Dayle Haddon, née et élevée à Montréal, Québec, Canada, était une figure marquante du monde de la mode et du cinéma. Bilingue, elle parlait couramment anglais et français. Son parcours, depuis les cours de danse de son enfance jusqu'à son statut d'ambassadrice de l'UNICEF, témoigne d'une vie riche et diversifiée.
Une jeunesse dédiée à la danse et au mannequinat
Dès son plus jeune âge, Dayle Haddon s'est investie dans la danse, une discipline qui lui a permis de développer son physique. Ses efforts ont été couronnés de succès lorsqu'elle est devenue membre des Grands Ballets Canadiens à l'âge de 13 ans. À 18 ans, elle est élue Miss Montréal, un titre qui marque le début de sa carrière dans le mannequinat.
Dans les années 1970 et 1980, Dayle Haddon devient un visage incontournable de la mode, représentant des marques prestigieuses telles que Max Factor, Revlon, Estée Lauder et L'Oréal. Elle fait la couverture du numéro spécial maillots de bain de Sports Illustrated en 1973 et est nommée à deux reprises parmi les « Dix plus belles femmes » du Harper's Bazaar.
Transition vers le cinéma : Madame Claude et autres rôles
Parallèlement à sa carrière de mannequin, Dayle Haddon se lance dans le cinéma. Elle fait ses débuts dans le film Disney The World's Greatest Athlete (1973) aux côtés de Jan-Michael Vincent. Elle s'installe ensuite en Europe, où elle poursuit sa carrière de mannequin et d'actrice, apparaissant dans des films en français et en anglais, ainsi que dans des productions américaines.
Son rôle le plus marquant est celui dans Madame Claude (1977), un film réalisé par Just Jaeckin. À l'époque, on était tous toqués de Dayle Haddon, l’autre star du film. Venue du Canada, elle posait en couverture de tous les magazines, Elle, Vogue, etc… J’avais tapissé la porte de ma chambre de ses photos de mode. Splendide. Et phantasmante. On l’avait déjà vue - toujours en cachette - dans Spermula, le film-scandale de Charles Matton, sorti en 1976. La suite de sa courte ciné-carrière passera par La Crime de Philippe Labro, entourée de Brasseur-Brialy-Trintignant, face à une autre canadienne, la blonde Gabrielle Lazure, par Paroles et Musiques (Élie Chouraqui) et un autre film avec Jaeckin, passé aux oubliettes, Le dernier amant romantique. Elle est également connue pour son rôle dans North Dallas Forty (1979) aux côtés de Nick Nolte.
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Une pionnière pour les femmes de plus de 35 ans
Dayle Haddon a brisé les barrières pour les femmes de plus de 35 ans en devenant le visage mondial d'une nouvelle ligne anti-âge pour Estée Lauder, une première dans l'industrie de la beauté. Lorsque son contrat avec Estée Lauder a expiré, L'Oréal l'a immédiatement engagée.
Engagement humanitaire et WomenOne
Au début de 2008, Dayle Haddon est nommée ambassadrice de l'UNICEF. Elle fonde également une organisation à but non lucratif appelée WomenOne, dont la devise est « changer le monde une femme à la fois ». Par l'intermédiaire de WomenOne, elle s'associe à Free The Children, une organisation caritative internationale, pour offrir des bourses d'études aux filles au Kenya. Grâce à son organisation, elle a collecté et fait don de plus de 150 000 $ pour l'une des écoles secondaires réservées aux filles de Free The Children. Elle est également apparue comme le visage d'une ligne d'accessoires socialement et écologiquement responsables lancée par Me to We, l'organisation partenaire de Free The Children.
Décès
Le 27 décembre 2024, Dayle Haddon a été retrouvée inconsciente dans une remise à voitures à Solebury Township, en Pennsylvanie, juste à l'extérieur de New Hope. Elle a été déclarée morte sur les lieux, et la cause a été annoncée comme étant une intoxication accidentelle au monoxyde de carbone causée par une chaudière défectueuse.
Madame Claude : Un film révélateur d'une époque
Le film Madame Claude, dans lequel Dayle Haddon a joué un rôle important, est un reflet d'une époque et d'une esthétique particulière. Sorti en 1976 et réalisé par Just Jaeckin, le film a connu un grand succès. Françoise Fabian, qui incarnait Madame Claude, a déclaré avoir rencontré la vraie Madame Claude et en avoir tiré une impression très négative. "Pas jolie, elle était flattée, très fière que ce soit moi qui l’incarne au cinéma. Le film n’était pas l’histoire de sa vie, juste celle d’un épisode politico-sexuel inspiré d’un vrai scandale. Le film a très bien marché, notamment en Espagne. Quelques années plus tard, j’étais à Séville avec Patrice Chéreau pour la féria. Un soir, nous décidons de sortir. On nous emmène dans un night-club, un Regine’s local, en sous-sol. On descend les escaliers et là, la patronne se rue sur moi en hurlant “Maaaaadaaaaame Clauuuuuude !” La tête de Chéreau !"
Le film met en scène un univers de luxe et de sophistication, avec des décors et des costumes soignés. L'affiche du film, avec une fille nue en fourrure lovée dans un fauteuil pivotant Elda de Joe Colombo, est emblématique de cette esthétique. L'intrigue se déroule dans un monde de laques noires glossy, de papiers peints ondulants et argentés, de verre fumé, de marbres, de laiton, de coussins soyeux, de velours, de luminaires pop tardifs et d'art contemporain.
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La musique du film est signée Serge Gainsbourg, et la garde-robe est fournie par Milanka et Renata. Maurice Ronet est vêtu par Smalto et Jean-Charles Brosseau est remercié pour les chapeaux, La Bagagerie pour les sacs, J.Yver pour les fourrures et Frangeul pour les bijoux.
Malgré son statut de nanar de luxe pour certains, Madame Claude reste un film important, témoin d'une époque et d'une esthétique particulière. Il a fait l'objet d'une restauration récente et a été projeté à la Cinémathèque Française dans le cadre d'un hommage à Françoise Fabian.
L'histoire de Madame Claude : Entre réalité et fiction
Madame Claude, de son vrai nom Fernande Grudet, était une figure controversée du Paris des années 1960 et 1970. Elle dirigeait un réseau de prostitution de luxe qui fournissait des escortes à des personnalités du monde entier. Son histoire a été racontée à plusieurs reprises, notamment dans le film Madame Claude.
Née en 1923, Madame Claude a commencé sa carrière dans la prostitution avant de monter son propre réseau. Elle recrutait des jeunes femmes issues de milieux divers, les formait et les plaçait auprès de clients fortunés. Son réseau était connu pour son discrétion et la qualité de ses services.
Madame Claude a été arrêtée en 1976 pour fraude fiscale et proxénétisme. Elle a été condamnée à une peine de prison et a passé plusieurs années en exil aux États-Unis. Elle est décédée à Nice en 2015, à l'âge de 92 ans.
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Son histoire a fasciné et continue de fasciner, suscitant de nombreuses interprétations et fantasmes. La presse américaine a évoqué son engagement par la CIA en 1973, affirmant que ses filles auraient remonté le moral des délégués pendant les Accords de Paris sur le cessez-le-feu au Vietnam. Paris-Match a décrété qu'avec ses secrets, elle aurait pu faire sauter la République.
Christian Slater et Ryan Haddon : Une union et une famille
Christian Slater, acteur américain, a épousé Ryan Haddon, la fille de Dayle Haddon, en 2000. Le couple a eu deux enfants, Jaden Christopher (né en 1999) et Eliana Sophia (née en 2001). Leur relation a été tumultueuse, marquée par des incidents et des séparations. En 2003, Ryan Haddon a été arrêtée pour avoir agressé Christian Slater lors d'un voyage à Las Vegas. Ils ont annoncé leur séparation en 2004 et ont divorcé en 2007.
Christian Slater a connu une carrière prolifique au cinéma et à la télévision, avec des rôles notables dans des films tels que Le Nom de la Rose, Fatal Games et Robin des Bois, prince des voleurs. Il a également participé à des séries télévisées telles que Mr. Robot et Breaking In.
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