La bronchiolite aiguë est une infection respiratoire très courante chez les nourrissons, en particulier pendant les mois d'hiver. En France, environ 480 000 enfants sont touchés chaque année. Cet article aborde en détail les causes, les symptômes, le traitement et les mesures de prévention de cette affection.
Introduction à la Bronchiolite Aiguë
La bronchiolite aiguë du nourrisson est une pathologie respiratoire très fréquente. Il s'agit d'une infection virale contagieuse qui affecte principalement les nourrissons de moins de 12 mois. Elle touche les bronchioles, les petites bronches des poumons, entraînant une gêne respiratoire caractérisée par une toux, une respiration rapide et souvent sifflante. La Haute Autorité de Santé (HAS), en partenariat avec le Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNPP), a élaboré des recommandations de bonne pratique (RBP) pour la prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez les nourrissons de moins de 12 mois.
Causes et Facteurs de Risque
La bronchiolite aiguë est principalement causée par une infection virale. Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) est responsable de 50 à 80 % des cas. D'autres virus peuvent également être impliqués, et des co-infections sont possibles dans environ 10 % des cas.
Plusieurs facteurs de risque peuvent augmenter la susceptibilité d'un nourrisson à développer une bronchiolite :
- Tabagisme passif : C'est un facteur de risque majeur qui augmente non seulement le risque de contracter la bronchiolite mais aussi le risque d'hospitalisation. Le tabagisme pendant la grossesse augmente également le risque et la gravité de la bronchiolite chez le prématuré.
- Âge : Les nourrissons de moins de 6 semaines sont plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie.
- Prématurité : Les bébés nés prématurément ont un risque accru.
- Antécédents médicaux : Les antécédents néonataux, les problèmes cardiaques ou œsophagiens peuvent augmenter le risque.
- Exposition à la pollution : La pollution atmosphérique, y compris la fumée de cigarette électronique et les poêles à bois, peut contribuer.
- Collectivité : La fréquentation de la collectivité, surtout en période épidémique, augmente le risque de contagion.
Symptômes et Diagnostic
Le premier épisode de bronchiolite aiguë se manifeste généralement par une rhinite suivie de signes respiratoires tels que la toux, des sibilants (sifflements), des crépitants, une polypnée (respiration rapide) et des signes de lutte respiratoire.
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Les signes et symptômes incluent :
- Phase initiale : Rhinopharyngite aiguë peu fébrile avec toux sèche et rhinorrhée (écoulement nasal).
- Phase d'état : Dyspnée (difficulté respiratoire) avec polypnée, geignements expiratoires (grunting).
- Examen clinique : Recherche d'une hépatomégalie (augmentation du volume du foie), qui peut aider à exclure une insuffisance cardiaque aiguë.
- Signes de détresse respiratoire aiguë : Pauses respiratoires, respiration superficielle, frein expiratoire, tirage sous-costal, battement des ailes du nez ou respiration abdominale.
- Difficultés d’alimentation : Quantification de la réduction sur les prises consécutives ou refus d’alimentation.
- Signes de déshydratation.
- Auscultation : Crépitants et/ou sous-crépitants, puis apparition rapide de râles bronchiques et sibilants.
Il est crucial de noter la date de début des symptômes et de tenir compte des facteurs de vulnérabilité et d’environnement. L’examen clinique doit être réalisé après une désobstruction rhinopharyngée (DRP).
Les critères d'évaluation de la gravité comprennent :
- Fréquence cardiaque : Supérieure à 180 ou inférieure à 80 battements par minute.
- Température.
- Rythme respiratoire et fréquence respiratoire : Mesurés sur une minute.
- SpO2 (saturation en oxygène) : Mesurée à l'éveil et à l'air ambiant.
- État général (AEG) : Comportement, hypotonie.
- Geignement.
Il est important de classer la bronchiolite selon les trois niveaux de gravité : légère, modérée et grave.
Diagnostic Différentiel
Il est essentiel d'éliminer les diagnostics différentiels graves, tels que l'insuffisance cardiaque aiguë et la pneumonie. Les antécédents (néonataux, asthme, cardiaques, œsophagiens) et les antécédents familiaux d’asthme doivent être pris en compte.
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Traitement
Le traitement de la bronchiolite aiguë est principalement symptomatique. Le traitement médicamenteux a peu de place dans la prise en charge, et l'augmentation du flux expiratoire (AFE) n’est pas efficace chez les nourrissons hospitalisés.
Les recommandations de prise en charge incluent :
- Désobstruction rhinopharyngée (DRP) pluri-quotidienne : Utilisation de sérum physiologique uniquement. Les aspirations nasopharyngées ne sont pas recommandées en raison de leurs effets secondaires.
- Position de couchage : Couchage habituel sur le dos à plat, sans oreiller ni matelas incliné pour éviter les risques de syndrome de mort subite du nourrisson (MSN) et de suffocation.
- Surveillance régulière : Gêne respiratoire, alimentation, fréquence respiratoire, SpO2, température, poids, comportement.
- Hydratation : Assurer une hydratation adéquate.
- Alimentation : Fractionner les repas sans modifier le régime habituel.
- Environnement : Proscrire le tabagisme passif, assurer une aération correcte de la chambre (température optimale de 19°C), et maintenir une bonne hygiène des mains.
Les traitements suivants sont à éviter :
- Bronchodilatateurs : Salbutamol (Ventoline) ou autre.
- Corticoïdes.
- Antibiotiques.
- Anti-reflux.
- Antitussifs et fluidifiants.
- Kinésithérapie respiratoire : Globalement non indiquée.
Désobstruction Rhino-Pharyngée (DRP) : Technique et Conseils
La désobstruction rhinopharyngée (DRP) est une technique essentielle pour aider les nourrissons à respirer plus facilement lorsqu'ils ont le nez bouché. Voici comment la réaliser correctement :
- Préparation :
- Rassemblez le matériel nécessaire : dosettes de sérum physiologique à usage unique, compresses ou coton pour essuyer les sécrétions.
- Lavez-vous soigneusement les mains à l’eau et au savon pendant au moins 30 secondes.
- Positionnement du bébé :
- Allongez votre bébé sur le dos sur une table à langer.
- Tournez délicatement sa tête sur le côté.
- Maintenez sa tête fermement mais doucement, en plaçant votre pouce sous son menton pour plus de stabilité.
- Réalisation de la DRP :
- Placez l’embout de la dosette de sérum physiologique à l’entrée de la narine supérieure (celle qui est en haut).
- Appuyez fermement sur la dosette pour vider son contenu dans la narine, tout en maintenant la bouche de votre bébé fermée. Le sérum physiologique devrait ressortir par l’autre narine (celle du bas) avec les sécrétions nasales.
- Attendez quelques instants que le sérum s’écoule complètement.
- Essuyez les sécrétions avec une compresse ou du coton.
- Répétition de l’opération :
- Tournez votre bébé de l’autre côté et répétez les mêmes étapes pour l’autre narine, en utilisant une nouvelle dosette de sérum physiologique.
- Fréquence :
- La DRP peut être effectuée plusieurs fois par jour, notamment au réveil, avant les repas et au coucher.
- En cas de bronchiolite ou de rhume important, il est recommandé de faire la DRP plus fréquemment.
Conseils supplémentaires :
- Si le sérum physiologique ne ressort pas par l'autre narine, cela signifie que le nez est très bouché. Dans ce cas, répétez l'opération plusieurs fois.
- Si votre bébé a plus de 6 mois, vous pouvez réaliser la DRP en position assise, en le tenant dos à vous et en inclinant sa tête sur le côté.
- Après 6 mois, vous pouvez également utiliser des pulvérisateurs de solution saline, en veillant à ne pas appuyer trop fort et à nettoyer l’embout après chaque utilisation.
- Si la DRP vous semble trop difficile, vous pouvez utiliser un mouche-bébé, mais cela est généralement moins efficace.
Prévention
La prévention de la bronchiolite aiguë repose sur plusieurs mesures :
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- Vaccination anti-VRS : Recommandée en fin de grossesse (entre 32 et 36 SA) de septembre à janvier. Le vaccin anti-VRS Abrysvo permet le transfert d'anticorps neutralisant le VRS au futur enfant.
- Immunoglobulines anti-VRS (Beyfortus®) : Alternative à la vaccination, particulièrement pour les nouveau-nés prématurés ou lorsque la vaccination maternelle risque de ne pas être efficace.
- Allaitement maternel : Favorise l'immunité du nourrisson.
- Retarder la mise en collectivité : Surtout pour les nourrissons à haut risque de forme grave.
- Mesures d’hygiène :
- Lavage des mains à l’eau et au savon pendant 30 secondes avant et après chaque contact avec le bébé (change, tétée, câlins, biberon, repas).
- Aérer la chambre de bébé au moins 10 minutes par jour.
- Éviter les lieux publics confinés.
- Ne pas partager les biberons, tétines, sucettes ou couverts.
- Laver régulièrement les jouets et doudous.
- Éviction du tabagisme passif.
- Mesures barrière strictes autour des nourrissons de moins de 1 an, renforcées autour des moins de 3 mois.
- En cas de rhume, éternuer dans le coude, éviter d’embrasser bébé sur le visage et les mains, porter un masque pour s’occuper de bébé.
Quand Consulter un Médecin ?
Il est important de consulter un médecin dans les situations suivantes :
- Difficultés respiratoires importantes.
- Signes de déshydratation.
- Fièvre élevée.
- Changement de comportement ou léthargie.
- Coloration bleutée de la peau ou des lèvres.
- Difficultés d’alimentation.
- Si les symptômes persistent ou s'aggravent malgré les soins à domicile.
Les critères d’hospitalisation incluent :
- Signes de détresse respiratoire aiguë.
- Pauses respiratoires.
- Saturation en oxygène basse (SpO2 < 90 %).
- Difficultés d’alimentation ou déshydratation.
- Nourrisson de moins de 6 semaines.
- Présence de comorbidités (maladies cardiaques, pulmonaires, etc.).
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