Un don d'ovocytes est une option de traitement de fertilité pour les femmes qui ne peuvent pas utiliser leurs propres ovules pour concevoir. Il s'agit d'une fécondation in vitro (FIV) où les ovocytes d'une donneuse sont fécondés à la place de ceux de la patiente. Cet article explore les conditions et les aspects importants du don d'ovocytes personnalisé en Belgique.

Quand envisager un don d'ovocytes ?

Plusieurs situations peuvent justifier le recours à une FIV avec don d'ovocytes (FIV-DO).

Échecs de FIV avec ses propres ovules

Les échecs répétés de FIV avec les propres ovules de la patiente, une mauvaise réponse à la stimulation ovarienne, une mauvaise qualité des ovules et/ou des embryons, l'échec de la fécondation ou de la nidation, ainsi que des fausses couches à répétition, sont autant de raisons qui peuvent empêcher un traitement de FIV de réussir.

Réserve ovarienne basse ou absence d'ovules

Lorsque la quantité et/ou la qualité des ovules sont insuffisantes pour permettre une grossesse et un développement embryonnaire adéquat, cela peut être dû à une insuffisance ovarienne primaire ou secondaire, une ménopause précoce ou une ménopause. Dans certains cas, un traitement médical ou une chirurgie peut avoir privé la femme de ses ovules.

Maladie génétique

Les femmes présentant un risque élevé de transmettre une maladie héréditaire à leur descendance peuvent éviter ce risque en utilisant les ovules d'une donneuse, surtout si la maladie ne peut pas être détectée par un diagnostic préimplantatoire (DPI).

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Absence d'une partenaire féminine

Les hommes célibataires et les couples homosexuels masculins qui souhaitent devenir pères ont également besoin d'une donneuse d'ovocytes. Ils devront en outre recourir à la gestation pour autrui (GPA), une procédure qui devra être réalisée dans un pays l'autorisant.

Dans ces situations, les chances de grossesse avec les propres ovules de la patiente sont très faibles, voire nulles. Le don d'ovocytes représente donc une solution reproductive pour permettre à ces femmes d'avoir un enfant.

Don d'ovocytes exclusif ou partagé

En général, les ovocytes d'une donneuse sont utilisés exclusivement pour le traitement d'une seule receveuse. Cependant, il est parfois possible de recourir à un don d'ovocytes partagé pour réduire les coûts. Dans ce cas, les ovules d'une seule donneuse sont répartis entre deux receveuses ou plus.

Âge limite pour le don d'ovocytes

Le don d'ovocytes est généralement indiqué à partir d'un certain âge. En effet, au-delà de 40 ans, les risques d'anomalies chromosomiques fœtales augmentent considérablement, de même que les probabilités de fausse couche spontanée. Le recul de l'âge de la maternité est d'ailleurs la raison la plus fréquente du recours au don d'ovocytes.

Cependant, l'âge limite peut varier en fonction de la législation du pays où se déroule le traitement, ainsi que du centre de fertilité lui-même. En Belgique, une femme peut recevoir un don d'ovocytes jusqu’au jour de ses 47 ans, si elle a commencé les démarches avant 45 ans. Il est donc essentiel de se renseigner sur les conditions spécifiques du pays et du centre choisis pour réaliser le traitement.

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Le choix de la donneuse en Belgique

La législation belge autorise le don d'ovocytes entre deux personnes qui se connaissent (don direct ou dirigé) ou entre deux personnes qui ne se connaissent pas (don anonyme). Il est donc possible de prélever des ovocytes chez une sœur, une parente proche ou une amie, de les féconder et de les transférer ensuite à la receveuse. Il n'existe pas de donneuse spontanée et il est interdit de recruter et de rétribuer les donneuses en Belgique. La seule possibilité pratique est donc de venir avec une donneuse de votre entourage.

Critères de sélection des donneuses

Toutes les donneuses d'ovules doivent obligatoirement se soumettre à une série de tests médicaux qui garantissent leur fertilité et leur absence de maladies infectieuses et génétiques. De plus, elles doivent passer une évaluation psychologique pour garantir leur santé mentale ainsi qu'une vérification de leurs antécédents familiaux.

En plus de s'assurer qu'elles répondent à ces critères de santé, les candidates au don d'ovocytes passent par une évaluation gynécologique complète. Celle-ci permet de vérifier le bon fonctionnement de leur système reproducteur et d'évaluer leur réserve ovarienne.

Attribution de la donneuse à la receveuse

Dans le cas d'un don anonyme, c'est la clinique de procréation assistée elle-même qui sélectionne la donneuse adaptée à chaque patiente, à partir des caractéristiques physiques de la mère (ethnie, couleur de la peau, couleur des yeux, couleur des cheveux, taille, etc.), groupe sanguin et système Rhésus. Il s'agit de garantir au maximum la ressemblance phénotypique (caractéristiques physiques) et immunologique entre les deux femmes.

Pour évaluer les affinités entre la donneuse et le couple receveur, il est aussi possible de réaliser un test de compatibilité génétique (TCG) ou matching génétique. Ce test consiste à analyser les coïncidences des mutations génétiques que pourraient porter la donneuse d'ovules et le futur père (s'il fournit les spermatozoïdes) sans en être conscients. Ce test est important parce qu'il permet de déceler des maladies génétiques récessives. En effet, le risque que l'enfant souffre d'une maladie de ce type n'existe que si les personnes qui fournissent les gamètes sont toutes deux porteuses d'une copie du gène mutant.

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Procédure de FIV-DO étape par étape

Pour pouvoir utiliser des ovocytes de donneuse, il faut réaliser une fécondation in vitro avec don d'ovocytes ou FIV-DO. L'insémination artificielle n'est pas compatible avec le don d'ovocytes, car les ovules prélevés à la donneuse ne peuvent être fécondés qu'en laboratoire avant de pouvoir être transférés à la receveuse.

Le prélèvement des ovocytes, qui se compose d'une stimulation hormonale et d'une ponction folliculaire, est réalisé à la donneuse. Les ovules peuvent s’utiliser frais, ce qui oblige à synchroniser le traitement de la donneuse avec celui de la receveuse. L’alternative est d’utiliser des ovules vitrifiés en provenance d’une banque d’ovules ou d'un cycle précédent.

Ovules frais et ovules congelés

Le traitement de FIV-DO varie légèrement selon que les ovocytes recueillis sont frais ou s’ils passent par un processus de vitrification :

  • Ovules frais: dans ce cas, il sera nécessaire de synchroniser les cycles ovariens de la donneuse et de la receveuse. Pour cela, la donneuse doit commencer la stimulation ovarienne au moment où la receveuse entame son traitement de préparation de l’endomètre. Ainsi, le transfert des embryons devra être programmé en fonction de la maturation des follicules, de la fécondation, du développement des embryons et de l’aspect de l’endomètre.
  • Ovules congelés: après la stimulation ovarienne de la donneuse et l’extraction des ovules par la ponction folliculaire, ceux-ci seront vitrifiés. Lorsque la receveuse suivra son traitement hormonal et qu’elle présentera les caractéristiques optimales pour la nidation, les ovules de la donneuse seront dévitrifiés, fécondés et transférés à l’utérus de la receveuse à l’état embryonnaire.

Chaque option présente ses avantages et ses inconvénients :

  • D'un côté, synchroniser les cycles des deux femmes n'est pas toujours évident. Des imprévus peuvent provoquer une interruption du cycle et donc perturber le traitement.
  • D'un autre côté, le processus de vitrification des ovocytes peut les endommager et avoir une incidence sur leur qualité.

Il faudra évaluer la meilleure option en fonction de chaque patient et des conditions proposées par la clinique de procréation médicalement assistée.

Sur le plan médical, le traitement de FIV avec don d'ovocytes se distingue d'un traitement de FIV conventionnel car il n'implique pour la patiente que la phase de préparation de l'endomètre et de transfert embryonnaire.

Traitement hormonal de la donneuse

La donneuse doit suivre un traitement hormonal afin d'obtenir une quantité d'ovules supérieure à celle qu'elle obtiendrait lors d'un cycle naturel. Ce traitement, appelé stimulation ovarienne contrôlée, consiste à administrer des hormones exogènes qui favorisent la croissance des follicules. La stimulation permet d'obtenir un nombre d'ovules plus conséquent et d'augmenter ainsi les chances de succès par cycle.

Pour évaluer correctement la réponse de la donneuse au traitement hormonal, des contrôles échographiques et hormonaux vont être réalisés périodiquement, tous les deux ou trois jours.

Préparation de l'endomètre de la receveuse

Étant donné que les ovules utilisés ne sont pas ceux de la femme qui va tomber enceinte (la receveuse), celle-ci n'a pas besoin de passer par la première étape de la fécondation in vitro. Comme indiqué précédemment, c'est à la donneuse de le faire.

L'absence de cette étape pour la receveuse supprime le besoin de la lourde médication hormonale associée à la stimulation ainsi que la légère intervention chirurgicale supposée par la ponction. Il sera cependant nécessaire de préparer l'endomètre en vue du transfert embryonnaire.

Pour favoriser la nidation de l'embryon après son transfert à l'utérus de la patiente, l'endomètre doit présenter un aspect trilaminaire ou en grain de café et une épaisseur approximative de 7 à 10 mm. C'est pour cela que la receveuse doit recevoir un traitement hormonal de substitution :

  • Œstrogènes: on les donne en général à partir du premier jour des règles.
  • Progestérone: on commence à l'administrer le jour de la ponction ou fécondation.

Le traitement peut d'administrer par voie orale, vaginale ou par patchs. Il devra être maintenu au minimum jusqu'au jour du test de grossesse (14 jours après la fécondation). Certains centres de fertilité choisissent de le poursuivre jusqu'à des phases plus avancées de la gestation (de 12 à 20 semaines).

Dans certains cas, on peut choisir de profiter du cycle naturel de la patiente afin d'éviter de prescrire les œstrogènes et réduire ainsi le traitement à la seule progestérone. Cependant, dans le cadre d'un don d'ovocytes, ce choix n'est pas fréquent.

Si la receveuse a des cycles menstruels naturellement, on peut aussi lui administrer des analogues de la GnRH pour éviter une ovulation spontanée qui pourrait nuire à la réceptivité de l'endomètre et rendre la nidation pour difficile. On les prescrit dès le cycle précédant le transfert pour pouvoir contrôler le cycle hormonal dès le début.

Prélèvement des ovocytes de la donneuse

Les ovocytes sont prélevés grâce à une ponction folliculaire. Il s'agit d'une petite intervention écho-guidée réalisée sous sédation. Elle consiste à introduire une sonde à travers le vagin et à aspirer le liquide folliculaire où se trouvent les ovocytes.

Une fois que ce liquide arrive en laboratoire, les ovules sont récupérés. Ils sont alors :

  • Soit maintenus en conditions de culture jusqu'au moment de la fécondation in vitro.
  • Soit vitrifiés pour leur utilisation postérieure.

Fécondation et culture embryonnaire

Les ovocytes suffisamment mûrs seront fécondés en laboratoire. Cette opération peut s'effectuer par FIV conventionnelle ou par ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes), cette dernière étant la technique la plus utilisée.

Les spermatozoïdes destinés à la fécondation des ovules donnés peuvent provenir du partenaire masculin de la receveuse ou d'un donneur de sperme. Lorsqu'il y a à la fois don de spermatozoïdes et don d'ovocytes, on parle de FIV double don.

Les embryons obtenus sont cultivés en laboratoire dans des conditions contrôlées qui favorisent leur développement et permettent d'évaluer la progression de leur évolution jusqu'au jour du transfert. Ces évaluations rendent possibles la sélection des embryons qui ont le plus de chances de s'implanter.

Transfert des embryons à la receveuse

Le transfert des embryons se réalise en général au troisième jour (J3) du développement embryonnaire ou au stade de blastocyste (J5 ou J6 du développement). Le procédé consiste à déposer dans l'utérus de la receveuse un ou deux des embryons de meilleure qualité. Le nombre d'embryons à transférer va dépendre de la qualité de ces derniers et des résultats obtenus dans des cycles de FIV précédents, ainsi que de la législation en vigueur.

Les recommandations fixent à deux le nombre maximal d'embryons à transférer. Quoi qu'il en soit, pour les patientes de FIV-DO, il n'est pas fréquent de vouloir en transférer plus car tous proviennent d'ovocytes de femmes sélectionnées pour leur fertilité et leur excellent état de santé. La qualité des ovocytes de donneuse rend les risques de grossesse multiple très élevés si plus d'un embryon est transféré.

Les embryons qui sont évolutifs et ne sont pas transférés seront vitrifiés pour une utilisation postérieure, par exemple en cas d'échec du traitement ou pour avoir un autre enfant.

Test de grossesse et contrôle de la gestation

Pendant et après le traitement, la femme peut ressentir une série de symptômes. Après un test de grossesse positif, une échographie sera réalisée dans les deux semaines environ.

Aspects légaux et financiers

Cadre légal en Belgique

La loi belge permet le recours à un donneur connu, contrairement à la France où le don direct est obligatoirement anonyme. La loi spécifie aussi que les équipes soignantes ont une clause de conscience par rapport aux demandes, ce qui leur laisse une liberté de ne pas s’engager dans des projets inconfortables, si elles sentent une situation peu claire pour l’enfant à venir, un projet non construit, une fragilité psychologique… Dans de nombreux centres, toute demande est d’abord analysée par un médecin et un psychologue. Et tout ce qui pose question est ensuite discuté en staff (infirmier, médecin, psy…) pour être sûr d’aller ensemble dans la même direction.

La cryopréservation des embryons surnuméraires est licite en Belgique pour une période de cinq ans à dater du jour de la congélation. La cryopréservation des gamètes, de ovocytes est autorisée pour une période de 10 ans, éventuellement prolongée en raison de circonstances particulières.

Coûts et remboursement

Les coûts d'une FIV avec don d'ovocytes en Belgique peuvent varier en fonction du centre de fertilité choisi et des traitements complémentaires nécessaires. Certaines patientes françaises peuvent bénéficier d'un remboursement partiel de leurs frais par la Sécurité sociale française, notamment pour le bilan préopératoire, les prises de sang et les échographies. Cependant, les médicaments nécessaires peuvent représenter un coût important (environ 1 000 euros) si la patiente ne parvient pas à les obtenir et à se les faire rembourser en France.

Certaines cliniques, comme la SIMAF (fusionnée avec la clinique Edith Cavell à Bruxelles), proposent des tarifs de FIV-DO d'environ 2 500 euros, hors analyses et médicaments. Il est important de se renseigner auprès des différents centres pour connaître leurs tarifs et les modalités de remboursement.

Centres de fertilité en Belgique

La Belgique compte une forte densité de centres de procréation médicalement assistée, ce qui en fait une destination prisée pour les couples et les femmes souhaitant bénéficier d'une FIV avec don d'ovocytes. Parmi les centres les plus connus, on peut citer :

  • SIMAF (fusionnée avec la clinique Edith Cavell)
  • Hôpital Erasme
  • AZ VUB (Brussels IVF)
  • Cliniques universitaires Saint-Luc
  • Hôpital Saint-Pierre

Il est conseillé de contacter plusieurs centres pour comparer leurs offres, leurs délais d'attente et leurs taux de réussite.

Impact psychologique et accompagnement

Le don d'ovocytes est un traitement de fertilité qui peut susciter de nombreuses émotions et interrogations chez la receveuse et son partenaire. Il est important de prendre en compte l'aspect psychologique de cette démarche et de bénéficier d'un accompagnement adapté. Certaines cliniques proposent des consultations avec des psychologues spécialisés dans la procréation médicalement assistée, afin d'aider les patientes à gérer les différentes étapes du traitement et à faire face aux éventuelles difficultés émotionnelles.

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