La diverticulose colique est une affection courante caractérisée par la présence de diverticules, de petites poches ou hernies, sur la paroi du côlon (gros intestin). Cette condition est souvent asymptomatique, mais peut parfois entraîner des complications telles que la diverticulite.

Qu'est-ce que la diverticulose colique ?

La diverticulose colique est une anomalie anatomique acquise du côlon, caractérisée par la présence de diverticules. Ces diverticules sont des hernies de la muqueuse intestinale à travers la paroi musculaire du côlon. Avec l'avancée en âge, les diverticules ont tendance à se multiplier sur la paroi colique. La diverticulose colique désigne ces anomalies anatomiques, un phénomène bénin qui touche une proportion importante de la population, notamment 50 % des plus de 70 ans.

Les diverticules sont des petites poches qui se forment sur la surface extérieure du côlon, mesurant généralement de 0,5 cm à 1 cm de diamètre. La couche la plus interne de l’intestin (la muqueuse) perce la couche de fibres musculaires qui l’entoure (la musculeuse) et fait saillie dans la cavité abdominale (la cavité péritonéale). On parle de diverticulose colique, ou diverticulose du côlon, quand il y a plusieurs diverticules.

Chez 80 % des patients, les diverticules sont localisés dans le côlon sigmoïde (partie inférieure du côlon, du côté gauche du bassin, juste avant le rectum). Une fois qu’il s’est formé, un diverticule ne peut pas disparaître spontanément. On peut dénombrer un à des centaines de diverticules chez une même personne.

Causes de la diverticulose colique

Les causes exactes de la diverticulose sont inconnues. Cependant, plusieurs facteurs peuvent contribuer à son développement :

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  • Faiblesse de la paroi colique: Une faiblesse de la paroi colique pourrait jouer un rôle dans la formation de la hernie.
  • Pression accrue dans le côlon: Une hyperpression au niveau d’une zone de faiblesse de la paroi du côlon pourrait jouer un rôle. Comme cette pression augmente de manière durable, à cause d’une constipation fréquente, la musculeuse du côlon doit en effet s’épaissir pour être plus efficace et faire avancer les selles. Le mécanisme d’apparition des diverticules est largement élucidé. Il s’agit de la constitution de zones d’hyper pression à l’intérieur de la lumière colique, par hypertrophie (épaississement) de la musculeuse. Se constituent ainsi des segments intestinaux à pression élevée, poussant la muqueuse à travers des interstices de la musculeuse. Ces zones de faiblesse sont notamment celles par où les vaisseaux sanguins pénètrent dans la paroi colique. L’hypertrophie de la musculeuse prédomine (et souvent siège exclusivement) sur le sigmoïde.
  • Facteurs alimentaires: La cause de ces désordres est, à peu près certainement, alimentaire : déficit de l’alimentation en fibres végétales, particulièrement en fibres de céréales et excès de sucre. De nombreux arguments étaient cette théorie : d’abord, le fait que la diverticulose est d’apparition récente. C’est une maladie du XXème siècle qui sévit dans les pays développés, où les habitudes alimentaires ont changé (raffinage des céréales, défaut de fibres, excès de sucre). De multiples observations épidémiologiques vont dans le même sens. Ensuite, l’adjonction de son à la ration alimentaire diminue la pression intra colique, améliore les troubles ressentis par les surjets porteurs de diverticules. Ces facteurs alimentaires jouent à long terme : il faut probablement 20 à 40 ans d’exposition au «risque» pour que les diverticules apparaissent.
  • Âge: La fréquence de la diverticulose augmente avec l’âge.
  • Facteurs de risque: L’origine d’une diverticulose est souvent méconnue, mais plusieurs facteurs favorisants peuvent être évoqués comme le régime alimentaire, la sédentarité, le surpoids, le tabac et certains médicaments. Les complications d’une diverticulose surviennent plus volontiers chez les individus en surpoids, obèses, fumeurs ou sous certains traitements comme une chimiothérapie, par exemple.

Symptômes de la diverticulose colique

La diverticulose colique est asymptomatique chez la plupart des patients. La présence de diverticules, d’un seul à plusieurs dizaines, n’engendre aucun symptôme. Chez environ les trois quarts des personnes concernées, la diverticulose du côlon ne provoque pas de symptômes et, en particulier, n’est pas à l’origine de troubles fonctionnels de l’intestin (de type syndrome du côlon irritable).

Dans certains cas, les patients peuvent ressentir des symptômes non spécifiques tels que :

  • Troubles du transit colique (constipation banale, signes de colopathie…)
  • Douleurs abdominales
  • Ballonnements

Il est important de noter que ces symptômes peuvent également être associés à d'autres affections, comme le syndrome de l’intestin irritable (colopathie fonctionnelle).

