Selon l'édition 2021 de l'Enquête Nationale Périnatale (ENP), près de 26 % des accouchements surviennent à la suite d'un déclenchement du travail. En augmentation au cours de ces dernières années, cette pratique s'avère parfois nécessaire en cas de complications ou de dépassement du terme. Parmi les méthodes proposées, le ballonnet d'accouchement est une technique mécanique visant à favoriser la maturation du col de l'utérus sans recourir aux médicaments.

Les différentes méthodes de déclenchement de l'accouchement

Il existe deux principales méthodes de déclenchement de l'accouchement : la méthode mécanique (le ballonnet) et la méthode médicamenteuse (les prostaglandines). Le choix entre l'une ou l'autre sera réalisé par le médecin chargé de l'accouchement.

Déclenchement naturel de l'accouchement

Le déclenchement spontané du travail correspond au début des contractions utérines efficaces sans recours à une intervention médicale. Certaines approches ou certains gestes peu invasifs peuvent être proposés pour en favoriser l'apparition, notamment la rupture artificielle des membranes.

Cette procédure consiste à séparer délicatement les membranes amniotiques de la paroi utérine au niveau du col, lorsque celui-ci est jugé favorable (ramolli, légèrement dilaté). Elle stimule la libération locale de prostaglandines, substances hormonales impliquées dans l'induction des contractions et la maturation cervicale.

Déclenchement avec un cachet ou tampon d'ocytocine

L'ocytocine est une hormone qui provoque des contractions utérines. En cas de col défavorable, des prostaglandines de synthèse peuvent être administrées par voie vaginale sous forme de gel ou de tampon. Ces substances favorisent la maturation du col et déclenchent les contractions.

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Cependant, l'utilisation de ces médicaments présente des risques, tels que des contractions trop fortes ou trop fréquentes nécessitant une surveillance médicale stricte.

Le ballonnet peut-il déclencher l'accouchement ?

Le ballonnet représente, en effet, une méthode efficace pour déclencher l'accouchement, notamment lorsque le col est défavorable (fermé ou peu dilaté, non effacé). Il est particulièrement recommandé dans des situations spécifiques, car il n'implique pas l'utilisation de médicaments, ce qui réduit le risque de rupture utérine.

Le ballonnet peut ainsi être privilégié en cas de terme dépassé ou de certaines pathologies maternelles ou fœtales requérant un accouchement prématuré (diabète gestationnel, prééclampsie, retard de croissance intra-utérin…).

Comment se passe un déclenchement par ballonnet ?

Lorsqu'un accouchement doit être déclenché mais que le col de l'utérus n'est pas encore favorable, le ballonnet peut être proposé comme méthode douce pour amorcer le travail. Cette technique, souvent méconnue, suscite de nombreuses questions chez les futures mamans. Voici ce qu'il faut savoir sur son déroulement.

Décollement des membranes, dilatation du col, les spécificités d'un accouchement au ballonnet

Le déclenchement du travail par ballonnet consiste à insérer une sonde souple en silicone dans le col de l'utérus. Cette sonde est équipée d'un petit ballonnet qui, une fois en place, est gonflé avec de l'eau stérile.

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La pression exercée par le ballonnet sur l'orifice interne du col favorise sa dilatation et le décollement des membranes (poche des eaux), ce qui va stimuler la production de prostaglandines et, de fait, le début du travail.

Durée : Combien de temps dure le déclenchement par ballon ou ballonnet ?

La durée du déclenchement par ballonnet peut être très variable d'une femme à l'autre. Certains accouchements déclenchés seront très rapides, tandis que d'autres pourront prendre jusqu'à 72h. Cela va dépendre, en grande partie, de la manière dont le col de l'utérus va répondre à la méthode mise en œuvre par le médecin. Mais lorsque le col aura atteint environ 3 à 4 cm de dilatation, le ballonnet tombera spontanément ou sera retiré par l'équipe médicale.

Déroulement précis de la pose du ballonnet

Après avoir réalisé un monitoring pour vérifier le bien-être du bébé, la sage-femme peut proposer à la future maman un déclenchement par ballonnet. L'installation se fait avec l'aide d'un spéculum, en position gynécologique. La sage-femme introduit la sonde et gonfle un premier ballon avec 40 ml de sérum physiologique du côté utérin, au niveau de la tête de l'enfant. Puis, elle gonfle le deuxième ballon avec 40 ml de sérum physiologique du côté vaginal. Le but est de dilater mécaniquement le col de l'utérus par pression sur l'orifice interne du col.

