Les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) sont des services de santé publique essentiels, gérés par les départements, qui jouent un rôle crucial dans le suivi de la santé des jeunes enfants et l'accompagnement des parents. Lieux gratuits et ouverts à tous, ils accueillent les parents et les enfants de moins de 6 ans. Cet article vise à définir la démarche de soin en PMI, à explorer son importance et à souligner les enjeux auxquels elle est confrontée.
Qu'est-ce que la PMI ?
Les centres de PMI offrent une gamme variée de services, allant du suivi de grossesse aux consultations après l'accouchement, en passant par le suivi médical des bébés. Ils proposent également des ateliers de groupe pour les parents et, dans certains cas, des séances de préparation à la naissance et à la parentalité. La prescription par la sage-femme ou le médecin de la PMI des examens complémentaires, échographies…
En tant que jeunes parents, il est naturel d'avoir des questions sur l'allaitement, le développement de bébé, sa croissance, son poids, son sommeil, ses pleurs, ou même des doutes sur ce que l'on peut ou ne peut pas faire. Rencontrer un professionnel de la PMI est un bon moyen de se rassurer.
La démarche de soin en PMI : Une approche globale
La démarche de soins est un processus de résolution de problèmes en soins infirmiers. C’est un parcours dynamique qui a pour but de les déceler et les résoudre. Elle permet aussi la continuité des soins en fonction des éléments transmis. La démarche de soins s’inscrit dans l’article R4311-3 du Code de la Santé Publique : » {l’infirmier} identifie les besoins de la personne, pose un diagnostic infirmier, formule des objectifs de soins, met en oeuvre des actions et les évalue« . Elle consiste à effectuer toute la réflexion logique nécessaire pour déceler des problèmes et trouver des solutions efficaces et personnalisées. Elle permettra donc une prise en charge globale et personnalisée du patient tout en favorisant son autonomie, en améliorant sa qualité de vie, et participer à la promotion de sa santé.
Les étapes clés de la démarche de soin
La démarche de soin en PMI s'articule autour de plusieurs étapes essentielles :
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- Le recueil d’informations (ou recueil de données).
- L’analyse des informations recueillies.
- La planification des soins.
- La réalisation des soins.
- L’évaluation et le réajustement si nécessaire.
Une étape supplémentaire peut être ajoutée, de manière facultative, avec le recueil d’information. Il s’agit de la présentation de l’établissement de soins et de l’unité dans lequel vous êtes en stage. Cette présentation permet à la personne qui vous écoute (ou qui vous lit) de mieux comprendre la démarche de soins que vous allez lui exposer.
Le recueil de données : Une étape cruciale
Cette collecte de données permet de faire l’inventaire de tout ce qui concerne le patient. Cette étape descriptive a pour but de rechercher des informations permettant d’appréhender le patient dans sa globalité. Le recueil de données nous renseigne sur qui est le patient, ce dont il souffre, ses habitudes de vie, de le situer dans son environnement, de l’état de satisfaction de ses besoins fondamentaux, identifier les conséquences de la survenue de sa pathologie…Il nous permet de recenser les informations ayant une importance pour la prise en charge actuelles (l’avulsion des dents de sagesses en 1975 pour un patient de 60 ans venu pour une coloscopie n’a pas grand intérêt). Voici une aide pour établir cette collecte d’informations.
- Identité : NOM, Prénom (tout en faisant attention à conserver l’anonymat sur vos documents en n’inscrivant que la première lettre du nom de famille par exemple).
- Numéro de chambre : permet de localiser le patient, chambre seule, double, triple…
- Âge / Date de naissance.
- Nationalité et langue parlée : la nationalité peut être importante à préciser pour des problèmes possibles de prise en charge sociale ; la langue parlée afin de communiquer aisément avec votre patient.
- Prise en charge sociale : régime de sécurité sociale et mutuelle (pour mieux comprendre l’impact financier de l’hospitalisation sur le patient, préciser si maladie professionnelle déclarée ou accident du travail.
- Situation socio-professionnelle : pour connaître l’impact financier de l’hospitalisation sur le patient et donc sur son foyer (conjoint(e), enfant(s), personnes à charge…) avec un éventuel manque de revenus. La personne a-t-elle des aides à domicile ?
- Situation familiale : entourage, enfant(s), personnes à charge…
- Adresse (seulement la ville) : permet d’identifier des problèmes éventuels d’éloignement. Connaître le type d’habitation pour envisager la suite de l’hospitalisation.
