Introduction

Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae. Cette maladie diarrhéique, extrêmement virulente, peut entraîner une déshydratation rapide et sévère, potentiellement mortelle en l'absence de traitement rapide. Le choléra touche principalement les populations vivant dans des conditions précaires, avec un accès limité à l'eau potable et des installations sanitaires inadéquates. Comprendre les causes, les symptômes et les méthodes de prévention est essentiel pour limiter la propagation de cette maladie.

I. Définition et Chiffres Clés

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë, épidémique, transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Plus précisément, les souches de sérogroupe O1 ou O139 appartenant à l'espèce Vibrio cholerae et produisant une entérotoxine, la toxine cholérique, sont responsables de la maladie. Cette toxine est le facteur pathogène clé du choléra.

Selon l’OMS, en 2022, 472 697 cas de choléra et 2 349 décès liés à la maladie ont été notifiés dans 44 pays. L’Afrique est le continent le plus touché par le choléra et concentre plus de 50% des cas de la maladie dans le monde. En 2022, le choléra a affecté 15 pays d’Afrique, entraînant environ 80 000 cas et causant 1 863 décès dans ces pays. Le nombre de flambées épidémiques de choléra augmente régulièrement dans le monde, accentué par le changement climatique et les conflits. Selon l'OMS, deux fois plus de cas ont été rapportés en 2022 (soit près de 500 000 cas) par rapport à 2021, et l'augmentation s'est poursuivie en 2023 (plus de 700 000 cas).

II. Les Causes

Le choléra est déclenché par l’infection de l’intestin grêle par la bactérie Vibrio cholerae. La bactérie cause également une déshydratation grave qui entraîne une très grande sensation de soif, des crampes musculaires et une faiblesse générale. Cette bactérie sécrète une toxine qui provoque une diarrhée liquide et abondante, pouvant provoquer une importante perte en eau et en sels qui peut être responsable de la mort des patients. La diarrhée causée par la maladie est libérée dans l’environnement et si les conditions sanitaires et d’assainissement ne sont pas réunies, d’autres sources d’eau peuvent être contaminées et à leur tour infecter d’autres personnes.

Le vibrion cholérique est transmis par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés, ou encore lors d'un contact étroit direct avec un malade.

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L’Homme est le principal réservoir du choléra ainsi que, dans certaines régions, les animaux vivant en milieu aquatique ou à proximité d’un tel environnement. Le choléra est principalement lié à l’absorption d’eau ou d’aliments contaminés. Les bacilles, ou vibrions cholériques, sécrètent dans l’intestin la toxine cholérique, qui provoque la perte d’eau et d’électrolytes (jusqu’à 15-20 litres par jour). Les selles diarrhéiques libérées en grande quantité propagent dans l’environnement des bacilles qui peuvent contaminer l’eau et les aliments.

Le delta du Gange, lieu de très fortes interactions entre l’homme et l’environnement aquatique est considéré comme une source permanente de nouvelles souches de l’agent du choléra au niveau mondial. La maladie résulte de l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou bien via les mains souillées. Une fois dans l’intestin, les vibrions sécrètent notamment la toxine cholérique, principale responsable des pertes importantes d’eau et d’électrolytes qui peuvent atteindre 15 litres par jour. L’homme joue à la fois le rôle de milieu de culture et de moyen de transport pour le vibrion cholérique. Les selles diarrhéiques libérées en grande quantité sont responsables de la propagation des bacilles dans l’environnement et de la transmission féco-orale.

Les principaux facteurs favorisants la transmission de l’infection sont le niveau socio-économique et les conditions de vies des populations. Le choléra touche notamment les personnes n’ayant pas un accès suffisant à l’eau potable. ElleCette maladieest une menace pour la santé publique et montre une absence d’équité entre les populations. Les conflits et les mouvements de masse de réfugiés favorisent les épidémies. Une bonne coordination entre les services de santé et les services chargés de l’approvisionnement en eau et assainissement est également essentielle pour anticiper et répondre à une épidémie.

Le vibrion cholérique est peu susceptible d'entraîner la maladie chez une personne en bonne santé ; en effet, le vibrion cholérique est rapidement détruit par l'acidité gastrique.

III. Les Symptômes

Le choléra est une maladie extrêmement virulente. Les symptômes surviennent entre 12 heures et 5 jours après l’ingestion d’aliments ou eau contaminés. En l’absence de traitement rapide, le choléra peut entraîner la mort.

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La durée d'incubation est courte, de quelques heures à cinq jours. La forme grave se manifeste par un début brutal avec diarrhée et vomissements intenses, sans douleurs ni fièvre. Les émissions sont aqueuses, afécales et prennent un aspect caractéristique «eau de riz». Les formes peu symptomatiques sont fréquentes : 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément graves ; il est alors difficile de les distinguer cliniquement d'autres types de diarrhées aiguës.

La plupart des personnes contaminées par Vibrio cholerae présentent peu ou pas de symptômes, bien qu’on puisse retrouver le bacille dans leurs selles pendant une à deux semaines. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d’autres types de diarrhées aiguës. La bactérie peut ainsi circuler à bas bruit.

Les symptômes typiques de cette maladie infectieuse sont une diarrhée aqueuse (parfois plus de dix litres par jour pour un adulte), souvent inodore et sans mucus, qui ressemble à de l’eau de riz, ainsi que des vomissements. Souvent, des signes de déshydratation apparaissent, comme des yeux creux, une langue sèche ou la soif. En cas de déshydratation massive, l’évolution de la maladie peut conduire à la mort en quelques heures si elle n’est pas traitée directement. C’est pourquoi le risque de mourir du choléra est particulièrement élevé pour les personnes souffrant de sous nutrition ou dont le système immunitaire est faible. Un choléra grave non traité est mortel dans 50 à 60% des cas. Ce sont surtout les bébés et les jeunes enfants ainsi que les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli qui ont le plus de risque de contracter le choléra.

Habituellement, le sujet n’est pas fébrile. Faute d’un traitement rapide, il se déshydrate progressivement, les yeux se cernent, en s’enfonçant dans les orbites, la peau se plisse, la tension chute et la respiration devient haletante.

IV. Prévention

Les règles d’hygiène de base, la chloration adaptée de l’eau et les mesures d’assainissement suffisent généralement à prévenir le choléra. La meilleure des préventions est le respect des mesures d’hygiène.

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L’amélioration de l’accès à l’eau potable et les mesures d’hygiène générale sont essentielles dans la lutte contre le choléra, impliquant une véritable mobilisation sanitaire en cas d’épidémie, et un développement de l’éducation sanitaire dans les pays où le choléra sévit régulièrement.

Une bonne coordination entre les services de santé et les services chargés de l’approvisionnement en eau et assainissement est également essentielle pour anticiper et répondre à une épidémie.

Si vous envisagez de partir à l’étranger pour du tourisme ou un voyage professionnel, vous devez vous renseigner avant votre départ sur les conditions sanitaires du ou des pays que vous comptez visiter.

Boire uniquement de l’eau potable, éviter l’eau du robinet et les glaçons. S’il n’est pas possible d’avoir de l’eau potable, des comprimés de purification de l’eau, des filtres ou du chlore doivent être utilisés.

Lors d’une épidémie de choléra, en parallèle des mesures décrites précédemment, une campagne de vaccination appelée vaccination réactive par des vaccins anticholériques oraux (VCO) est mise en place après attribution de vaccin par l’OMS en provenance du stock mondial de VCO constitué en 2013.

  • Dukoral® (non inclus dans le stock mondial), utilisé principalement pour les voyageurs. Ce vaccin est constitué germes entiers tués de V. cholerae O1 associés à une sous-unité B recombinante de la toxine cholérique. Il nécessite l’administration de 2 doses à 7 jours minimum et 6 semaines maximum d’intervalle, et confère une protection 1 semaine après l’administration de la seconde dose. Le vaccin DUKORAL est pris par voie orale avec une substance tampon, le bicarbonate, qui protège les antigènes des acides gastriques. Le vaccin agit en activant les anticorps contre les éléments bactériens et la TCB. Lesanticorps intestinaux antibactériens empêchent les bactéries d’adhérer à la paroi intestinale, freinant ainsi la colonisation du Vibrio cholerae O1. Ce vaccin doit être indispensablement administré avec une solution tampon antiacide (bicarbonate de sodium) afin d’empêcher son inactivation par l’acidité gastrique.
  • Euvichol® (inclus dans le stock mondial). Ce vaccin est constitué à partir de germes entiers tués de V. cholerae O1 et O139. Il nécessite l’administration de 2 doses et confère 65% d’efficacité à 5 ans. Un nouveau VCO simplifié, le vaccin Euvichol-S®, a été préqualifié au début de 2024 et devrait être sur le marché mondial à la fin de l’année.
  • Vaxchora® non préqualifié par l’OMS est actuellement disponible en France. Il est constitué d’une souche vivante de V. cholerae O1 du biotype classique mais de virulence atténuée. Le VAXCHORA est le vaccin recommandé par les autorités américaines pour les voyageurs de 2 à 64 ans se rendant dans une zone endémique. Un point de vigilance doit porter sur le diagnostic différentiel que le laboratoire peut être amené à faire entre la souche circulante et la souche vaccinale si le vaccin vivant VAXCHORA est utilisé à Mayotte.

Il est important de souligner qu’il n’existe pas aujourd’hui de vaccin induisant une protection à long terme contre le choléra. Concernant les voyageurs, il n’est aujourd’hui pas recommandé habituellement de vacciner les voyageurs à destination de pays avec des épidémies de choléra par le conseil supérieur d’hygiène publique de France (2004). Il pourrait éventuellement être préconisé pour le personnel de santé allant travailler auprès de patients ou dans des camps de réfugiés en période d’épidémie.

V. Traitements

Le choléra est une maladie facile à traiter lorsqu’elle est diagnostiquée rapidement. La majorité des sujets atteints peuvent être guéris de la maladie par l’administration de sels de réhydratation orale (SRO) dans l’organisme. En cas de déshydratation sévère chez les patients, la solution saline est administrée par voie intraveineuse.

Le traitement du choléra consiste essentiellement à compenser les pertes digestives d’eau et d’électrolytes. En fonction de l’importance de la déshydratation, la réhydratation se fait par voie orale ou en intraveineuse. Une amélioration de l’état du malade est visible rapidement (en quelques heures) et la guérison survient en quelques jours. Il n’y a pas de séquelles.

Le choléra se soigne également par la prise d’antibiotiques. Ceux-ci sont administrés pour réduire la durée et la gravité de la maladie. Chez les enfants de moins de 5 ans, le zinc peut être recommandé et vient en complément de la médication principale, à savoir la réhydratation par solution saline, afin de réduire la durée de la diarrhée.

Dans le traitement d’un choléra, la première des mesures thérapeutiques à appliquer consiste à réhydrater le malade par la pose de perfusions de sérums salés et bicarbonatés puis, dès que les vomissements ont cessé, continuer cette réhydratation par des boissons salées, sucrées et bicarbonatées.

Les malades doivent être traités le plus rapidement possible avec une solution saline et sucrée (SRO, Solution de réhydratation orale), administrée par voie orale ou intraveineuse pour les cas les plus graves. Le traitement est basé sur la réhydratation et le choléra se soigne bien à l’aide de cette solution.

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