Si cette première étape se déroule bien et que la patiente tolère le ballonnet, elle poursuivra la procédure. On va alors continuer à faire gonfler les ballonnets en rajoutant 40 ml de chaque côté puis, fixer la petite sonde sur la cuisse de la patiente qui pourra se déplacer tout en restant hospitalisée. Un monitoring sera réalisé toutes les six heures et on attendra qu'elle se mette à avoir des contractions.

Déclencher l'accouchement par ballonnet est-il efficace ?

Des études ont montré que la maturation mécanique du col par ballonnet est aussi efficace que les prostaglandines de synthèse pour favoriser la maturation cervicale, avec un risque moins important d'hypercinésie (contractions excessives) et d'hémorragie du post-partum.

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Cependant, la durée du déclenchement peut être plus longue, ce qui nécessite une surveillance attentive. Le ballonnet d'accouchement constitue une méthode efficace et relativement douce pour déclencher le travail. Cette pratique s'avère particulièrement adaptée aux femmes souhaitant éviter les médicaments ou présentant des contre-indications à ceux-ci.

Le ballonnet accouchement est une méthode de plus en plus populaire chez les professionnels de la maternité pour enclencher un accouchement sans mettre en péril le bien-être de la mère et du nourrisson. Cette technique permet d'accélérer la dilatation du col de l'utérus sans recourir à des traitements médicamenteux.

Le ballonnet accouchement est un dispositif médical constitué d'un petit ballon souple et d'un tube fin. Il s'agit d'une sonde insérée dans le vagin et positionnée au niveau du col de l'utérus. Une fois en place, le ballon est rempli d'eau ou d'air, ce qui provoque son expansion. Cette pression exerce une force mécanique sur le col, favorisant ainsi sa dilatation. Le ballonnet est essentiellement utilisé pour déclencher un accouchement par voie basse. Cela peut être nécessaire lorsque le terme de la grossesse a été dépassé et que le score bishop se situe entre 0 et 5 (accouchement défavorable). Dans ce genre de cas, on utilisera un ballonnet pour favoriser la dilatation du col et activer la phase de latence, signifiant un accouchement imminent.

L'un des principaux atouts du ballonnet réside dans son caractère non médicamenteux. En effet, cette méthode permet de stimuler la dilatation du col, sans recourir à des substances chimiques telles que l'ocytocine de synthèse. Ainsi, le ballonnet représente une option intéressante pour les femmes enceintes souhaitant privilégier un accouchement naturel ou ayant des contre-indications aux médicaments.

La pose du ballonnet peut également contribuer à réduire la douleur ressentie lors des contractions. En effet, cette technique permet d'étirer progressivement le col, favorisant ainsi une meilleure adaptation du corps aux changements mécaniques liés à l'accouchement. De nombreuses études ont montré que l'utilisation du ballonnet pouvait accélérer le processus d'accouchement. La dilatation du col serait en effet plus rapide chez les femmes ayant recours à cette méthode, ce qui pourrait limiter certains risques de complications. Toutefois, il est important de souligner que chaque accouchement est différent et que les résultats peuvent varier d'une personne à l'autre.

Le déclenchement par ballonnet est-il douloureux ?

La pose du ballonnet peut provoquer un inconfort ou une douleur légère chez certaines femmes, en raison de la pression exercée sur le col. Toutefois, cette douleur est généralement temporaire et moins intense que celle associée à d'autres méthodes de déclenchement.

De plus, le ballonnet peut être retiré à tout moment si la douleur devient trop intense. C'est la raison pour laquelle cette méthode est souvent perçue comme plus respectueuse du bien-être de la mère.

La pose peut être inconfortable, cependant, cela ne dure pas longtemps. C'est plutôt bien toléré chez la patiente qui va sécréter naturellement des prostaglandines grâce à un décollement des membranes provoqué par la sonde.

La pose du ballonnet peut provoquer des sensations désagréables chez certaines patientes. Il est possible de ressentir une gêne, voire une douleur légère lors de l'insertion du dispositif qui peut s'additionner à une perte de sang minime. Mais c'est généralement la pression exercée par le ballon qui s'avère inconfortable pour certaines femmes, en particulier lors des premières heures suivant la pose. On note cependant que la douleur à tendance à disparaître une fois la sonde retirée.

Quelle sensation ressent-on quand le ballonnet tombe ?

Quand le ballonnet tombe, cela signifie généralement que le col de l'utérus a commencé à se modifier : il s'est ramolli, raccourci ou légèrement dilaté. La sensation ressentie à ce moment-là varie d'une femme à l'autre, mais voici ce que décrivent souvent les patientes :

Certaines ne sentent presque rien : le ballonnet glisse naturellement, parfois lors d'un mouvement, en se levant ou en allant aux toilettes. Cela peut donner l'impression d'une petite gêne vaginale qui disparaît soudainement, ou d'un léger écoulement, un peu comme lorsqu'on perd un tampon.

D'autres ressentent une légère traction, un tiraillement dans le bas-ventre, suivi d'un petit soulagement ou d'un changement dans la pression ressentie au niveau du col.

Dans tous les cas, le fait que le ballonnet tombe est plutôt bon signe : cela indique que le col réagit au déclenchement et que le travail peut se poursuivre.

Cas d'utilisation du ballonnet

Les sages-femmes proposent cette technique dans plusieurs cas. On l'utilise notamment pour les utérus cicatriciels, car on n'utilise pas de médicaments, donc il n'y aura pas de risque de rupture utérine.

Le ballonnet peut être privilégié en cas de terme dépassé ou de certaines pathologies maternelles ou fœtales requérant un accouchement prématuré (diabète gestationnel, prééclampsie, retard de croissance intra-utérin…).

Avantages et inconvénients du ballonnet

Avantages

  • Méthode non médicamenteuse, idéale pour les femmes souhaitant un accouchement naturel ou présentant des contre-indications aux médicaments.
  • Réduit le risque de rupture utérine, particulièrement important pour les femmes ayant un utérus cicatriciel.
  • Peut contribuer à réduire la douleur lors des contractions en favorisant une dilatation progressive du col.
  • Accélère potentiellement le processus d'accouchement.
  • Bien toléré par la patiente, qui sécrète naturellement des prostaglandines grâce au décollement des membranes provoqué par la sonde.

Inconvénients

  • La durée du déclenchement peut être plus longue qu'avec les prostaglandines.
  • La pose peut provoquer un inconfort ou une légère douleur.
  • Il existe un faible risque d'infection, comme pour tout acte médical invasif.
  • Non recommandé en routine dans le déclenchement artificiel du travail, selon la HAS.

Déclenchement de l'accouchement : aspects émotionnels et psychologiques

Le déclenchement de l'accouchement peut susciter des préoccupations émotionnelles pour certaines futures mamans. L'inquiétude liée à la douleur, la déception de ne pas vivre un accouchement spontané ou l'incertitude concernant le processus sont des sentiments fréquents. Si cet acte reste à l'appréciation des professionnels de santé, aucune décision ne sera prise sans discussion préalable avec la future mère. Elle sera donc en mesure de poser toutes les questions qu'elle souhaite.

Le soutien de l'entourage et de l'équipe médicale joue un rôle essentiel pour atténuer ces craintes et aider les mères à se sentir rassurées et en sécurité.

Autres méthodes de déclenchement artificiel du travail

Pour provoquer l’accouchement en provoquant les contractions utérines qui permettront au travail de débuter, les équipes médicales disposent de différentes techniques. Mais c’est au médecin gynécologue que revient la décision finale du choix de la méthode employée. Il devra toutefois en informer sa patiente et lui expliquer son fonctionnement, ses avantages et ses inconvénients.

  • Le décollement des membranes: Il s’agit d’une méthode relativement simple puisqu’elle consiste à décoller doucement la membrane qui compose le sac amniotique dans lequel baigne le bébé, de la paroi de l’utérus. Pour ce faire, le médecin ou la sage-femme introduit un doigt à l’intérieur du col utérin. Chez certaines femmes enceintes, la technique s’avère particulièrement efficace et déclenche des contractions dans les 48h suivant la manipulation. Pour d’autres, en revanche, le décollement des membranes occasionne des douleurs, une sensation d’inconfort, voire des saignements. Cela s’explique par le fait que cette méthode va provoquer une irritation de l’utérus et des contractions de faible intensité qui ne permettront pas de déclencher le travail. Il est à noter que l’on doit toujours vous demander votre consentement et qu’on ne peut pas procéder à cette méthode sans vous avoir consulté au préalable.
  • La rupture artificielle des membranes: Lorsque le bébé est engagé dans le col utérin dilaté à 2 cm minimum, le médecin gynécologue-obstétricien peut décider de procéder à une rupture des membranes, autrement dit de rompre la fameuse « poche des eaux ». Après avoir déterminé son positionnement, le praticien utilise une sorte de petit crochet pour « trouer » la membrane. Si la procédure peut s’avérer inconfortable pour la future maman, elle n’est en revanche pas douloureuse et permet bien souvent de déclencher des contractions dans les heures qui suivent.
  • Le déclenchement de l’accouchement avec des prostaglandines: Cette méthode est assez couramment employée chez les femmes enceintes dont le col utérin reste totalement fermé ou très peu ouvert. Les prostaglandines font, en effet, partie des hormones sécrétées par l’organisme au cours de l’accouchement. Pour démarrer le travail et préparer le col, des prostaglandines de synthèse sont donc introduites au sein du col. Après avis de l’équipe médicale, le déclenchement de l’accouchement peut ainsi être opéré au moyen d’un gel ou d’un tampon imbibé par l’hormone. Par son action, le dispositif va contribuer à la maturation et au raccourcissement du col de l’utérus.
  • Le déclenchement de l’accouchement avec de l’ocytocine: Après le déclenchement de l’accouchement par ballon, rupture des membranes ou gel de prostaglandines, les médecins disposent d’une dernière arme pour engager le travail : l’ocytocine. Cette hormone naturellement produite par l’organisme de la femme enceinte au moment de l’accouchement déclenche les contractions de l’utérus. Pour un déclenchement artificiel, l’ocytocine de synthèse est administrée par voie intraveineuse. Les médecins ont recours à des doses minimes, car l’hormone peut provoquer des contractions très intenses et particulièrement douloureuses chez certaines femmes. C’est la raison pour laquelle une surveillance accrue et un monitorage attentif du bébé seront mis en œuvre. Pour atténuer la douleur ressentie, une anesthésie péridurale est proposée dès que le travail et la dilatation du col utérin le permettront. En attendant que le travail soit suffisamment avancé pour permettre la mise en place d’une analgésie péridurale si la future maman le souhaite, d’autres moyens antidouleur pourront être proposés.

Raisons médicales justifiant un déclenchement

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), de nombreuses raisons médicales peuvent conduire à un déclenchement du travail. Ce cas de figure n’est envisagé que si la poursuite de la grossesse est susceptible d’avoir une incidence sur la santé de la future maman et/ou du bébé à naître. Plusieurs situations peuvent ainsi nécessiter le déclenchement du travail :

  • Le dépassement du terme: le fait de dépasser la date prévue du terme de la grossesse n’est pas une indication à proprement parler pour déclencher un accouchement. Le déclenchement de l’accouchement ne sera préconisé que si la durée du dépassement excède les 6 jours ou si le corps médical juge que la poursuite de la grossesse entraîne un risque pour l’enfant ou pour la femme enceinte.
  • La rupture prématurée de la poche des eaux: lorsque la rupture des membranes survient avant le début du travail, le déclenchement artificiel est généralement entrepris dans un délai maximum de 2 jours, car le risque infectieux pour le bébé augmente considérablement.
  • Le déclenchement pour raisons de convenance: A titre d’exemple, le déclenchement de l’accouchement est souvent programmé dans le cadre des grossesses gémellaires ou multiples qui présentent plus de risques que les grossesses « classiques ». Néanmoins, ce type d’accouchement artificiel ne peut être pratiqué que si les conditions médicales et techniques à sa réalisation sont réunies : grossesse avancée à 39 semaines minimum (8 mois et demi), utérus non cicatriciel, col favorable (col ramolli et un peu ouvert)… Il est important de préciser que, jusqu’au dernier moment, la future mère garde le droit de refuser le déclenchement de son accouchement.

Durée d'un déclenchement artificiel

La durée peut varier selon les cas, mais un déclenchement dure en moyenne générale entre 24 et 48 heures. Vous serez d’abord accueillie à la maternité, avant de procéder à un examen qui précédera le début de l’enclenchement de l’accouchement. Une fois cela effectué, vous serez surveillée, avant d’être conduite en salle de naissance une fois votre col prêt à s’ouvrir et que le travail commence.

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