Le don d'ovocytes est un acte de générosité qui offre à des couples ou des femmes infertiles la possibilité de réaliser leur désir de parentalité. Cependant, comme toute procédure médicale, il est associé à des effets secondaires et des risques potentiels pour la donneuse et, dans une moindre mesure, pour la receveuse. Cet article se penche sur les différents aspects de ces effets secondaires, en abordant les considérations physiques, psychologiques et émotionnelles.

Qu'est-ce que le don d'ovocytes ?

Le don d'ovocytes est un don de gamètes féminines. Les ovocytes deviennent des ovules et peuvent ensuite être fécondés par des spermatozoïdes, pour concevoir un œuf, qui donnera un embryon, puis un fœtus, et enfin un bébé. Ce don est utile aux couples dont la femme n’a pas ou plus d’ovocytes, ou que ceux-ci présentent des anomalies, ou ne peuvent pas être utilisés pour éviter de transmettre une maladie grave à l’enfant. Plusieurs causes peuvent mener à ce type d’infertilité : insuffisance ovarienne, ménopause précoce, chimiothérapie, etc. Dans ce cas, le couple peut bénéficier d’un don d’ovocytes d’une autre femme, dans le cadre d’un accompagnement médical à la procréation (AMP, ou PMA).

Risques et effets secondaires pour la donneuse

Avant de s'engager dans le don d'ovocytes, il est crucial de comprendre les risques potentiels. Bien que la plupart des dons médicaux comportent certains risques, le don d'ovocytes est unique car il peut entraîner à la fois un traumatisme physiologique et émotionnel. Contrairement à un don de sang, de rein ou de moelle osseuse, qui sont souvent liés à des questions de vie ou de mort, le don d'ovocytes crée une nouvelle vie.

Stimulation ovarienne et ses effets

Le processus commence par l'injection de médicaments pour stimuler les ovaires. Ces médicaments peuvent provoquer des réactions variées, notamment des maux de tête, des réactions allergiques, une pression gastrique, une prise de poids et des changements d'humeur. La stimulation ovarienne entraîne fréquemment des douleurs similaires à celles parfois ressenties à différentes étapes du cycle menstruel : pesanteur, crampes pelviennes (dans le bas du ventre).

Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO)

Un effet secondaire plus grave est le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), qui survient dans environ 5 % des cycles. Le SHO provoque des douleurs abdominales. Dans de rares cas, l'hyperstimulation peut entraîner une hypertrophie des ovaires, ce qui pourrait entraîner le développement de caillots sanguins. Une hospitalisation est alors nécessaire. Dans des cas encore plus rares, cela peut également entraîner une accumulation de liquide dans l'abdomen ou les poumons, des insuffisances rénales ou même des accidents vasculaires cérébraux. Il existe également un risque de rupture de l’ovaire hyperstimulé hypertrophié. Il s’agit d’un cas extrêmement rare et les risques sont minimes, mais cela requiert une intervention chirurgicale avec anesthésie générale (ce qui entraîne bien sûr des risques supplémentaires). La donneuse pourrait perdre un ovaire, ou les deux. Si la donneuse décide de ne pas faire de ponction des ovocytes, les chances de rupture sont plus élevées.

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Ponction ovocytaire et ses complications

L'autre risque est lié au processus de ponction ovocytaire - le prélèvement des ovocytes guidé par échographie pour être exact. Les risques de complications comprennent des infections, des saignements et des blessures aux intestins ou aux vaisseaux sanguins. La ponction ovocytaire implique une anesthésie. Il y a aussi quelques problèmes mineurs comme les allergies aux antibiotiques (dans quelques rares cas les allergies peuvent être sévères).

Autres risques potentiels

Il peut exister également des risques plus improbables tels que : douleurs, cycles menstruels irréguliers et altération de la fertilité future.

AMP vigilance

Un système de surveillance, appelé AMP vigilance, recueille ces complications. Cela permet de les analyser, de s’assurer de la mise en place de mesures correctives et d’améliorer la qualité des soins. Des consignes claires vous seront données par l’équipe médicale du centre de don. Toutefois, si vous êtes inquiète de vos symptômes pendant le traitement de stimulation ou après la ponction, n’hésitez pas à contacter le centre de don. S’il est fermé (la nuit ou le week-end, par exemple), il faut contacter les services d’urgence. Certains symptômes doivent vous faire consulter sans attendre.

Risques pour la receveuse

Les risques physiques du côté de la receveuse dépendent principalement de la donneuse. En effet, la receveuse n’est jamais en danger physique direct, mais dans des cas extêmements rares (voire inexistants) ell pourrait être victime d’une maladie à cause de la donneuse : par exemple, si la donneuse est testée pour le VIH avec un résultat négatif, le feu vert pour le don est donné. Or la donneuse peut être infectée par le virus après le test et avant la ponction des ovocytes, et risque alors de transmettre le virus à la receveuse. Attention cependant, il s’agit d’un risque minimal.

Risques liés à la malhonnêteté

Un autre élément est lié au fait que les donneuses sont parfois très généreusement payées pour leurs ovocytes. Cela pourrait attirer des personnes malhonnêtes voulant abuser du système et obtenir de l’argent en trichant sur les tests, risquant à nouveau la santé et le bien-être de la receveuse. Les cliniques sont bien sûr conscientes de cela, c’est pourquoi elles mettent en place des évaluations psychologiques pour éliminer ces personnes de leurs programme de dons.

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Transfert d'embryons et risques associés

Après cela a lieu le transfert d’embryons qui, lui, n’entraîne aucun risque significatif pour la receveuse. Si la patiente n’a jamais eu de bébé, il peut y avoir des difficultés lors du transfert de l’embryon par le col de l’utérus. Il est alors possible d’étirer le canal cervical, mais c’est une intervention est évitée si elle n’est pas strictement nécessaires. Il existe enfin un risque de naissance multiple si plusieurs embryons sont transférés.

Aspects psychologiques et émotionnels

Bien que les risques physiques soient importants, les aspects psychologiques et émotionnels du don d'ovocytes sont tout aussi cruciaux.

Pour la donneuse

Les jeunes donneuses peuvent être confrontés plus tard à des problèmes auxquels elles n’ont même pas pensé lorsqu’elles ont décidé de faire un don. Parfois, ces problèmes surviennent des années plus tard, lorsque les donneuses ont leurs propres enfants. Des histoires courrent sur Internet sur des femmes qui auraient commencé à s’inquiéter des enfants nés de leurs ovocytes après avoir elles-mêmes accouché. Les donneuses s’inquiètent alors de ne jamais rencontrer les enfants de leur lignée biologique, et regrettent aussi parfois que leurs propres enfants ne connaissent pas leurs « demi-frères et sœurs ». Il y a aussi la peur que leur propre enfant rencontre et devienne intime avec quelqu’un issu du même don d’ovocytes, sans savoir qu’ils partagent les mêmes gènes. Cela semble assez invraisemblable, mais de tels cas se sont produits dans le passé. Les donneuses peuvent également penser au moment où l’enfant né de leurs ovocytes apprendra la vérité sur la façon dont il est né et se demander comment il réagira ? Pensera-t-il à « elle » ? Voudra-t-il la rechercher ? Rappelez-vous que les dispositions légales peut varier selon les pays.

Pour les parents bénéficiaires

La question la plus fréquemment posée par les parents bénéficiaires est de savoir dire à l’enfant et quand. Il est préférable d’informer l’enfant dès son plus jeune âge, puis d’ajouter et d’ajuster les détails plus tard, lorsqu’il sera en âge de mieux comprendre la procédure. Les enfants conçus par FIV avec don d’ovocytes ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes que les enfants adoptés.

Le processus de don d'ovocytes en France

En France, le don d’ovocytes est autorisé, et encadré par la loi de bioéthique de 2011. Il s’agit d’un don volontaire, gratuit et anonyme. Les dons sont réalisés dans des centres agréés rassemblés au sein du réseau GEDO (Groupe d’étude pour le don d’ovocyte). Pour pouvoir donner ses ovocytes, il faut répondre à un certain nombre de critères : avoir entre 18 et 37 ans ; être en bonne santé ; et obtenir l’accord du conjoint. Depuis 2016, le don de gamètes est ouvert aux personnes n’ayant jamais eu d’enfants.

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Sélection des couples bénéficiaires

Pour choisir quels couples bénéficieront d’un don de gamètes, cela dépend de leur position sur la liste d’attente, mais également de quelques critères : l’origine ethnique de la donneuse et de la receveuse ; leurs caractéristiques morphologiques : couleur de peau, de cheveux et d’yeux ; et leurs groupes sanguins et rhésus.

Déroulement du don

Lorsqu’une femme souhaite faire un don d’ovocytes, elle doit s’adresser au centre agréé proche de chez elle. Elle peut l’identifier sur le site de l’Agence de la Biomédecine. Au cours d’un premier rendez-vous, l’équipe lui expliquera en quoi consiste le don. Si elle accepte, elle signe un formulaire de consentement. Tous ses frais seront pris en charge par l’hôpital : traitements, examens, consultations, transport, hospitalisation, etc. Et cette procédure n’a aucun impact sur la fertilité de la donneuse.

Bilan médical

Dans un deuxième temps, la donneuse fera un bilan médical afin de s’assurer qu’elle répond aux critères de don : absence de contre-indications à la stimulation de l’ovulation et à la ponction d’ovaires, évaluation de la fertilité, des risques de transmission de maladie héréditaire, d’antécédents familiaux et médicaux, etc. Cela consiste en : un bilan gynécologique : examen, échographie, bilan hormonal ; un bilan génétique : dépistage, prise de sang ; un bilan pré-anesthésie ; un bilan sanguin : détermination du groupe sanguin, recherche d’infections ; et un entretien avec un psychologue. Si tous les feux sont au vert, la procédure est lancée.

Stimulation et ponction

Dans un premier temps, la donneuse suit un traitement de stimulation ovarienne, afin de faire maturer plusieurs follicules. Cela consiste en des injections quotidiennes d’hormones, à faire pendant environ 12 jours, soi-même ou par une infirmière à domicile. Sur ce laps de temps, la donneuse doit également faire plusieurs prises de sang et des échographies, afin de vérifier comment évoluent les follicules. L’ovulation est ensuite déclenchée artificiellement par une autre injection. Vient alors le moment de la ponction, environ 35 heures après la dernière injection. Cette opération ambulatoire se déroule sous anesthésie locale ou générale, par voie vaginale et sous contrôle échographique. Une hospitalisation de nuit n’est pas nécessaire, mais il est recommandé de se reposer pendant 48 heures après la ponction. Une dizaine d’ovocytes sont généralement recueillis, qui seront répartis chez deux ou trois couples receveurs.

Données et statistiques

En 2014, 501 femmes ont fait un don d’ovocytes, grâce auxquels 961 fécondations in vitro et 310 transferts d’embryons congelés ont eu lieu. 239 enfants ont pu naître suite à ces dons.

Accès aux origines

A partir du 01/09/2022, Les personnes nées de don pourront avoir accès à leurs origines. Elles pourront, à leur majorité, si elles le souhaitent, demander à avoir accès aux données non identifiantes et à l’identité de leur donneuse.

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