La laryngite est une affection courante chez les nourrissons et les jeunes enfants, caractérisée par une inflammation du larynx et des voies respiratoires supérieures. Cet article vise à fournir des recommandations claires et complètes pour la prévention, la gestion et le traitement de la laryngite chez les nourrissons, en s'appuyant sur les informations disponibles et les conseils d'experts.
Qu'est-ce que la laryngite ?
La laryngite chez le nourrisson est une pathologie quasi exclusivement virale. Elle se manifeste souvent de manière soudaine, généralement en pleine nuit, par une toux aboyante caractéristique, ressemblant au cri d'un phoque, et une dyspnée inspiratoire, c'est-à-dire une difficulté à inspirer. Il s'agit d'un spasme glottique lié à un reflux gastro-œsophagien, des phénomènes inflammatoires ou psychologiques.
Symptômes de la laryngite
Les signes respiratoires s’installent de manière progressive, souvent la nuit. La laryngite œdémateuse est la plus fréquente des laryngites sous-glottiques. D’origine virale dans 90% des cas, son début est souvent nocturne, et marqué par une dyspnée laryngée typique avec tirage et cornage.
Les symptômes courants de la laryngite chez le nourrisson incluent :
- Toux sèche continue.
- Toux rauque.
- Dyspnée inspiratoire (difficulté à prendre l’air).
- Cornage (bruit laryngé attestant du siège sous-glottique).
- Fièvre (dans certains cas).
- Extinction de voix.
Diagnostic de la laryngite
Le diagnostic de la laryngite est principalement clinique. Les médecins effectuent un examen physique pour évaluer les symptômes et exclure d'autres causes possibles de difficultés respiratoires, comme l’épiglottite ou laryngite supra-glottique est la forme la plus rare mais aussi la plus grave. Elle est d’origine bactérienne. Son début est brutal associant fièvre élevée, bradypnée inspiratoire d'aggravation rapide et dysphagie. Le syndrome positionnel est caractéristique : l’enfant est assis, tête penchée en avant, et refuse de s’allonger sur le dos. Il reste bouche ouverte avec une hypersalivation. Une altération importante de l’état général est quasiment constante. Si la dyspnée réagit mal au traitement antibio-corticoïde, l’enfant doit être transféré d’urgence dans un service de soins intensifs. Il faut proscrire tout examen oropharyngé et le décubitus.
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Recommandations générales pour la prise en charge de la laryngite
La prévention et le traitement reposent essentiellement sur la désobstruction rhino-pharyngée (lavage nasal) et une bonne aération de la chambre à coucher.
Premiers gestes à adopter en cas de crise
Votre premier réflexe en cas de crise de laryngite, qui arrive toujours en pleine nuit, reste de toute façon de l’emballer dans sa couverture, de le prendre dans les bras et de vous balader dans le jardin. Votre première intervention pour soulager votre bonhomme reste de l’emballer dans sa couverture et de faire un tour dans le jardin. En cas de crise, il est également plus efficace de se balader dans le jardin que le mettre dans la salle de bain avec vapeur.
Mesures de confort et d'hygiène
- Désobstruction rhino-pharyngée (lavage nasal) : Les lavages de nez réguliers avec du sérum physiologique aident à dégager les voies nasales et à faciliter la respiration.
- Aération de la chambre à coucher : Une bonne aération de la chambre, même en laissant la fenêtre entrouverte, contribue à maintenir un air frais et humide, ce qui peut soulager les symptômes. En prévention des rechutes, prenez l’habitude de faire dormir votre bonhomme la fenêtre entrouverte et sans chauffage en le couvrant correctement. La meilleure prévention reste de dormir la fenêtre ouverte et sans chauffage.
- Hydratation : Assurez-vous que votre enfant boit suffisamment pour rester hydraté, ce qui aide à fluidifier les sécrétions et à apaiser la gorge irritée.
Traitement médical de la laryngite
Dans les cas plus graves une dose unique d’une corticoïde oral (Prednisolone à 1-2 mg/kg) peut être utile. L’utilisation d’un corticoïde en dose unique lors d’une laryngite striduleuse classique sans signes de gravité est tout à fait recommandé, au dosage de 10-20 gouttes par kilogramme avec le CELESTENE. Au cabinet je recommande plutôt du Solupred OD 20mg, par voie sous linguale, en lister isolé.
Corticoïdes
Les corticoïdes, comme la prednisolone ou le célestène, sont souvent prescrits pour réduire l'inflammation des voies respiratoires. Une dose unique de corticoïde oral peut être administrée dans les cas plus graves pour soulager rapidement les symptômes.
Antibiotiques
La laryngite étant principalement virale, les antibiotiques ne sont généralement pas efficaces, sauf en cas de suspicion d'infection bactérienne secondaire.
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Autres médicaments
Dans certains cas, des médicaments pour soulager la toux peuvent être prescrits, mais leur utilisation doit être prudente chez les nourrissons.
Quand consulter un médecin ?
