Introduction

Les pieuvres, créatures marines fascinantes, appartiennent au genre Octopus. Elles se distinguent par leurs huit bras et leur corps en forme de sac. Cet article explore la distribution géographique de ces animaux remarquables, en mettant l'accent sur le poulpe commun (Octopus vulgaris) et d'autres espèces.

Caractéristiques générales des pieuvres

Les pieuvres sont des céphalopodes à huit bras, connectés par une sangle interbrachiale. Leur corps est globuleux, et leurs ventouses sont rondes et symétriques, sans anneau corné. Le terme "poulpe" vient du grec et signifie "plusieurs pieds".

Morphologie

Le corps du poulpe est constitué d'une tête globulaire portant de chaque côté des yeux caractérisés par leur pupille horizontale. La tête est prolongée par un corps musculeux (le manteau) qui contient les organes. Le manteau se découpe en plusieurs lobes tentaculaires garnis de deux rangées de ventouses. Les huit bras en étoile sont réunis par une membrane inter-brachiale et forment une couronne au centre de laquelle s'ouvre le bulbe buccal avec le « bec de perroquet ». La partie ventrale du manteau est entaillée par une large fente (fente palléale) vers la cavité palléale où se trouvent les branchies (respiration) et les viscères. Issu de cette cavité un entonnoir renversé, le siphon latéral, forme une sorte de tuyère qui sert à chasser l'eau de la cavité palléale sous l'effet des contractions du manteau. Le principe de réaction réalisé par cet entonnoir permet un déplacement propulsif unique dans la nature.

Alimentation et comportement

Le poulpe est un animal carnivore qui se nourrit principalement de crustacés, bivalves et mollusques. Il chasse à vue et capture ses proies à l'aide de ses tentacules. Les proies sont ensuite broyées par les mâchoires en forme de bec de perroquet, et par la radula, une longue langue recouverte de dents. Les glandes salivaires sécrètent un cocktail de neurotoxines qui sont injectées aux proies.

Le poulpe commun est de tendance solitaire. Il a pour habitude de ramener la nourriture à sa "tanière". Discret, il utilise son mimétisme pour se fondre dans les fonds rocheux.

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Distribution géographique du poulpe commun (Octopus vulgaris)

Le poulpe commun se rencontre dans les eaux tempérées et subtropicales du monde entier. Il abonde tout particulièrement en Méditerranée et en Atlantique Nord-Est, de la Manche au Sénégal, en passant par les îles des Açores, des Canaries et du Cap Vert. En France métropolitaine, il est présent sur tout le bassin méditerranéen et sur toute la façade atlantique. La limite actuelle de sa distribution (2013) semble s'arrêter en Manche Ouest sur les côtes nord de Bretagne ou de Normandie. Anciennement connu des côtes normandes et jusqu'au sud de la mer du Nord (France et Belgique) dans la première moitié du XXe siècle, il semble y avoir disparu depuis quelques dizaines d'années.

Habitat

Le biotope caractéristique du poulpe est le milieu benthique côtier de substrat rocheux, des rivages jusqu'à la limite supérieure du plateau continental (environ 150 m). De nombreuses observations montrent que la densité en poulpes décroît avec la profondeur. Le coralligène et les amas rocheux sont privilégiés par les poulpes, mais les fonds sableux ou vaseux et les herbiers sont en certaines régions très fréquentés. Les facultés mimétiques du poulpe lui permettent de se confondre avec n'importe quel milieu.

Casanier, le poulpe a un comportement territorial, chaque animal a son propre gîte. Sédentaire, il semble cependant obéir à des migrations en période de ponte (zones tempérées où la reproduction est saisonnière).

Autres espèces de pieuvres et leur distribution

Bien que le poulpe commun soit l'espèce la plus étudiée, d'autres espèces de pieuvres présentent des caractéristiques et des distributions distinctes.

  • Callistoctopus macropus (ou poulpe nocturne): Reconnaissable à ses bras plus fins et marqués d'une rangée de points blancs phosphorescents.
  • Genre Eledone: Les élédones n'ont qu'une seule rangée de ventouses sur leurs bras et sont moins mimétiques.

