Les DVD double couche (ou double densité) représentent une évolution significative dans le domaine du stockage optique. Cet article explore en détail les caractéristiques, le fonctionnement et la compatibilité de ces supports, en comparant avec les DVD simple couche et en analysant les avantages et inconvénients de cette technologie.
Introduction aux DVD Simple et Double Couche
Il existe aujourd'hui principalement deux types de DVD : simple couche et double couche. Les deux permettent le stockage de données, de vidéo ou de fichiers audio et s'utilisent avec les mêmes appareils de la même façon. La différence principale réside dans leur capacité de stockage.
Qu'est-ce qu'un DVD Double Couche ?
Un disque DVD est un support physique, le plus souvent en plastique, double face. Une face comporte généralement des inscriptions, un sticker vierge ou une illustration. L'autre côté présente une surface réfléchissante, car le DVD est lu par un laser rouge de longueur d'onde 650nm.
À la base, le DVD simple couche, appelé "DVD-5", ne possède qu'une surface de lecture, permettant de stocker 4,7 Go de données. La grande majorité des DVD commerciaux (films, etc.) sont des DVD-9, car leur capacité de stockage offre une meilleure qualité d'image et de son.
La principale innovation du DVD double couche réside dans la présence de deux couches réfléchissantes et enregistrables, contrairement aux CD et DVD simple couche qui n'en proposent qu'une seule. Cette deuxième couche peut supporter autant d'informations que la première, doublant ainsi la capacité de stockage de 4,7 Go à 8,5 Go.
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L'arrivée future du DVD double couche double face pourrait encore doubler cette capacité, pour atteindre 15,9 Go. En effet, les DVD actuels, même le DVD+R9, ne proposent qu'une face inscriptible. L'apparition de DVD double face, avec donc deux faces inscriptibles, permettra de doubler la capacité des DVD.
Utilité d'un DVD Double Couche
Fondamentalement, l'utilité d'un DVD double couche ne diffère pas de celle d'un DVD simple couche. On peut y stocker des informations sous forme vidéo, données ou audio. La capacité de stockage doublée permet d'éviter de compresser les fichiers ou d'utiliser plusieurs disques. Les DVD actuels peuvent accueillir jusqu'à 4,7 Go de données, ce qui est déjà considérable comparé à la capacité d'un CD (0,7 Go, soit sept fois plus !).
Fonctionnement Technique du DVD Double Couche
Le fonctionnement du DVD double couche, nommé processus 2P, est similaire à la construction d'un DVD9 pressé. Le DVD DL vierge possède deux fines couches organiques séparées par une couche séparatrice. Lorsqu'elle est chauffée par le laser, chaque couche est modifiée de façon irréversible, de la même manière qu'un média DVD classique.
Le graveur et les appareils de lecture doivent être capables de faire la différence entre la couche 1 et la couche 2. Ainsi, la capacité à transmettre la lumière de la couche 1 est augmentée à 50% afin de permettre au signal de passer une fois dans un sens pour la gravure et autant de fois qu'on le désire dans l'autre sens pour la lecture. Il fallait toutefois ne pas compromettre la réflectivité de la première couche qui doit être d'au moins 18% pour respecter la compatibilité DL. La seconde couche (la plus basse sur le média) a par contre une réflectivité plus forte supérieure à 50% et également une sensibilité plus forte au laser. Cela à cause de la première couche qui absorbe et réfléchi une partie de la lumière envoyée. La couche qui séparer les deux couches de données et d’environ 55 µm. Le faisceau laser est dirigé sur l’un ou l’autres de couches en modifiant la position de la lentille laser.
La façon d'adresser les données est la même sur les DVD+R DL que sur les DVD+R et +RW, ce qui permet également de conserver le lossless linking qui permet de n'avoir aucun gap (vide) entres les données. Le track pitch est identique avec une longueur de 0.74 µm. Le track pitch représente la distance entre deux rangées de pits, mesurée depuis le centre d'une rangée jusqu'au centre de la rangée connexe.
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Le wobble period est ajusté de 10% supplémentaire du fait du channel bit length plus important. Exprimé en nanomètres, le wobble period représente l'amplitude maximale du signal du pre-groove. Sa taille doit être adaptée en fonction du graveur et du type de gravure permise car il conditionne l'avancée du servo de la tête de lecture. Le channel bit length représente la densité d'écriture des données sur le média. Il est agrandi à 0.146 µm sur le DVD DL afin d'améliorer la capacité en relecture et éviter les interférences entre la couche 0 et la couche 1. On a donc une densité sensiblement moins importante par rapport au DVD+R classique de 4.7 Go. A titre de comparaison, ce dernier représente une densité de 4.5X par rapport au CD-R, alors que sur le DVD DL cette densité n’est que de 4.1X par rapport au CD-R. La capacité totale est donc en rapport avec un passage de 4.7 à 4.27 Go par couche, soit 8.55 Go au total sur un DVD DL. On remarque également que la puissance exigée est de 30 mW pour le DVD DL alors qu’elle est de 19 mW pour le DVD standard. Cela est certainement pour compenser la perte de puissance due à la couche de séparation et à la première couche qu’il faut traverser. La vitesse de gravure en DVD+R DL est pour l’instant de 2.4X.
Lorsqu’on regarde les informations d’un DVD DL vierge on voit que la capacité est de 8.55 Go et le Book Type est DVD+R DL. La vitesse maximale est de 2.4X soit 3324 ko/s. Le nombre de couches est aussi indiqué. On remarque par contre que les médias DL utilisent une direction d’écriture opposée (OTP pour Opposite Track Path). Cela signifie que le graveur commence la gravure dans un sens sur une couche et dans l’autre sens sur la seconde couche. En pratique, le graveur va commencer au centre du disque et se diriger vers sa circonférence. Il passe ainsi rapidement au début de la seconde couche sur laquelle il va écrire à partir de la circonférence, sans revenir au centre inutilement.
Compatibilité en Lecture
Le procédé de gravure DVD DL est très proche du DVD+R classique et du fonctionnement d'un DVD9 pressé. Tout cela dans un but de compatibilité maximale en relecture. Le but est donc de pouvoir graver ses DVD9 et de pouvoir les relire aussi bien sur des lecteurs DVD-Rom que sur des platines DVD de salon. Le but est-il pour autant atteint ? Rien n'est moins sur. Afin de vérifier la compatibilité en lecture du Dual Layer nous avons gravé un disque avec Nero Burning Rom 6 d'Ahead et l'avons testé sur plusieurs dispositifs. Il s'agit d'une copie du DVD de Casino, initialement un DVD9 qui ne nous avons donc pu graver dans son intégralité après l'avoir rippé via DVD Decrypter. On notera donc au passage que la copie de DVD9 est rendue bien plus aisée qu'auparavant étant donné que l'on a plus besoin de réduire la qualité ou de supprimer les bonus ou les langues pour pouvoir rentrer un DVD sur un DVD+R.
Etant donné que certains lecteurs étaient susceptibles de ne lire que le début d'un DVD, nous avons bien vérifié que l'intégralité du contenu du DVD gravé était accessible. Etant donné qu'il est possible de changer le book type d'un média DVD+R, nous avons gravé deux médias pour ce test : un gravé avec un bit setting original en DVD+RW et un autre avec un bit setting modifié en DVD-ROM. Liteon fournit un utilitaire pour modifier le boot type des médias (avant la gravure pour les +R) mais celui-ci n'est pas opérant sur le SOHW-832S. Heureusement, le module de bit setting intégré à Kprobe fonctionne parfaitement.
Changer le book type peut permettre une meilleure reconnaissance du média en lecture car certains appareils se basent uniquement sur le bit setting pour pouvoir lire ou non un média. Si l'appareil voit que le code n'est pas un de ceux qu'il a dans sa base il rejette automatiquement le disque, c'est ce qui arrive souvent avec les médias gravés DL. En changeant artificiellement le book type on évite ce rejet et laisse une chance à la tête de lecture de faire son office.
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Le fait de pouvoir indiquer un « faux » book type est salvateur en ce qui concerne la compatibilité des médias DL gravés. En effet, avec un book type normal DVD+R DL le DVD que nous avons gravé n'est reconnu que par 42% des lecteurs DVD-Rom et 37% des graveurs DVD+RW ou -RW. Du coté des lecteurs DVD-Rom on note que les plus anciens sont à la peine, surtout pour les excellents anciens Toshiba qui ne peuvent pas lire les DVD+R DL, quel que soit le book type. Les lecteurs Pioneer s'en sortent très bien, ce qui n'est pas le cas des graveurs, parmi lesquels seul le DVR106S parvient à relire un DVD+R DL gravé avec un book type modifié. La compatibilité avec les médias DL est sensiblement supérieure sur les lecteurs DVD-Rom par rapport aux graveurs avec 42% pour les lecteurs et 37% pour les graveurs. Par contre, avec un média donc le book type est modifié les graveurs ont beaucoup autant de facilité puisque la compatibilité passe à 64% alors qu'elle est de 62% pour les lecteurs. On notera la curiosité du graveur NEC2500A qui même flashé en 2510A (et donc en graveur double couche) ne peut pas relire les DVD+R DL gravés par le Liteon SOHW-832S. Heureusement, la version flashée en 2510A est tout de même capable de relire les médias DL gravés par ses soins. A l'inverse, le SOHW-832S est capable de relire les médias du NEC2510A. Etant donné que nous n'avons pas eu de NEC2510A officiel d'origine pour notre test nous n'avons pas pu vérifier si l'incompatibilité provient de la mécanique de base en 2500A ou non.
Du coté des platines le constat est relativement positif puisque l'on part d'une compatibilité de 60% avec des médias DL non modifié pour arriver à un bon 90% avec un média dont le book type a été modifié. Seule la platine Panasonic SA-HT520 a en effet rejeté le média dans les deux cas alors que d'autres platines bien meilleur marché l'on accepté. Il s'agit évidemment d'un petit panel de comparaison, uniquement dans un but représentatif et non exhaustif. Avant de se lancer dans la gravure frénétique de DVD+R DL (à 24 euros le média on se doute qu'on ne sera pas nombreux dans le cas), il faut donc vérifier que le matériel que l'on destine à la relecture est compatible.
Le Graveur Lite-On SOHW-832S
Le SOHW-832S est le premier graveur Dual Layer que nous avons pu tester. La première partie de son nom est codé en fonction de la norme Sony Alliance Model ODD : SonyOptical Half Height optical loader DVD+/-RW. Il faut rappeler que c´est maintenant Lite-On qui fabrique les graveurs Sony, et le DRU700 est d’ailleurs identique au 832S si l’on fait abstraction de son boîtier personnalisé.
Il peut lire les CD à la vitesse max de 40X et grave les CD-R et les CD-RW aux vitesses respectives de 40 et 24X. Du coté des DVD+R et R la vitesse est de 8X et elle est de 4X pour les média réinscriptibles + et RW. La vitesse de gravure des DVD+R DL est par contre limitée au 2.4X pour le moment. Le temps d’accès en lecture CD comme DVD est de 160 ms. C’est la technologie Smart Burn qui s’occupe d’éviter les erreurs dues au vidage du cache. Elle fonctionne aussi bien pour la gravure de CD que pour les DVD+R et +RW ou le lossless linking est 100% opérationnel. Le prix du SOHW-832S est par contre un petit peu élevé pour l’instant : 145 euros en moyenne constatée.
Le SOHW-832S est indiqué par Nero Info Tool comme RPC II, c´est-à-dire qu’il dispose d’une protection pour le changement de zone, avec 4 possibilités de changement possibles. Liteon fournit toutefois un utilitaire qui permet de transformer le SOHW-832S en lecteur RPC1, c’est à dire non zoné.
Gravure DVD+R DL
La gravure de DVD+R DL étant limitée à 2.4X, un DVD de 8.2 Go met 44 minutes et 50 secondes à être gravé, lead in et lead ou compris. Vous remarquerez la barre indiquant la quantité de données dans Nero Burning Rom qui passe à 8.5 Go avec une barre bleu représentant la couche 1 et une barre jaune représentant la couche 2. Etant donné que nous n’avons eu que des médias vierges DVD+R9 de Verbatim pour ce test nous n’avons pas pu tester l’efficacité du graveur de Liteon selon le média utilisé. Nous avons par contre observé la qualité de gravure à l’aide de Kprobe 2.1. Ce qui est testé ici sont les PIE (Parity Inner Errors) et les (PIF) Parity Inner Failures. Le chiffre donné pour les PI est donc correct. Par contre, le chipset Mediatek qui équipe le 832S n’est en effet pas capable de donner directement les PO (Parity Outer) mais les Parity Inner Failures, ce qui est sensiblement différent. Une PIE est constatée lorsque l’on trouve au moins une erreur de un octect dans une rangée d’un bloc ECC. La tolérance pour le format DVD+R est un maximum de 280 PIE dans huit rangées de blocs ECC consécutives. Une rangée d’un bloc ECC représente 182 octets dont les dix derniers contiennent les bits de parité interne (PI). Un bloc ECC comporte 208 rangées dont les seize dernières comportent les informations de parité externe (PO). Lorsque l’on observe les graphiques, il faut regarder si d’une part la moyenne constatée par KProbe est faible et d’autre part si l’on n’a pas un PI Max supérieur à 280. No notera qu’il ne faut pas tenir compte d’un éventuel pic isolé qui représente plus une erreur du logiciel qu’autre chose. Une PIF représente une erreur PI non corrigeable. Si une rangée d’un bloc ECC contient plus de 5 octets, cette rangée est alors considérée comme irrécupérable. Dans Kprobe il faut veiller à ce que le nombre max et moyen de PO (en fait des PIE) ne dépasse pas 32. Là encore, il ne faut pas se fier au pics isolée qui ne sont pas représentatifs de l’état du média. Avoir un minimum d’erreur PI et PIF n’est pas une fin en soi et un média gravé qui dépasse les limites fixées n’est pas forcément illisible. Il sera juste moins compatible avec certains appareils délicats et exigeants sur la qualité de gravure. Il sera aussi lu moins rapidement qu’un média mieux gravé. Attention, cette mesure donne uniquement une indication parmi d’autres sur la qualité de la gravure, elle n’est pas unique. Le jitter et la réflectivité sont aussi des éléments importants à prendre en compte.
Au niveau des PI on note une légère concentration au début du disque, mais bénigne puisqu'elle est à un tiers du maximum toléré par la norme ECMA337. On note ensuite une moyenne en dessous de 10 jusqu'au passage à la seconde couche qui elle flirte avec les 20. Un résultat plutôt excellent et qui est flatteur aussi bien pour le graveur que pour le média. Du coté des PIF (indiqués PO sur le graphe), le constat est lui aussi excellent avec une moyenne très faible de 0.06 PIF. Dans l'ensemble, on voit que le DVD gravé n'a pas des valeurs très éloignées du DVD pressé.
Même si la principale nouveauté du Lite-On SOHW-832S est la gravure des DVD double couche, il ne faut pas oublier que les DVD R simple couchent peuvent être enregistrés à la vitesse de 8x les RW réenregistrés en 4x. En pratique, à condition bien entendu de disposer des media adéquats, la gravure des DVD+/- R se fait en 9mn12s à 9m34s et à une vitesse moyenne de l'ordre de 6.8x. Pour les médias RW, la gravure complète se fait bien en 4x, soit environ 14mn30s.
Comparaison Sony DRU700A et LiteOn SOHW-832S
En démarrant ce test nous pensions, naïvement, trouver quelques différences d'ordre intrinsèque entre le dernier graveur de LiteOn et le Sony produit par LiteOn. En vérité les deux graveurs sont strictement identiques de par leur taille et seuls la façade et l'autocollant changent d'un produit à l'autre. Cette constatation troublante trouve sa confirmation lorsque l'on ouvre les deux graveurs puisqu'on retrouve le même bloc optique, la même motorisation et les mêmes circuits électroniques frappés dans les deux cas du logo Sony ! La seule petite différence à mettre au crédit du DRU700 vient de la finition du boîtier qui est par endroit calfeutrée de mousse pour mieux absorber les vibrations et rendre le graveur plus silencieux.
Aussi compact que le DRU700, le LiteOn SOHW-832S présente une façade un peu plus complète avec outre le bouton d'éjection, la diode et le dispositif d'éjection d'urgence, une prise casque et une molette de réglage du volume. La connectique arrière demeure identique à celle retenue par Sony tout comme les caractéristiques techniques. Le LiteOn SOHW-832S est en effet annoncé comme gravant les DVD+R et les DVD-R en 8x, les DVD+RW et les DVD-RW en 4x, les DVD+R9 en 2,4x, les CD-R en 40x et les CD-RW en 24x. Les vitesses de lecture sont là aussi similaires à celles du graveur Sony avec 12x pour les DVD et 40x pour les CD-Rom. Le temps d'accès annoncé est de 120ms et le SOHW-832S dispose de 2Mo de mémoire tampon et de la technologie Smart-Burn.
Supportant le CD-Text, le DAO, SAO, DAO-RAW et SAO-RAW le SOHW-832S ne peut finalement se distinguer du DRU700 que par son bundle et son prix. Et à ce petit jeu si LiteOn livre une version édulcorée de Nero, en l'occurence Nero Express 6.0 SE, il complète son offre logicielle avec NeroVision Express 2, InCD 4.0, Sonic MyDVD 4.0 PowerDVD 5.0. On trouve également dans l'emballage une succinte feuille d'installation, un câble audio, un jeu de quatre vis, un DVD+R vierge de 4,7Go certifié 8x et un DVD-R certifié 4x.
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