L'école maternelle de Celles-sur-Belle, située dans les Deux-Sèvres, a été le théâtre d'événements troublants qui ont suscité l'inquiétude et l'indignation des parents d'élèves. Des allégations de violences à caractère sexuel, impliquant un ou plusieurs élèves, ont conduit à des manifestations, des plaintes et une enquête administrative. Cet article se penche sur les faits rapportés, les réactions des institutions et les conséquences pour les enfants et leurs familles.
Manifestations et Plaintes : Le Cri d'Alarme des Parents
En mai 2025, la tension monte d'un cran lorsque des parents d'élèves organisent une manifestation devant l'école maternelle. Leur objectif est clair : dénoncer l'inaction de l'établissement face aux actes de violence sexuelle qui se seraient produits entre les enfants. Parallèlement à cette action collective, deux familles choisissent la voie judiciaire et déposent plainte, espérant une réaction plus ferme face aux événements.
Enquête Administrative : L'Académie Prend les Choses en Main ?
Face à la gravité des faits signalés, Véronique Guggiari, directrice académique des services de l’éducation nationale des Deux-Sèvres, ordonne une enquête administrative. Cette enquête vise à évaluer « l’adéquation des mesures de sécurité mises en œuvre dans l’école maternelle ». L'objectif est de déterminer si l'établissement a pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et le bien-être des enfants.
Mesures Annoncées par l'Académie : Un Renforcement de la Sécurité
En prévision de la rentrée scolaire, l'académie de Poitiers publie un communiqué annonçant que « les mesures de protection seront poursuivies et pour certaines renforcées ». Cette annonce semble indiquer une prise de conscience de la nécessité d'agir pour prévenir de nouveaux incidents. Parmi les mesures annoncées, on note le renouvellement de l'équipe pédagogique de l'école maternelle et l'attribution d'un personnel dédié à la direction de l'école élémentaire.
Accompagnement Psychologique : Une Aide pour les Victimes
La mère d'un des élèves concernés par les accusations de violence signale qu'un dossier a été ouvert auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour que son fils, suivi psychologiquement, puisse obtenir un accompagnant. Le rectorat confirme que cet accompagnement sera accordé « à 100 % », soulignant ainsi l'importance de prendre en charge les besoins spécifiques des enfants affectés par ces événements.
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Témoignages et Révélations : La Parole des Enfants
L'affaire prend une dimension encore plus poignante avec les témoignages des enfants. Anne*, une mère, interroge sa fille Chloé sur un dessin représentant des cœurs barrés. La réponse de l'enfant, âgée de 6 ans, est glaçante : « [Cela représente] ce qu’il m’a fait. Et que maintenant je suis triste. Parce que là [elle pointe le dessin], c’est des larmes. Je pleure en silence des fois ». Quatre jours plus tard, les parents de Chloé, bouleversés par les révélations de leur fille, portent plainte pour « mise en danger d’autrui et non assistance à personne en danger ».
Accumulation de Plaintes : Un Système Défaillant ?
La plainte déposée par les parents de Chloé est la deuxième contre le groupe scolaire Jacques-Marie-Parsonneau. Au fil du temps, le nombre de victimes présumées augmente, ce qui pousse le rectorat à déclencher une enquête administrative. Selon les parents de Chloé, leur fille a subi des mois de harcèlement et de violence sans que l’établissement ne parvienne à y mettre fin. Ils rapportent des traces de coups, des bleus sur le corps et même des marques de strangulation. La petite fille se plaint également des demandes incessantes d'un autre enfant, Arnaud, de « montrer sa minette », « baisser sa culotte » ou recevoir un bisou sur sa vulve.
Réaction de l'École : Minimisation et Déni ?
Face aux inquiétudes des parents, la directrice et la maîtresse de l’école maternelle auraient minimisé les faits, parlant de « découverte du corps » tout à fait « normale en maternelle » et de violences sans gravité, qui feraient partie de jeux entre enfants. On aurait même demandé aux parents d’avoir de l’indulgence pour Arnaud, présenté comme ayant des difficultés de comportement.