Les espèces du genre Octopus se rencontrent dans presque toutes les mers et océans du monde.

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Adaptation et camouflage

Le poulpe présente une impressionnante capacité de camouflage. Le changement de couleur est rendu possible par trois types de cellules situées dans sa peau :

  • Chromatophores: Responsables de la plus grande part des changements de couleur. Ils fonctionnent comme un petit sac de pigment qui, lorsqu'il fait varier son degré de contraction, forme une tâche colorée très réduite ou très étalée. Il existe cinq couleurs différentes de pigment : jaune, orange, rouge, brun, et noir.
  • Leucophores: Situés plus profondément dans la peau, ils apportent la composante blanche. Ils contiennent des structures sphériques qui renvoient la lumière et paraissent ainsi blanches.
  • Iridophores: Réfléchissent seulement certaines longueurs d'onde et sont responsables des couleurs bleues et vertes iridescentes.

Le poulpe, comme de nombreux autres céphalopodes, possède ainsi des capacités extrêmement sophistiquées de camouflage.

Reproduction et cycle de vie

Les membres de la famille des octopodidae ont adopté deux types de stratégies de reproduction. La première consiste en la production de gros œufs peu nombreux qui donnent naissance à des jeunes qui ressemblent aux adultes et qui adoptent rapidement la vie benthique (sur le fond de l'eau). Le poulpe commun fait appel à la deuxième stratégie : il produit de nombreux petits œufs (la femelle dépose ainsi 120 à 400 000 œufs en rubans dans des crevasses ou des trous) qui donnent naissance à des jeunes (des paralarves) assez différents des adultes et menant une vie planctonique et qui après une quarantaine de jours se métamorphoseront ensuite en adultes menant une vie benthique.

Après l'accouplement qui peut durer quelques heures, la femelle pond pendant quinze à trente jours, selon sa taille, de 70 000 à 600 000 œufs d'environ 2,5 mm chacun, rassemblés dans des dizaines de grappes qu'elle fixe à la voûte de sa tanière. Elle les protège et les entretient sans se nourrir. L'incubation variant selon la température (20 à 30 jours 25 °C, 100 à 120 jours à 13 °C). Elle meurt au bout d’un mois, précédant de quelques semaines le mâle. Le juvéniles sortent de leur œuf en utilisant la propulsion créée par des contractions du manteau, et nage immédiatement en pleine eau pour rejoindre le large. La phase planctonique est influencée par la température, allant de 33 jours à 25 °C à 60 jours à 21 °C.

Interactions avec l'homme et statut de conservation

Les poulpes, comme la plupart des céphalopodes, sont très prisés en gastronomie. Ils sont pêchés sur tout le bassin méditerranéen depuis l'antiquité. En Méditerranée, il est interdit de pêcher le poulpe commun dans le Parc National des Calanques (13) entre le 1er juin et le 30 septembre pour le protéger pendant sa période de reproduction.

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Les pêches mondiales ont décliné depuis un pic à plus de 100 000 tonnes dans les années 70 jusqu’à 20 à 30 000 tonnes ces dernières années. La forte demande suscite un intérêt croissant pour l’élevage, le principal problème réside dans l’élevage et la maintenance du stade larvaire planctonique (quatre espèces de céphalopodes, dont O. vulgaris, sont actuellement élevées en écloserie).

Le poulpe commun est inscrit depuis 2018 dans la Liste rouge mondiale de l'UICN au statut LC (Least Concern, soit préoccupation mineure).

Menaces et conservation

La surpêche, la destruction de leur habitat naturel et la pollution marine sont autant de facteurs qui mettent en péril leur survie. Pour contrer ces menaces, des mesures de protection ont été mises en place dans certaines régions. Dans les parcs nationaux marins de Port-Cros et Porquerolles, on remarque par exemple l'interdiction de la pêche des poulpes pendant leur période de reproduction, entre le 1er juin et le 30 septembre. Cependant, ces mesures de protection sont souvent limitées et insuffisantes pour garantir la survie à long terme des poulpes. Pour renforcer leur conservation, il serait nécessaire d'étendre les zones protégées sur tout le littoral français et de réglementer davantage les activités de pêche pour les amateurs.

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