Le cycle menstruel est un processus biologique complexe qui se déroule chez les femmes de la puberté à la ménopause, préparant l'organisme à une éventuelle grossesse. Ce cycle, d'une durée théorique de 28 jours, est rythmé par des fluctuations hormonales qui influencent non seulement l'utérus, mais aussi le vagin et la libido.
Les Hormones Féminines et le Cycle Menstruel
Les hormones sexuelles féminines, principalement les œstrogènes (estradiol, estrone et estriol) et la progestérone, sont sécrétées par les ovaires selon un cycle précis, le cycle menstruel. Les règles sont la manifestation visible de ce cycle. Une femme connaît environ cinq cents cycles au cours de sa vie reproductive, interrompus par les grossesses.
- Œstrogènes : Ils sont responsables du développement des organes féminins à la puberté, notamment l'utérus, les seins et l'épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, participent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle dans la qualité de la peau et des cheveux. Pendant la phase folliculaire, les œstrogènes sécrétés par les ovaires donnent le signal à l’endomètre de s’épaissir pour accueillir un embryon.
- Progestérone : Produite par les ovaires après l'ovulation, elle complète et contrôle les effets des œstrogènes. Elle permet l'implantation de l'œuf dans l'utérus et participe au bon déroulement de la grossesse. Après l’ovulation, les ovaires produisent de la progestérone. Cette hormone favorise l’implantation de l’œuf dans l’utérus et permet à l’utérus de s’épaissir davantage.
Les Phases du Cycle Menstruel
Le cycle menstruel se répète tous les 28 jours environ et peut être divisé en plusieurs phases distinctes :
- Phase des règles (menstruations) : Débute le premier jour des règles et dure de trois à sept jours. La chute des taux sanguins d'œstrogènes et de progestérone provoque des saignements de l'endomètre : sa partie la plus superficielle se détache de la paroi de l'utérus et s'élimine avec le sang. La quantité de sang perdue est limitée, environ une à six cuillerées à soupe, mélangée à du liquide et de petits morceaux d'endomètre. L’utérus se contracte pour évacuer l’endomètre (la partie épaisse de la paroi de l’utérus), le sang et l’ovule non fécondé.
- Phase folliculaire (pré-ovulatoire) : S'étend du premier jour des règles jusqu'à l'ovulation, soit environ 14 jours. Le cerveau commence à sécréter de la FSH, stimulant les ovaires. Cette hormone favorise la sécrétion d'œstrogènes et la maturation du futur ovule. L’utérus se prépare de nouveau à une éventuelle grossesse. Sa paroi devient plus épaisse et se gonfle de sang pour accueillir un éventuel embryon. En même temps, les follicules se préparent à libérer un ovule.
- Phase ovulatoire : Se produit vers le 14e jour du cycle. Le cerveau commence à sécréter de la LH, et les taux sanguins de LH sont élevés : l'ovulation a lieu et l'ovaire commence à sécréter de la progestérone. Un ovocyte est libéré par l’un des ovaires. Il est prêt à être fécondé par un spermatozoïde. L’ovocyte débute sa descente dans la trompe de Fallope afin de rejoindre l’utérus en 4 jours.
- Phase lutéale (post-ovulatoire) : Dure environ deux semaines, après l'ovulation. Le follicule à l'origine de l'ovule se transforme en corps jaune sous l'action de l'hormone LH. Le corps jaune produit des œstrogènes et de la progestérone, permettant à l'utérus de s'épaissir davantage. Si l'ovule n'est pas fécondé, le corps jaune dégénère vers le 23e jour, entraînant une diminution du taux d'œstrogènes et déclenchant les menstruations. L’ovule se déplace dans la trompe de Fallope en direction de l’utérus. Si l’ovule n’est pas fécondé dans les 24 heures suivant l’ovulation, le corps reçoit un signal hormonal pour indiquer qu’il n’y aura pas de grossesse. Les taux d’hormones sexuelles baissent et la partie épaisse de l’utérus se prépare à être détruite.
Le Vagin et les Sécrétions Vaginales Pendant le Cycle Menstruel
Le vagin subit également des changements tout au long du cycle menstruel, notamment au niveau des sécrétions vaginales.
La GLaire Cervicale
La glaire cervicale, aussi nommée perte blanche, est une substance physiologique naturelle chez la femme. Son rôle est crucial pour la bonne santé du vagin ainsi que pour l’ovulation. Selon les phases du cycle menstruel, son aspect évolue.
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- Après les règles : Durant le début du cycle menstruel, le corps produit une grande quantité d’œstrogènes. Cette hormone est sécrétée par les follicules ovariens. Plus ces dernières grossissent, plus elles produisent d’œstrogènes. Cela rend la texture de la glaire cervicale plus épaisse bien que peu abondante et plutôt de couleur blanchâtre.
- Pendant l’ovulation : Les niveaux d’œstrogènes sont au maximum, ce qui entraîne une texture particulièrement filante dans la glaire cervicale. La production de glaire cervicale est à son pic durant l’ovulation. Elle devient plus fluide et transparente, ressemblant à du blanc d’œuf cru. Ces variations de l’aspect de la glaire sont un très bon signe, surtout pour les femmes dont les cycles sont irréguliers, pour repérer la période pré ovulatoire.
- Après l’ovulation : Durant la seconde moitié du cycle menstruel, juste après la phase d’ovulation, la glaire cervicale devient plus épaisse, collante. Cette texture crée un environnement hostile pour les spermatozoïdes, les empêchant de remonter vers l’utérus. La sécrétion de glaire cervicale s’arrête.
- Grossesse : En cas de fécondation réussie, durant la grossesse la glaire cervicale s’accumule au niveau du col de l’utérus. On appelle ça le bouchon muqueux.
Pertes de Sang
Constater un peu de sang dans ses pertes blanches peut facilement créer de l’inquiétude. L’aspect des pertes blanches évolue au cours du cycle menstruel. Ces symptômes peuvent indiquer une irritation ou une infection. Une consultation chez un gynécologue est nécessaire.
Le Cycle Menstruel et la Libido
Les hormones impactent la libido. Il y a un lien entre les variations hormonales et le cycle menstruel et que cela impacte donc le désir sexuel.
Les Phases du Cycle Menstruel et la Libido
- Phase folliculaire : Au cours de la phase folliculaire, les taux d’œstrogène et de progestérone sont bas.
- Phase ovulatoire : C’est au moment de l’ovulation que l’œstrogène est à son paroxysme et donc que son influence sur le désir sexuel sera la plus forte.
- Phase lutéale : Après la phase ovulatoire, son taux sera le plus faible et que son influence sera moindre.
Les Hormones et la Libido
- Prolactine : La prolactine a un effet de diminution du désir sexuel et de la lubrification vaginale.
- Dopamine : Elle permet de freiner la sécrétion de prolactine.
- Ocytocine : Elle est sécrétée durant les rapports sexuels au moment de l’orgasme et participe à une diminution de l’anxiété.
- Œstrogène : Il participe directement à la modération du désir sexuel, c’est pourquoi la plupart des personnes connaissent un pic de leur désir sexuel au moment de l’ovulation (qui est la période où le taux d’œstrogène est le plus fort). C’est cette hormone qui participe grandement à la lubrification et donc à l’élasticité du vagin.
Douleurs Menstruelles et Libido
Il n’y a pas de réel lien entre les douleurs menstruelles et une baisse du désir sexuel. En revanche, il est indéniable que le fait de ressentir de la douleur peut rendre difficile la montée du désir sexuel chez certaines personnes. Les différentes hormones libérées durant un rapport permettent de diminuer l’anxiété, tout en favorisant la détente corporelle via le relâchement musculaire. De plus, l’endorphine qui est sécrétée au cours du coït est un analgésique naturel du corps, c'est-à-dire que la sensibilité à la douleur est diminuée.
Faire l'amour pendant les menstruations avait des bienfaits tels que :
- Des orgasmes plus forts (62%) qui peuvent agir comme un calmant naturel sur des crampes menstruelles (69%)
- La réduction de la durée du cycle menstruel (61%)
- L'augmentation de la libido (40%), en raison de la croissance des œstrogènes et du faible niveau de progestérone.
Syndrome Prémenstruel (SPM)
Le SPM est l’ensemble des désagréments rencontrés entre 7 et 10 jours avant les règles. Les gênes occasionnées peuvent être physiques ou psychologiques. Les plus communément recensées sont les suivantes :
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- Ballonnements
- Troubles de la digestion
- Maux de ventre, crampes
- Acné
- Migraines
- Fatigue
- Changements d’humeur
- Irritabilité
- Anxiété
- Dépression
- Insomnie
- Jambes lourdes
- Seins sensibles, voir douloureux
Contraceptifs Hormonaux et Libido
Certains contraceptifs hormonaux agissent en supprimant l’ovulation. Or, on sait que c’est au cours de cette phase que l’œstrogène atteint son taux le plus élevé et qu’il s’agit d’une hormone impactant le désir sexuel. La plupart des contraceptifs hormonaux contiennent de l’œstrogène (mais pas tous). Une étude a souligné le fait que “les personnes utilisant une pilule avec la plus petite dose d'œstrogène disponible (15 microgrammes) ont déclaré connaître une baisse de leur libido, tandis que les personnes utilisant des pilules avec des doses plus élevées d'œstrogène ont déclaré pour la plupart ne pas ressentir de changement, voire même une hausse de leur libido.” D’autre part, la majorité des contraceptions hormonales diminuent le taux de testostérone dans l’organisme. Le lien entre la testostérone et le désir sexuel n’est pas encore tout à fait maîtrisé par la communauté scientifique mais il est supposé qu’une baisse de la testostérone pourrait avoir pour effet la diminution du désir sexuel.
Irrégularités du Cycle Menstruel
Le cycle menstruel le plus court peut durer 17 jours et le plus long s’étale jusqu’à 45 jours. Mais en règle générale, celui-ci dure 28 jours avec une ovulation au 14e jour. Chez certaines femmes, le cycle menstruel peut être irrégulier à cause de facteurs spécifiques tels que la prise de médicaments, des traitements chimiques ou encore une période de stress intense. Avec l’âge, avant la ménopause (arrêt des menstruations), les cycles menstruels deviennent irréguliers et la fertilité de la femme diminue. L’absence momentanée des règles peut être due à des changements biologiques qui apparaissent normalement dans la vie d’une femme comme une grossesse, la période d’allaitement ou la pré-ménopause. L’absence momentanée de règles peut également découler d’un état émotionnel ou d’un stress qui perturbe la sécrétion hormonale, d’un traitement médicamenteux lourd ou d’un traumatisme physique comme une chirurgie. La perte de poids due à un trouble alimentaire ou à la pratique d’une activité physique intense peut aussi perturber le cycle menstruel.
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