend possible la danse du serpent au rythme de la musique ? Cet article explore les origines de cette tradition, les réalités biologiques et les enjeux contemporains liés à cette pratique.

Origines et mythologie

Les charmeurs de serpents semblent bien trouver leur origine en Inde. Dans la langue ancienne de ce pays, le sanskrit, “serpent” se dit naga. On retrouve cet animal dans la mythologie de la religion hindouiste. Plusieurs nagas gardent les trésors de la nature. Ils sont associés à la prospérité, la fertilité. Le serpent est aussi symbole de l’énergie spirituelle que l’on peut stimuler pour atteindre l’éveil.

Dans la société traditionnelle indienne, il existe une sous-caste qui porte le nom de sapera. Elle regroupe des personnes (et leurs familles) dont le métier est de capturer les serpents égarés dans les foyers, ou de soigner les personnes mordues en fournissant l’antidote au venin injecté. Avec l’essor du tourisme, ils se sont mis à organiser des spectacles de “danse de serpents” pour améliorer leurs moyens de subsistance. Les connaissances et compétences sont transmises de père en fils depuis un peu plus d’un siècle et demi. S'ils sont socialement déconsidérés, ils sont aussi admirés par les Hindous car ils sont associés à la divinité Shiva, le dieu à la peau bleue, souvent représenté avec un cobra autour du cou.

La réalité derrière le mythe

À l’évocation des charmeurs de serpents, l’image qui vient à l’esprit est un homme indien, la tête recouverte d’un turban, jouant une sorte de flûte face à un panier d’où sort la tête et une partie du corps d’un serpent que l’on imagine des plus venimeux. Au-delà de tout mythe, que se passe-t-il en réalité entre l'homme et l’animal ? Qu’est-ce qui rend possible la danse du serpent au rythme de la musique ?

Les charmeurs utilisent différents instruments de musique comme le pungi, sorte de clarinette rustique à un ou deux bourdons, jouée en souffle continu. Il peut être accompagné de petites percussions ou d'un deuxième pungi. Mais la musique jouée par les charmeurs de serpents n’est pas destinée aux animaux mais aux touristes. Les serpents ne peuvent pas danser au sens propre du terme et ne sont en aucun cas charmés par les sons de l’instrument car ils n'ont pas d'oreille externe mais un système auditif simple qui les rend surtout sensibles aux vibrations du sol. Tous les serpents possèdent une oreille interne connectée à la mandibule par un petit os qui se nomme columelle. Lorsque le serpent se déplace en rampant, sa mâchoire est en contact avec le sol et l’animal capte les vibrations. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on recommande aux promeneurs de jeter des cailloux devant eux, au fur et à mesure de leur progression, lorsqu’ils circulent dans une zone habitée par les serpents. Ces derniers, cherchant à se protéger, fuient de la zone. Mais alors, que se passe-t-il entre l’homme et l’animal ? Le premier aurait-il le pouvoir d’hypnotiser le second ?

Lire aussi: Contraception en Inde : un aperçu historique

Le cobra indien appelé aussi cobra à lunettes est le serpent le plus utilisé pour les spectacles. Sa taille varie le plus souvent entre 1,40 et 1,60 m. Les charmeurs de serpent exploitent en réalité sa méthode de défense. En effet, en cas d’agression, le serpent se dresse. Cela est rendu possible grâce à la peau de son cou extensible. Il se balance en sifflant pour impressionner son agresseur et calculer la distance qui les sépare. Une fois évaluée, il projette sa tête en avant et vers le bas pour mordre.

Le Pungi : L'instrument emblématique des charmeurs

Le pungi est un instrument aérophonique appartenant à la famille des bois. Il s’agit de la clarinette des charmeurs de serpent, notamment du cobra, qui est utilisée en Inde, au Népal et au Pakistan. Cet outil musical connaît de nombreuses appellations selon la région. Dans le nord de l’Inde, il est appelé been, tumbi ou bansi. Dans la partie méridionale, ses dénominations sont pambaattikulhal, magudi et mahudi.

