La durée de lactation chez la brebis laitière est un facteur crucial qui influence à la fois la production fromagère et la santé de l'animal. Pour les animaux de rente, le tarissement constitue une période de repos régénérateur, indispensable à la réussite de la lactation et à de bonnes performances de reproduction. Contrairement aux vaches qui peuvent mettre bas toute l’année, les chèvres et les brebis sont « saisonnées » ce qui signifie que la période de reproduction suit un cycle naturel au fil des saisons. Cet article explore les différents aspects de la durée de lactation, en tenant compte des processus hormonaux, des pratiques d'élevage, et de l'impact sur la qualité du lait et des fromages.

Comprendre le Cycle de Lactation et le Tarissement

Le cycle de lactation chez la brebis, comme chez d'autres mammifères laitiers, est intimement lié à la reproduction. La reproduction et la production de lait sont intimement liées. Elles sont régies par les mêmes hormones, et on constate souvent des complémentarités ou des antagonismes entre ces deux fonctions. Processus important de la reproduction, la mise-bas est le précurseur de la lactation. Après la mise-bas, la brebis entre dans une phase de production laitière qui dure généralement entre 5 et 7 mois. Cette période est suivie d'une phase de tarissement, une étape transitoire entre la phase de production laitière et la phase dite « sèche ». Pour les animaux de rentes, le tarissement constitue une période de repos régénérateur, indispensable à la réussite de la lactation et à de bonnes performances de reproduction. Le tarissement est une étape cruciale pour la régénération de la mamelle et la préparation à la prochaine gestation.

Le Rôle des Hormones

Au niveau de la reproduction, le changement hormonal du mammifère prend sa source au niveau de deux glandes du cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse. La première est le catalyseur du système nerveux central. Elle centralise l’ensemble des stimuli extérieurs (luminosité, influx nerveux, stimulation tactile,…), et, en fonction des stimuli reçus, elle produit des neuro-hormones comme l’ocytocine et la GnRH (Gonadotrophin Releasing Hormone), qui activent la glande voisine, l’hypophyse. La maturité sexuelle et la lactation sont deux exemples types du mécanisme hormonal de la reproduction. Lorsque l’animal parvient à maturité sexuelle, les niveaux d’hormones sanguines, la photopériode et le comportement de groupe vont moduler l’activité de l’hypothalamus, qui produit de la GnRH. La GnRH déclenche alors la production de FSH (folliculine) et de LH (luteinising hormone) pour amorcer le cycle sexuel et la venue en chaleur. Pour la lactation, la succion des tétines/trayons va engendrer une production d’ocytocine par l’hypothalamus. L’ocytocine va alors susciter la production de prolactine par l’hypophyse, hormone qui activera les lactocytes de la mamelle pour la production laitière. Les changements d’état des vaches, des truies, des chèvres ou des brebis sont en grande partie pilotés par des mécanismes hormonaux interdépendants. Ces processus fragiles peuvent être soutenus dans les heures suivant le tarissement de manière à réduire les phénomènes inflammatoires et à allonger la période de repos de la mamelle. Par la suite, les fonctions de reproduction se relancent rapidement et sont aussi optimisées par nos méthodes.

Importance du Tarissement

Le tarissement chez la brebis laitière intervient au moment où elle doit reprendre de l’état pour la mise à la reproduction. Cette étape est délicate, il faut donc éviter tout élément qui peut induire la lactation. Le jour du tarissement, il faut donc, et avant tout, couper au plus vite la sécrétion lactée. Pourquoi ? Pour limiter les risques de rupture des ligaments suspenseurs provoquant le décrochement de la mamelle. Que faire ensuite ? Mettre en place le plus rapidement possible les mécanismes de défense de la mamelle : bouchon de kératine, réduction du volume mammaire, défenses immunitaires.

Facteurs Influençant la Durée de Lactation

Plusieurs facteurs peuvent influencer la durée de lactation chez la brebis laitière, notamment :