- Éléments significatifs de la personne : préciser par exemple si existence de troubles cognitifs, des problèmes sociaux, d’une éventuelle déficience visuelle/auditive/cognitive…. En résumé, tous les éléments qui vont permettre de s’adapter au mieux au patient.
- Date d’entrée (et préciser le jour d’hospitalisation actuel afin de situer la prise en charge dans le temps), et type d’entrée (directe? via les urgences?…). Si le patient a eu un geste chirurgical, préciser le jour auquel il se situe après l’opération.
- Motif d’hospitalisation : permet de situer le type de prise en charge pour ce patient.
- Antécédents médicaux et chirurgicaux.
- Allergies connues.
- Histoire de la maladie.
- Résumé de l’hospitalisation en cours.
- Différents appareillages dont le patient est porteur (VVP, SAD, drain, pansement….)
- Devenir de la personne si connu.
- Médecin référent du patient (optionnel).
- Personne de confiance / personne à prévenir.
Quels moyens utiliser ? L’entretien avec la personne soignée, ses proches, son médecin traitant. Quelles sources d’informations utiliser ? Le patient : c’est lui qui se connait le mieux. Il est donc le plus à même d’expliquer la situation, et de répondre aux questions. Le dossier du patient : dossier médical, dossier de soins, courrier du médecin traitant, dossier informatisé, dossier papier….Les proches du patient : personnes ressources du patient qui connaissent son environnement, son mode de vie, éventuellement les difficultés rencontrées… Ils sont un véritable pilier pour le patient, et encore plus quand celui-ci est dans l’incapacité de répondre (enfant, état de choc, troubles cognitifs…).Les membres de l’équipe soignante pluridisciplinaire : essentiellement consigné dans les transmissions écrites ou orales. Toutes ces informations permettent de faire l’anamnèse, qui correspond au profil global du patient. Selon la définition de Lefebvre et Dupuis, l’anamnèse est le « recueil d’informations qui tracent le portrait d’une personne et de son environnement du point de vue des soins infirmiers. Cette étape permet à l’infirmier de formuler des problèmes de santé et d’aboutir à des diagnostics infirmiers. Elle demande la mobilisation des connaissances théoriques mises en lien avec l’interprétation des informations recueillies. Problèmes qui relèvent de la compétence médicale.Problèmes qui sont la conséquence de la situation médicale : problème en collaboration. Problèmes de santé de la responsabilité de l’infirmier : diagnostics et problèmes infirmiers. L’infirmier peut être comparé à des détectives (de la Santé), c’est à dire, savoir trouver des indices et leur donner un sens. Il faut identifier la cause du problème et d’en observer ses manifestations. Le diagnostic infirmier = Problème de dépendance + cause (source de difficulté) + manifestations (signes). Il peut-être réel ou potentiel. P = Problème ou risque de problème. E = Cause, « lié à… », « reliée à… »S = Signes « ‘se manifestant par… ». (le diagnostic infirmier potentiel n’est pas concerné par les signes). Altération de la motricité liée à la fracture de la cheville se manifestant par une douleur à la mobilisation, une impotence fonctionnelle. Risque d’altération cutanée liée à l’alitement strict, à la dénutrition et à l’âge. Cette étape correspond à l’élaboration du projet de soins du patient. Elle consiste à générer la stratégie de soins à proposer au patient afin de résoudre les problèmes posés grâce à des objectifs de soins. Un objectif se formule, pour le patient, avec un verbe d’action et un délai. Il est centré sur la personne et/ou son entourage. Les actions de soins relèvent uniquement du rôle infirmier, visent le mieux-être de la personne soignée, complètent ce que le patient accomplit et suppléent ce qu’il ne peut pas faire seul. Le but est de conserver un degré optimal d’indépendance. Ces actions doivent être personnalisées, évaluables, compatibles avec des objectifs, tenir compte des ressources du patient et du service de soins, et si possible, créative. Les critères d’évaluation de l’objectif doivent être des éléments concrets à mesurer et observer. Ces éléments sont inscrits dans l’objectif. Le patient réussira à se mobiliser avec une canne d’ici 24h. C’est la mise en oeuvre des décisions prises à l’étape suivante, l’application du projet de soins. Se fait selon les critères du soin : efficacité, confort, organisation, responsabilité, sécurité, économie, transmission. L’ensemble de ces actions visent la disparition du problème de dépendance. Lorsqu’elles sont terminées, elle doivent faire l’objet de transmissions orales (L’aide à la toilette de M. A. A cette étape, vous devez être en mesure à répondre à la question « Ai-je atteint mon objectif ?« . Pour cela, il faut procéder au recueil de données d’évaluation, comparer les données obtenues à celles antérieures, évaluer l’efficacité et réajuster si besoin. Il se peut que l’objectif ne soit pas entièrement atteint. l’infirmier doit alors identifier les actions à réajuster ou à apporter. SI l’objectif n’est définitivement pas atteint, l’infirmier devra chercher les raisons de cet échec.
