L'électroencéphalogramme (EEG) est une technique d'imagerie cérébrale non invasive qui mesure l'activité électrique du cerveau à l'aide d'électrodes placées sur le cuir chevelu. Il s'agit d'un outil précieux pour évaluer la fonction cérébrale chez les nourrissons, en particulier en cas de suspicion de troubles neurologiques. Cet article aborde les aspects de l'EEG chez le nourrisson, y compris les indications, la préparation, la procédure et l'interprétation des résultats, en soulignant l'importance de cet examen dans le diagnostic et la prise en charge des affections neurologiques infantiles.
Qu'est-ce qu'un EEG ?
L'électroencéphalogramme (EEG) est une technique facilement accessible et reproductible qui permet d'étudier l'activité électrique cérébrale en temps réel, à tout âge. L'EEG est un examen médical simple et sans danger qui consiste à enregistrer l'activité électrique des neurones au niveau cérébral à travers le crâne. On parle d'électroencéphalogramme pour désigner le tracé obtenu. Les tests électrophysiologiques, dont l’EEG, qui utilisent un équipement spécial, permettent d’analyser les ondes électriques émises par le cerveau. L’objectif de cet examen est de mettre en évidence des dysfonctionnements au niveau des connexions cérébrales.
Indications de l'EEG chez le nourrisson
L'EEG est indiqué dans un large éventail de situations cliniques chez le nourrisson, notamment :
- Crises d'épilepsie : Devant des manifestations paroxystiques inexpliquées, l’origine critique se pose au clinicien, d’autant que l’aspect des crises d’épilepsie chez l’enfant et surtout chez le nourrisson peut être polymorphe et trompeur. L'EEG est le seul examen de routine qui permet d'objectiver la nature épileptique. La probabilité d’enregistrer un événement est liée à sa fréquence. Ainsi, des manifestations pluriquotidiennes ont plus de chances d’être observées lors d’un EEG standard. Si, au cours de l’EEG, l’événement est enregistré et qu’il se traduit par une décharge épileptique, sa nature épileptique est confirmée. Dans les cas où la manifestation suspecte ne survient pas lors de l’enregistrement, le tracé de fond peut aussi être informatif.
- Troubles de la conscience : L'EEG peut aider à évaluer l'état de conscience d'un nourrisson et à identifier les causes potentielles des troubles de la conscience.
- Retard de développement : L'EEG peut être utilisé pour identifier des anomalies de l'activité cérébrale qui pourraient contribuer à un retard de développement.
- Infections du système nerveux central : L'EEG peut aider à diagnostiquer les infections du système nerveux central, telles que la méningite et l'encéphalite. L’EEG peut aussi être utilisée pour diagnostiquer une encéphalite ou une méningo-encéphalite.
- Traumatismes crâniens : L'EEG peut être utilisé pour évaluer les lésions cérébrales après un traumatisme crânien.
- Encéphalopathie hypoxo-ischémique (EHI) : L'EEG est un outil important pour évaluer la gravité de l'EHI et prédire le pronostic neurologique.
Préparation à l'EEG
La préparation à l'EEG chez le nourrisson varie en fonction de l'âge et de l'état de santé de l'enfant. En général, il est important de :
- Laver les cheveux du nourrisson : Les cheveux doivent être propres et secs avant l'examen.
- Éviter les lotions et les huiles : Il est important d'éviter d'appliquer des lotions, des huiles ou d'autres produits capillaires sur les cheveux du nourrisson avant l'examen.
- Assurer le confort du nourrisson : Il est important de s'assurer que le nourrisson est confortable et détendu pendant l'examen. Les parents peuvent apporter des jouets ou des couvertures préférés pour aider à calmer l'enfant.
- Respecter les horaires de sommeil : Chez les enfants de moins de 5 ans, l’EEG comporte systématiquement un enregistrement de sommeil spontané. Ainsi, l’examen doit être programmé en fonction des horaires physiologiques de sommeil de l’enfant. La sieste du matin est préconisée chez les moins d’un an, et la sieste de l’après-midi chez les plus de un an. Après 4 ans, il est demandé aux parents de coucher l’enfant tard (vers minuit) et de le lever tôt (vers 5h). En effet, pour cet examen la privation de sommeil est indispensable. Le patient ne doit pas s’endormir ni dans les transports ni dans la salle d’attente. L’enfant doit manger normalement, il ne doit pas être à jeun. Juste avant l’examen, il est conseillé de lui donner une collation (par exemple son biberon dans la salle d’attente) mais sans excitant afin de favoriser naturellement le sommeil. Si malgré cette préparation, l’endormissement est difficile à obtenir (souvent le cas chez les plus de 4 ans ou les patients anxieux), une prémédication par mélatonine peut être prescrite. Entre 2 et 5 mg, 30 minutes avant l’examen suffisent pour obtenir l’endormissement nécessaire à l’examen.
Déroulement de l'EEG
L'EEG est généralement réalisé dans un cabinet médical ou à l'hôpital. Aucune hospitalisation n’est nécessaire. L’électroencéphalographie se déroule dans une pièce calme où le patient est installé sur un fauteuil ou dans un lit. L’équipe médicale dispose sur l’ensemble de son cuir chevelu entre 10 et 20 électrodes (petites plaques métalliques reliées à l’appareil enregistreur). L’enregistrement est effectué via des électrodes placées sur le cuir chevelu préalablement nettoyé à l’aide d’une pâte conductrice. Les électrodes peuvent être maintenues en place par un casque ou bien collées lorsque l’enregistrement est prolongé. L’appareil auquel les électrodes sont reliées permet de mesurer le potentiel électrique de chacune des électrodes. Ce dernier est également capable de comparer les électrodes deux à deux. Chaque comparaison se traduit par un tracé que l’on appelle dérivation. Toutes les dérivations figurent les unes au-dessous des autres (entre 5 et 10 par enregistrement). En pédiatrie, un enregistrement de sommeil pendant une EEG est souvent nécessaire. Pendant l’examen, il est demandé au patient d’effectuer quelques exercices simples comme ouvrir les yeux, respirer lentement et amplement. Des stimulations lumineuses peuvent aussi être utilisées. Ces petites épreuves permettent d’évaluer la réactivité électroencéphalographique. L’étude des tracés permet de distinguer plusieurs types d’ondes en fonction de la fréquence : les delta (fréquence inférieure à 3,5Hz), les thêta (fréquence comprise entre 4 et 7,5 Hz), les alpha (fréquence comprise entre 8 et 13 Hz) et les bêta (fréquence supérieure à 13 Hz).
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Interprétation des résultats de l'EEG
L'interprétation des résultats de l'EEG doit être effectuée par un neurologue ou un neurophysiologiste expérimenté. Les résultats de l'EEG peuvent révéler des anomalies de l'activité cérébrale, telles que des ondes lentes, des pointes ou des décharges paroxystiques. Ces anomalies peuvent indiquer la présence d'une affection neurologique sous-jacente.
Il est important de noter qu'un EEG normal n'exclut pas toujours la possibilité d'une affection neurologique. Un EEG normal n’exclut pas une origine épileptique. Un électroencéphalogramme normal ne permet pas de conclure à une absence de pathologie. Il est donc nécessaire de renouveler l’examen. En effet, bien souvent, un patient souffrant d’épilepsie aura un EEG normal entre les crises. Dans d’autres cas, le patient a un EEG anormal aussi en dehors. Si l'EEG est normal mais que les symptômes persistent, il peut être nécessaire de répéter l'examen ou de réaliser d'autres tests diagnostiques.
EEG et épilepsie
Dans le cadre de l’épilepsie, il existe une variante de l’examen. L’enregistrement a lieu sur 24 à 48 heures à l’aide d’un petit appareil portable. Parfois, l’électroencéphalographie est pratiquée la nuit dans un centre spécialisé. L’EEG, qui ne doit en aucun cas se substituer à la clinique, peut être d’une utilité majeure dans la démarche diagnostique. Un EEG anormal doit aboutir à un diagnostic de la cause occasionnelle ou du type d’épilepsie débutante.
EEG en urgence
L’EEG fait en urgence ou programmé aussi tôt que possible contribue au diagnostic et à la prise en charge en pédiatrie d’urgence. Des anomalies EEG peuvent confirmer et caractériser une épilepsie ou une souffrance cérébrale. Lorsque l’EEG a été fait dans les premières 24 heures, le médecin urgentiste a décidé une hospitalisation pour 22/34 (65 %) patients avec EEG anormal et pour 17/74 (23 %) enfants avec EEG normal (p < 0,001). L’EEG a contribué au diagnostic d’une atteinte cérébrale pour 25 des 126 patients dont le diagnostic final est connu.
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