Ayant une longueur variable entre 40 et 80 cm, le been possède des anches battantes, identiques à celles des autres flûtes de cette catégorie. Il est, d’ailleurs, considéré comme une sorte de cornemuse primitive, dont les poumons et la bouche du musicien constituent le sac sonore. Le tumbi est spécifiquement utilisé par les charmeurs de serpents. Le son produit est empreint d’extase, d’ivresse et de transe, permettant en apparence d’hypnotiser l’animal. Le musicien crée également une ambiance dramatique pour divertir la foule. En réalité, les serpents n’entendent pas, car ils ne sont pas pourvus d’ouïes. Ils réagissent aux vibrations sonores du tumbi et aux gestes du musicien.

À l’instar des autres instruments à vent, le pungi est constitué de deux éléments principaux : le réservoir creux et les deux tuyaux. Ces derniers possèdent chacun une anche simple battante, appelée jivala. Lorsque le musicien souffle dans le tumbi, le premier tuyau, qui constitue un bourdon, émet une note continue, tandis que le second produit le son mélodieux. Ce dernier est doté de sept trous et produit une gamme d’octaves. Afin de jouer de cette flûte multi conduite, le musicien doit adopter la technique de la respiration circulaire. Elle consiste à inspirer de l’air par le nez, puis à souffler dans l’instrument. L’artiste peut jouer le bansi en étant assis ou debout, mais il se met principalement en position accroupie. En effet, il doit être assez proche du serpent pour que les vibrations sonores atteignent l’animal et provoquent les résultats escomptés.

Dans la caste des charmeurs de serpents, la pratique du tumbi est transmise de génération en génération, sans transcription musicale particulière. Les saperas sont, traditionnellement, les seuls autorisés à charmer les serpents : ils sont ainsi les utilisateurs désignés de cette flûte. L’entretien du pungi est similaire à ceux des instruments à vent en bois. Après chaque utilisation, il est important de bien le sécher afin de prévenir la dilatation du bois. Les dépôts de poussières et les marques de transpiration se nettoient avec un chiffon légèrement humidifié. Toutefois, le bansi ne doit pas être immergé dans l’eau, même si son corps est verni.

Lire aussi: Durée gestation cochon d'Inde

Le cobra : Un serpent fascinant

Les cobras, ces serpents aussi beaux que dangereux, peuplent l'Asie et l'Afrique depuis au moins 20 millions d'années.

Le cobra n'attaque que pour se défendre, lorsqu'il est dérangé pendant son repas ou sa reproduction. L'un des caractères les plus classiques du genre Naja et de certains autres cobras est la coiffe, ou « capuchon » (extension latérale des côtes cervicales). Typique aussi est l'attitude qui consiste à dresser environ le tiers ou le quart du corps au-dessus du sol dans une position défensive. L'étalement du capuchon de la nuque indique que l'animal veut intimider l'agresseur et qu'il est sur la défensive. Si l'animal se dresse encore, c'est qu'il est prêt à l'attaque. Mais il faut qu'il soit très violemment provoqué pour frapper vraiment.

Le cobra à lunettes, ou cobra indien, Naja naja, est essentiellement terrestre, même s'il lui arrive de grimper aux arbres, voire de nager. Il se déplace principalement par ondulations latérales, c'est-à-dire que son corps forme une série de boucles et la partie latérale de chacune d'elles prend appui sur les aspérités du sol. Lorsqu'il est suffisamment proche de son ennemi, le cobra met en pratique son unique méthode de défense : il se dresse, se balance en sifflant, calcule sa distance et vise. Tout à coup, sa tête est projetée en avant et vers le bas : c'est à ce moment précis qu'a lieu la morsure fatale. Chez le cobra à lunettes, les deux crochets venimeux canaliculés mesurent environ 7 mm de longueur. Situés sur l'os maxillaire, ils sont suivis de trois dents plus courtes. La longueur de ces crochets est bien inférieure à celle rencontrée chez les vipères, mais leur solidité est plus grande. Grâce aux ligaments élastiques qui unissent les deux moitiés de sa mâchoire inférieure, le cobra peut avaler des proies plus grosses que lui. Une fois l'animal mort, il est peu à peu englouti, et chemine irrésistiblement vers l'estomac. L'alimentation du cobra est très variée. Il se nourrit en effet de grenouilles, de crapauds, d'oiseaux et de leurs œufs, ainsi que de mammifères comme des rongeurs, ou des écureuils.