Complications de la diverticulose colique

Bien que la diverticulose soit souvent bénigne, elle peut entraîner des complications dans certains cas :

  • Diverticulite: La diverticulite est l’infection des diverticules, à l’origine de douleurs inhabituelles, intenses et de fièvre. On parle de diverticulite lors de l’inflammation d’un diverticule. La diverticulite est une inflammation d’un ou plusieurs diverticules, d’origine infectieuse ou non, qui se traduit par des douleurs intestinales éventuellement associées à de la fièvre et des nausées. Du pus peut s’accumuler et former un abcès autour du diverticule enflammé. Les diverticulites, diverticules inflammés, peuvent perforer soit sous forme d’abcès : infection localisée au contact du côlon, soit sous forme de péritonite (inflammation et/ou infection du feuillet qui entoure les organes dans le ventre). En cas de diverticulite, une douleur est ressentie en bas à gauche de l’abdomen, avec souvent de la fièvre (cela ressemble à une appendicite à gauche).
  • Hémorragie diverticulaire: En dehors des infections, les diverticules peuvent saigner (hémorragie), le plus souvent sous la forme d’une émission brutale de sang rouge par l’anus (rectorragie). Les hémorragies sont dues à l’ulcération d’un vaisseau de la muqueuse diverticulaire. Survenant brutalement, sans aucun signe annonciateur, elles peuvent être très abondantes. Leur évolution est imprévisible. Elles peuvent aussi bien s’arrêter que se poursuivre plusieurs jours. Mais lorsqu’elles cessent, la récidive à moyen ou long terme n’est pas fréquente (10 à 15 % des cas).
  • Autres complications: D’autres complications peuvent survenir comme des fistules (communication du côlon avec un organe de voisinage tels la vessie, l’intestin grêle ou le vagin) ou de sténose (un rétrécissement inflammatoire du diamètre du côlon qui peut faire suite à l’infection). L’apparition d’une constipation ou d’une occlusion du côlon peuvent témoigner de la formation d’une sténose inflammatoire.

Signes d'alarme

Les signes d’alarmes sont ceux qui font craindre une complication des diverticules comme une douleur au niveau de la fosse iliaque gauche (région de l’abdomen située à gauche en bas de l’ombilic) brutale ou inhabituelle, très intense, accompagnée de fièvre pas forcément très élevée et éventuellement de troubles du transit et de signes urinaires. Ce peut être des brûlures, une envie fréquente d’uriner (pollakiurie) causées par un abcès au contact de la vessie, une fécalurie (présence de matières fécales dans l'urine) ou une pneumaturie (présence d'air ou de gaz dans les urines).

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Diagnostic de la diverticulose colique

La diverticulose est souvent découverte fortuitement lors d'un examen médical effectué pour d'autres raisons. Les examens suivants peuvent être utilisés pour diagnostiquer la diverticulose et ses complications :

  • Coloscopie: Il s’agit d’insérer un instrument appelé coloscope par l’anus afin de visionner l’intérieur du côlon. La découverte de diverticules est généralement le fait d’une coloscopie : les orifices de ces petites cavités sont bien vus au cours de cet examen.
  • Scanner abdomino-pelvien: Le scanner abdomino-pelvien est recommandé en première intention pour le diagnostic et la recherche de complications chez un patient suspect de diverticulite aiguë sigmoïdienne. Une injection intraveineuse de produit de contraste systématique est recommandée en l’absence de contre-indication. En cas de diverticulite, un scanner abdominal doit être demandé en urgence ainsi qu’une prise de sang pour confirmer le diagnostic et évaluer sa gravité (simple inflammation, abcès intra-abdominal ou péritonite).
  • Tomodensitométrie abdominale (scanner).
  • Lavement baryté: Dans les formes compliquées, le diagnostic fait appel à d’autres explorations. En cas d’infection, hormis les cas où existe d’emblée une péritonite, imposant une opération d’urgence sans plus d’explorations, les deux examens les plus utiles sont le lavement radio opaque, et, surtout maintenant, le scanner abdominal. Il permet de voir les diverticules, la réaction inflammatoire qui entoure le côlon, et la présence éventuelle d’un abcès.
  • Échographie abdominale: Souvent l’échographie fournit des renseignements très voisins. L’échographie abdominale n’est pas recommandée comme premier examen d’imagerie.

Traitement de la diverticulose colique

La diverticulose colique non compliquée ne nécessite pas de traitement particulier, en dehors d’un traitement purement symptomatique. Nul besoin de traiter une diverticulose. La diverticulose banale ne nécessite ni opération ni médicament. En cas de symptômes comme des saignements rectaux, un régime adapté et la prise de laxatifs peut être conseillée.

