L'allaitement maternel est un sujet central dans les discussions concernant la santé infantile et maternelle. Recommandé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour ses nombreux bienfaits, il suscite de nombreuses questions chez les jeunes et futures mamans. Cet article explore la durée moyenne de la lactation chez la femme, les facteurs qui l'influencent, les recommandations officielles et les réalités vécues par les mères.
Durée de l'allaitement en France : une réalité contrastée
En France, la durée moyenne de l'allaitement est de 17 semaines, soit environ 4 mois. Une étude longitudinale française (étude Elfe) a révélé que parmi les 70% de mères ayant initié un allaitement, la médiane de la durée totale d'allaitement était de 17 semaines, et celle de l'allaitement prédominant (lait maternel exclusif) était de 7 semaines. Seuls 19% des enfants recevaient encore du lait maternel à 6 mois.
Ces chiffres mettent en évidence un écart important par rapport aux recommandations de l'OMS, qui préconise un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie de l'enfant, suivi d'un allaitement partiel (complété par d'autres aliments) jusqu'à l'âge de 2 ans ou plus.
Facteurs influençant la durée de l'allaitement
Plusieurs facteurs socioculturels, démographiques et économiques sont associés à la durée de l'allaitement. L'étude Elfe a identifié les éléments suivants :
- Âge de la mère : L'allaitement est généralement plus court chez les mères de moins de 30 ans.
- Situation familiale : Les mères vivant seules ont tendance à allaiter moins longtemps.
- Niveau d'études : Un faible niveau d'études est associé à une durée d'allaitement plus courte.
- Reprise du travail : Une reprise du travail moins de 10 semaines après l'accouchement est liée à une durée d'allaitement plus courte.
- Catégorie socioprofessionnelle : L'allaitement est plus long chez les mères cadres, comparativement aux mères employées.
- Congé parental : Les mères en congé parental allaitent plus longtemps que celles qui ont un emploi.
- Préparation à la naissance : Le suivi de séances de préparation à la naissance est associé à une durée d'allaitement plus longue.
- Présence du père à l'accouchement : L'allaitement est plus long lorsque les pères ont assisté à l'accouchement.
Il est important de noter que les facteurs associés à la durée totale d'allaitement et à celle de l'allaitement prédominant sont similaires, à l'exception du pays de naissance des parents et de la situation professionnelle du père.
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Recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
L'OMS recommande un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie de l'enfant. Cela signifie que le nourrisson ne doit recevoir que du lait maternel, sans aucun autre aliment ou boisson, y compris de l'eau. Après 6 mois, l'allaitement doit être complété par des aliments de diversification appropriés, tout en continuant à allaiter jusqu'à l'âge de 2 ans ou plus.
Ces recommandations sont basées sur les nombreux bénéfices de l'allaitement pour la santé de l'enfant et de la mère. Pour l'enfant, l'allaitement maternel favorise :
- Un développement optimal du système immunitaire
- Une réduction du risque d'infections (diarrhées, infections respiratoires, otites, etc.)
- Une diminution du risque d'allergies
- Une protection contre l'obésité et le diabète de type 2
- Un meilleur développement cognitif
Pour la mère, l'allaitement maternel favorise :
- Une perte de poids plus rapide après l'accouchement
- Une réduction du risque de cancer du sein et de l'ovaire
- Une diminution du risque d'ostéoporose
- Un lien affectif renforcé avec son enfant
Allaitement : nombre de tétées et durée
Nombre de tétées par jour
Durant la mise en place de l'allaitement, donner le sein entre 8 et 14 fois par 24 heures est tout à fait normal. Après quelques semaines, une fois l'allaitement installé et plus régulier, le nombre de tétées par jour diminue naturellement. À titre indicatif, selon l'OMS, on peut observer 10 tétées par 24 heures à 3 mois, 9 tétées à 6 mois, 7 tétées à 9 mois et 5 tétées à 12 mois en plus de la diversification alimentaire. Les bébés connaissent fréquemment des pics de croissance, vers 2 à 3 semaines, 6 semaines et 3 mois. Leur appétit augmente alors subitement. Pour adapter la quantité de lait à leurs besoins, ils demanderont à téter plus souvent pendant un jour ou deux afin d'augmenter la production lactée. Il n'est pas étonnant si un bébé réclame le sein parfois toutes les heures.
Durée d'une tétée
Selon les bébés, leur tempérament, leur appétit et le moment de la journée, la durée d'une tétée peut être très variable. En moyenne, de 5 à 30 minutes. Certains bébés peuvent en effet téter de manière très rapide alors que d'autres vont prendre leur temps ou s'amuser. Une tétée courte ne pose pas de souci si elle est efficace, c'est à dire nutritive. Pour que bébé grandisse et prenne du poids, ce n'est en effet pas le temps passé au sein qui détermine l'efficacité d'une tétée. Il faut s’assurer que le transfert du lait se fait correctement du sein vers le bébé.
