L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour toutes les femmes en France. La loi "Veil" du 17 janvier 1975 a dépénalisé l'avortement, marquant une avancée majeure pour le droit des femmes à disposer de leur corps et à maîtriser leur fécondité. En France, toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse, peut demander à un médecin ou une sage-femme l'interruption de sa grossesse. L’IVG peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse.
Les Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes d'IVG en France, choisies en fonction du terme de la grossesse :
L'IVG médicamenteuse : Pratiquée jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit au maximum 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à prendre deux médicaments différents : le premier interrompt la grossesse, et le second provoque l'expulsion de l'embryon. Cette méthode affiche un taux de réussite d'environ 95%.
L'IVG chirurgicale (ou instrumentale) : Peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles. Elle se fait par la dilatation du col de l'utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration. Le taux de réussite de cette méthode est d'environ 99%. L’ouverture du col utérin peut être facilitée par l’administration d’un médicament et l’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. Vous choisissez avec l’aide du médecin le mode d’anesthésie le mieux adapté à votre situation. L’hospitalisation dure en général quelques heures, et l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.
Comment Déterminer l'Âge de la Grossesse ?
Pour vérifier l’âge de la grossesse, une datation est effectuée avant l’IVG, le plus souvent par l'interrogatoire et l'examen clinique ou, si besoin, au moyen d’une échographie.
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Où S'informer et Où Réaliser une IVG ?
Pour obtenir des informations et une aide pour effectuer les démarches nécessaires à l'IVG, vous pouvez vous tourner vers différentes structures ou ressources :
- Sur internet: www.ivglesinfos.org
- Les centres de planification familiale
- Les permanences régionales d'information sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse
- Les centres de santé
- Les établissements d'information, de consultation et de conseil familial.
L'IVG chirurgicale doit être réalisée dans un établissement de santé, c’est à dire à l’hôpital ou dans une clinique. Elle peut parfois avoir lieu dans un centre de santé qui y est autorisé, qui a établi “une convention de coopération” avec un établissement de santé. L'IVG médicamenteuse est pratiquée dans davantage d’endroits: en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de planification et d’éducation familiale, et aussi en centre de santé. L’IVG médicamenteuse peut être faite par un médecin ou une sage-femme.
Les Étapes Préalables à une IVG
Avant de procéder à une IVG, vous aurez en général deux consultations médicales. Vous pouvez vous adresser à un médecin, une sage-femme, une gynécologue de votre choix ou bien dans un planning familial. Vous n’avez pas besoin d’aller voir votre médecin traitant avant une consultation. Un entretien psycho-social, fait par une personne qualifiée en conseil conjugal, vous sera proposé, et il est obligatoire si vous êtes mineure.
La première consultation préalable à l'IVG avec un médecin ou une sage-femme permet de :
- Vous examiner.
- Vous informer sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou chirurgicale), sur leurs avantages et leurs inconvénients.
- Vous remettre un dossier guide.
La seconde consultation préalable à l'IVG permet de :
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- Confirmer par écrit votre demande d’avortement.
- Donner votre consentement au médecin ou à la sage-femme pour l'IVG.
- Choisir librement la méthode d’avortement, médicamenteuse ou chirurgicale, ainsi que le lieu de l’intervention.
Cette consultation peut être également l’occasion d'un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont la chlamydia.
Douleur et Suivi Post-IVG
Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont assez fréquentes et sont assez semblables à celles ressenties pendant les règles. Leur intensité varie d’une femme à l’autre. Le professionnel de santé vous prescrira des médicaments antalgiques pour prendre en charge les douleurs. Il est par ailleurs important que vous soyez en compagnie d’un proche lors de la prise des médicaments.
Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention chirurgicale ou médicamenteuse. Elle permet de s’assurer que l’avortement a fonctionné, et qu’il n’y a pas de complication. Lors de la consultation de contrôle, le professionnel de santé vérifie que vous disposez d’un moyen contraceptif adapté à votre situation. Après une IVG, il est possible et normal d’avoir des saignements, le temps que l'utérus reprenne son état antérieur et que le col se referme.
Parfois des symptômes anormaux (saignements hémorragiques, douleurs trop importantes, fièvre prolongée….) peuvent survenir dans les heures ou jours qui suivent l’IVG. Une consultation en milieu hospitalier sera alors nécessaire. Votre professionnel vous orientera vers les structures avec lesquelles il travaille en réseau.
Complications et Fertilité
Les complications après une IVG sont très rares et peuvent être traitées de façon efficace. Dans la très grande majorité des cas, les femmes qui avortent ont une fertilité préservée par la suite.
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Spécificités pour les Femmes Mineures
Si vous êtes une femme mineure souhaitant recourir à une IVG et ne pas mettre au courant vos parents ou un représentant légal, cela est possible. Les professionnels de santé ont besoin de connaître le nom de la femme mineure pour assurer les soins, mais ils sont tenus au secret médical ou au secret professionnel. La demande de secret si vous êtes une femme mineure, vis-à-vis de vos parents ou votre représentant légal est donc bien respectée. La femme mineure doit néanmoins être accompagnée par une personne majeure, on parle d’une “personne majeure accompagnante”. Le rôle de l’adulte accompagnant est d’apporter une aide morale, une écoute, une possibilité de dialogue et éventuellement une présence dans les différentes démarches d’IVG.
Soutien Psychologique Post-IVG
Chaque femme peut avoir des ressentis et sentiments différents après un avortement, et c’est normal. Il est aussi possible de vous tourner vers un.e psychologue qui vous écoutera et pourra vous aider. Les associations comme le Planning familial sont aussi d’un grand soutien.
Coût de l'IVG
Le coût d'une IVG chirurgicale est remboursé par l'Assurance Maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire variable, vous n’avez en tout cas rien à payer. Le tarif pris en charge par l’Assurance Maladie est compris entre 463,25 euros et 664,05 euros en fonction de l'établissement de santé (hôpital ou clinique), du type d'anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l'hospitalisation.
Reprise des Rapports Sexuels Après une IVG
A la question, quand peut-on refaire l’amour après une IVG médicamenteuse, les gynécologues répondent que cela est possible à partir du moment où les saignements sont quasiment nuls. Après l’IVG chirurgicale c’est la même chose, il est conseillé d’attendre quelques jours et la fin des saignements. Le risque de reprendre des activités sexuelles trop rapidement, est celui que le col de l’utérus ne soit pas assez refermé et qu’il y ait des germes qui remontent du vagin vers le col et qui pourraient créer une endométrite, une infection utérine ascendante qui donne une infection de l'endomètre, le tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus.
Suivi Médical Après une IVG
Après l’IVG, les examens médicaux qui ont lieu ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, le médecin ou la sage-femme peut vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais. Après une IVG, il est également important de reprendre très rapidement une contraception afin d’être protégée d’un nouveau risque de grossesse.
L'IVG en Chiffres
En 2022, il y a eu 234 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France, et 78 % ont été réalisées par voie médicamenteuse.
L'IVG : Un Droit Toujours Révocable
En France, l’IVG est autorisé depuis la loi “Veil” du 17 janvier 1975 qui a dépénalisé l’avortement. C’est depuis cette date que l’IVG n’est plus sanctionné par la loi. Ce droit a été le fruit d’un long combat et il constitue une avancée majeure en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps et à maîtriser leur fécondité. Néanmoins tous les pays ne permettent pas un accès facile à l’avortement, et certains pays ont réculé sur le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement est un droit fragile.
Le 8 mars 2024, le Parlement, réuni en congrès à Versailles, vote l’inscription dans la constitution de la liberté garantie pour chaque femme d’avoir recours à l’IVG. La France devient ainsi le premier pays au monde à reconnaître dans sa constitution la liberté fondamentale de recourir à l’avortement, qui relève de la seule appréciation des femmes.
Échographie avant IVG
L'échographie pelvienne par voie endovaginale est un examen clé dans le processus d'IVG. Elle permet de :
- Confirmer la grossesse : Visualiser et confirmer la présence d'une grossesse intra-utérine.
- Dater la grossesse : Déterminer avec précision l'âge gestationnel, essentiel pour choisir la méthode d'IVG appropriée (médicamenteuse ou chirurgicale).
- Exclure une grossesse extra-utérine : S'assurer que la grossesse se développe bien à l'intérieur de l'utérus et non dans une trompe de Fallope ou ailleurs.
- Détecter d'éventuelles anomalies : Identifier des anomalies utérines ou ovariennes qui pourraient influencer la procédure d'IVG.
L'échographie est réalisée par un radiologue ou un gynécologue formé à cette technique. Elle se déroule en deux temps :
- Voie abdominale : Une première exploration est effectuée avec une sonde placée sur l'abdomen pour obtenir une vue d'ensemble de l'utérus et des organes environnants.
- Voie endovaginale : Une sonde plus fine est insérée dans le vagin pour obtenir des images plus précises de l'utérus et des ovaires. Cette voie permet une meilleure visualisation des structures internes, notamment en début de grossesse.
Recommandations pour la réalisation d'une échographie pelvienne par voie endovaginale
Afin de garantir la qualité de l'examen et le confort de la patiente, il est essentiel de suivre certaines recommandations :
- Accueil et information de la patiente : Le médecin doit se présenter, expliquer le déroulement de l'examen et s'assurer du consentement de la patiente. Il est important de l'informer de la possibilité de refuser la voie endovaginale, tout en lui expliquant les limites d'un examen par voie abdominale exclusive.
- Désinfection : Une désinfection rigoureuse des mains et de la sonde est indispensable pour prévenir le risque infectieux. Une gaine de protection à usage unique doit être utilisée pour la sonde endovaginale.
- Réalisation de l'examen : La pudeur de la patiente doit être préservée tout au long de l'examen. La communication avec la patiente est essentielle pour s'assurer de son confort et adapter l'examen en fonction de ses sensations.
- Compte rendu et iconographie : Un compte rendu détaillé de l'examen doit être remis à la patiente, accompagné d'images clés de l'utérus et des ovaires.
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