La douleur au poignet est une plainte fréquente chez les enfants et les adolescents. Elle peut être aiguë, survenant soudainement après une blessure, ou chronique, se développant progressivement sur une période de temps. Les causes de la douleur au poignet chez l'enfant sont variées, allant des traumatismes aux affections médicales sous-jacentes. Il est essentiel de comprendre ces causes pour un diagnostic et une prise en charge appropriés.
Anatomie du poignet
Le poignet est une articulation complexe reliant l'avant-bras à la main. Il est composé de l'extrémité inférieure du radius et de l'ulna (les deux os de l'avant-bras) ainsi que des os du carpe. Au total, le poignet est constitué de dix os qui participent aux mouvements de la main (flexion, extension, inclinaison radiale et ulnaire, rotation que l’on appelle aussi pronosupination). Cette structure complexe permet une grande amplitude de mouvement, mais la rend également vulnérable aux blessures.
Causes fréquentes de douleur au poignet chez l'enfant
Traumatismes et entorses du poignet
Les traumatismes sont une cause fréquente de douleur au poignet chez les enfants, en particulier ceux qui pratiquent des sports ou des activités physiques. Les trois types de traumatismes majeurs du poignet sont l’entorse, la fracture et la luxation.
- Entorse du poignet: L’entorse est le résultat d’une élongation voire un arrachement des ligaments qui maintiennent les os de l’avant-bras et du carpe. Parfois ces ligaments sont simplement distendus (on parle alors d’entorse bénigne), mais ils peuvent aussi être rompus (on parle alors d’entorse grave). L’entorse survient généralement à la suite d’une chute, que l’on aura tenté d’amortir avec les mains, provoquant ainsi une importante pression sur les os du poignet. Elle est fréquente chez les jeunes adultes, les enfants et les sportifs. Parfois l’entorse ne se traduit par aucun signe clinique, à part la douleur. Dans d’autres cas, elle se manifeste par un hématome ou un poignet gonflé ou déformé. La gravité de l'entorse dépend de l'étendue des dégâts au niveau des ligaments. L’entorse doit être soignée rapidement pour éviter les séquelles.
- Fracture du poignet: La fracture du poignet la plus courante est la fracture du radius distal, l’un des deux os de l’avant-bras. Cette fracture est généralement la conséquence d’une chute ou d’un traumatisme violent sur le poignet. Le scaphoïde, l’un des 8 petits os qui composent le carpe, est également fréquemment en cause, lors d’une fracture du poignet. On estime à environ 130 000 le nombre de fractures du poignet chaque année en France. On distingue les fractures simples, avec ou sans déplacement osseux, des fractures comminutives (c’est-à-dire que l’os s’est cassé en plusieurs fragments qui risquent de se déplacer), des fractures articulaires qui s’étendent jusqu’au cartilage. Les personnes âgées, dont les os sont généralement moins denses du fait de l’ostéoporose, sont plus vulnérables face aux fractures. Des complications tardives sont toujours possibles. Lorsque la fracture se consolide dans une mauvaise position, on parle de cal vicieux. Il faut alors parfois réopérer pour diminuer les douleurs et surtout augmenter la mobilité qui peut être considérablement diminuée. De l’arthrose peut également survenir après une fracture mal réduite. Elle se traduira par une raideur en général bien tolérée mais surtout des douleurs du poignet, voire une incapacité fonctionnelle importante. La pseudarthrose du scaphoïde est une complication fréquente (c’est une fracture qui n’a jamais consolidé) après une fracture du scaphoïde. Il est impératif de la diagnostiquer car elle évolue inévitablement en arthrose précoce.
- Luxation du poignet: La luxation signifie qu’il y a eu un déplacement entre les deux extrémités osseuses de l’articulation, c’est-à-dire que les surfaces de l’articulation ne sont plus en face les unes des autres (on peut aussi dire déboîtée). Pour que le poignet soit luxé, il faut qu’il ait subi un traumatisme très important (chute de moto ou d’un lieu élevé par exemple) car son système ligamentaire est extrêmement solide. Lorsque l’articulation est luxée, elle ne permet plus aucun mouvement. Parfois elle est associée à une fracture. Dans le cas du poignet, la luxation la plus fréquente est celle d'un os du carpe (en général l'os semi-lunaire appelé aussi lunatum). Ce type de luxation entraîne d’intenses douleurs et des fourmillements extrêmement désagréables liés à une compression du nerf médian dans le canal carpien. Il s’agit d’un traumatisme sérieux qui laisse fréquemment des séquelles, comme une raideur ou des douleurs qui restent. Parfois la luxation passe inaperçue car elle peut être difficile à voir sur des radiographies standard.
Lésions de surutilisation
Les lésions de surutilisation sont causées par des mouvements répétitifs ou une pression excessive sur le poignet. Elles sont fréquentes chez les enfants qui pratiquent des activités telles que la dactylographie, les jeux vidéo ou certains sports.
- Tendinites et Ténosynovites: Les tendinites sont des inflammations des tendons causées par une surutilisation ou des mouvements répétitifs. Les ténosynovites sont une inflammation de la gaine entourant les tendons, limitant le mouvement.
- Syndrome du canal carpien: Cette pathologie résulte de la compression du nerf médian dans le poignet. Elle provoque des engourdissements, des picotements et une perte de force dans les doigts.
Pathologies de croissance
Les pathologies micro-traumatologiques sont fréquemment rencontrées en consultation, d’autant plus que la pratique du sport chez l’enfant est de plus en plus fréquente et diversifiée. La survenue de contraintes répétées sur le squelette en croissance va conduire à une souffrance des zones le plus fragiles, à savoir le cartilage de croissance, l’os sous chondral et les enthèses.
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Ainsi, la microtraumatologie de l’enfant sportif peut être scindée en deux groupes :
- les ostéochondroses de croissance qui touchent une zone précise du squelette
- les fractures de fatigue qui intéressent certaines diaphyses mais aussi la région isthmique vertébrale.
Ostéochondroses de croissance
Elles répondent à la classification de Siffert qui distingue trois groupes: les ostéochondroses articulaires (ostéochondrites du condyle fémoral, du dôme talien…), les ostéochondroses extra-articulaires qui intéressent surtout les enthèses (maladie d’Osgood-Schlatter ou de Sinding-Larsen-Johannsen du ligament patellaire, apophysite de Sever au tendon calcanéen…, et enfin les ostéochondroses physaires (maladie de Scheuermann vertébrale). Seules les plus fréquentes sont ici abordées dans ce texte.
Cliniquement, le point commun entre ces affections reste la douleur ressentie. Cette dernière doit être absolument d’horaire mécanique!
Toute douleur qui réveille la nuit ne doit pas faire méconnaître la possibilité d’une infection ostéo-articulaire masquée par la prise éventuelle d’AINS, ou bien plus rarement une tumeur maligne osseuse.
L’imagerie n’est que rarement contributive au diagnostic qui est essentiellement clinique. Elle permet cependant d’éliminer d’autres causes de douleurs.
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Ostéochondroses physaires
La souffrance se traduit par un élargissement de la physe radiale, plus rarement ulnaire, au niveau du poignet.
Le repos pendant 4 à 6 semaines amène l’indolence. En cas de pratique sportive forcée, on assiste parfois à des épiphysiodèses partielles conduisant à des déformations secondaires du poignet.
Autres causes de douleur au poignet
- Arthrite: L’arthrite est une dégénérescence inflammatoire des articulations, notamment le cartilage, conduisant à des douleurs, des raideurs, des déformations et une perte de capacité fonctionnelle. La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune qui provoque une inflammation des articulations, y compris celles des mains et des poignets.
- Goutte: La goutte est causée par une accumulation de cristaux d’acide urique dans les articulations.
- Kienböck: L'ostéonécrose du lunatum ou maladie de Kienböck est une pathologie rare qui affecte l'un des petits os du poignet, le lunatum (ou semi-lunaire). Elle se caractérise par une perte de vascularisation de l'os, entraînant sa nécrose (mort des cellules osseuses) et, à terme, un collapsus de l'articulation du poignet.
Symptômes de la douleur au poignet chez l'enfant
Les symptômes de la douleur au poignet chez l'enfant varient en fonction de la cause sous-jacente. Cependant, certains symptômes sont courants à toutes les causes :
- Douleur: Le premier symptôme de la fracture est bien sûr la douleur, même s’il n’y pas véritablement de lien entre l’intensité de la douleur et la gravité de la fracture. La douleur peut être aiguë ou sourde, et peut être ressentie au repos ou lors de l'utilisation du poignet.
- Gonflement: L’autre symptôme récurrent est l’apparition d’un hématome. Par ailleurs, le poignet a tendance à gonfler (oedème).
- Raideur: Le poignet peut être raide et difficile à bouger.
- Faiblesse: L'enfant peut avoir du mal à saisir des objets ou à effectuer des mouvements de la main.
- Engourdissement ou picotements: Ces sensations peuvent être ressenties dans les doigts ou la main.
- Déformation: Dans certains cas, le poignet peut être déformé.
Diagnostic de la douleur au poignet chez l'enfant
Un diagnostic précis est essentiel pour comprendre la cause des douleurs et mettre en place un traitement adapté. Le médecin procédera à un examen physique du poignet, en recherchant des signes d'inflammation, de déformation ou de sensibilité. Il peut également demander des examens d'imagerie, tels que des radiographies, une IRM ou une scintigraphie osseuse, pour visualiser les os et les tissus mous du poignet.
Traitement de la douleur au poignet chez l'enfant
Le traitement de la douleur au poignet chez l'enfant dépend de la cause sous-jacente.
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- Repos: La première chose à faire lorsque vous ressentez une douleur au poignet est de diminuer et cesser le mouvement qui la provoque. Le repos est essentiel pour permettre aux tissus de guérir.
- Glace: L’application de froid réduit l’inflammation et engourdit la douleur (utile après une blessure aiguë).
- Compression: Un bandage de compression peut aider à réduire le gonflement.
- Élévation: Élever le poignet peut également aider à réduire le gonflement.
- Médicaments: Les anti-inflammatoires sont utilisés pour diminuer les douleurs aiguës et les inflammations. Des antalgiques peuvent être prescrits pour soulager la douleur.
- Attelle ou plâtre: Dans le cas d’une entorse ou d’une fracture, il peut être nécessaire d’immobiliser le poignet avec une attelle ou un plâtre. Elles permettent entre autres d’atténuer la douleur et de continuer à se servir de sa main. Selon les besoins, elles sont plus ou moins rigides.
- Kinésithérapie: La rééducation fonctionnelle ou kinésithérapie joue un rôle clé dans la récupération de la mobilité et de la force. Elle permet au patient de récupérer de la souplesse, de la mobilité et de la force dans son poignet. Les exercices spécifiques jouent un rôle clé dans la réhabilitation et le soulagement des douleurs à la main et au poignet.
- Chirurgie: L’opération chirurgicale n’est pas systématique. Lorsqu’elles s’avèrent nécessaires, les interventions chirurgicales diffèrent selon la gravité du traumatisme. Plusieurs techniques existent. Le chirurgien choisit en général de réaliser une ostéosynthèse. C’est-à-dire qu’il installe un matériel extérieur composé de broche, des plaques, de vis, ou d’autres fixateurs internes ou externes, afin de maintenir l’os dans sa position d’origine. Même dans le cas d’une entorse, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire. Elle peut être réalisée “à ciel ouvert” ou par arthroscopie. Ce procédé permet au médecin de visualiser, et donc d’analyser, grâce à un tube muni d’une caméra, l’état des articulations du poignet et la gravité des lésions ligamentaires.
Prévention de la douleur au poignet chez l'enfant
La prévention des douleurs à la main et au poignet repose sur une combinaison de bonnes pratiques ergonomiques, d’exercices réguliers et d’un mode de vie adapté.
- Ergonomie: Identifier les gestes à risque tels que taper sur un clavier ou utiliser un smartphone pendant de longues périodes. Varier les activités : alternez entre différentes tâches pour éviter de solliciter constamment les mêmes muscles. Utilisation de la technologie : optez pour la reconnaissance vocale pour limiter la frappe sur un clavier.
- Exercices: Exercices d’échauffement : avant toute activité, pratiquez des étirements doux pour préparer vos mains et poignets. Renforcement musculaire : intégrez des exercices pour améliorer la force des muscles de soutien du poignet et de la main. Mouvement : placez l’élastique autour de vos doigts et ouvrez-les contre la résistance.
- Échauffement et récupération: Échauffez toujours vos poignets avant une séance sportive, notamment pour les sports de raquette ou de contact.
- Utilisation de protections: Portez des gants ou des bandages pour stabiliser vos poignets lors d’activités à haut risque.
- Surveillance des premiers symptômes: Restez attentif aux douleurs, raideurs ou engourdissements qui persistent après une activité.
- Auto-massage et soins à domicile: Massez vos mains et poignets avec des mouvements circulaires pour détendre les tissus.
Impact psychologique de la douleur au poignet
La main n’est pas seulement un outil fonctionnel. Dans l’imaginaire collectif et l’inconscient humain, elle revêt une importance capitale. Elle est à la fois un instrument de travail, un moyen de communication et un symbole culturel et spirituel puissant. Une blessure à la main peut donc avoir un impact psychologique profond, affectant la confiance en soi, les relations sociales et le bien-être général.
- Perte d’autonomie: La main est essentielle dans les activités quotidiennes : manger, s’habiller, écrire, travailler.
- Isolement social: Les limitations fonctionnelles ou esthétiques peuvent pousser à éviter les interactions sociales, par gêne ou par peur du jugement.
- Angoisse liée à la récupération: Les patients se demandent souvent s’ils retrouveront leur pleine mobilité ou leur apparence d’origine.
En plus de la réhabilitation physique, le kinésithérapeute joue un rôle clé dans le soutien moral du patient.
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