La naissance d'un enfant est souvent idéalisée comme un moment de pur bonheur. Cependant, la réalité peut être bien différente, et de nombreuses mères sont confrontées à des difficultés psychologiques après l'accouchement. La dépression post-partum (DPP) est un trouble dépressif qui survient dans les semaines ou les mois suivant la naissance, et elle peut toucher toutes les femmes, indépendamment du fait que leur enfant soit handicapé ou non. Cet article explore les complexités de la dépression post-partum, en mettant en lumière les défis spécifiques rencontrés par les mères d'enfants handicapés et en comparant leurs expériences à celles des mères d'enfants sans handicap.

Difficulté maternelle : une réalité légitime

Le « devenir mère » est un processus psychique complexe et individuel. La maternité n’est plus pressentie comme allant de soi, mais comme allant en soi. La difficulté maternelle est un état humain légitime, nécessitant que chacun se sente concerné et impliqué. Il est légitime que les mères puissent évoquer ou laisser apparaître leurs difficultés. Il est essentiel qu’elles soient accompagnées afin de passer ce cap sans traumatisme ni conséquence durable et irréversible. Il n’est plus tolérable qu’elles soient encore abandonnées ou sanctionnées à travers leur difficulté maternelle. Demander à être aidée est déjà un acte maternel.

Les femmes doivent être informées dans le cadre de leur suivi prénatal. On ne peut plus se contenter (corps médical et entourage compris) de leur conseiller la patience ou la résignation et de leur prodiguer quelques paroles de réconfort assorties d’un traitement antidépresseur. La maternité psychique produit ses propres signes cliniques et doit donc être l’objet de soins spécifiques indépendants des soins psychiatriques.

Même si le temps n’est pas compté pour devenir mère… Même s’il est avant tout un temps de bouleversements et de remaniements psychiques incontournables… Même si la maternité psychique est essentiellement imprévisible… Nous pouvons agir en amont, dans un esprit d’information et de prévention.

Nous estimons à notre niveau, que l’information prénatale diffusée à large échelle peut opérer une certaine préparation, voire prévention psychique. En effet, il n’est pire douleur que d’être frappée là où on ne s’y attend pas, là où il nous est impossible de concevoir que l’on puisse développer une « anomalie », une « affection » grave : c’est-à-dire au cœur même de notre capacité à aimer et à donner. qu’une maladie physiologique. Certes, cette information au préalable, que nous croyons utile, possible et aisée ne garantira pas aux femmes de passer à travers cette tempête, mais leur donnera la possibilité de concevoir ces évènements, donc de les prévoir « psychiquement » et le cas échéant de savoir les reconnaître. Ceci leur permettra de savoir vers qui se tourner. Savoir ne protège pas, mais ignorer fragilise.

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Il conviendra toutefois de veiller à ce que l’information donnée, soit dans le cadre médical soit dans un cadre associatif, ne soit pas systématiquement minimisée ou banalisée. Sortir du dogme social qui ordonne que la maternité soit avant tout un évènement heureux de notre vie est essentiel. Cette prévention ne doit pas être orientée exclusivement dans un souci de prévention de la maltraitance infantile. La difficulté maternelle maltraite en priorité les mères. Notre souhait est de changer cet état d’esprit pour que la mère soit considérée avant tout comme une personne et non plus seulement en « patiente ». La difficulté maternelle nous fauche d’autant plus rapidement et brutalement que l’on ignore tout de son existence et de sa violence et qu’elle nous laisse en état de sidération, souvent totalement incapable de réagir.

La pédopsychiatre Françoise Molénat estime que la grossesse constitue une période privilégiée pour soutenir la maternité et l’enfant à venir, car ce soutien doit passer obligatoirement par celui à la mère et du coup il n’en sera que plus respectueux de celle-ci, de son identité et de son histoire.

Dépression post-partum : un aperçu

La dépression post-partum est un trouble complexe qui combine des facteurs physiques, émotionnels et sociaux. Les changements hormonaux drastiques après l'accouchement, le manque de sommeil, les nouvelles responsabilités et l'adaptation à un nouveau rôle peuvent tous contribuer à la DPP. Les symptômes peuvent inclure :

  • Tristesse persistante ou humeur dépressive
  • Perte d'intérêt ou de plaisir dans les activités
  • Changements d'appétit ou de poids
  • Troubles du sommeil
  • Fatigue ou perte d'énergie
  • Sentiment de culpabilité ou de dévalorisation
  • Difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions
  • Pensées de mort ou de suicide

Il est important de distinguer la DPP du "baby blues", qui est un état transitoire de tristesse et d'irritabilité qui touche de nombreuses femmes dans les jours suivant l'accouchement. Le baby blues disparaît généralement en quelques semaines, tandis que la DPP persiste et peut s'aggraver avec le temps.

Les défis supplémentaires pour les mères d'enfants handicapés

L'arrivée d'un enfant handicapé peut exacerber les facteurs de risque de la DPP et créer des défis supplémentaires pour les mères. Ces défis peuvent inclure :

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  • Le choc du diagnostic : Apprendre que son enfant est handicapé peut être un choc émotionnel dévastateur pour les parents. Ils peuvent ressentir de la tristesse, de la colère, de la culpabilité et de l'anxiété face à l'avenir.
  • Le deuil de l'enfant idéal : Les parents peuvent éprouver un sentiment de deuil face à la perte de l'enfant "idéal" qu'ils avaient imaginé. Ils doivent faire le deuil de leurs attentes et s'adapter à une nouvelle réalité.
  • Les exigences de soins accrues : Les enfants handicapés nécessitent souvent des soins plus intensifs que les enfants sans handicap. Les mères peuvent se sentir épuisées et dépassées par les exigences physiques et émotionnelles des soins.
  • L'isolement social : Les mères d'enfants handicapés peuvent se sentir isolées et incomprises par leur famille, leurs amis et la société en général. Elles peuvent avoir du mal à trouver des services de garde adaptés et à participer à des activités sociales.
  • Les difficultés financières : Les soins médicaux, les thérapies et les équipements spéciaux peuvent entraîner des coûts financiers importants pour les familles d'enfants handicapés.
  • La stigmatisation : Les familles d'enfants handicapés peuvent être confrontées à la stigmatisation et à la discrimination de la part de la société. Les mères peuvent se sentir jugées et critiquées pour leurs compétences parentales.

Impact sur le développement de l'enfant

Si la dépression post-partum entraîne des conséquences importantes pour les parents, elle n’est pas sans retombées sur l’enfant qui vient de naître. Compte-tenu de l’importance des conséquences familiales de la dépression post-natale, son diagnostic constitue un enjeu majeur dans les semaines et mois qui suivent l’accouchement. Une mère en souffrance demande rarement de l’aide, car elle a souvent le sentiment d’être une mauvaise mère. Le diagnostic de la dépression post-natale est crucial, car prise en charge précocement, cette maladie peut être traitée efficacement, en limitant les conséquences pour tous les membres de la famille.

La santé mentale maternelle en période post-partum influe sur le développement psychologique de l’enfant. Une étude longitudinale japonaise sur 245 dyades mère-enfant révèle une association robuste entre symptômes dépressifs maternels précoces, troubles du lien mère-bébé et difficultés psychosociales de l’enfant à l’âge de 11-12 ans. Le développement et le bien-être de l’enfant sont influencés par de nombreux facteurs qui vont au-delà des pratiques parentales immédiates. La santé mentale maternelle joue un rôle important dans le développement de l’enfant et constitue une cible pour une intervention précoce.

Parmi les 942 séries d’EPDS et de MIBS-J maternels disponibles pour l’analyse, 145 mères (15,4 %) avaient des scores EPDS ≥ 9, atteignant le score seuil pour la dépression. Le score moyen pour le MIBS-J était de 1,8 (ET 2,3), avec 57,1 % obtenant un score de 0 ou 1 et 28,1 % un score de 3 ou plus. Les SDQ évalués par les parents ou auto-évalués ont été récupérés pour 245 des 942 enfants. Les symptômes dépressifs maternels post-partum, évalués par l’EPDS, étaient significativement associés aux difficultés de création du lien mère-enfant, évaluées par le MIBS-J. La qualité du lien précoce apparaît comme un facteur de médiation majeur entre la dépression maternelle post-partum et les troubles ultérieurs de l’enfant. Concrètement, près de 35 % de l’effet total de la dépression sur les difficultés psychosociales ultérieures de l’enfant est médié par la qualité du lien mère-enfant. Ce résultat donne un éclairage clinique sur le rôle du lien affectif dans la structuration émotionnelle de l’enfant, corroborant les fondements de la théorie de l’attachement.