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La durée d'une tétée n'est donc pas fixe et peut même varier de la journée, d'un jour ou même d'une semaine à l'autre. Dans tous les cas, c'est bébé qui décide de la durée de la tétée et donc de la quantité de lait dont il a besoin. Comme pour la durée des tétées, il n'y a pas d'intervalle fixe à respecter entre deux mises au sein. Très souvent, le temps entre les tétées est de 2 à 3 heures mais ce n'est pas le cas de tous les bébés. Les tétées peuvent aussi être plus fréquentes à certains moments de la journée et plus espacées à d’autres. On parle de tétées groupées lorsque les tétées sont nombreuses et rapprochées.
Allaitement nocturne
Allaiter la nuit est très important car cela permet de mettre en route l'allaitement et de favoriser une bonne lactation. Durant la période d’éveil qui suit l’accouchement et qui peut durer jusqu’à 6 heures, le bébé aura pris sa première tétée. Ensuite le bébé va plutôt dormir. Ensuite le bébé se rendort. Il est donc important de reconnaître ces signes d’éveil visibles pendant quelques minutes seulement afin que l’enfant puisse téter au moins 2 ou 3 fois les premières 24 heures. Parfois, certains bébés ne tètent pas du tout. Malgré tout, il est préférable pour l’enfant et la mise en route de la lactation qu’il y ait des tétées au cours de ces premières 24 heures.
Il est impossible de donner un temps précis car la durée de la tétée dépend du débit de lait (dépendant de la physiologie de la mère) et surtout de la qualité de succion de l’enfant. Certains enfants très goulus tètent en 5 mn, d’autres mettent plutôt 30 à 40 mn. Il faut avant tout reconnaître si les succions sont nutritives ou pas : le mouvement de succion nutritive est ample et lent et l’on peut en général entendre des déglutitions régulières. Au fur et à mesure de la tétée, les déglutitions sont plus espacées et de moins en moins régulières. L’enfant s’endort, ne fait plus rien, ou mâchouille gentiment le sein. Il est alors temps de lui proposer l’autre sein, qu’il voudra ou non en fonction de son appétit. Pour résumer, on pourrait penser qu’une tétée de moins de 5 mn est sûrement trop courte et qu’une tétée de plus de 30 à 45 mn est sûrement trop longue. Il est alors indispensable qu’un professionnel évalue ces tétées et vérifie la prise de poids de l’enfant.
Le lait maternel est digéré en 1 heure, le cycle de sommeil dure 1 heure et le sein fabrique une ration de lait en 1 heure. On peut donc réduire l’intervalle entre deux tétées, jusqu’à une heure, lorsque l’enfant est nourri au lait maternel. Les conseils sont différents avec le lait industriel car la vidange gastrique est beaucoup moins rapide : 3 à 4 heures environ.
Les premiers jours, le bébé ne donne pas de signal de faim à proprement parler. Il a des phases de sommeil suivies de phases d’éveil. Plus tard, vers 2 mois, les rythmes s’installent et les signaux de la faim, de la fatigue… sont reconnaissables pour les parents et permettent une réponse adaptée. Cela signifie qu’au départ, si l’enfant ne s’éveille pas régulièrement, il faudra être attentif aux petits signes d’éveil pour obtenir les 6 à 8 tétées nécessaires à une bonne alimentation et une bonne lactation. En tous cas et surtout au début, il faut éviter absolument que l’enfant s’énerve ou pleure intensément car il ne saura plus prendre le sein et s’énervera de plus en plus. En effet, pour réussir à bien prendre le sein, il doit être en période d’éveil calme.
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Il est important de ne pas penser que si le bébé pleure, c’est qu’il a faim. Ses autres besoins sont, eux, souvent méconnus (portage, sommeil…). Il faudrait plutôt concevoir que l’enfant s’éveille car son cycle de sommeil est terminé et profiter de cet éveil pour le nourrir. En pratique, si l’enfant appelle, on se demandera : doit-il manger ? Si la tétée est finie depuis au moins 1 heure, il sera possible de lui proposer le sein qu’il voudra ou pas. Puis, on se posera la question : a-t-il besoin d’être câliné ou porté ? A certains moments de la journée, classiquement le soir, les enfants ont des périodes d’agitation pendant lesquelles les parents sont très démunis. A ce moment-là, on peut laisser son enfant tranquillement dans son berceau et observer dans le quart d’heure qui suit comment évoluent ses pleurs. Si le calme revient progressivement, surtout, il faut le laisser s’endormir tranquillement. Plus tard, vers 2 mois, ces périodes d’agitation où le bébé est inconsolable s’atténueront et l’enfant trouvera de lui-même des stratégies pour se calmer : pouce, doudou, etc.
Il ne faut pas surnourrir l’enfant le soir pour qu’il dorme alors qu’en aucun cas, la qualité du sommeil ne dépend de la qualité du repas. « Faire ses nuits » nécessite une maturation cérébrale permettant une structure plus organisée du sommeil et la possibilité de reconnaître la différence entre la vie le jour et la vie la nuit (ce que l’on appelle les donneurs de temps : la lumière du jour, le silence de la nuit, l’activité, les soins, les tétées, etc.). Ceci se met en place en général entre 2 et 4 mois (plutôt 4 mois d’ailleurs !).
Allaitement long : avantages et inconvénients
L'allaitement long, souvent défini comme un allaitement qui se prolonge au-delà de 6 mois ou 1 an, suscite des opinions divergentes. Si les bienfaits de l'allaitement pour le développement du bébé font l'unanimité, l'allaitement prolongé divise l'opinion.
Avantages de l'allaitement long
- Bénéfices pour le bébé : L'allaitement prolongé continue d'apporter des bénéfices importants pour la santé du bébé, notamment une réduction du risque de mort subite du nourrisson, la prévention des allergies, de l'obésité, des risques cardiovasculaires, du diabète de type 1 et des infections. La concentration de facteurs immunologiques augmente dans le lait lorsque l'enfant grandit et tète moins.
- Bénéfices pour la maman : L'allaitement prolongé diminue les risques de cancer du sein et des ovaires avant la ménopause, réduit les risques de mortalité cardiovasculaire et facilite la perte de poids post-accouchement. L'effet serait dose-dépendant, donc proportionnel à la durée de l'allaitement.
Inconvénients potentiels de l'allaitement long
- Dépense énergétique pour la maman : Produire du lait maternel représente une dépense énergétique assez importante pour la maman, nécessitant une réadaptation de son alimentation et une augmentation de ses apports caloriques.
- Fatigue : Toute jeune maman - allaitante ou non - est fatiguée durant les premières années de l'enfant.
- Exclusion du papa : L'allaitement est souvent targué d'exclure le papa de tout le processus nourricier. En cas d'allaitement prolongé, il est possible que le père se sente mis à l'écart et ait du mal à trouver sa place au milieu de ce duo fusionnel.
- Risques d'ostéoporose et de carences : Bien que controversés, certains suggèrent que l'allaitement prolongé augmenterait les risques d'ostéoporose chez la femme et de carences pour le bébé. Les carences seraient rares chez les enfants allaités par une maman au régime alimentaire varié.
- Jugements de l'entourage : Un enfant de plus d'un an et encore au sein de sa maman soulève bien souvent des remarques, des réflexions voire des jugements de la part de l'entourage. Certains suggèrent qu'un allaitement long pourrait nuire au développement psychologique du bébé, le rendre dépendant et même l'empêcher de grandir.
Il est important de noter que la plupart des travaux scientifiques sur le sujet montrent au contraire que le développement psycho-cognitif était légèrement supérieur chez les enfants nourris au sein que chez les autres.
Montée de lait : durée et facteurs influençant
La montée de lait est une phase cruciale de la maternité qui commence dès que le bébé voit le jour. Lorsque vous êtes enceinte, votre corps produit des hormones spécifiques, notamment l'œstrogène et la progestérone, qui contribuent au maintien de la grossesse. Cependant, dès que votre bébé est né et le placenta expulsé, une réaction en chaîne se produit. Ce processus hormonal n'est pas instantané et peut varier d'une femme à l'autre. Chez certaines femmes, la montée de lait commence presque immédiatement après l'accouchement, tandis que chez d'autres, cela peut prendre quelques jours.
La prolactine, une hormone produite par la glande pituitaire dans le cerveau, est le moteur principal de la montée de lait et de sa durée. Cette hormone joue un rôle essentiel dans la lactation en signalant aux glandes mammaires de commencer la production de lait maternel.
Facteurs influençant la montée de lait et sa durée
- Méthode d'accouchement : Les femmes qui ont eu un accouchement par voie basse peuvent connaître une montée de lait plus rapide et précoce que celles ayant eu une césarienne.
- Stress : Le stress chronique peut avoir un impact significatif sur la production de lait maternel.
- Fatigue : Entre les nuits agitées et le rythme qu’impose l’arrivée de bébé, la fatigue s'installe peu à peu.
- Alimentation : Le moringa, le fenouil et le fenugrec sont des plantes riches en nutriments qui sont souvent utilisées pour stimuler la production de lait. La sauge, le persil et le gattilier sont connus pour leurs propriétés anti-galactogènes et peuvent réduire la production de lait.
- Sommeil : Le sommeil de qualité est nécessaire pour maintenir un niveau optimal de prolactine, l'hormone.
Gestion de l'engorgement mammaire
L'engorgement mammaire est une expérience courante et parfois douloureuse pour de nombreuses mères qui allaitent. Il se produit lorsque les seins sont surchargés de lait, provoquant un gonflement et une sensation de tension. Pour soulager l'engorgement, vous pouvez utiliser une bande de tissu doux et élastique pour créer une légère compression autour des seins. Il est essentiel de ne pas utiliser le bandage des seins de manière excessive, car cela pourrait entraîner une diminution de la production de lait si le sein est constamment comprimé.
Gestion de la montée de lait lorsque l'allaitement n'est pas envisagé
L'une des premières étapes pour gérer la montée de lait lorsque l'allaitement n'est pas envisagé est de ne pas stimuler les mamelons. Le port d'un soutien-gorge bien ajusté peut aider à maintenir les seins en place et à réduire la pression sur les mamelons. Évitez les douches chaudes sur les seins, car elles peuvent stimuler la montée de lait. Vous pouvez soulager l'inconfort et réduire la montée de lait avec des compresses froides sur les seins.
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