Si la température persiste, ou son état général vous inquiète, montrez votre fils à son médecin pour vérifier qu’il n’ait pas une une infection. N’hésitez pas de recontacter votre pédiatre, surtout si les difficultés respiratoires persistent.
Il est important de consulter un médecin si votre enfant présente les symptômes suivants :
- Difficultés respiratoires sévères.
- Cyanose (coloration bleutée de la peau ou des lèvres).
- Fièvre élevée et persistante.
- Altération de l'état général.
- Incapacité à s'alimenter ou à boire.
- Si la dyspnée réagit mal au traitement antibio-corticoïde, l’enfant doit être transféré d’urgence dans un service de soins intensifs.
Prévention de la laryngite
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la laryngite, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d'infection :
- Hygiène des mains : Lavez-vous régulièrement les mains et encouragez votre enfant à faire de même pour éviter la propagation des virus.
- Éviter le tabagisme passif : L'exposition à la fumée de cigarette peut irriter les voies respiratoires et augmenter le risque de laryngite.
- Vaccination : Assurez-vous que votre enfant est à jour dans ses vaccinations, notamment contre la grippe et d'autres infections respiratoires.
Dyspnée aiguë et chronique
La dyspnée aiguë est un motif extrêmement fréquent de consultation dans les services d’urgence. Elle survient souvent à l’occasion d’une surinfection bronchique. Il faut rechercher des signes de gravité : dyspnée de repos, cyanose, désaturation, polypnée > 25/min, défaillance hémodynamique, signes neurologiques, hypercapnie, etc. Une dyspnée isolée doit faire rechercher l’embolie pulmonaire (la douleur est inconstante) ou un sepsis sévère ou une anémie ou une acidose métabolique.
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Toutes les causes de dyspnée aiguë peuvent initialement évoluer de manière chronique ou subaiguë. Le bilan peut se faire sans urgence, contrairement à la dyspnée aiguë.
Outre l’examen clinique, l’ECG et la radiographie de thorax permettent d’orienter le diagnostic. Le dosage du BNP (ou du NT-proBNP) peut aider à orienter le diagnostic vers l’IC (bien que moins validé que dans une situation aiguë) : un BNP strictement normal rend le diagnostic peu probable. Il est à noter que le terme d’hypertension artérielle pulmonaire doit être réservé aux hypertensions pulmonaires dans lesquelles il existe une élévation isolée de pression dans les artères pulmonaires. Cliniquement, il s’agit d’une dyspnée pouvant survenir chez un patient de tout âge avec un examen cardiologique et pulmonaire pouvant rester normal et sans modification franche de la radiographie du thorax.
Diagnostic différentiel de la dyspnée
Orientation clinique (fig. L’inspection va permettre de mesurer la fréquence respiratoire, de préciser le temps de la dyspnée (inspiratoire, expiratoire ou aux 2 temps), de définir si la dyspnée est « bruyante » avec des sons perceptibles à l’oreille des parents et du clinicien, témoignant d’une obstruction (stridor, cornage, wheezing, frein expiratoire), et de rechercher la présence ou non de signes de lutte associés. Ces éléments, associés aux données de l’auscultation pulmonaire et cardiaque vont permettre dans un très grand nombre de cas d’identifier la cause de la détresse respiratoire aiguë. Un examen général complètera l’analyse sémiologique et permettra également d’apprécier le retentissement de la détresse.
L’incidence est maximale entre les âges de 1 et 2 ans, lorsque l’enfant commence à porter les objets à sa bouche (pas avant 6 mois). Les contextes de l’accident sont les apéritifs ou repas, les périodes de jeux. Le corps étranger (CE) est souvent alimentaire (fruits à coque). L’accident se traduit le plus souvent par un syndrome d’inhalation (accès asphyxique brutal, avec toux et cyanose). Le CE peut rester enclavé dans le larynx ou la partie haute de la trachée, responsable de signes cliniques persistants immédiats (tableau d’asphyxie ou signes de DRA). Dans la très grande majorité des cas, le CE est mobilisé par les efforts de toux. Il peut soit être expulsé des voies aériennes (absence de CE intrabronchique), soit être inhalé et se bloquer dans une bronche souche, une bronche lobaire, ou une bronche segmentaire. Dans ce dernier cas, l’enfant peut rester symptomatique, avec toux et polypnée.
L’insuffisance cardiaque aiguë est une cause possible de détresse respiratoire et peut constituer un piège diagnostique. La première entité, la plus fréquente, résulte d’une congestion pulmonaire par hyperdébit pulmonaire. La deuxième entité correspond à une incapacité du cœur à assurer un débit sanguin adéquat et une oxygénation suffisante des différents organes. Les trois paramètres conditionnant le fonctionnement normal du cœur sont la précharge (qualité du remplissage des ventricules), la post-charge (résistances à l’éjection des ventricules) et la contractilité myocardique. La dysfonction myocardique peut être secondaire (myocardite, trouble du rythme, ischémie par anomalie coronaire, maladie métabolique) ou primitive (génétique). Une insuffisance cardiaque peut être facilement confondue avec une bronchiolite aiguë.
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