Un exemple concret : La démarche de soin pour Emma en crèche
Pour illustrer la démarche de soin en PMI, prenons l'exemple d'Emma, une petite fille de 10 mois accueillie dans une crèche. L'objectif principal de cette crèche est d'être un lieu d'éveil, de curiosité et de stimulation, afin d'aider l'enfant à s'épanouir et de lui permettre un développement harmonieux sur le plan physique, affectif et intellectuel.
Recueil d'informations sur Emma
Emma est entrée à la crèche en septembre à l’age de 10 mois, l’adaptation à été faite progressivement sur 15 jours. Laura, l’éducatrice de jeune enfant, a été leur référente et selon ses dires elle a été difficile. Emma pleurait beaucoup, la séparation avec la maman était compliquée pour elle, c’est elle qui les gardait pendant son congé maternité. Dès qu’un adulte ouvrait la porte elle se mettait à pleurer. Emma vient 5 jours par semaine, de 7h30 à 17h30 . Emma est une petite fille brune aux yeux bleus. Son doudou est un lapin tout blanc avec un ruban rouge autour du cou. Elle est calme et commence à manger seule à la petite cuillère, elle s’aide de ses doigts. Elle mange avec plaisir et goûte volontiers à tout surtout le pain qu’elle apprécie particulièrement. Elle fait une sieste le matin si elle est fatiguée de 10h à 11h30 et l’après midi de 13h à 15h. Emma porte des couches taille 4 fournies par la crèche. Elle aime chanter « baho sur o ». Elle aime être sur les porteurs ou se basculer dans les jeux tel que bateau, cheval à bascule. Elle aime bien dessiner, qu’on lui lise des livres, elle essaye de tourner les pages seules.
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Analyse des informations et identification des besoins
L'analyse de ces informations permet d'identifier les besoins spécifiques d'Emma, tels que son besoin de sécurité affective, son besoin de stimulation sensorielle et motrice, et son besoin d'autonomie dans l'alimentation.
Planification et mise en œuvre des soins
Sur la base de ces besoins, l'équipe de la crèche peut planifier et mettre en œuvre des actions de soins personnalisées, telles que :
- Offrir à Emma un environnement sécurisant et chaleureux, en lui proposant des moments de câlins et de réconfort.
- Proposer à Emma des activités d'éveil adaptées à son âge et à ses intérêts, telles que des jeux de manipulation, des chansons et des histoires.
- Encourager l'autonomie d'Emma dans l'alimentation, en lui permettant de manger seule à la petite cuillère et en lui proposant des aliments variés et adaptés à ses goûts.
Évaluation et ajustement
L'équipe de la crèche évalue régulièrement l'efficacité des actions de soins mises en œuvre et les ajuste en fonction des besoins et des réactions d'Emma.
Les enjeux de la PMI
Le rapport réglementaire « Pour sauver la PMI, agissons maintenant ! » souligne une « crise majeure de la Protection maternelle et infantile (PMI) ». Les médecins de PMI contribuent à la prévention, au dépistage, au suivi médical et à l’éducation à la santé des enfants de moins de 6 ans et de leur famille. Ils participent aussi aux missions de protection de l’enfance et veillent à la conformité des modes d’accueil de la petite enfance dans le cadre du contrôle des assistantes maternelles. La PMI « combine une double approche médicale et sociale et une logique de proximité ».
Le médecin de PMI se positionne plus dans la prévention et l’accompagnement des familles en partant de leurs propres capacités afin qu’elles investissent au mieux le champ de la parentalité. Et ce, à l’heure où de plus en plus de jeunes couples sont isolés, en particulier quand les grands-parents vivent en province. Cela correspond à leurs attentes car le médecin de PMI apporte des réponses aux inquiétudes, voire aux angoisses des jeunes parents », explique le Docteur Isabelle Buresi, médecin directeur de la PMI du Val-de-Marne. En somme, « il donne des conseils en matière d’alimentation, d’allaitement, de sommeil etc. La tendance actuelle augure d’ailleurs un élargissement du rôle dévolu au médecin de PMI. En effet, « la PMI devient parfois une offre de premier recours, en suppléance de l’offre libérale ».