Dégradation de la Situation : Refus Scolaire et Troubles Psychologiques
À la rentrée 2024, la situation de Chloé se dégrade à nouveau. Elle est suivie par une psychologue et manifeste un fort refus scolaire. En décembre, elle revient avec le visage tuméfié, et ses problèmes de santé empirent en janvier, avec des trous de mémoire. Ses parents signalent des idées suicidaires, mais l’école rétorque que tout va bien, que la fillette doit s’adapter.
Changement d'École et Révélations : La Vérité Éclate
De guerre lasse, les parents de Chloé décident de la changer d'école en février. C'est seulement après ce changement d'établissement qu'elle révèle, en mai, avoir subi des viols et attouchements. Elle raconte à sa mère qu'Arnaud « mettait la main dans la culotte et à l’intérieur et des fois il mettait le doigt dans les fesses ». Ces faits se seraient produits plusieurs fois.
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Multiplicité des Victimes : Un Schéma Répété ?
Les parents de Chloé apprennent que le cas de leur fille est loin d'être isolé. Au moins cinq autres enfants auraient subi des violences, notamment sexuelles, de la part d'Arnaud, selon les témoignages recueillis. Une plainte a été déposée en mars par les parents de Sabrina, pour viol et agressions sexuelles.
Le Cas de Sabrina : Menaces et Agressions
Selon la plainte des parents de Sabrina, les faits se seraient principalement produits le 19 mars 2025. La directrice prévient la mère que Sabrina a « baissé sa culotte pour jouer avec deux garçons et que de la terre lui a été mise sur les fesses ». Mais une fois à la maison, Sabrina révèle des faits bien plus graves. En larmes, l’enfant explique qu’elle a été menacée par un des garçons, qui lui a touché les fesses, et que l’autre a « tripoté » à l’intérieur de son vagin. Le lendemain, Sabrina vomit sans cesse et est emmenée à l’hôpital, qui confirme un état de stress suite à un événement traumatique.
Diagnostics et Souffrances : Les Conséquences Psychologiques
Chloé se voit diagnostiquer « des symptômes de stress post-traumatique » par sa psychologue, qui les juge « inquiétants pour une enfant de son âge ». D’autres enfants présentent également des signes de souffrance, tels que l'agitation, des problèmes de concentration, des demandes incessantes de « montrer sa culotte », des attouchements, une « hypervigilance permanente et une anxiété chronique ».
Inefficacité des Mesures : Des « Zonages » Inopérants
Les parents d’élèves, auxquels on a souvent répondu qu’il s’agissait d’un « acte isolé » et qu’Arnaud était sous surveillance, ou pire, qu’on a qualifié de « parents angoissés », commencent à comprendre qu’on ne leur dit pas toute la vérité. Ils réalisent que les moyens mis en place, comme les « zones étanches », promises dès le conseil d’école de novembre 2024, ne fonctionnent pas. Ils alertent l’inspection académique le 14 mars, mais leur courrier reste sans réponse. Malgré la mise en place de nouveaux « zonages », des agressions continuent de se produire.
Réaction Tardive : Un « Enseignant Pompier »
Face à l'insistance des parents, un « enseignant pompier » est finalement dépêché jusqu’à la fin de l’année, juste après la publication du premier article de La Nouvelle République concernant l’affaire. Mais pour les parents, cette mesure arrive trop tard pour tous les enfants agressés.
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Accusations contre l'École : Déni et Opacité
Les parents d’élèves accusent l’école de nier les faits plutôt que de chercher des solutions, et de cacher les informations plutôt que d’informer les parents, notamment ceux d’Arnaud. Ils réclament que toute la lumière soit faite sur ces dysfonctionnements.
Réponse de la Mairie : Indifférence et Formalisme
La réaction de la mairie, qui a reçu les copies des plaintes, semble indiquer qu’elle n’a pas pris le temps de lire les documents envoyés par les parents. Elle répond que « sans plainte, sans constat médical, sans témoin, vu l’âge des enfants, qu’attendiez-vous ? ». La mairie rappelle que l’école est obligatoire et ouverte à tous et que la justice doit être faite par les juges.
Position du Rectorat : Prudence et Attente
Le rectorat se refuse à commenter « les allégations émises par certains parents », estimant que « la matérialité des faits n’a pas été établie à ce jour » mais précise que « les préoccupations des parents sont considérées avec la plus grande attention ».
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