Introduction
La structuration de l'offre de soins, notamment en ce qui concerne les soins de premier recours, est un enjeu majeur de santé publique. Face aux défis d'accès aux soins et à la nécessité d'une prise en charge continue des patients, une réflexion approfondie est menée pour définir et organiser au mieux ces soins de proximité. Cet article explore les différentes facettes de cette question, en s'appuyant sur les travaux de divers experts et les évolutions législatives récentes.
La Nécessité d'une Définition Législative des Soins de Premier Recours
Plusieurs travaux récents mettent en avant la nécessité d'une meilleure structuration des soins primaires, également appelés soins de premier recours. Dans un rapport d'information sur l'offre de soins sur l'ensemble du territoire, Marc Bernier souligne qu'une définition législative de l'offre de soins de premier recours constituerait le fondement d'une véritable politique d'aménagement de ces soins.
L'article abroge les articles L. 1411-11 à L. 1411-18 du code de la santé publique, en particulier ceux relatifs au groupement régional de santé publique (GRSP), remplacé par l'agence régionale de santé (ARS). Il fixe des principes d'organisation de l'offre de soins qui ne reposent plus sur un cloisonnement entre les différents secteurs (santé publique, soins ambulatoires, soins hospitaliers, secteur médico-social), mais sur une distinction entre les soins de premier recours et les soins spécialisés de second recours. Ces catégories ont vocation à structurer l'organisation des schémas régionaux d'organisation des soins (SROS).
Les Exigences des Soins de Premier Recours
L'accès à des soins de premier recours et la prise en charge continue des malades doivent être assurés dans le respect des exigences de proximité, de qualité et de sécurité. Ces exigences peuvent sembler difficiles à concilier, mais l'accessibilité géographique est essentielle pour garantir l'efficacité et la sécurité des soins de premier recours. La prise en charge continue des malades implique que les praticiens doivent s'assurer qu'un autre praticien prendra le relais s'ils cessent ou refusent de prendre en charge un patient.
L'organisation des soins de premier recours sera élaborée à l'échelle de territoires de santé pertinents pour l'accès à ces soins, qui n'auront pas nécessairement le même périmètre que les territoires retenus pour d'autres actions de santé publique ou l'organisation de l'offre de soins hospitaliers ou médico-sociaux.
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La Pluridisciplinarité des Soins de Premier Recours
Les professionnels de santé concourent à l'offre de soins de premier recours, en collaboration avec les établissements et services de santé, sociaux et médico-sociaux, et ce, le cas échéant, dans le cadre de coopérations organisées. Cette disposition vise à favoriser le décloisonnement de l'offre de soins. Une meilleure coordination entre les praticiens libéraux, l'hôpital et les structures médico-sociales est souhaitable pour fluidifier la prise en charge des patients et rendre la permanence des soins plus fiable.
Les "coopérations organisées" peuvent prendre différentes formes, telles que les réseaux de santé, certains groupements de coopération sanitaire (GCS) ou d'autres formes de coopération. Un exemple est celui d'un "pôle de santé" qui rassemble au sein d'un GCS un hôpital local, des structures médico-sociales et plusieurs professionnels de santé libéraux d'un même bassin de vie, structurant ainsi l'offre de soins de premier recours autour de maisons de santé adossées aux établissements et de cabinets "satellites".
Les Soins Spécialisés de Second Recours
Les soins spécialisés de second recours sont organisés par l'agence régionale de santé (ARS), dans le cadre du schéma régional d'organisation des soins (SROS) et dans le respect des exigences de proximité, de qualité et de sécurité.
Le Rôle Central du Médecin Généraliste
La convention médicale de 2005 stipule que "le médecin traitant devient le spécialiste du premier recours" et précise ses missions. Cependant, l'absence de définition positive du métier de médecin généraliste peut rendre l'exercice de premier recours difficile à cerner, tant pour les étudiants en médecine que pour les autres spécialistes. Cela peut contribuer à la désaffection des étudiants et des médecins pour l'exercice omnipraticien classique.
Les statistiques montrent que les étudiants délaissent les postes d'internat de médecine générale et qu'une fois diplômés, près de 40 % des médecins n'exercent pas la médecine générale de premier recours, car ils ont accès à des formations complémentaires qui leur permettent de se spécialiser en dehors des soins primaires. Il est donc important de distinguer entre les diplômés de médecine générale et ceux qui ont un exercice omnipraticien classique, désignés comme "médecins généralistes de premier recours".
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Les Missions du Médecin Généraliste de Premier Recours
Le texte prévoit une énumération non limitative des missions du médecin généraliste de premier recours, qui correspondent à la définition de l'offre de soins de premier recours et aux missions confiées au médecin traitant par la convention médicale de 2005. Ces missions comprennent :
- Contribuer à l'offre de soins ambulatoire, en assurant pour ses patients la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des maladies ainsi que l'éducation pour la santé.
- Veiller à l'application individualisée des protocoles et recommandations pour les affections nécessitant des soins prolongés et contribuer au suivi des maladies chroniques en coopération avec les autres professionnels de santé.
- Participer à la permanence des soins.
Ces missions font une large place aux actions de santé publique, qui contribuent à "redonner du sens" à l'exercice omnipraticien, en le faisant passer d'une logique de distribution de soins à une logique de prise en charge globale de la santé d'une population.
Les Défis et les Perspectives
La structuration des soins de premier recours est un processus complexe qui nécessite une coordination étroite entre les différents acteurs du système de santé. Il est essentiel de définir clairement les missions et les compétences des professionnels de santé, en particulier du médecin généraliste, afin de garantir une offre de soins de qualité, accessible et adaptée aux besoins de la population.
Les pôles de santé, qui invitent l'ensemble des acteurs d'un même bassin de vie à travailler ensemble, constituent une piste prometteuse pour structurer l'offre de soins de premier recours. Il est également important de diversifier les conditions d'exercice de la médecine de premier recours afin de couvrir l'ensemble du territoire.
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