La vitamine D joue un rôle essentiel dans le développement des nourrissons, notamment pour la croissance osseuse. En France, une supplémentation en vitamine D est généralement recommandée dès les premiers jours de vie pour prévenir le rachitisme, une maladie de la croissance et de l'ossification. Cependant, il est crucial de comprendre les risques potentiels liés à un surdosage de vitamine D chez les nourrissons. Cet article explore en détail les besoins en vitamine D des nourrissons, les risques de surdosage, les symptômes à surveiller et les recommandations pour une supplémentation sûre.

Pourquoi une supplémentation en vitamine D est-elle nécessaire chez les nourrissons ?

La vitamine D est unique car elle peut être synthétisée par le corps grâce à l'exposition au soleil. Cependant, la peau des nourrissons est particulièrement fragile et ne doit pas être exposée directement au soleil, surtout avant l'âge d'un ou deux ans. De plus, même si les préparations lactées pour nourrissons sont enrichies en vitamine D, elles ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins quotidiens. C'est pourquoi une supplémentation est souvent nécessaire pour assurer un apport suffisant en vitamine D et prévenir les carences.

La supplémentation en vitamine D est recommandée en France dès les premiers jours de vie et doit être poursuivie pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c’est-à-dire jusqu’à 18 ans. À partir des 18 mois de votre enfant et jusqu’à ses cinq ans, la supplémentation se poursuit, seulement durant les mois d’hiver.

Les risques de surdosage en vitamine D chez les nourrissons

Bien que la vitamine D soit essentielle, un excès peut entraîner des effets indésirables graves. Il existe des risques réels de surdosage favorisés par des concentrations élevées de vitamine D dans certaines gouttes (500 à 10 000 UI de vitamine D dans 1 goutte), en cas de mauvaise lecture de l’étiquette des compléments alimentaires ou d’association de compléments alimentaires entre eux. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a signalé plusieurs cas de surconsommation de vitamine D chez des nourrissons, soulignant les dangers de l'automédication et de l'utilisation inappropriée de compléments alimentaires.

Les conséquences d'un surdosage

Un surdosage en vitamine D peut entraîner une hypercalcémie, c'est-à-dire un excès de calcium dans le sang. Cette condition peut avoir de graves conséquences sur la santé des nourrissons, notamment des atteintes rénales, des problèmes cardiaques et, dans les cas les plus graves, menacer le pronostic vital. Les surdosages en vitamine D rapportés se sont traduits par des cas d'hypercalcémies sévères, parfois associées à une atteinte rénale de type lithiase/néphrocalcinose.

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Une mère de famille de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) rapportait auprès de nos confrères du Parisien qu'un surdosage en vitamine D avait failli coûter la vie à son bébé. Poids qui stagne et fièvre, le nourrisson est hospitalisé : "Une échographie montre une néphrocalcinose, un excès de calcium dans le rein. L'électrocardiogramme, un problème au cœur" peut-on lire sur le Parisien.

Les symptômes d'un surdosage à surveiller

Il est important de reconnaître les signes d'un surdosage en vitamine D chez les nourrissons. Les symptômes peuvent être vagues et facilement confondus avec d'autres affections, mais il est essentiel de consulter un médecin en cas de suspicion. Les signes d'alerte comprennent :

  • Fatigue
  • Somnolence
  • Irritabilité
  • Maux de tête
  • Vomissements
  • Vertiges
  • Diarrhées
  • Crampes abdominales
  • Douleurs musculaires et articulaires
  • Nausées
  • Poids qui stagne
  • Fièvre

Recommandations pour une supplémentation en vitamine D sûre

Pour minimiser les risques de surdosage, il est crucial de suivre les recommandations suivantes :

  1. Privilégier les médicaments plutôt que les compléments alimentaires : Les médicaments garantissent une information claire en termes de doses, de précautions d'emploi, de risque d'effets indésirables et de surdosage. L’Anses recommande donc de privilégier les médicaments par rapport aux compléments alimentaires enrichis en vitamine D. Plusieurs spécialités à base de vitamine D disposant d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement et/ou la prophylaxie de la carence en vitamine D sont commercialisées en France
  2. Respecter scrupuleusement les doses prescrites : Il est essentiel de bien contrôler les doses données à son enfant et de ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D pour éviter les surdosages qui pourraient perturber sa fonction rénale.
  3. Ne pas pratiquer l'automédication : L'apport de vitamine D doit uniquement se faire sur prescription d'un professionnel de santé.
  4. Être vigilant lors de l'achat de compléments alimentaires : L’achat de compléments alimentaires sur Internet est déconseillé, car ils risquent d’être non conformes à la réglementation.
  5. Signaler tout effet indésirable : En cas de surdosage, vous pouvez vous-même réaliser un signalement auprès du dispositif de nutrivigilance de l'Anses. Vous pouvez, vous aussi, déclarer tout effet indésirable suspecté d'être lié à la prise d’un complément alimentaire.

Les spécialités pharmaceutiques courantes

Plusieurs spécialités pharmaceutiques sont couramment utilisées pour la supplémentation en vitamine D chez les nourrissons en France :

  • Adrigyl (1 goutte = 333 UI de vitamine D3)
  • Deltius (1 goutte = 200 UI de vitamine D3)
  • ZymaD (1 goutte = 300 UI de vitamine D3)

Il est important de noter que ces concentrations peuvent varier, il est donc essentiel de lire attentivement l'étiquette et de suivre les instructions du médecin.

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Mise à jour des recommandations nationales

Une mise à jour des recommandations nationales concernant les doses de vitamine D destinées aux enfants est actuellement en cours (Groupe de travail multi-disciplinaire coordonné par le Centre de référence des maladies rares du calcium et du phosphore, et validé par les sociétés savantes et groupes de professionnels impliqués dans la santé de l’enfant (SFP, SFEDP, SNP, SOFREMIP, AFPA, SFN notamment) selon une méthode DELPHI).

Vitamine D et grossesse

Vous avez certainement déjà pris une supplémentation en vitamine D lors de votre grossesse, nécessaire pour les os de votre bébé. Celle-ci doit donc s’étendre pendant quelque temps. La vitamine D est considérée comme tératogène si on dépasse les posologies, c'est-à-dire qu'elle est susceptible de provoquer des malformations chez les enfants exposés in utero (lors de la grossesse). "Il n'y a pas de crainte à avoir chez la femme enceinte lors d'une supplémentation, rassure le pharmacien. Si on utilise des ampoules, que l'on respecte les posologies et que c'est bien suivi par un médecin, il n'y a pas de danger.

Carence en vitamine D et rachitisme

Une carence en vitamine D peut être extrêmement grave et entraîner un rachitisme. Son absence équivaut à une insuffisance d’absorption du calcium par les os. Plus concrètement, les os du crâne peuvent devenir mous, ceux des poignets et chevilles s’élargissent, etc. Les crampes musculaires (tétanie) peuvent également être les premiers symptômes de rachitisme chez les nourrissons. On constate également la présence d’un « genu varum » qui se traduit par un écart assez important entre les genoux lorsque les pieds se touchent.

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