La diarrhée est un problème courant chez les bébés et peut causer de l'anxiété chez les parents. Cependant, avec une planification et un bon jugement, il est possible de gérer cette situation sans paniquer.
Qu'est-ce que la diarrhée chez le nourrisson ?
La diarrhée chez les nourrissons est caractérisée par des selles très fréquentes (plus de 3 fois par jour selon l'Organisation mondiale de la santé) et une consistance liquide. Cette fréquence et cette évolution doivent être alarmantes, surtout si les selles deviennent de plus en plus nombreuses et liquides d'heure en heure.
Cependant, il existe des cas où les selles sont simplement molles mais sans augmentation significative de la fréquence, comme après un traitement antibiotique, pendant les poussées dentaires ou pendant un rhume avec un écoulement nasal important. Dans ces situations, la diarrhée n'est pas nécessairement présente et l'état intestinal redevient généralement normal avec un peu de patience. En cas de doute, consultez votre médecin.
Si votre bébé est allaité exclusivement, ses selles doivent sans doute avoir un aspect jaune d’or, parfois verdâtre, une apparence grumeleuse et non moulée. Une texture molle voire liquide est donc tout à fait normale si votre bébé est allaité. Une couleur verte peut être due au fait que votre bébé a une alimentation riche en lactose, notamment s’il ne vide pas bien le sein lors de la tétée. Ainsi, il ne prend que le sucre et pas assez le gras présent dans le lait, ce qui cause cette couleur verdâtre. Dans ce cas, stimulez-le lors de la tétée pour l’inciter à téter plus longuement, et ainsi bénéficier de tous les bienfaits de l’allaitement.
Entre l’âge de 4 et 6 mois, lorsque votre bébé commencera la diversification alimentaire, il est probable que ses selles connaissent de nouveaux changements. En effet, de même qu’un changement soudain de lait ou la prise de médicaments, ces facteurs peuvent provoquer chez votre bébé une constipation passagère ou l’apparition de selles liquides, signe que son organisme réagit.
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Quand la diarrhée devient-elle inquiétante ?
La gastro-entérite aiguë est la principale cause de diarrhée chez les nourrissons. Elle survient souvent en épidémie hivernale et se traduit par une diarrhée évoluant progressivement, semblable à un rhume : les symptômes débutent doucement, s'intensifient pendant quelques jours, puis diminuent. Ce type d'infection est virale et se transmet par voie fécale-orale, notamment via les mains contaminées ou des surfaces infectées, où le virus peut survivre plusieurs jours.
Le risque essentiel lié à la diarrhée chez les bébés, surtout entre 1 et 6 mois, est la déshydratation, qui peut être grave et nécessiter une attention médicale rapide. La diarrhée aiguë - ou gastroentérite aiguë - est le deuxième motif de consultation urgente de l’enfant, après les infections des voies aériennes supérieures. Les rotavirus sévissent par épidémies hivernales, causant des déshydratations potentiellement graves chez les nourrissons durant la première année de vie. En effet, la diarrhée est profuse, associée à des vomissements dans trois quarts des cas et à de la fièvre, nécessitant le plus souvent une hospitalisation. Dans les pays à forte couverture vaccinale, les rotavirus ont été remplacés par les norovirus. Elles sont beaucoup plus rarement impliquées. La diarrhée aiguë peut aussi être la première manifestation d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Elle peut exister en cas de tumeur digestive ou avoir une origine endocrinienne. Les « fausses diarrhées » sont aisément reconnaissables.
Si les selles de votre bébé sont très liquides et surviennent en abondance, et de manière fréquente (plus de 6 fois par jour pour les bébés allaités et plus de 3 fois par jour pour les enfants nourris au biberon), celui-ci souffre sûrement de diarrhée aiguë. L’apparition de ces signes peut par ailleurs être évocatrice d’une infection telle que la gastro-entérite, par exemple.
Devant une diarrhée aiguë, le plus important et urgent est d’en apprécier la gravité immédiate ou les facteurs possibles d’exacerbation rapide. Dans tous les autres cas, la prise en charge peut être effectuée à domicile. Pour une perte de poids d’environ 3 %, des signes cliniques apparaissent et leur nombre augmente avec l’importance de la déshydratation. Cependant, aucun signe n’est suffisamment sensible ni spécifique. Si le maintien à domicile est décidé, il est indispensable de donner aux parents les éléments leur permettant de savoir quand et pourquoi reconsulter, voire hospitaliser. Toutes les recommandations données aux parents doivent être écrites (impératif médicolégal). Il faut s’assurer qu’elles sont bien comprises, apprécier les compétences de surveillance et de réactivité de l’entourage.
Signes d'alerte
Il est important de consulter rapidement un médecin si votre bébé présente les signes suivants :
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- Des vomissements fréquents dès qu'il boit ou mange.
- Une sécheresse de la bouche ou des muqueuses.
- Des selles très fréquentes, toutes les deux ou trois heures, parfois contenant du sang.
- Une somnolence inhabituelle, une faible réactivité.
- Une fontanelle enfoncée ou un teint pâle/gris.
- Une perte de poids significative.
- Une forte fièvre ou des frissons
- La persistance de la diarrhée plus de 48 heures
Comment prendre soin de bébé en cas de diarrhée ?
Pour limiter les risques de déshydratation, pensez à bien réhydrater votre bébé. Votre médecin pourra vous recommander l’utilisation d’un soluté de réhydratation orale (SRO), disponible en pharmacie, qui contient un mélange équilibré d’eau, sels minéraux et sucre, favorisant une meilleure absorption. Il est conseillé, dans l’idéal, d’administrer de petites quantités régulièrement (environ 5 ml toutes les 5 minutes), aussi souvent que possible.
Dès les premiers signes de diarrhée, pesez votre bébé. Si la diarrhée est aiguë, compensez les pertes en eau et en sels minéraux avec des boissons contenant des sels minéraux et du sucre : les solutés de réhydratation. Ces mélanges sucré-salé sont acceptés facilement par les nourrissons. Les enfants plus grands les apprécient moins en raison de leur goût. Chez le nourrisson : donnez-lui seulement des solutés de réhydratation à volonté pendant six heures. S’il a plus de 2 mois, vous pouvez ensuite alterner les solutés de réhydratation et le lait (allaitement ou lait artificiel). S’il a moins de 2 mois, l'utilisation d'un aliment lacté diététique (contenant un hydrolysat de protéines) est préconisée par certains experts. Chez l’enfant plus grand : veillez à ce qu’il boive suffisamment (boissons sucrées, bouillons de légumes, jus de pomme ou solutés de réhydratation).
Si votre bébé est allaité, poursuivez l’allaitement normalement ; avec un lait infantile, reprenez l’alimentation lactée quelques heures après le début de la réhydratation. Après la reprise de l’alimentation, des biberons de SRO peuvent être proposés entre les repas tant que la diarrhée persiste. La reconstitution se fait avec un sachet de soluté pour 200 mL d’eau faiblement minéralisée, sans ajout d’autres substances. Les volumes proposés à l’enfant varient en fonction de son âge, de l’intensité de la diarrhée et de la déshydratation. L’enfant peut boire à volonté, car il est capable d’adapter parfaitement ses apports à ses besoins hydriques ; il n’existe aucun risque d’apport excessif.
Dans les cas sévères, une hospitalisation peut se révéler nécessaire, au cours de laquelle l’enfant sera réhydraté par voie intraveineuse.
Alimentation adaptée en cas de diarrhée
Pour les bébés déjà diversifiés, certains aliments contribuent à améliorer le transit intestinal et réduire la diarrhée :
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- Les aliments riches en amidon comme le riz, les pâtes, le pain blanc (éviter le complet), et l’eau de cuisson du riz. Traditionnellement, riz, carottes, bananes, pommes crues, compote de pommes-coings, myrtilles, pommes de terre, volaille.
- Les fruits riches en pectines, comme la compote de pommes, de coings ou la banane bien mûre.
- Les légumes cuits et doux comme la purée de carottes.
- Les viandes maigres, telles que le poulet ou la dinde.
Évitez d’aggraver la diarrhée avec des aliments difficiles à digérer (légumes verts, viandes, fruits acides, par exemple). Mettez ses intestins au repos le temps de leur permettre de cicatriser et proposez-lui des aliments antidiarrhéiques : riz (ou eau de riz), pommes râpées ou en compote, bananes, gelée ou compote de coing.
À l’inverse, il est préférable d’éviter les aliments riches en fibres comme les légumes verts crus, les crudités, les fruits acides et les céréales complètes, qui peuvent aggraver le transit.
Après une diarrhée très sévère, on peut craindre une sensibilisation secondaire aux protéines de lait de vache. Pour l’éviter, certains préconisent d’utiliser les hydrolysats poussés de protéines (HPP) ou de riz. Lorsque l’alimentation est déjà diversifiée (4 à 6 mois et au-delà), la réintroduction du lait est complétée par des aliments naturels permettant d’augmenter l’apport calorique
Médicaments
Peu de médicaments ont fait la preuve de leur efficacité ; ils ne peuvent se substituer à la réhydratation orale. Son interprétation doit être prudente. Toutes les diarrhées à shigelles - quel que soit le type - doivent être traitées en première intention par l’azithromycine (20 mg/kg/j pendant 3 jours). L’antibiothérapie doit être réservée aux formes systémiques (fièvre typhoïde), aux enfants de moins de 3 mois ou atteints de drépanocytose, aspléniques ou porteurs d’un déficit immunitaire connu. Elles sont souvent dues à Campylobacter ou aux calicivirus.
S’il craint une infection intestinale bactérienne ou parasitaire, le médecin fera faire une analyse des selles. S’il l’estime nécessaire, il prescrit des médicaments antidiarrhéiques pour ralentir le transit, voire des antibiotiques.
Chez les enfants, mieux vaut ne jamais utiliser les médicaments antidiarrhéiques disponibles sans ordonnance.
Les antidiarrhéiques ont pour but de diminuer le nombre de selles et donc la déshydratation. Leur utilisation n'est pas systématique. Elle ne dispense pas des mesures diététiques et de la réhydratation. Le racécadotril est un antidiarrhéique de la famille des antisécrétoires intestinaux. La diosmectite est un pansement digestif à base d’argile. Elle réduit le nombre de selles mais n’a pas d’efficacité prouvée sur la prévention de la déshydratation. Les antidiarrhéiques dits d’origine microbienne contiennent des germes ou des levures déshydratés destinés à restaurer la flore intestinale. Leur efficacité n'est pas établie dans la gastroentérite de l'enfant. Le lopéramide est un ralentisseur du transit.
Solutés de réhydratation orale (SRO)
Seuls les solutés de réhydratation orale vendus en pharmacie doivent être utilisés. S’ils sont prescrits par un médecin, ils sont pris en charge par l’Assurance maladie pour les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans atteints de diarrhée aiguë. Ils sont équilibrés et adaptés aux besoins des nourrissons et/ou des enfants. Ils se composent principalement d’eau, de sels minéraux et de sucre, dans des proportions identiques à ce que l’enfant perd du fait de sa diarrhée. Le sucre apporte de l’énergie, réduit les vomissements et facilite l’absorption par l’intestin du sel et de l’eau. La solution est préparée en diluant la poudre avec une eau minérale faiblement minéralisée. Elle doit être conservée au réfrigérateur et utilisée dans les vingt-quatre heures. Elle doit être proposée à boire au bébé ou à l’enfant régulièrement, plusieurs fois par heure au début.
Prévention et hygiène
Pour éviter la transmission des virus responsables de la diarrhée (notamment la gastro-entérite à rotavirus), il est essentiel de :
- Se laver souvent les mains, avant et après le change de bébé.
- Nettoyer et désinfecter régulièrement les objets et surfaces.
- Aérer les pièces fréquemment.
- Utiliser du matériel de repas individuel (verres, couverts).
La coproculture systématique n’a pas d’intérêt puisque la grande majorité des diarrhées aiguës du nourrisson sont d’origine virale. Ses indications indiscutables sont peu nombreuses : diarrhée glairosanglante, au retour d’un pays tropical ou prolongée. Dans ces situations, un examen parasitologique des selles est également utile.
Vaccination contre les rotavirus
Une vaccination contre les rotavirus est également recommandée chez les nourrissons de 6 semaines à 6 mois. Cette vaccination constitue une prévention efficace contre les gastro-entérites sévères et leurs complications. Les gastroentérites aiguës les plus sévères du jeune nourrisson sont, en général, liées au rotavirus.
Rotateq (vaccin pentavalent) : trois doses dont la première à partir de l’âge de 6 semaines et au plus tard à l’âge de 12 semaines, avec un intervalle entre chaque dose d’au moins quatre semaines. Il est préférable que le schéma de vaccination en trois doses soit terminé à l’âge de 20 - 22 semaines. L’efficacité de ces vaccins est largement démontrée dans les pays qui les ont généralisés. La Haute Autorité de santé a levé la suspension qu’elle avait émise, et recommande, depuis le 23 juin 2022, cette vaccination chez les nourrissons de 6 semaines à 6 mois.
L’éviction de l’enfant des collectivités est obligatoire pour les shigelloses, les diarrhées à Escherichia coli entérohémorragiques et la fièvre typhoïde.
Diarrhée chronique
Lorsqu’une origine organique a été éliminée, on parlera alors de diarrhée fonctionnelle. La diarrhée fonctionnelle est extrêmement fréquente chez l’enfant à partir de l’âge de un an. Elle peut durer parfois jusqu’à l’âge de cinq ans. Ce sont des selles qui sont souvent molles, nauséabondes, abondantes, pouvant déborder de la couche et contenant des débris alimentaires. Il peut exister des facteurs aggravants comme une infection, une poussée dentaire, une vaccination, une alimentation qui est trop riche en fibres, trop riche en crudités, trop riche en sucres, qui peut alors augmenter la fréquence des selles. Ces selles très liquides peuvent parfois irriter la peau et donc donner un érythème fessier. Et l’enfant peut aussi également se plaindre de douleurs abdominales. Mais le plus souvent cette diarrhée est sans conséquence. L’enfant va bien, il a une croissance normale, un examen normal et ne se plaint de rien.
Comment définir la diarrhée chez l’enfant ? Une diarrhée devrait être en théorie définie par le volume des selles. Mais en pratique, c’est bien sûr difficile. Donc on définit une diarrhée plutôt par la modification de la consistance des selles, devenant plus liquides à plus molles qu’habituellement, elles sont plus ou moins abondantes et plus ou moins fréquentes. On parle d’une diarrhée chronique à partir du moment où la diarrhée dure plus de 2 à 4 semaines en règle générale.
Les causes organiques sont nombreuses, mais sont finalement peu fréquentes. Elles sont aussi très variables en fonction de l’âge. Chez le nouveau-né, il est indispensable d’avoir une consultation médicale, et ce d’autant plus si l’enfant ne grossit pas. Les causes peuvent être congénitales avec des diarrhées liées à des anomalies de la muqueuse de l’intestin. Mais la cause la plus fréquente est l’allergie aux protéines de lait de vache. Chez l’enfant plus grand, les diarrhées d’origine organique sont beaucoup plus rares, mais il faut se méfier s’il y a du sang dans les selles, si la croissance staturo pondérale est mauvaise, s’il y a une perte de poids, s’il y a d’autres signes associés, un ballonnement important, une fatigue, une anorexie, des difficultés alimentaires. À ce moment-là, on ira voir le médecin, pour avoir un examen approfondi et des examens complémentaires seront effectués. Les principales maladies qu’on recherche chez l’enfant dans la diarrhée chronique sont la maladie cœliaque et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Traitement de la diarrhée chronique
En cas de cause organique, il faudra bien sûr adapter le traitement à la cause. Par exemple, en cas de maladie cœliaque, il faudra bien sûr faire un régime sans gluten, en cas de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, il faudra donner des traitements anti-inflammatoires afin de diminuer l’inflammation intestinale.
En cas de diarrhée fonctionnelle, le plus souvent, il n’est pas nécessaire de faire un quelconque traitement. Peu de traitements sont efficaces. Les probiotiques n’ont pas nécessairement montré une amélioration, mais parfois ils sont utilisés. Il faut par contre faire un interrogatoire précis de l’alimentation parce que les modifications en diététique peuvent améliorer cette diarrhée, par exemple en diminuant les fibres ou les sucres fermentescibles qu’on appelle aussi FODMAPs, cela peut améliorer la consistance des selles.
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