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L'accessibilité : Un défi majeur
Pour que ce précieux apport soit effectif, encore faut-il que les intéressés sachent que la PMI existe et en franchissent la porte. Pour éviter qu’ils s’en abstiennent par ignorance, « les PMI s’efforcent d’informer les parents qu’elles sont ouvertes à tous car certains ne savent pas ce qu’elles peuvent leur apporter en plus du pédiatre ou du médecin généraliste », explique le Docteur Buresi. La plus-value de la PMI réside dans une triple accessibilité géographique (plus de 5 000 points de consultation), financière (gratuité) et administrative (absence de formalités, accueil inconditionnel, capacité à « aller vers » à travers les visites à domicile).
Le travail en équipe : Une richesse essentielle
Les médecins de PMI exercent en équipe et dans un cadre pluridisciplinaire. Ils sont en contact régulier avec des puéricultrices, des psychologues, des éducatrices, des confrères, les services sociaux etc. « La multiplicité des intervenants fait aussi la richesse de cette fonction, assure Isabelle Buresi. Le médecin de PMI n’officie pas seul dans son cabinet. Il s’inscrit dans une démarche globale qui consiste notamment à agir sur les déterminants environnementaux sociaux qui participent de la santé. » Conséquence ? « Ce métier est d’une grande richesse sur le plan humain. D’ailleurs, dans le Val-de-Marne, les médecins de PMI restent longtemps en poste. Nous ne sommes pas confrontés à un turn-over important sous prétexte que ce ne serait pas intéressant. Dans ces conditions, le fait que la médecine de PMI ne soit pas prioritairement axée sur l’examen clinique mais bel et bien sur la prévention, en un mot, sur l’amont, n’en fait pas une sous-médecine qui, de ce fait, serait moins prisée. Isabelle Buresi n’y croit pas : « Les médecins qui intègrent nos services sont très intéressés par ce qu’ils font. Leur mission consiste justement à prévenir et à dépister précocement la survenue de pathologies. En somme, à œuvrer, avec les familles, au bien-être et à la santé des plus petits. » Sachant que les médecins de PMI sont des pédiatres, des gynécologues ou des médecins généralistes titulaires d’un DU en pédiatrie ou en gynécologie.
La démographie médicale : Une menace pour la PMI
En 2015, on ne recensait que 2 300 médecins de PMI (soit 1750 Équivalents temps plein - ETP). Des chiffres insuffisants et, pire, à la baisse d’autant que les prévisions augurent une diminution du nombre de médecins de PMI, ceux qui partiront à la retraite dans les prochaines années risquant fort de ne pas trouver de remplaçants. Aujourd’hui, 10 % des postes à pourvoir demeurent vacants. Essentiellement, parce que les conditions de rémunération sont souvent jugées trop peu attractives. Pourtant, le statut de médecin de PMI est assez souple. Il est possible d’exercer à temps plein en étant fonctionnaire (de catégorie A) ou à temps partiel en tant que contractuel (avec un salaire variable selon la collectivité locale de rattachement) ou vacataire. Dans tous les cas, l’employeur est le Président du Conseil départemental, la PMI étant décentralisée depuis 1983. Même si ses modalités diffèrent çà et là, le management demeure pyramidal. Le médecin de PMI est en effet placé sous l’autorité d’un cadre, le médecin de territoire, dont la compétence s’étend sur une partie du département. Les médecins de territoire sont eux-mêmes rattachés au médecin directeur de la PMI du département.
Le rôle de l'infirmière de PMI
L'infirmière de PMI assure des missions de promotion de la santé, d'accompagnement à la parentalité et au développement de la relation précoce mère-enfant, contribue à l'évaluation de la qualité des modes d'accueil individuels des jeunes enfants, sur le secteur qui lui est dévolu dans la circonscription. Elle participe au suivi sanitaire des populations de jeunes enfants. Ce poste est accessible à tout(e) candidat(e) remplissant les conditions du décret N° 96-1087 du 10 décembre 1996 portant application de la Loi du 10 juillet 1987 relative au recrutement des personnes handicapées par la voie contractuelle. Conformément au principe d'égalité d'accès à l'emploi public, cet emploi est ouvert à tous les candidats remplissant les conditions statutaires requises, définies par le code général de la fonction publique.
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