Après l'accouchement, la question de la contraception devient une préoccupation importante pour de nombreuses femmes. Le désogestrel, un progestatif de synthèse, est souvent envisagé comme une option contraceptive post-partum. Cet article vise à fournir une information détaillée et structurée sur l'utilisation du désogestrel après l'accouchement, en tenant compte des différents aspects tels que le moment de l'initiation, l'efficacité, les effets secondaires potentiels, et les considérations spécifiques pour les femmes qui allaitent.
Introduction
La période post-partum est une phase de transition importante pour les femmes, marquée par des changements physiologiques et hormonaux significatifs. La contraception post-partum est essentielle pour permettre aux femmes de planifier leurs futures grossesses et d'éviter les grossesses non désirées. Le désogestrel est une option contraceptive hormonale qui peut être envisagée après l'accouchement, en particulier pour les femmes qui allaitent ou qui présentent des contre-indications aux œstrogènes.
Quand reprendre la pilule après l'accouchement ?
Après l’accouchement, vous pouvez tomber enceinte si vous n’utilisez pas de méthode contraceptive. En effet, 21 jours après l’accouchement, l’ovulation reprend, même sans le retour de vos règles. En cas de rapport sexuel non protégé à partir du 21e jour, la fécondation est donc possible. Néanmoins, si vous allaitez votre bébé de manière exclusive pendant les 6 premiers mois et suivant certaines conditions, il est possible que le retour de l’ovulation soit repoussé grâce à la production de prolactine. En suivant cette méthode, le risque de grossesse à 6 mois n’est pas écarté bien qu’il soit inférieur à 2 %. La contraception post-partum n’est pas nécessaire avant le 21e jour après votre accouchement, car l’ovulation n’a pas encore repris.
Si vous n’allaitez pas, à partir du 21e jour après l’accouchement, il est possible que vous tombiez à nouveau enceinte, même avant le retour de vos règles, d’où l’importance d’une contraception adéquate. La date de reprise du contraceptif après l’accouchement dépend de la méthode de contraception choisie. Vous pouvez prendre la pilule microprogestative ou demander la pose d’un implant progestatif à partir du 21e jour après l’accouchement. Vous pouvez opter pour la pilule combinée ou oestroprogestative à partir du 42e jour après l’accouchement, à condition que vous n’allaitiez pas. Ce délai peut être raccourci à 21 jours si vous ne présentez pas de facteur de risque thrombo-embolique veineux ni d'autres contre-indications. Vous pouvez demander la pose d’un stérilet au cuivre ou au lévonorgestrel 4 semaines suivant l’accouchement par voie basse. Cependant, il est possible d’effectuer la pose d’un stérilet au cuivre sans hormone 48 heures après l’accouchement, mais ceci n’est pas d’usage courant. En cas d’accouchement par césarienne, la pose du stérilet s’effectue uniquement après 12 semaines.
Qu'est-ce que le désogestrel ?
Le désogestrel est un progestatif de synthèse utilisé dans les pilules contraceptives uniquement progestatives (POP), également appelées pilules microprogestatives. Contrairement aux pilules combinées, les pilules de désogestrel ne contiennent pas d'œstrogènes. ELFASETTE et DESOGESTREL BIOGARAN sont des exemples de médicaments contenant du désogestrel.
Lire aussi: Tout savoir sur les effets du Désogestrel Biogaran
Mécanisme d'action
L'effet contraceptif du désogestrel est principalement lié à l'inhibition de l'ovulation. Au cours d'une étude, la fréquence de l'ovulation a été de 1 % chez les femmes utilisant le désogestrel. De plus, le désogestrel modifie la glaire cervicale, rendant plus difficile le passage des spermatozoïdes.
Pharmacocinétique
Après une prise orale, le désogestrel est rapidement absorbé et converti en étonogestrel (ENG), son métabolite actif. L'ENG est éliminé avec une demi-vie d'environ 30 heures. Les taux plasmatiques à l'état d'équilibre sont atteints après 4 à 5 jours.
Quand commencer le désogestrel après l'accouchement ?
Il est recommandé de commencer ELFASETTE n'importe quel jour entre les jours 21 et 28 après un accouchement ou un avortement du 2e trimestre. Si le traitement est commencé plus tard, il est conseillé d'utiliser une méthode barrière supplémentaire pendant les 7 premiers jours de prise des comprimés.
Recommandations spécifiques
- Après un avortement du premier trimestre: Il est recommandé de débuter le traitement immédiatement.
- En relais d'une autre contraception hormonale: La femme peut commencer ELFASETTE le jour suivant la prise du dernier comprimé actif de son précédent contraceptif oral combiné (COC) ou le jour du retrait de l'anneau vaginal ou du patch transdermique. En relais d'une pilule microprogestative, la femme peut faire le relais n'importe quel jour. En relais d’un implant ou d'un SIU : le jour de leur retrait ; en relais d'un progestatif injectable, le jour prévu pour l’injection suivante.
Utilisation du désogestrel pendant l'allaitement
D'après les données disponibles, le désogestrel peut être utilisé pendant l'allaitement. Le désogestrel ne semble pas influer sur la production ou la qualité du lait maternel. De petites quantités d'étonogestrel sont excrétées dans le lait maternel, mais les données à long terme disponibles chez les enfants exposés à l'étonogestrel via le lait maternel n'ont pas montré de différences significatives en termes de croissance, de développement physique et psychomoteur.
Comment prendre le désogestrel ?
La prise du premier comprimé doit commencer le premier jour du cycle naturel de la femme (c'est-à-dire le premier jour des règles). Prendre régulièrement, et sans oubli, 1 comprimé par jour à la même heure, sans interruption entre 2 plaquettes. Cette pilule doit être impérativement prise chaque jour à la même heure.
Lire aussi: Bébé : couche propre, ventre plein ?
Que faire en cas d'oubli ?
Si l'oubli est constaté plus de 12 heures après l'heure normale de la prise, la femme devra utiliser une méthode de contraception supplémentaire pendant les 7 jours suivants. Si des vomissements se produisent dans les 3-4 heures qui suivent la prise d'un comprimé, l'absorption peut ne pas être complète.
Avantages du désogestrel après l'accouchement
- Convient aux femmes qui allaitent: Le désogestrel est considéré comme sûr pour une utilisation pendant l'allaitement, car il n'a pas d'impact négatif significatif sur la production ou la qualité du lait maternel.
- Absence d'œstrogènes: Le désogestrel ne contient pas d'œstrogènes, ce qui le rend adapté aux femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas utiliser d'œstrogènes.
- Efficacité contraceptive: Le désogestrel est efficace pour prévenir la grossesse, principalement en inhibant l'ovulation.
Inconvénients et effets secondaires potentiels
- Irrégularités des saignements: L'effet indésirable le plus fréquemment rapporté est l'irrégularité des saignements. Jusqu'à 50 % des femmes utilisant le désogestrel peuvent présenter des saignements irréguliers.
- Autres effets secondaires: Les autres effets indésirables les plus fréquemment rapportés (fréquence > 2,5 %) sont l'acné, la modification de l'humeur, les mastodynies, les nausées et la prise de poids.
- Risque de kystes ovariens: Avec tous les contraceptifs hormonaux faiblement dosés, le développement folliculaire persiste et occasionnellement un follicule peut continuer à croître au-delà de la taille qu’il atteindrait au cours d’un cycle normal. En général, ces kystes fonctionnels disparaissent spontanément.
- Risque de grossesse extra-utérine: Traditionnellement, avec les pilules uniquement progestatives, la protection vis-à-vis des grossesses extra-utérines n'est pas aussi bonne qu'avec les COCs, en raison de la survenue fréquente d'ovulations au cours de l'utilisation des pilules uniquement progestatives.
Contre-indications
Le désogestrel est contre-indiqué dans les cas suivants :
- Accident thromboembolique veineux en cours (phlébite, embolie pulmonaire…)
- Hépatite ou antécédent récent d'hépatite
- Certains cancers susceptibles d'être stimulés par les progestatifs (cancer du sein par exemple)
- Saignement génital intermittent (l'origine de ce saignement doit être déterminée par des examens avant la mise en route du traitement)
- En association avec les produits contenant du millepertuis
Interactions médicamenteuses
L'efficacité contraceptive du désogestrel peut être réduite par certains médicaments, tels que les inducteurs enzymatiques hépatiques (par exemple, la rifampicine, la phénytoïne, la carbamazépine, le millepertuis). Il est important d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre et les produits à base de plantes.
Précautions d'emploi
Avant de commencer à prendre le désogestrel, il est important de discuter avec votre médecin de vos antécédents médicaux et de vos facteurs de risque. Un examen gynécologique est recommandé afin d'écarter une grossesse.
Situations nécessitant une surveillance particulière
- Antécédent de grossesse extra-utérine ou d'accident thromboembolique
- Survenue d'une hypertension artérielle
- Diabète
- Ictère (jaunisse) chronique ou apparu lors d'une grossesse
- Antécédent de masque de grossesse (taches de pigmentation brune sur le visage)
Alternatives au désogestrel
Après l’accouchement, vous disposez de plusieurs choix de contraception. En accord avec votre médecin, sage-femme ou gynécologue, il est possible de choisir la plus adaptée à votre corps :
Lire aussi: Allaiter après un mois
- la pilule œstroprogestative ou combinée : pour les femmes qui n’allaitent pas ;
- l’anneau vaginal et le patch transdermique : en cas d’intolérance aux pilules de 1ère et 2e génération ou d’impossibilité de recourir aux autres méthodes de contraception ;
- la pilule microdosée ou progestative (lévonorgestrel ou désogestrel) : pour les femmes allaitantes ;
- l’implant sous-cutané (à l’étonogestrel) : pour une contraception de longue durée ;
- l’injection d’acétate de médroxyprogestérone : en cas d’impossibilité de recourir à une autre méthode contraceptive ;
- le dispositif intra-utérin au cuivre ou lévonorgestrel (stérilet) : si le risque d’infection est écarté avant la pose ;
- D’autres méthodes sont également envisageables en fonction de vos besoins :
- méthode barrière (féminin ou masculin) : pour les partenaires assidus et avertis sur le taux d’échec plus élevé par rapport aux méthodes hormonales ;
- méthode naturelle MAMA : pour les mères qui allaitent exclusivement leur bébé ;
- méthode de stérilisation (ligature, électrocoagulation, pose d’anneaux) : si vous cherchez une méthode « irréversible ».
tags: #desogestrel #après #accouchement #informations
