Souvent associée à la santé des os, la vitamine D joue en réalité un rôle bien plus vaste dans l’organisme. Système immunitaire, tonus musculaire, renouvellement cellulaire, elle intervient dans de nombreuses fonctions essentielles, à tous les âges de la vie. Pourtant, une grande partie de la population française présente des apports insuffisants. En 2025, les experts ont actualisé leurs recommandations pour proposer une supplémentation plus physiologique, mieux adaptée aux besoins de chacun. Cet article explore les nouvelles recommandations concernant la supplémentation en vitamine D chez le nourrisson, son importance, les sources et les risques liés à un surdosage.

Rôle et importance de la vitamine D

La vitamine D, ou calciférol, appartient à la catégorie des micronutriments, au même titre que les autres vitamines, les minéraux, les acides aminés et les acides gras. Elle existe sous deux formes principales : la vitamine D2 (ergocalciférol) et la vitamine D3 (cholécalcifécalciférol). La D3 correspond à la forme physiologique que le corps peut synthétiser. Elle est donc mieux adsorbée par les intestins et plus efficace que la vitamine D2.

La vitamine D permet d’augmenter l’absorption du calcium et du phosphore au niveau intestinal. Le calcium est le principal constituant des os et des dents. Grâce à la vitamine D, le corps parvient à maintenir un équilibre entre ces deux minéraux dans le sang. La vitamine D contribue à l’absorption et à la fixation du calcium et du phosphore sur les os, aidant ainsi au maintien d’un capital osseux solide.

De plus, divers effets bénéfiques de la vitamine D ont été rapportés, tels que des propriétés anticancer, antibactériennes, anti-inflammatoires, antihypertensives ou antiprématurité. En pédiatrie, l’objectif de la supplémentation en vitamine D n’est pas seulement de prévenir les carences, mais surtout de prévenir le rachitisme.

Sources de vitamine D

Les deux sources principales de vitamine D sont l'alimentation et l'exposition au soleil.

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  • Exposition au soleil : La vitamine D n’est synthétisée dans le derme que sous l’effet des rayons UVB du soleil. Une exposition solaire quotidienne de 30 minutes des bras et des jambes (chez l’adulte, sans crème) peut favoriser la production de vitamine D.
  • Alimentation : Les aliments apportent peu de vitamine D. On en trouve surtout dans les poissons gras (souvenez-vous de l’huile de foie de morue !). Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) invite à consommer des poissons gras 1 à 2 fois par semaine et du lait enrichi en vitamine D.

Cependant, les laits maternels et infantiles des tout-petits sont pauvres en vitamine D, et les enfants un peu plus âgés consomment généralement peu de poissons gras, qui sont l'une des meilleures sources.

Recommandations de supplémentation en vitamine D chez le nourrisson

Les réserves en vitamine D des nourrissons sont généralement très faibles, car son passage via le placenta est limité. Le risque de carence est plus important chez les bébés qui sont allaités, car le lait maternel en contient peu. Il est donc recommandé de supplémenter les enfants en vitamine D, car leurs apports sont généralement insuffisants, alors que cette vitamine est essentielle à leur croissance.

Selon les recommandations de la Société Française de Pédiatrie (SFP), la supplémentation en vitamine D chez l’enfant ne se limite pas aux nourrissons de 0 à 18 mois. Tous les enfants sont concernés, de 0 à 18 ans !

La règle, établie selon les recommandations 2022 de la Société Française de Pédiatrie, est de donner 400 UI (Unité Internationale) par jour (sous forme de gouttes à mettre dans la bouche) chez les nourrissons entre 0 et 2 ans, que l’enfant soit en allaitement maternel ou en lait infantile, et quelle que soit l’ethnie.

À partir de 24 mois, on pourra passer à deux ampoules de charge en hiver (novembre et février) de 80 000 unités à 100 000 selon l’âge, l’ethnie noire, s’il y a obésité, régime végétalien, absence d’exposition au soleil.

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Importance de la vitamine D pour la croissance et l'immunité

La vitamine D est essentielle au développement des enfants et à leur immunité. Elle contribue à :

  • Croissance osseuse normale et prévention du rachitisme : La vitamine D favorise l'absorption et la fixation sur les os du calcium et du phosphore, permettant ainsi une bonne minéralisation osseuse, indispensable pour la croissance normale du squelette du bébé et de l'enfant. Un manque de vitamine D impacte la solidité des os, qui ont tendance à se déformer. Chez l’enfant, le rachitisme empêche une bonne minéralisation osseuse.
  • Santé osseuse et dentaire : Le calcium et le phosphore sont les principaux constituants des os et des dents. La vitamine D aide à maintenir une bonne santé osseuse et dentaire.
  • Immunité : Une carence en vitamine D peut entraîner une baisse des défenses immunitaires, augmentant ainsi le risque d’infections à répétition.

Facteurs de risque de déficit en vitamine D

En ville, les enfants à risque sont essentiellement les enfants obèses ou en surpoids, ceux à forte pigmentation cutanée, ou faiblement exposés au soleil estival. Plus rarement, il s’agit d’enfants soumis à certains régimes (végétalisme), traitements (rifampicine, phénobarbital, phénytoine) ou atteints de pathologies (malabsorption digestive, cholestase, insuffisance rénale, syndrome néphrotique).

En cas de déficit en vitamine D, les recommandations de la SFP précisent qu’il peut être justifié :

  • De 18 mois à 5 ans et de 10 à 18 ans, de poursuivre la supplémentation toute l’année (doses de charge trimestrielles).
  • Chez les 5-10 ans, de proposer 2 doses de charge trimestrielles en hiver.

Formes galéniques et administration

Il existe plusieurs formes galéniques de vitamine D, comme les solutions huileuses en gouttes ou les gélules. Les gouttes sont bien adaptées aux enfants, car elles permettent d’ajuster précisément la dose souhaitée et elles sont plus faciles à prendre que les gélules. La vitamine D peut être donnée aux plus jeunes en fonction des besoins de l’enfant et des recommandations du médecin.

Certains compléments ont été spécifiquement formulés pour répondre aux besoins de tous les âges. C’est le cas de la gamme UVE D3 développée par le laboratoire Crinex. Le format UVE D3 Gouttes permet une supplémentation personnalisée : entre 1 000 à 2 000 UI, en fonction de l’âge, des besoins et du contexte médical. Il convient aussi bien aux enfants dès 3 ans, aux adultes et aux femmes enceintes, sous avis médical.

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Risques de surdosage et précautions

Un excès de vitamine D peut être responsable d'un taux excessif de calcium, entraînant des troubles digestifs et rénaux. Il est donc important de ne pas dépasser le dosage conseillé. La supplémentation en vitamines des enfants en bas âge doit faire l’objet d’une surveillance particulière. Afin d’éviter tout surdosage, il est déconseillé d’utiliser ce complément si l’enfant reçoit déjà une supplémentation en vitamine D.

Il est important de donner la vitamine D régulièrement, mais aussi de ne pas en donner trop car cela présente un risque pour les reins. En cas de risque important d’oubli de la 2e dose, une dose semestrielle unique de 200 000 UI peut être donnée en novembre. Les doses de 200 000 UI sont à éviter.

Surveillance et contrôle du taux de vitamine D

La supplémentation en vitamine D est prescrite au long cours sans dosage de la vitamine D sauf chez les sujets à risque.

Les situations pouvant justifier un contrôle du taux de vitamine D incluent :

  • Suspicion de rachitisme
  • Suspicion d’ostéomalacie (fatigue musculaire, douleurs osseuses)
  • À 3 mois d’une transplantation rénale
  • Avant et après une chirurgie bariatrique
  • Personne âgée avec chutes répétées

Protocole de correction de la carence en vitamine D

En cas de carence avérée, le protocole de correction peut inclure :

  • Taux sériques de 50 à 75 nmol/L (30 ng/mL) : 50.000 UI/semaine pendant 4 semaines.
  • Taux sériques < 50 nmol/L (20 ng/mL) : 50.000 UI/semaine pendant 8 semaines.

Puis, enchaîner sur le protocole d’entretien.

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