Prévention

En matière de prévention, on peut recommander de consommer des repas bien équilibrés et riches en fibres, et de boire en quantité suffisante. En effet, les fibres et les liquides permettent de ramollir les selles et limitent une pression trop forte contre la paroi du côlon. Un régime riche en fibres est recommandé. En cas de symptômes, une prise en charge des facteurs de risque peut être proposée. Elle consiste généralement à conseiller un régime alimentaire plus riche en fibres, une augmentation des apports hydriques, une activité physique régulière et un arrêt du tabac.

Contrairement à une idée reçue, les fruits à coque (noix, noisettes, amande, pistaches …), le blé et le maïs ne sont absolument pas déconseillés en cas de diverticulose.

Aucun traitement n’a démontré sa capacité à prévenir les diverticulites et les récidives de diverticulite. Que ce soit en prévention de la formation de diverticules ou vis-à-vis du risque de diverticulite, aucune étude n’a mis en évidence le rôle des fibres, de même, l’augmentation de l’activité physique, la réduction du tabagisme, la consommation d’alcool ou de boissons caféinées ne préviennent pas les diverticulites.

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Traitement de la diverticulite

La diverticulite, quant à elle, se traite par des antibiotiques. Elle peut nécessiter une hospitalisation.

En cas de diverticulite aiguë non compliquée, la prescription d’antibiotiques peut être nécessaire, mais uniquement lorsque le traitement médical symptomatique par antidouleurs et laxatifs est inefficace. L’antibiothérapie, encore prescrite larga manu serait, dans l’immense majorité des cas, inutile ; des études ayant démontré que l’évolution était identique sous antibiotiques ou non. En revanche, la diverticulite compliquée requiert une antibiothérapie par voie intraveineuse.

En cas de diverticulite compliquée, une antibiothérapie par voie intraveineuse est recommandée associant amoxicilline-acide clavulanique et gentamicine, ou céfotaxime et métronidazole, ou ceftriaxone et métronidazole. En cas d’allergie prouvée, une association lévofloxacine, gentamicine et métronidazole est recommandée. En l’absence d’argument scientifique, la durée de l’antibiothérapie ne peut pas faire l’objet de recommandations.

La diverticulite non compliquée est définie au scanner par un stade Hinchey Ia. En l’absence de comorbidité significative et/ou de contexte social défavorable, la réalisation de ce traitement est recommandée en ambulatoire. Dans cette situation, une surveillance clinique est recommandée. Une alimentation non restrictive est recommandée au cours du traitement de la diverticulite non perforée si elle est tolérée.

Chirurgie

Pour l’ensemble des complications - péritonite, fistules ou sténose - l’intervention chirurgicale est incontournable avec l’ablation de la partie du côlon où siègent les diverticules en cause. En fin de compte, on opère en cas de récidive de la diverticulite et si des complications apparaissent.

La colectomie prophylactique, c’est-à-dire la résection d’une partie du côlon en prévention de la survenue ou de la récidive de complications, fait débat. De nombreuses colectomies prophylactiques ne sont pas justifiées, d’autant que 25 % des colectomies prophylactiques entraînent des complications, une mortalité hospitalière de 7 % et la nécessité d’une stomie (poche recueillant les selles sur la paroi abdominale parfois appelée « anus artificiel ») dans 6 % des cas. Une colectomie prophylactique peut être discutée en cas de diverticulite compliquée (abcès, sténose symptomatique) ou de diverticulites répétées impactant la qualité de vie.

Les indications de résection chirurgicale en urgence dans la diverticulite aiguë droite sont superposables à celles de la diverticulite sigmoïdienne. Il est recommandé de proposer une sigmoïdectomie élective en cas de symptômes persistants après une poussée (incluant la smoldering diverticulitis [diverticulite subintrante]) ou de récidives fréquentes impactant la qualité de vie. La résection doit emporter la zone siège de la ou des poussées inflammatoires. L’ensemble du côlon sigmoïde doit être réséqué de façon systématique.

Médicaments à risque

La prise de médicaments corticoïdes, d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l’aspirine et de traitements de chimiothérapie, favorise les complications infectieuses des diverticules.

Diverticulose et cancer

Non. Les diverticules ne « dégénèrent » pas en cancer. Certains pensent que la présence de polypes coliques est, plus fréquente sur les côlons diverticulaires, mais cela n’est pas prouvé. En revanche, il peut être difficile, en présence d’un rétrécissement du côlon, de faire le partage entre le diagnostic de cancer et celui de complication diverticulaire.

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