Le déclenchement de l'accouchement est une intervention médicale visant à initier le travail avant qu'il ne commence spontanément. Parmi les méthodes utilisées, le misoprostol, un analogue synthétique de la prostaglandine E1, joue un rôle important. Cet article explore en détail l'utilisation du misoprostol dans le déclenchement de l'accouchement, en s'appuyant sur des informations médicales et pharmaceutiques précises.
Qu'est-ce que le misoprostol et comment agit-il ?
Le misoprostol appartient à la classe des prostaglandines. Ces molécules exercent deux actions principales lors du travail :
- Assouplissement du col de l'utérus : Les prostaglandines aident à préparer le col de l'utérus, le rendant plus souple et facilitant le passage du bébé lors de l'accouchement par voie vaginale.
- Déclenchement des contractions : Elles stimulent le démarrage des contractions utérines, favorisant ainsi la progression du travail et l'expulsion du bébé.
Le misoprostol, en tant qu'analogue de la prostaglandine E1, mime ces actions naturelles pour induire le travail. Il a été démontré que les prostaglandines des classes F et E augmentent in vitro l’activité collagénase des fibroblastes du col de l’utérus de lapin, et provoquent in vivo la maturation cervicale et la contraction utérine. Ces effets pharmacodynamiques sont considérés comme étant le principal mécanisme d’action responsable de l’effet clinique d’ANGUSTA.
Indications et utilisation du misoprostol (ANGUSTA)
ANGUSTA est utilisé pour aider à déclencher le travail à partir de la 37ème semaine de grossesse. Lorsqu'il est utilisé à ce stade de la grossesse, il n'y a aucun risque de malformations congénitales pour votre bébé. Le misoprostol peut être excrété dans le lait maternel, mais le niveau et la durée de son excrétion sont considérés comme très limités, et ne devrait pas empêcher l’allaitement.
ANGUSTA doit être uniquement administré par du personnel en obstétrique qualifié au sein d’un établissement hospitalier disposant des équipements pour la surveillance continue fœtale et utérine, et le col de l’utérus doit être soigneusement évalué avant l’utilisation du médicament.
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Posologie et administration
La dose recommandée est de 25 microgrammes toutes les deux heures ou de 50 microgrammes toutes les quatre heures. ANGUSTA doit être pris par voie orale avec un verre d'eau. La sage-femme ou le médecin décidera du moment où arrêter l'administration d'ANGUSTA.
Surveillance et précautions
Pendant l'administration de misoprostol, une surveillance continue de la mère et du bébé est essentielle. Cela permet de détecter d'éventuelles complications et d'adapter le traitement si nécessaire.
En cas de contractions utérines prolongées ou excessives, ou s’il existe un risque clinique pour la mère ou le bébé, ne pas administrer de comprimés supplémentaires d’ANGUSTA. Chez les femmes atteintes de prééclampsie, une souffrance fœtale suspectée ou confirmée doit être écartée. Une chorioamnionite peut nécessiter un accouchement rapide. Il peut y avoir un effet synergique/additif du misoprostol et de l’ocytocine. L’administration concomitante d’ocytocine est contre-indiquée.
Contre-indications et mises en garde
Il est crucial de respecter les contre-indications et les mises en garde liées à l'utilisation du misoprostol.
Vous ne devez pas prendre ANGUSTA en même temps que d'autres médicaments utilisés pour faciliter la naissance et/ou le déclenchement du travail (voir « Ne prenez jamais ANGUSTA 25 microgrammes, comprimé »).
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Effets indésirables potentiels
Comme tout médicament, le misoprostol peut entraîner des effets indésirables. Les plus fréquents sont :
- Troubles gastro-intestinaux : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales.
- Maux de tête.
- Malaises (et plus rarement des frissons).
- Contractions utérines excessives ou prolongées.
- Saignements vaginaux parfois abondants.
Plus rarement, des cas de rupture utérine lors de la préparation du col utérin avant l'interruption chirurgicale de grossesse ont été observés. Des effets graves pouvant être mortels peuvent également survenir, tels que des malformations fœtales (en cas de poursuite de la grossesse), des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et de l'hypersensibilité (rash, prurit, gonflement réactions anaphylactiques). De très rares cas de chocs toxiques et d'infections graves voire fatales ont été rapportées suite à l'introduction de comprimés oraux de misoprostol dans le vagin, alors que cette utilisation n'est pas autorisée.
Il est important de signaler tout effet indésirable à votre sage-femme, médecin ou infirmier/ère.
Alternatives au misoprostol pour le déclenchement
Bien que le misoprostol soit une option courante, d'autres méthodes de déclenchement de l'accouchement existent :
- Ocytocine : Une hormone synthétique administrée par perfusion intraveineuse pour stimuler les contractions utérines.
- Prostaglandines E2 : Administrées par voie vaginale sous forme de gel ou d'insert pour assouplir le col de l'utérus.
- Ballonnet : Un dispositif mécanique inséré dans le col de l'utérus et gonflé pour favoriser sa dilatation.
- Rupture artificielle des membranes (RAM) : Une intervention consistant à percer la poche des eaux pour déclencher le travail.
Le choix de la méthode dépendra de l'état du col de l'utérus, des antécédents médicaux de la patiente et des préférences de l'équipe médicale.
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Misoprostol et interruption volontaire de grossesse (IVG)
Il est important de noter que le misoprostol est également utilisé dans le cadre des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Dans ce contexte, il est administré après la prise de mifépristone, une molécule qui bloque l'action de la progestérone. Le misoprostol provoque alors des contractions utérines qui permettent l'expulsion de l'œuf.
Dans le cadre d'une IVG, la délivrance de Gymiso® et de Misoone® par les pharmacies d'officine est strictement encadrée et, sauf dérogations relatives au contexte sanitaire lié au Covid 19 et aux cas de téléconsultations, ce médicament est remis directement au professionnel de santé encadrant l'interruption volontaire de grossesse et non à la patiente directement.
Grossesse non évolutive et misoprostol
Dans le cas d'une grossesse non évolutive, où le développement de l'embryon s'est arrêté, le misoprostol peut être utilisé pour provoquer l'expulsion du sac gestationnel. Cette option est souvent privilégiée avant de recourir à une intervention chirurgicale.
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