Chez les cobras, la période de reproduction a lieu à une époque variable suivant les régions. Le cobra indien s'accouple de janvier à avril, durant la saison des pluies, tout comme le cobra royal. Lors de l'accouplement, le mâle enlace la partie postérieure du corps de la femelle de façon à mettre son cloaque en contact avec celui de sa compagne. Il y introduit alors l'un de ses deux hémipénis. La ponte se compose généralement de 10 à 40 œufs déposés dans des trous de rats ou des termitières. La femelle se place ensuite sur ses œufs, qu'elle mêle à de la terre et à des débris végétaux. Ses œufs ne seront jamais laissés seuls durant les deux mois de leur incubation. Leur taille moyenne varie un peu selon les régions, et se situe autour de 60 × 34 mm pour une masse d'environ 40 g. L'éclosion se produit deux mois après la ponte. À la naissance, les jeunes sont d'un noir profond avec des bandes transversales d'un blanc jaunâtre brillant. Ils mesurent environ 50 à 52 cm, présentent une coiffe tout à fait comparable à celle des adultes et un appareil venimeux fonctionnel capable de tuer rapidement une proie, bien qu'ils ne s'alimentent probablement pas durant les premiers jours de leur vie. Un juvénile âgé de 5 jours peut tuer d'une seule morsure un cobaye adulte en moins de 25 minutes ! La première mue se produit dès le 2e jour, généralement avant le premier repas, la suivante le 7e, la troisième autour du 21e, la quatrième le 30e jour environ. La fréquence des mues diminue ensuite au même rythme que la vitesse de croissance, et la coloration du corps s'éclaircit.

Le cobra indien, Naja naja, comme tous les serpents, est un animal à sang froid ; il dépend par conséquent de la température extérieure. Le froid agit sur lui comme un narcotique : il le paralyse, inhibe toute perception et tout mouvement et, finalement, le serpent meurt petit à petit. Dans le sous-continent indien, on peut le rencontrer absolument partout. On les trouve aussi bien au cœur de la forêt vierge que dans le paysage découvert des rizières, dans les jardins et les parcs des grandes villes, dans les entrepôts et les bazars, dans les rues de villages, ainsi que sur le seuil des maisons. Le cobra indien sort tard dans la journée, le soir, ou tôt le matin dans des milieux ouverts, sous les toits des vieilles maisons où les rats abondent. Il est généralement plus actif et plus alerte la nuit, mais il chasse aussi en fin de journée et tôt le matin. À Sri Lanka, il est aussi quelquefois diurne et on le voit parfois exposé en plein soleil. Il semble que ses populations soient plutôt diurnes à l'ouest de son aire de répartition, sauf quand il fait trop chaud, et plutôt nocturnes à l'est.

Lire aussi: Biberonner un cochon d'Inde : Le guide étape par étape

Le cobra indien, appelé aussi cobra à lunettes, Naja naja, a une taille moyenne qui varie de 1,40 à 1,60 m, le maximum connu étant d'environ 2,25 m pour un mâle. Les spécimens de plus de 1,60 m sont courants. La taille maximale connue à Sri Lanka est de 1,85 m pour une femelle. La peau de Naja naja est composée d'écailles lisses imbriquées en rangées obliques. Sa coloration est très variable. On peut rencontrer des animaux brun clair, bruns, olive, gris olivâtre ou tout noirs, et ils peuvent être unis ou présenter des rayures transversales. Leur gorge est généralement blanc jaunâtre. Comme tous les serpents, le cobra indien est sourd. En revanche, sa vue est très bien développée. Contrairement à la plupart des vertébrés, qui mettent au point leur vision par des distorsions de la lentille des yeux, les serpents déplacent leur lentille par rapport à leur rétine. La fixité proverbiale du regard des serpents vient de ce que ces animaux sont dépourvus de paupières mobiles. La paupière supérieure et la paupière inférieure sont soudées entre elles et sont devenues transparentes. Elles forment ainsi une calotte en forme de verre de montre. Chez les serpents, la détection des odeurs (chémoréception) est beaucoup plus importante que la vision. En effet, ils sont dotés d'un système complexe d'analyse des odeurs déposées sur des substrats ou flottant dans l'air. Leur langue fourchue prélève des particules de ces substances chimiques et les transporte ensuite à l'intérieur de la bouche, où elles sont analysées par une structure complexe (organe de Jacobson) localisée contre le palais. L'extrême acuité chémoréceptive des serpents explique pourquoi ces animaux rentrent et sortent leur langue si fréquemment : ils goûtent l'air en permanence ! La denture protéroglyphe de tous les élapidés permet une utilisation rapide de l'appareil venimeux ne nécessitant pas obligatoirement un contact prolongé avec la proie ou l'agresseur ; la longueur des crochets (7 mm) est limitée par la nécessité de fermer la bouche. Le cobra indien, comme tous les serpents, mue, c'est-à-dire qu'il se débarrasse périodiquement de l'enveloppe la plus externe de son corps, de façon à pouvoir grandir. Lors de la mue, du liquide se place entre la vieille peau et la nouvelle, et la couleur du serpent devient alors terne. L'animal se débarrasse de son ancienne peau en frottant, dans un premier temps, sa tête contre un substrat solide, puis prolonge progressivement ce mouvement vers la queue. La peau rejetée, ou exuvie, est formée d'un seul morceau quand le reptile est en bonne santé ; en revanche, lorsque l'état physiologique de l'animal est perturbé, l'exuvie est constituée de lambeaux.

