L'avortement chez les chèvres peut être une source d'inquiétude majeure pour les éleveurs. Bien qu'un avortement isolé puisse être dû à divers facteurs non infectieux, des avortements multiples et rapprochés suggèrent souvent une cause infectieuse. Cet article vise à informer les éleveurs sur les causes potentielles d'avortement chez les caprins, les démarches à suivre en cas d'avortement, et l'importance de la déclaration obligatoire.

Causes Potentielles d'Avortement chez les Caprins

De nombreux facteurs peuvent interrompre une gestation chez la chèvre. Il est important de distinguer les causes non infectieuses des causes infectieuses.

Causes Non Infectieuses

  • Traumatisme: Un traumatisme subi par la mère en fin de gestation peut provoquer un avortement.
  • Anomalie Fœtale: Une anomalie chez le fœtus peut déclencher son expulsion.
  • Problèmes Alimentaires: Une alimentation inadéquate ou déséquilibrée peut entraîner un avortement.

Causes Infectieuses

La liste des agents infectieux responsables d'avortements est longue. Parmi les plus fréquents chez les petits ruminants, on peut citer :

  • Chlamydiose
  • Fièvre Q
  • Toxoplasmose
  • Salmonellose
  • Listériose

Ces agents infectieux sont particulièrement redoutables car ils sont contagieux et peuvent se propager rapidement au sein d'un élevage et entre élevages.

Diagnostic des Avortements

Le diagnostic des avortements dans les élevages caprins se fait principalement par la mise en évidence du pathogène.

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Analyses de Laboratoire

Les analyses de laboratoire restent indispensables pour la recherche des causes infectieuses. Le diagnostic se fait par mise en évidence du pathogène à l’aide de la PCR ou par culture bactérienne pour la salmonellose et la listériose.

Précocité d'Intervention

La précocité d’intervention est déterminante avec prélèvement dès le deuxième avortement dans les 48 heures maximum.

Recherches Complémentaires

Pour compléter le diagnostic, on s’orientera sur des recherches complémentaires sérologiques sur les avortées et les congénères.

Démarches à Suivre en Cas d'Avortement

Dès la constatation d’un avortement, il est crucial de prendre des mesures immédiates pour limiter l'impact sur le cheptel et l'environnement.

Isolement

L’avortée, l’avorton et le placenta expulsé (en prenant les mesures d’hygiène nécessaires) seront systématiquement isolés. Ce sont les premières dispositions à prendre pour éviter la contamination des congénères étant donné la forte charge infectieuse que peuvent présenter ces éléments.

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Recueil d'Informations

Le recueil des commémoratifs permet de définir la nature des avortements, de recueillir des renseignements cliniques (stade d’avortement) et épidémiologiques (lot concerné, mouvement d’animaux, signes particuliers) pouvant orienter les recherches.

Analyses

  • Rechercher l’agent pathogène sur l’avortée et/ou l’avorton dans les 48 heures, maxi, après l’avortement.
  • Suivant les maladies, rechercher les anticorps chez les avortées.

Interprétation des Résultats

Le résultat obtenu doit être interprété avec son vétérinaire pour confirmer l’étiologie de l’avortement.

Importance de la Déclaration d'Avortement

La déclaration d’un avortement (bovin, ovin et caprin) pour la recherche de Brucellose est OBLIGATOIRE et GRATUITE, pour tout animal ayant avorté ou donné naissance à un nouveau-né mort dans les 48h.

Cadre Réglementaire

Dans le cadre de la réglementation sur la brucellose qui impose une surveillance évènementielle, une série d’avortement (au moins 3 avortements sur une semaine ou moins) doit être obligatoirement déclarée au vétérinaire sanitaire, qui interviendra pour dépister la brucellose sur les animaux avortés. La déclaration d’avortement est obligatoire en ovins et caprins dès 3 avortements en 7 jours, dans le cadre de la lutte contre la Brucellose.

Brucellose

La Brucellose contagieuse due à Brucella abortus et à Brucella melitensis n’existe plus en France, la prophylaxie collective ayant permis de l’éradiquer. Plusieurs animaux sont donc prélevés, avec une préférence pour les prélèvements sur les avortons.

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Autres Agents Infectieux

De plus, d’autres agents infectieux responsables d’avortements peuvent être transmissibles à l’Homme (zoonose). Nous vous conseillons de compléter le dépistage réglementaire par un dépistage des maladies abortives courantes des petits ruminants : Chlamydiose, Fièvre Q, Toxoplasmose, Listériose et Salmonellose.

Aides et Soutiens

Dans le cadre d’une harmonisation régionale, le kit avortement s’adapte avec des fonds de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine. Il met l’accent sur les pathologies les plus rencontrées dans chaque espèce. L’aide aux analyses effectuées sur l’avortée est de 50 %, complétée par une prise en charge à 100 % des analyses effectuées sur les congénères. Le GDS de l’Eure prend en charge l’intégralité des frais d’analyses complémentaires.

Si cette première étape ne permet pas de déterminer la cause des avortements, le vétérinaire peut élargir la recherche à d’autres pathogènes, en prenant en compte les éléments épidémiologiques dont il dispose.

Gestion Sanitaire et Prévention

Au niveau de l’élevage, la gestion sanitaire des avortements implique une application stricte de certaines mesures par le couple éleveur/vétérinaire afin d’en limiter l’impact sur le cheptel et l’environnement, un point annuel « performances de reproduction » devant être fait pendant le Bilan Sanitaire d’Elevage.

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