Maternité et autisme : un domaine négligé

La prévalence de l’autisme est estimée à 1-2% de la population. Peu d’attention a été accordée à la parentalité chez les adultes autistes, bien que l’autisme soit une condition qui dure toute la vie. Il n’existe actuellement aucune estimation du nombre d’adultes autistes qui sont parents. Par conséquent, il est possible qu’un certain nombre de mères d’enfants autistes aient un autisme non diagnostiqué. A ce jour, seuls le vécu de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum chez les femmes autistes ont été étudiés. La stigmatisation constitue également un obstacle majeur à l’accès aux services ou à la recherche du soutien des amis et de la famille. Cela peut faire partie d’un sentiment plus large d’être stigmatisés que les adultes autistes rapportent. Les personnes autistes présentent un risque accru de problèmes de santé mentale par rapport aux personnes neurotypiques. Des antécédents de dépression sont l’un des facteurs de risque les plus élevés de dépression post-partum. Compte tenu de la comorbidité de la dépression dans l’autisme, nous nous attendrions à ce que les mères autistes soient plus à risque de dépression post-partum que les mères neurotypiques, ce qui pourrait les isoler davantage. Les difficultés à traiter les expériences sensorielles, par exemple les problèmes d’allaitement, et à communiquer avec les professionnels, tels que les cliniciens, les sages-femmes et les infirmières peuvent être des éléments uniques de l’expérience de la maternité pour les femmes autistes.

Une étude a été menée auprès de mères autistes et non autistes. L’équipe de recherche a développé une enquête en ligne accessible aux mères autistes et non autistes. Au moment où cette enquête a été élaborée, il n’y avait pas de travaux publiés et évalués par des pairs sur les mères autistes. L’équipe de recherche a été approchée par l’organisation Autism Women Matter pour mener une étude sur les expériences de la maternité chez les femmes autistes. Cette étude est le fruit d’une collaboration entre des mères autistes et des chercheurs universitaires. L’enquête a posé une série de questions sur les expériences de la maternité. L’échantillon comprenait des mères autistes et non autistes qui étaient des parents, qu’elles soient ou non le parent biologique de l’enfant. 410 mères autistes et 258 mères sans diagnostic d’autisme (appelées mères non autistes) ont répondu à l’enquête. Après avoir apparié les groupes pour avoir au moins un enfant autiste diagnostiqué et/ou suspecté, cela a réduit l’échantillon de mères non autistes à 132 et l’échantillon de mères autistes à 355. Environ les deux tiers de l’échantillon de mères autistes ont déclaré avoir reçu un diagnostic d’autisme, tandis que le tiers restant s’est auto-identifié comme autiste mais n’a pas eu de diagnostic clinique. La maternité chez les femmes autistes est un domaine négligé dans la recherche sur l’autisme. Les mères autistes ont signalé plus de difficultés à interagir avec des professionnels, tels que les professionnels de santé ou les travailleurs sociaux, tout au long de leur expérience de parentalité. Les mères autistes ont également déclaré qu’elles étaient réticentes à révéler qu’elles étaient autistes. Pour les mères qui soupçonnaient qu’elles étaient autistes mais n’avaient pas de diagnostic, ce chiffre est passé à 75 %. difficultés d’interaction. de penser clairement, soit éprouvaient des difficultés de communication. Cependant, malgré ces problèmes sensoriels, la plupart des mères de notre échantillon ont réussi à allaiter leur enfant, avec plus de 80% des mères autistes qui ont allaité leurs deux premiers enfants. Conformément aux résultats antérieurs, des difficultés au niveau des fonctions exécutives ont été repérées. Les mères autistes ont signalé une plus grande difficulté avec le multitâche, l’organisation et les responsabilités domestiques. déclaré qu’elles trouvaient la parentalité gratifiante. Les mères autistes ont légèrement plus de difficultés à permettre à leur enfant des opportunités de socialisation (ce qui pourrait être dû au fait qu’elles doivent se socialiser avec d’autres mères et/ou parents). Cependant, les mères autistes peuvent être plus réticentes à se confier aux services sociaux et aux professionnels de santé. En effet, elles sont plus susceptibles de voir leurs droits parentaux résiliés entraînant la perte de leur enfant et craignent que leurs capacités parentales soient globalement constamment critiquées et jugées.