Le cobra indien est facilement reconnaissable, car il possède une écaille surnuméraire triangulaire (rarement deux, parfois aucune) avec son sommet pointé ventralement, située entre les infralabiales 4 et 5. Autre caractéristique rare chez les serpents, sa préoculaire touche l'internasale. Le cobra indien présente un dessin en forme de lunettes sur la partie dorsale de la coiffe. Ce dessin se compose de deux anneaux connectés. La partie ventrale présente deux taches noires de part et d'autre de la coiffe, sur les écailles dorsales, et de larges bandes sombres plus ou moins évidentes. Des individus albinos ont été signalés pour cette espèce. La coiffe s'étend approximativement de la 3e à la 30e paire de côtes, qui sont fortement allongées et permettent, lors de leur érection, le maintien du capuchon si typique de ces serpents. La bouche est petite par rapport au volume total du corps du serpent. Un animal allongé n'a que deux possibilités pour s'alimenter : ou bien il mange une grande quantité de petites proies ou bien il consomme quelques proies de grande taille. La plupart des serpents ont adopté la seconde solution. Les deux branches de la mâchoire inférieure sont unies par un ligament élastique et peuvent ainsi s'écarter à volonté l'une de l'autre au moment de la déglutition. Les écailles des reptiles sont partie intégrante de leur peau. Elles représentent, en fait, une partie épaisse et repliée de la peau. Elles servent principalement à éviter la déshydratation des animaux et à faciliter la locomotion. Plusieurs types d'écailles recouvrent les différentes parties du corps.

Enjeux contemporains et protection animale

Il y a donc bien peu de magie et de noblesse derrière les spectacles des charmeurs de serpents. La première à cause du fait que les charmeurs de serpents n’étant pas suicidaires, ils se prémunissent des morsures en arrachant les crochets venimeux des animaux qu’ils utilisent, en perçant leurs glandes à venin ou en cousant leur bouche. Ils le font sans aucune précaution pour l’animal qui en sort souvent avec un abcès. Autre cause de décès, la maltraitance généralisée dont les serpents font l’objet. La position dressée adoptée par l'animal qui se défend lui demande beaucoup de ressources physiques. Le fait de le solliciter sur les temps longs des spectacles l’épuise, causant sa mort en quelques mois.

La multiplication des reptiles comme nouveaux animaux de compagnie (NAC) a amené la médecine vétérinaire à interroger le ressenti de la douleur chez ces animaux. Exprimant peu de choses lors de la progression d’une maladie ou lorsqu’ils sont blessés, les reptiles ont longtemps été considérés comme des animaux ne ressentant pas la douleur. Les recherches portant sur l’étude de la douleur chez les reptiles et les comportements en lien progressent lentement. Et elles ne sont pas simplifiées par le fait que le comportement de ces animaux est fortement modifié si leur environnement ne correspond pas à la plage de température qui leur permet un fonctionnement métabolique optimal.

Quoiqu’il en soit, la sensibilité humaine au bien-être animal ne cessant de se développer, et cela dans plusieurs endroits de la planète, l’utilisation des serpents dans les spectacles des charmeurs de serpents est de plus en plus jugée brutale et indigne de nos sociétés modernes. La pratique est pourtant jugée cruelle et la pratique des charmeurs de serpents a été interdite en 1972 via le Wildlife Protection Act, loi du Parlement indien promulguée pour la protection des espèces végétales et animales. Pour limiter les révoltes sociales, l’activité des charmeurs de serpents a pourtant encore été tolérée. Mais le début des années 2000 a marqué un durcissement des sanctions, générant de l’incompréhension de la part de personnes dont c’est le principal moyen de subsistance. Ces populations manifestent régulièrement pour retrouver leurs droits.

Charmeurs de serpents et tourisme : Le cas de Marrakech

La ville de Marrakech au Maroc est également réputée pour ses charmeurs de serpents qui s’exhibent notamment place Jemaa-El-Fna. Le tourisme, en tant que force motrice du développement économique, culturel et social, exerce une influence significative sur les écosystèmes et les espèces sauvages. La place Jemaa el-Fna à Marrakech, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, illustre parfaitement ces enjeux. Bien que cette place incarne la richesse culturelle marocaine, l'utilisation des serpents à des fins touristiques soulève des questions éthiques sur l'impact de ces pratiques sur les populations de serpents et leurs habitats.

La transformation de la tradition des charmeurs de serpents à Jemaa el-Fna en attraction touristique résulte de divers facteurs culturels, économiques et sociaux entrelacés au fil du temps. Introduite il y a environ 500 ans par l'ordre des Aïssaoua, cette pratique était à l'origine ancrée dans des rituels spirituels. Au fil des siècles, elle a évolué vers une forme d’art du divertissement. L'attrait touristique des performances des charmeurs a été renforcé par l’émergence de l’industrie touristique locale. Des infrastructures spécifiques ont vu le jour, offrant des espaces pour ces spectacles, tandis que les commerces locaux ont prospéré en proposant des produits et services liés à cette tradition.

Sur le plan économique, les charmeurs se procurent non seulement un moyen de subsistance personnel, mais contribuent également à l’économie touristique de la place. Cependant, les avantages économiques immédiats peuvent parfois entrer en conflit avec une utilisation durable des ressources, remettant en question le bien-être animal et l'impact environnemental de la pratique.

Impact sur les populations de serpents

La chasse ciblée pratiquée par les charmeurs de serpents pourrait avoir des conséquences néfastes sur les populations naturelles. La sélection effectuée par les chasseurs, visant spécifiquement une partie de la population de serpents en fonction de l’origine, la taille, du comportement et parfois du sexe, menace la viabilité des populations. De plus, les femelles gestantes sont particulièrement vulnérables. La chasse de ces femelles durant leur période de reproduction peut entraîner une mortalité élevée chez les jeunes.

L'utilisation des serpents comme attraction touristique, particulièrement sur la place Jemaa el-Fna, pose des défis considérables en termes de durabilité environnementale et d'éthique animale. La capture des serpents dans les habitats naturels perturbe gravement les écosystèmes, compromettant leur équilibre naturel. De plus, les conditions de maintien de ces serpents pour le divertissement touristique sont souvent inadéquates. La vie en captivité, associée au stress d'une manipulation fréquente et à des environnements bruyants, nuit gravement à leur santé et à leur bien-être. Des pratiques cruelles comme l'arrachage des crochets, utilisant parfois des tessons de bouteilles, ajoutent à leur souffrance. Nos observations révèlent un état de santé déplorable parmi les serpents exhibés sur la place, exposés pendant de longues heures à des températures inappropriées. En tant qu'animaux ectothermes, ils nécessitent des conditions spécifiques pour survivre en captivité, incluant une source de chaleur externe en cas de température trop basse. Enfermés dans des caisses sans accès à l'eau ni à la nourriture, beaucoup souffrent de déshydratation prolongée. De plus, les explications souvent erronées sont données par les montreurs, qui manquent de connaissances sur la biologie et l’écologie des serpents et trompent ainsi le public. Cette méconnaissance perpétue de manière involontaire une sous-estimation des besoins physiologiques et écologiques réels de ces espèces fragiles et entrave la sensibilisation à leur protection et à leur respect en tant qu’être vivant.

tags: #charmeur #de #cobra #inde #origine

Articles populaires: