L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical légal en France depuis la loi Veil de 1975, permettant à toute femme de mettre fin à une grossesse non désirée. Cet article explore en détail la définition de l'IVG, les différentes méthodes disponibles, les démarches à suivre et les aspects importants à connaître.

Définition de l'IVG

Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui consiste à interrompre une grossesse en expulsant volontairement l'embryon ou le fœtus hors de l'utérus. Il existe deux principales méthodes d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale (ou instrumentale).

Les Deux Méthodes d'IVG

Le choix de la méthode d'IVG revient à la patiente, en fonction de ses préférences, de ses antécédents médicaux et du terme de sa grossesse.

IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments à des moments différents pour interrompre la grossesse. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée). 76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses.

Étapes de l'IVG médicamenteuse :

  1. Temps d'information et recueil du consentement :
    • Un premier temps d'information est réalisé avec un médecin ou une sage-femme, en cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, ou par téléconsultation. Le professionnel de santé informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et remet un dossier-guide. Un entretien psychosocial est proposé, obligatoire pour les mineures.
    • Un second temps est dédié au recueil du consentement, où la patiente choisit la méthode d’IVG et confirme son choix par écrit. C’est également le moment de décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG et de se faire prescrire un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).
  2. Prise des médicaments :
    • Premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Il est pris soit à domicile, soit lors d’une consultation. Des saignements et des douleurs peuvent survenir, mais ne signifient pas que la grossesse est arrêtée.
    • Second médicament (misoprostol) : Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, soit à domicile, soit lors d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’expulsion de l’œuf. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes, mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements sont souvent assez abondants.
  3. Visite de contrôle : Une visite de contrôle est nécessaire 14 à 21 jours après la première prise de médicament pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications.

Points importants :

  • L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).
  • L'IVG médicamenteuse peut être réalisée via une téléconsultation.
  • Deux prises de médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse.
  • Les médicaments provoquent des saignements et des contractions utérines similaires à des règles abondantes.
  • Le taux de réussite d’une IVG médicamenteuse est de 95 %.

IVG Chirurgicale (ou Instrumentale)

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse (soit 16 semaines d’aménorrhée). Elle se fait dans un hôpital ou une clinique autorisée à pratiquer l’avortement.

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Procédure :

L’IVG instrumentale consiste à dilater le col, puis à évacuer le contenu utérin par aspiration. Pour ce faire, la femme doit prendre par voie orale la mifépristone (36 à 48 heures avant l’aspiration) ou le misoprostol (3 à 4 heures avant l’aspiration), soit un ovule par voie vaginale (3 heures avant l’aspiration). Une fois le col bien ouvert, le praticien introduit une canule dans l’utérus, afin d’aspirer le contenu utérin.

Anesthésie :

Cette IVG se fait sous anesthésie locale ou générale, selon la situation médicale et le choix de la patiente. Dans le cas d'une anesthésie générale, une consultation préanesthésique est obligatoire.

Suivi :

Même si l’intervention ne dure qu’une quinzaine de minutes, une surveillance de la patiente est nécessaire pendant quelques heures. Il est aussi recommandé que la femme soit accompagnée lors de sa sortie de l’hôpital. Une consultation avec le médecin ou la sage-femme est ensuite nécessaire afin de s’assurer que tout s’est bien déroulé.

Délais Légaux pour l'IVG

En France, les délais légaux pour pratiquer une IVG sont les suivants :

  • IVG médicamenteuse : jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d’aménorrhée).
  • IVG chirurgicale : jusqu’à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d’aménorrhée).

Démarches à Suivre pour une IVG

Une fois la décision prise de ne pas poursuivre la grossesse, il est important d’engager rapidement les démarches. Il n’est plus obligatoire de faire deux consultations pré-IVG. La patiente n’est pas tenue de consulter son médecin traitant et peut en voir un autre.

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Pour les mineures :

En France, il n’y a pas d’âge limite pour pratiquer une IVG. Une mineure peut avoir accès à l'IVG sans le consentement de ses parents. Elle doit être accompagnée par un adulte de son choix et assister à une consultation psychosociale. Les professionnels de santé sont tenus au secret médical.

Contre-indications à l'IVG

  • IVG médicamenteuse : Contre-indiquée en cas de grossesse extra-utérine, d’allergie ou d’hypersensibilité à l’un des excipients de la mifépristone ou du misoprostol, d’insuffisance rénale ou de porphyrie héréditaire.
  • IVG instrumentale : Il n’existe pas de contre-indication en tant que tel, sauf allergie aux produits d’anesthésie.

Le professionnel de santé consulté avant l’IVG évaluera les éventuelles contre-indications et proposera la méthode d’IVG adaptée.

Effets Indésirables et Complications Possibles

IVG Médicamenteuse

  • Douleurs : Des douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines sont fréquentes, généralement après la prise du second médicament. Des antidouleurs sont prescrits.
  • Troubles gastro-intestinaux : Nausées, vomissements, diarrhées.
  • Saignements : Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours.

Complications Possibles (Rares)

  • Hémorragie
  • Infection (si la grossesse n’a pas été totalement expulsée)
  • Douleurs persistantes malgré la prise d’antidouleurs

Signes d'alerte :

  • Fièvre (température supérieure à 38 °C)
  • Pertes très abondantes de sang (changement de serviette hygiénique toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures de suite)
  • Malaise
  • Fortes douleurs abdominales persistantes

En cas de ces symptômes, il est impératif de contacter rapidement le professionnel de santé qui a suivi l’IVG.

Retour de la Fertilité et Contraception

La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception. Il est possible d'en discuter avec le médecin ou la sage-femme pour choisir la méthode la plus appropriée.

L'IVG en Chiffres

  • En 2016, le nombre d'IVG était de 211 900 en France.
  • Le taux de recours à l'IVG en Métropole était de 13,9 pour mille femmes âgées de 15 à 49 ans.
  • C'est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les recours demeurent les plus fréquents : ils concernent 26 femmes sur 1 000.
  • En France, 64 % des IVG sont médicamenteuses.

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