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Prévention et prise en charge

Une prise en charge adaptée de la dépression post-natale est capitale, pour préserver la mère, l’enfant et le reste de la famille des conséquences de ces troubles. Les traitements médicamenteux par des antidépresseurs, nécessaires lorsque les troubles dépressifs sont importants. L’une des difficultés dans la prise en charge de la dépression post-natales est l’acceptation du trouble dépressif et du traitement par la mère.

Il y a de nombreux moyens de prévenir cette dépression et malheureusement en France, les femmes sont trop souvent isolées et ne reçoivent que trop peu d’aides. Tout d’abord, il faudrait qu’elles reçoivent pendant leur grossesse lors des séances de préparation à la parentalité une information sur les difficultés courantes et normales du post-partum. Et le père ou co-parent devrait également être informé de cette réalité du post-partum pour mieux soutenir sa conjointe dans cette période de vulnérabilité. J’invite les mamans à prendre soin de leur corps endolori et fatigué (qui vient de vivre l’expérience intense de la grossesse et de l’accouchement) en se faisant offrir des soins physiques : massages, des spas… La rééducation périnéale puis abdominale va aussi permettre de re-consolider l’enveloppe corporel de la femme fragilisée. Et il faut un repos absolu de ce corps, au moins les 40 jours qui suivent l’accouchement Se décharger au maximum de toute charge mentale et physique, notamment les courses, les tâches ménagères, la cuisine… Oser demander de l’aide et déléguer. La place du père ou co-parent est essentielle. Il faut vraiment constituer une équipe avec lui.elle dès le début. Le congé paternité est essentiel pour épauler la femme lors ces premiers temps de grande fragilité. Essayez les trois premiers mois de ne pas rentrer trop tard, car c’est souvent les heures en fin de journée qui sont les plus difficiles et éprouvantes pour les femmes. Enfin, ne pas être trop exigeante avec soi-même. Il faut oublier le mythe de la « mère parfaite » qui n’existe pas. Il ne faut donc pas avoir honte de verbaliser son mal-être à l’entourage ou aux soignants.

À la maternité et après l’accouchement

Ça y est, bébé est né, il est là dans vos bras. L’accouchement s’est passé plus ou moins comme vous l’aviez imaginé, peut-être avec quelques complications, mais vous vous attendez maintenant à ressentir très vite l’élan d’amour le plus fort de votre vie. Pourtant passés les premiers moments de surprise, de découverte et d’attendrissement, un calme si ce n’est un décalage avec ce à quoi vous vous apprêtiez à vivre, s’installe. Un flou, un engourdissement se diffuse en vous et dans votre chambre. Vous avez beau regarder et vous accrocher, au petit berceau de verre que l’on a posé à vos côtés, votre cœur est bien calme et votre raison commence à s’agiter. Il n’y a pas de grille codifiée du baby blues, le monologue qui suit n’est qu’une mise en mots de différentes expériences, regroupées en quelques lignes : à chacune son blues, sa difficulté, mais à toutes le droit d’en parler.

« Est-ce déjà le baby blues ? Est-ce autre chose ? Comment savoir ? À qui le dire et surtout qui saura me répondre ? Comment faire disparaître ce trouble qui, je le sens, commence déjà à me séparer de ce bébé ? Cet enfant, je le désire plus que tout au monde. Je veux l’aimer très fort, je l’aime sans doute déjà très fort, je veux y croire, mais voilà je suis là sur mon lit et je pleure. Le dos tourné pour ne pas qu’il me voie, je pleure et ce n’est ni de joie ni de soulagement. Je pleure comme si on m’avait abandonnée, je pleure parce que j’ai mal au ventre, aux seins, au sexe. Et aussi parce qu’on me laisse seule avec une chose dont je ne peux même pas parler, que je ne peux même pas penser. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je pleure comme je saigne et tout le monde semble trouver cela normal : “c’est le baby blues” disent-ils tous en chœur “cela va passer !”. Comme j’aimerais échanger ma place contre celle de ce bébé qui dort, d’ailleurs mieux vaut qu’il dorme, car j’ai un peu peur de ses cris et de ses pleurs ! Je suis censée pouvoir les apaiser du seul fait que je suis sa mère, mais moi je ne sais pas comment faire, je ne l’ai jamais fait ou alors je ne m’en souviens plus : “c’est drôle avec cet enfant ce n’est pas pareil qu’avec les autres, c’est comme si j’étais devenue amnésique, me voilà perdue.” Mais pour tout le monde, la “chose” semble entendue, je sais, je dois savoir… Et puis c’est bizarre, je ne reconnais plus les gens, c’est comme si je les voyais à travers un brouillard, ils perdent de leur réalité et je dois me pincer pour me convaincre que je ne rêve pas. Je suis là et pas là, et ce qui se passe dans cette chambre m’indifférerait presque, si ce n’est que je me sens attachée, comme enchaînée à ce berceau, condamnée à ne pas repartir sans le petit être qui dort dedans. Je voudrais revenir en arrière : différer cette naissance de quelques jours, pour me laisser encore un peu de temps. On a dû se tromper de date. Je ne suis pas prête. Le serais-je un jour ? Est-ce cela devenir mère ? On me dit : “ça y est tu es enfin devenue mère, c’est merveilleux, non ?”. Mais de mère je n’en vois pas dans cette chambre. » Les émotions du blues, leurs intensités, les mots et les images qu’elles font naître, seront pour chaque femme unique.

Il y a un temps de remaniement normal après un tel évènement et on a coutume de le nommer baby blues. Mais si cela évolue vers la liquéfaction intérieure, le désespoir, les pleurs permanents, s’interroger et demander à être aidée est important, même nécessaire. À la maternité il n’y a pas que votre épisiotomie, votre utérus ou votre température qui nécessitent un contrôle journalier. Maintenant que votre corps tout doucement se referme après avoir livré passage à votre enfant, les émotions affluent et il vous faudra pouvoir ouvrir la voie qui les verbalisera, les exprimer, en faire la confidence, si vous le souhaitez si vous en éprouvez confusément le besoin. Sans insister, sans intervenir de manière inadéquate (et donc brutalisant à votre égard), le personnel médical de par son attitude, ses gestes, ses regards et ses paroles doit vous confirmer qu’il est à même de vous entendre et de pouvoir créer ce milieu propice aux confidences maternelles. Il est tout aussi difficile de trouver les mots qui débloqueront ces émotions que les moments pour le faire. Profitez alors de ceux où l’on vous montrera les quelques gestes pratiques de maternage pour exprimer vos craintes. Bien que de plus en plus en plus formé à l’écoute de ce qui se cache derrière ces appréhensions de maternage, il arrive parfois que le personnel soignant soit débordé ou vous semble peu perméable à titre personnel à ce genre de difficulté particulière. On vous donnera peut-être en retour, le sentiment que vos plaintes sont injustifiées ou amplifiées à tort. Si vous sentez que la personne (sage-femme, puéricultrice, infirmière ou gynécologue) est peu ou pas réceptive à votre malaise, demandez alors à rencontrer le psychologue attaché au service de maternité. Il existe différentes possibilités et l’important est de trouver quelqu’un vers qui vous tourner.

Le retour à la maison

Le retour à la maison est à la fois ressenti avec soulagement (les contraintes de la vie hospitalière peuvent être pesantes) et appréhension. C’est là, chez vous, que ce sentiment de solitude que vous ressentiez déjà à la maternité risque de s’accentuer de façon bien plus prononcée. Même si la présence du papa/co-parent ou des membres de votre famille vous entoure au plus près, cela va rarement jusqu’à vous permettre d’atteindre ces appréhensions qui vous étreignent le cœur lorsque vous vous retrouvez les premiers temps avec bébé dans les bras.

Importance de la sensibilisation et du soutien

Il est essentiel de sensibiliser le public à la DPP et aux défis spécifiques rencontrés par les mères d'enfants handicapés. Les professionnels de la santé, les familles et les amis doivent être à l'écoute des mères et leur offrir un soutien émotionnel et pratique. Les ressources suivantes peuvent être utiles :

  • Groupes de soutien : Les groupes de soutien peuvent offrir aux mères un espace sûr pour partager leurs expériences et se sentir comprises.
  • Thérapie : La thérapie individuelle ou de couple peut aider les mères à faire face à leurs émotions et à développer des stratégies d'adaptation.
  • Médicaments : Dans certains cas, les antidépresseurs peuvent être nécessaires pour traiter la DPP.
  • Services de répit : Les services de répit peuvent offrir aux mères un temps de repos et de répit des soins de leur enfant.
  • Aide financière : Les programmes d'aide financière peuvent aider les familles à faire face aux coûts des soins médicaux et des thérapies.

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