Lire aussi: Solutions pour la chute de cheveux après l'accouchement

  • La génétique: Certaines races de brebis laitières sont naturellement plus productives et ont des cycles de lactation plus longs. Chez les éleveurs utilisateurs (CLS), les femelles gardées sont très souvent issues d’insémination et de père améliorateur. Dans les élevages en sélection, toutes les femelles gardées sont issues d’insémination. Une moitié sont des filles de mâles confirmés pour lesquels la descendance est connue. L’autre moitié est issue de jeunes béliers en cours de testage sur descendance, ce sont des béliers de génome connu et favorable (agneaux et béliers améliorateurs). Elles permettront d’évaluer la valeur génétique des jeunes mâles (indexation).
  • L'alimentation: Une alimentation équilibrée et riche en nutriments est essentielle pour maintenir une production laitière optimale. L’alimentation des brebis laitières est basée sur leur stade physiologique et sur les aliments disponibles dans l’exploitation (les apports extérieurs sont limités). Les éleveurs distribuent classiquement deux fois par jour une ration équilibrée. Elle est composée de fourrages (foin, enrubannage, ensilage) et de céréales ou d’aliment complet.
  • Les pratiques d'élevage: La fréquence de traite, le moment du sevrage des agneaux, et les conditions de logement peuvent influencer la durée et la quantité de lait produite. Pendant le premier mois de lactation, les brebis sont simultanément allaitantes et traites car le potentiel laitier dépasse les besoins d’allaitement des agneaux (durant cette période le lait n’est pas commercialisé). La traite effective intervient après le sevrage des agneaux et dure de 6 à 8 mois.
  • La saisonnalité: Pour les brebis, les cycles sont à peu près similaires. La lactation s’étend de mars à septembre. La saisonnalité des brebis est moins visible dans les étalages des commerçants car les fromages se consomment plus secs, en tome, ce qui demande plusieurs mois d’affinage et permet de les trouver toute l’année. Le goût des fromages varie selon les saisons car il dépend de l’alimentation du troupeau. Au printemps, les animaux pâturent une grande diversité d’herbes fraîches des prairies. En hiver, ils sont nourris avec des fourrages secs récoltés et stockés. Le lait de printemps aura une multitude de saveurs complexes donnant au fromage un goût particulier. Le moment optimal de dégustation dépend ensuite du temps d’affinage.

La Production Laitière et Fromagère

La production laitière des brebis est cruciale pour la fabrication de fromages, en particulier des fromages secs comme la tome. La production laitière pour la fabrication du fromage de Roquefort connaît un cycle annuel basé sur la période d’ouverture des laiteries à partir du 15 novembre et jusqu'au 31 août. La brebis donne 1 à 2 litres de lait par jour et sa période de traite dure 6 à 7 mois.

Le Cycle de Production du Roquefort

La production laitière pour la fabrication du fromage de Roquefort connaît un cycle annuel basé sur la période d’ouverture des laiteries à partir du 15 novembre et jusqu'au 31 août. La reproduction est donc caractérisée par une seule mise-bas par campagne : à l’automne. Une majorité des éleveurs conduisent leurs brebis selon ce calendrier. La lutte a lieu en mai-juin pour les adultes, et souvent un mois plus tard pour les agnelles qui sont alors âgées de 8 mois. La durée de gestation est de 147 jours. L’agnelage des brebis est centré sur les mois de novembre - décembre pour les adultes et décembre - janvier pour les agnelles. L’objectif recherché est une mise bas vers 13 mois.

Influence de l'Alimentation sur le Goût

Le goût des fromages varie selon les saisons car il dépend de l’alimentation du troupeau. Au printemps, les animaux pâturent une grande diversité d’herbes fraîches des prairies. En hiver, ils sont nourris avec des fourrages secs récoltés et stockés. Le lait de printemps aura une multitude de saveurs complexes donnant au fromage un goût particulier. Le moment optimal de dégustation dépend ensuite du temps d’affinage.

Pratiques d'Élevage et Optimisation de la Lactation

Techniques d'Élevage

Dans le système "Roquefort" brebis sont classiquement traites deux fois par jour à environ 12 heures d’intervalle. La période de reproduction d'un troupeau est réduite afin de grouper les mises bas et l'entrée en traite de l'ensemble des brebis. Les agneaux pèsent environ 4 kg à la naissance (pour les nés de portée simple) et sont allaités par leur mère pendant a minima 28 jours, selon un accord interprofessionnel. Ils sont sevrés à un poids moyen de 13 à 15 kg. Les agnelles sont choisies au sevrage à l’âge de 4 semaines. Le taux moyen de renouvellement d'un troupeau est de 28% au sein de la race.

Rôle des Coopératives et des Acteurs du Secteur Bio

Avec une forte demande en lait de chèvre et brebis bio, les transformateurs peinent à s’approvisionner en région. La très grande majorité des éleveurs transforment eux-même le lait à la ferme et commercialisent leurs produits en vente directe. Ils transforment du fromage de chèvre bio en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes accompagne les acteurs du bio dans toutes les étapes de leur développement économique.

Lire aussi: Tendances de l'allaitement

Lire aussi: Durée des saignements après IVG : Ce qui est normal

tags: #durée #lactation #brebis #laitière #optimale

Articles populaires: