L'infertilité touche 3,3 millions de Français, et un couple sur huit en âge de procréer rencontre des difficultés. Face à ce constat, la recherche sur les ovocytes et les techniques de préservation de la fertilité connaissent un essor important. Cet article explore les avancées récentes, les enjeux liés à la conservation des ovocytes, et les perspectives d'avenir dans ce domaine crucial.
Préservation de la Fertilité: Un Droit en Expansion
La loi bioéthique de 2021 a permis d'élargir les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix désormais accessible aux femmes âgées de 29 à 37 ans, même sans indication médicale. Cette avancée répond à une demande croissante, motivée par le désir de nombreuses femmes de préserver leur fertilité en raison de facteurs sociétaux tels que la poursuite d'études, le travail, ou le fait de se mettre en couple plus tard.
Types de préservation de la fertilité
Il existe deux types de demandes dans le cadre de la préservation de la fertilité :
- Préservation de la fertilité médicale: Les patientes doivent avoir moins de 38 ans et présenter une pathologie dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité ou dont la fertilité risque d'être prématurément altérée (Loi de bioéthique n°2021-1017 du 02 août 2021-art.31).
- Préservation de la fertilité sans indication médicale (sociétale): La prise en charge est possible du 29e jusqu'au 37e anniversaire en vue de la réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation (Art.L.2141-12).
Dans les deux cas, la consultation au centre de préservation de la fertilité a pour objectif d'expliquer les modalités de cette prise en charge.
Un plan gouvernemental pour lutter contre l'infertilité
Un plan contre l'infertilité a été présenté par le gouvernement, il prévoit notamment de mieux sensibiliser sur ce sujet qui touche 3,3 millions de Français. Les associations veulent aller plus loin. Une promesse de longue date d'Emmanuel Macron. Le gouvernement a dévoilé un plan contre l'infertilité alors qu'un couple sur huit en âge de procréer rencontre des difficultés. "Les enjeux de l'infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects" pour permettre le "lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues", a déclaré la ministre de la Santé, lors de la présentation de ce plan.
Lire aussi: Avancées cruciales dans l'étude des embryons
Mesure phare du plan, un message doit, à partir de la fin de l'été, être envoyé à tous les Français lors de leurs 29 ans. Sans pression aucune promet la ministre de la Santé, "le rôle du politique n'est pas de dire s'il faut avoir des enfants ou encore à quel âge: ce qu'il faut éviter c'est continuer à entendre 'Si j'avais su'". Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques, un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l'infertilité. C'est aussi le cas de l'endométriose mais, alors que celle-ci fait déjà l'objet d'un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu'alors largement absent des discours publics. Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d'attente. D'ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire.
Les associations veulent aller plus loin."On sort vraiment ce problème de santé publique de son isolement. C'est une maladie l'infertilité, il faut la concevoir en tant que telle", souligne le professeur Samir Hamamah qui a co signé un rapport à ce sujet publié en 2022. C'est "rassurant" disent les associations qui pensaient ne jamais voir la couleur de ce plan pourtant ce n'est pas suffisant, "les sujets de fertilité et d'infertilité, on va en parler plus. Ok, tout ça c'est génial. Mais ce matin, on a transféré à tout un tas de femmes en France des embryons qui n'ont aucun potentiel implantatoire", déplore Virginie Rio, la présidente de BAMP. Ce collectif milite pour l'autorisation en France d'une méthode de diagnostic qui permettrait de repérer les anomalies des embryons avant de les implanter.
Les techniques de préservation de la fertilité
Les techniques proposées diffèrent selon votre situation médicale et votre statut conjugal (du fait de la réglementation). Seules les femmes âgées de moins de 40 ans pourront bénéficier de mesures de préservation de la fertilité dans la mesure où les résultats des techniques sont médiocres au-delà de cette âge. Toutefois, les femmes de plus de 40 ans peuvent être reçues en consultation en vue de recevoir des informations sur la fertilité et les diverses modalités d’accès à la parentalité.
La technique de référence : stimulation ovarienne et prélèvement d’ovocytes. La stimulation ovarienne est accessible aux femmes : en âge de procréer, qui n’ont pas de contre-indication à un traitement hormonal, qui peuvent attendre deux à trois semaines avant de débuter le traitement de leur maladie. La stimulation ovarienne consiste à induire la production d’ovules (ovocytes) matures par les ovaires sous l’effet d’un traitement (en injection par voie sous-cutané) par la FSH - ou hormone folliculostimulante - pendant une dizaine de jours. Ensuite, un prélèvement d’ovocytes est réalisé par les voies naturelles, par ponction intravaginale. Les ovocytes ponctionnés seront soit congelés (vitrifiés) immédiatement, soit fécondés par fécondation in vitro - FIV. Les ovocytes ou embryons résultant de la fécondation in vitro sont conservés en laboratoire. Le traitement et la procédure durent deux à trois semaines. Les ovocytes ou embryons peuvent rester congelés plusieurs années, sans altération de leur potentiel.
Si vous ne pouvez suivre de traitement hormonal : MIV ou prélèvement de tissu ovarien. La maturation ovocytaire in vitro - MIV - s’adresse aux femmes qui ne peuvent suivre de traitement hormonal, par exemple si elles ont un cancer hormono-dépendant tel que le cancer du sein. On propose alors une « vitrification sans stimulation », la vitrification étant une technique de congélation. Concrètement, un prélèvement est réalisé pour recueillir des ovocytes immatures. Il s’agit d’une ponction réalisée à travers le vagin, sous sédation. Les ovocytes recueillis sont des ovocytes dits «immatures», car ils n’ont pas subi de stimulation hormonale. Ils sont mis en culture pendant 24 à 48 heures, en laboratoire, pour obtenir des ovocytes matures (= maturation ovocytaire in vitro, ou MIV). Environ la moitié des ovocytes atteindront le stade mature. Ils pourront ensuite soit être congelés ou « cryopréservés », soit être fécondés en laboratoire (fécondation in vitro - FIV). Une des limites de cette technique est que le recueil des ovocytes est relativement aléatoire. Par ailleurs, le potentiel des ovocytes et embryons « cryopréservés » après MIV est moins bon que lorsque les ovocytes sont obtenus après stimulation ovarienne. Une autre possibilité consiste à prélever sous cœlioscopie - une intervention chirurgicale mini-invasive - du tissu ovarien qui sera conservé, pour pouvoir être greffé à la patiente lorsqu’il sera possible pour cette dernière de démarrer un projet de grossesse. Cette technique est également proposée pour les petites filles et filles qui ne sont pas encore pubères et n’ont pas d’ovocytes matures.
Lire aussi: En savoir plus sur la réanimation néonatale et pédiatrique
Conservation des embryons
Après avoir suivi une procédure de recueil d’ovocytes, soit par stimulation ovarienne, soit par maturation in vitro ou MIV, ces derniers peuvent être fécondés en laboratoire. On réalise une ICSI - Intra Cytoplasmic Sperm Injection, ou injection intracytoplasmique de spermatozoïdes - en injectant un spermatozoïde directement dans l’ovocyte mature. Environ 60 % des ovocytes ainsi fécondés donnent lieu à un embryon. Les embryons sont ensuite « vitrifiés » (congelés) 24 ou 48 heures plus tard. Les taux de survie après dévitrification sont excellents, de l’ordre de 90 %. Le biologiste vous précise exactement combien d’embryons seront conservés. Vous serez contactée chaque année pour savoir si vous souhaitez poursuivre la conservation de ces embryons. Au moment de la mise en œuvre d’un projet de grossesse, il faudra une demande des deux membres du couple pour pouvoir décongeler des embryons, selon la législation française. À ce moment-là, et en accord avec le médecin, les embryons pourront être transférés dans l’utérus de la patiente, après un traitement hormonal. La conservation des embryons ne peut être proposée qu’aux femmes ayant un conjoint masculin. En cas de séparation, la femme ne pourra pas avoir accès aux embryons.
Conservation des ovocytes pour les patientes célibataires
La conservation des ovocytes représente actuellement la seule option pour les patientes célibataires, qui ne peuvent accéder à la conservation des embryons. Dans cette technique, les ovocytes recueillis, soit par stimulation ovarienne, soit par maturation in vitro - MIV, sont congelés. Le biologiste vous précise exactement combien d’ovocytes ont été prélevés et seront conservés. Vous serez recontactée chaque année pour savoir si vous souhaiter poursuivre la conservation de ces ovocytes. Les ovocytes pourront ensuite être décongelés dans le cadre d’un projet de grossesse.
Bien que plus récente, la conservation des ovocytes par congélation ou « cryoconservation ovocytaire » a connu au cours de la dernière décennie des avancées majeures, notamment grâce aux progrès de la vitrification. Les taux de survie ovocytaire après décongélation sont désormais de l’ordre de 80 %, conduisant pour certains centres à des taux de grossesse similaires à ceux obtenus avec des ovocytes frais.
Délais d'attente et inégalités d'accès
Malgré ces avancées, l'accès à la congélation d'ovocytes reste inégalitaire. La demande a été multipliée par dix depuis 2021, entraînant des délais d'attente considérables, pouvant atteindre plusieurs années dans certaines régions. Cette situation est due en partie à un manque de moyens et de personnel dans les centres hospitaliers publics, qui doivent faire face à une augmentation massive des demandes.
Face à ces difficultés, certaines femmes se tournent vers des cliniques privées à l'étranger, notamment en Espagne, où la pratique est plus répandue, mais non remboursée. Cette solution représente un coût important et n'est pas accessible à toutes.
Lire aussi: Recherche sur l'embryon : que dit le Conseil National d'Éthique ?
Procédure de conservation d'ovocytes
Dans les deux cas (préservation médicale et sociétale), la consultation au centre de préservation de la fertilité a pour objectif de vous expliquer les modalités de cette prise en charge. Vous bénéficiez d'une consultation avec :
- Un praticien du CECOS où seront conservés vos ovocytes. Votre consentement écrit est recueilli.
- Un gynécologue pour mettre en place la stimulation hormonale et vérifier l'absence de contre-indication au traitement.
- Un anesthésiste en vue de la ponction ovocytaire
Les principales techniques et étapes :
La conservation d'ovocytes nécessite le plus souvent de réaliser une stimulation hormonale suivie d'une ponction d'ovocytes sous anesthésie. Une contraception hormonale orale est prescrite le mois précédent. La stimulation hormonale consiste en des injections sous cutanées pendant en moyenne 12 jours ; réalisées au choix par une infirmière ou par vos soins. La dernière injection est réalisée de nuit selon les consignes de l'équipe de sages-femmes qui coordonnent votre traitement. Le surlendemain matin vous êtes admise dans le service de chirurgie ambulatoire. La ponction ovocytaire est réalisée sous sédation et anesthésie locale du fond vaginal. La consultation d'anesthésie est valable pendant 1 an. La ponction d'ovocytes est réalisée sous contrôle échographique par voie trans vaginale. Une information sur les complications de la stimulation hormonale et de la ponction vous sera donnée en consultation. Un document à signer vous sera remis. Les ovocytes seront recherchés au laboratoire et seuls les ovocytes matures seront congelés par vitrification. Vous serez informée de leur nombre par un biologiste en consultation avant votre sortie le jour même. Vous signerez alors un contrat de conservation. Un compte rendu de la tentative vous sera adressé secondairement par courrier postal.
Lors d'un souhait ultérieur de grossesse, en cas d'échec des tentatives de grossesse spontanée, les techniques d'assistance médicale à la procréation permettent d'utiliser les ovocytes. L'assurance maladie prend en charge les traitements et la vitrification ovocytaire. Une prise en charge à 100 % (ALD) vous sera remise en consultation au début de votre prise en charge. Il peut être nécessaire de réaliser plusieurs stimulations et plusieurs ponctions pour réaliser un « pool » d'ovocytes. Dans le cadre de la préservation médicale, l'objectif est de vitrifier au moins 15 ovocytes, 1 à 4 ponctions pourront être réalisées, à 3 mois d'intervalle minimum. L'objectif peut ne pas être atteint. La réponse à la stimulation hormonale peut être insuffisante et peut entraîner un arrêt de la prise en charge sur décision clinico biologique. Dans le cadre de la préservation sans indication médicale, une seule ponction sera proposée.
Taux de réussite de la conservation d'ovocytes
Après conservation d'ovocytes matures, les chances de naissance d'un enfant dépendent de l'âge au moment du prélèvement et du nombre d'ovocytes cryoconservés.
- Jusqu'à 35 ans, les chances sont de 15 % pour 5 ovocytes, 40 % pour 10 ovocytes.
- À partir de 36 ans, les chances sont de 10 % pour 5 ovocytes et 25 % pour 10 ovocytes.
Conservation au CECOS
Vos ovocytes sont conservés au CECOS. Tous les ans, un courrier vous sera envoyé par le CECOS vous demandant si vous souhaitez poursuivre la conservation. Ceci est une démarche légale obligatoire. Quand plusieurs conservations sont réalisées, un courrier regroupant toutes les conservations est envoyé à la période correspondant à la première conservation. Il est important que vous répondiez à ce courrier quelle que soit votre décision de poursuivre la conservation ou non et de signaler au CECOS tout changement d'adresse.
Conseils et Précautions Pendant le Traitement
Le processus de préservation de la fertilité implique des étapes spécifiques et des précautions à prendre pour optimiser les chances de succès.
Préparation et suivi du traitement
- Récupération des traitements: Récupérer les traitements à la pharmacie 1 mois avant le début de protocole. Prendre en compte la durée de commande du traitement et le délai de livraison. Il est conseillé de récupérer tous les traitements en même temps, afin d’éviter les oublis et d'être vigilante à la conservation des traitements (frigo ou air ambiant) et à leurs modalités de transport (respect de la chaine du froid…).
- Application Wistim: L’Application Wistim vous accompagne tout au long de la procédure de préservation de la fertilité. Télécharger l'application le jour du rendez-vous, créer un profil et faire valider votre compte. La consulter tous les jours en cours de tentative, afin de voir les consignes de traitement et les dates de rendez-vous de monitorage.
- Inconfort et douleurs: Toutefois, en fin de stimulation et autour du déclenchement, les ovaires sont augmentés de taille et cela peut être inconfortable ou provoquer des douleurs dans le ventre durant un effort physique. Si une douleur brutale et intense apparaît en cours de stimulation pendant un effort, il faut consulter en urgence, cela peut être le signe d’une torsion d’un ovaire (ceci reste une complication très rare).
Habitudes de consommation et sexualité
- Consommations toxiques: Idéalement, pendant la stimulation ovarienne, il convient de ne pas exposer les ovocytes à toute consommation toxique : cigarette, alcool, cannabis ou autre drogue. Toute réduction ou arrêt de la consommation tabagique sera favorable à la qualité des ovocytes. Il n’est pas interdit de consommer de l’alcool, cependant avec modération, le moins possible restant le mieux, une prise importante d’alcool peut également être néfaste à la qualité des ovocytes. Tous les autres toxiques sont à éviter durant la stimulation et avant une anesthésie. De plus pendant la période estivale, il est déconseillé de s’exposer au soleil.
- Rapports sexuels: L’activité sexuelle n’est pas contre-indiquée durant la tentative. Toutefois, s’il s’agit d’un nouveau ou d'une nouvelle partenaire, il convient que les rapports soient protégés pour éviter la transmission d’une infection avant la ponction ( IST… ) De plus, même si vous avez un traitement durant la stimulation servant à bloquer l’ovulation, il n’est pas impossible d’être enceinte s’il y a eu un rapport non protégé durant les 5 jours précédant la ponction, même si la probabilité est très faible. Ainsi, il convient d’avoir des rapports protégés les 5 jours précédant la ponction pour éviter une grossesse non désirée.
Jour de la ponction et suivi post-ponction
- Jour de la ponction d’ovocytes: Il est conseillé de demander à une personne de vous accompagner pour venir vous chercher et rester à vos côtés la 1ère nuit. Une fois que les médecins (gynécologue, biologiste) sont venus vous voir dans votre chambre, vous passez à l’accueil pour faire valider votre bulletin de sortie. Ce document fait foi d’arrêt de travail pour la journée. Le biologiste va vous communiquer le nombre d’ovocytes total (ovocytes matures + immatures). Seuls les ovocytes matures seront congelés.
- Après la ponction d’ovocytes: Il n’y a pas de contre-indication à la reprise d’une activité sexuelle ou d’une activité sportive dès le lendemain, selon votre ressenti et vos éventuelles douleurs pelviennes post ponction. De la même manière, il n’y a pas d’arrêt de travail au-delà du jour de la ponction, sauf complication. Les règles post ponction peuvent survenir plus tôt que d’habitude, entre 5 à 15 jours après la ponction. Elles peuvent être plus abondantes et douloureuses que d’habitude suite à la stimulation hormonale. La baignade (bain, piscine, mer etc…) n’est pas contre-indiquée en post ponction. Entre la ponction et les règles post ponction, il est préférable de porter des bas ou chaussettes de contention si vous avez un long trajet (plus de 2h) de voiture, de train ou en avion.
Recherches Innovantes: Rajeunissement des Ovocytes
Des recherches récentes ouvrent des perspectives prometteuses pour améliorer la qualité des ovocytes, notamment chez les femmes d'âge plus avancé. Une étude parue dans la revue de prépublication Biorixiv et présentée lors d’un congrès britannique sur la fertilité, des chercheurs affirment ainsi avoir rajeuni des ovocytes humains, en leur ajoutant une protéine clé. « Globalement, nous pouvons presque réduire de moitié le nombre d’ovules présentant des chromosomes [anormaux]. C’est une amélioration très significative », s’est réjouie la professeure Melina Schuh, coauteure de l’étude et cofondatrice d’Ovo Labs, qui vise à commercialiser la technique, dans les colonnes du Guardian.
Cette approche cible une vulnérabilité liée à la méiose, processus par lequel l’ovocyte expulsé devient ovule et fusionne ensuite avec un spermatozoïde pour donner un embryon. Ce processus est en fait une division du patrimoine génétique (ADN sous forme de chromosome) afin de rendre l’ovocyte fécondable. Les chromosomes, en forme de X, s’alignent le long d’un axe unique au sein de la cellule, et les paires de chromosomes se séparent en leur centre, comme on couperait un X en deux. Et c’est cette méiose qui, chez les ovocytes les plus âgés, donne lieu à des erreurs, de sorte que l’embryon qui est obtenu en cas de fécondation ne contient pas le bon nombre de chromosomes, le rendant ainsi génétiquement non viable. Les scientifiques rapportent qu’avec l’injection de cette protéine, le pourcentage d’ovocytes présentant une anomalie diminuait, passant de 53 % dans le groupe témoin (non traité) à 29 % dans le groupe traité. « Ce qui est vraiment formidable, c’est que nous avons identifié une seule protéine dont le niveau diminue avec l’âge, que nous l’avons ramenée à des niveaux comparables à ceux des jeunes et que cela a un impact considérable », a souligné Melina Schuh.
Fertilité masculine
La préservation médicale de la fertilité par congélation de spermatozoïdes peut être proposée avant tout traitement potentiellement toxique pour les spermatozoïdes, à l'adolescence et à l'âge adulte. Le recueil de sperme se fait par auto-masturbation. En fonction des caractéristiques spermatiques, un ou plusieurs recueils pourront vous être proposés. Il est également possible de réaliser cette préservation de la fertilité sans indication médicale, du 29e jusqu'au 45e anniversaire, en vue de la réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation. Une consultation avec un praticien du CECOS précédera le recueil afin de vous expliquer les modalités de conservation et de réutilisation. Les spermatozoïdes se génèrent dans les testicules, mais pas avant la puberté. À partir de la puberté, le testicule acquiert la capacité à les générer et à les libérer dans l’éjaculation.
Comprendre la réserve ovarienne
Les ovaires de l’embryon humain commencent les processus de maturation aux alentours de la 6e semaine de grossesse et la production des ovocytes (ovules) à partir de la 12e semaine de grossesse. Au cours de ces semaines, leur activité est frénétique. Elle passe d’aucun ovocyte à un maximum situé entre 5 et 6 millions en à peine 11 ou 12 semaines plus tard, aux alentours de la vingt-deuxième semaine de grossesse. À compter de cet instant, la production de nouveaux ovocytes cessera totalement et ce pour toujours. Aux environs de la naissance, leur nombre chute jusqu’à 2 millions et continue de diminuer pendant l’enfance, pour atteindre entre 400 000 et 500 000 lors de la puberté, lorsqu’ils commenceront à se libérer avec les ovulations. À partir de 35 ans, l’horloge biologique reproductrice n’est pas rythmée à la qualité de vie optimale dont jouit le reste de notre organisme. La baisse de la fertilité est accompagnée d’une hausse lente de la probabilité d’avorter. À 40 ans, il se situe à 40% des grossesses, en étant également accompagné d’une hausse constante du risque de naissance d’enfants atteints de chromosomopathie. À noter que tous les jours de la vie reproductive de la femme -qu’elle utilise ou non des contraceptifs oraux, des anneaux vaginaux ou des dispositifs intra-utérins, la variabilité des jours menstruels ou les mois pendant lesquels elle était enceinte- elle perd constamment des ovules. Parmi les 500 000 au début de la puberté, seulement 0’005% arriveront entièrement à maturité et seront ovulés.
tags: #recherches #récentes #ovocytes
