François Mitterrand, figure marquante de la politique française du XXe siècle, a été le premier président socialiste de la Ve République. Sa vie, riche en événements et en tournants, a été marquée par son engagement politique, ses réformes sociales et ses ambitions européennes. Cet article se propose de retracer les grandes étapes de sa vie, de sa naissance à son décès, en mettant en lumière les moments clés de son parcours politique et son héritage.

Jeunesse et formation

Le quatrième Président de la Ve République naît le 26 octobre 1916 à Jarnac, en Charente, dans une famille aisée d'industriels vinaigriers. Il a déjà trois sœurs et un frère. Trois ans après sa naissance, son père, Joseph Mitterrand, reprend la vinaigrerie familiale après avoir fait carrière dans le chemin de fer. François passe une partie de son enfance chez ses grands-parents, où il développe son amour pour la nature, tandis que sa mère lui transmet son goût pour la lecture.

Il entreprend de brillantes études et multiplie les diplômes : licence de droit, licence en lettres et diplôme de sciences politiques. En octobre 1934, il s'inscrit à la faculté de droit et de sciences politiques de Paris. « Je suis arrivé comme étudiant à Paris. C’était un autre monde dont je faisais connaissance et j’avais encore beaucoup à apprendre. », confie François Mitterrand en 1987 à la télévision danoise.

La Seconde Guerre mondiale : de Vichy à la Résistance

Diplôme en poche, François Mitterrand voit ses rêves balayés par l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Mobilisé en tant que sergent, il est blessé et fait prisonnier par les Allemands en 1939, alors qu’on le transférait à l’hôpital. Pendant la durée du conflit, le futur responsable politique aura été au front et dans un camp de prisonniers en Allemagne pendant près de 850 jours. Il parvient à s'évader.

Jeune homme de droit, évadé, ancien membre de la Croix de feu, Mitterrand adhère d’abord à l’idéologie pétainiste. Après des études de droit, il devient agent non-fonctionnaire du régime de Vichy. Il assure à Vichy un emploi modeste dans un service qui s'occupe de la réinsertion des prisonniers. Les historiens le caractérisent cependant comme un « vichysto-résistant » : anti-allemand, il fabrique de faux-papiers qu’il envoie par la Croix-Rouge à ses camarades de prison restés en Allemagne. En 1943, il entre dans la Résistance et devient l’un des secrétaires généraux nommés par De Gaulle.

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Débuts en politique et ascension sous la IVe République

Paris libérée en août 1944, François Mitterrand est désigné par le général de Gaulle commissaire général correspondant du ministère des Prisonniers, à tout juste 28 ans. Remplacé un an plus tard, il se rapproche de l’Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR) où se retrouvent bon nombre d’anciens résistants prisonniers de guerre. A la Libération, il se lance dans la politique. Élu député en 1946, il devient l’année suivante ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre. Il est alors le plus jeune ministre de France.

Entre 1947 et 1957, François Mitterrand est nommé onze fois ministre sous l’instable IVe République, notamment dans le Cabinet de Pierre Mendès France (1954-1955). Il occupe ce poste 8 fois sous la IVe République, à divers titres : ministre de la France d’outre-mer, de l’Intérieur, garde des Sceaux… Il se montre très favorable à l'autonomie des colonies et opposé à la politique de répression. A la Libération, il épouse Danielle Gouze qui lui donnera deux fils : Jean-Christophe et Gilbert. Il assure aussi plusieurs fonctions d’élu : président du Conseil général de la Nièvre (1964-1981), maire de Château-Chinon (1959-1981) et sénateur de la Nièvre (1959-1962).

L'opposition au général de Gaulle et la construction du Parti socialiste

Suite à la guerre d’Algérie, la IVe République est à l’agonie. Dès 1958, il devient l'un des principaux adversaires du général de Gaulle en soutenant le "non" à la Constitution de la Ve République. En 1959, survient l’affaire de l’Observatoire : en octobre, la voiture dans laquelle circule François Mitterrand est criblée de balles. Il se réfugie dans le jardin de l’Observatoire. Accusé d’avoir lui-même commandité l’attentat, il est à deux doigts de voir sa carrière politique s’achever.

Il crée la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui sera sa nouvelle « coquille » et qui regroupera toutes les forces de la gauche non communiste. En 1965, il conteste le retour de Charles de Gaulle en se présentant contre lui à l’élection présidentielle, qu’il perd avec 44,8 % des voix face à De Gaulle au 2e tour. Au Congrès d’Épinay, en 1971, François Mitterrand devient le premier secrétaire du Parti socialiste, qui réunit la gauche non-communiste. Il entreprend alors d’unifier la gauche en signant l’année suivante le Programme commun du gouvernement de la gauche avec les radicaux de gauche et le Parti communiste. En 1972, il signe avec les radicaux de gauche et le parti communiste le Programme commun de gouvernement de la gauche. Il entame alors une longue marche vers le pouvoir et perd une seconde fois la bataille pour l’Elysée, cette fois-ci face à Valéry Giscard d’Estaing.

L'accession à la présidence et les réformes du premier septennat (1981-1988)

La campagne présidentielle de 1981 marque un tournant dans la vie politique de Mitterrand qui entre à l’Elysée. François Mitterrand est élu Président de la République en 1981, puis réélu en 1988. Il est élu le 10 mai face au Président sortant Giscard d’Estaing.

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Devenu chef de l’État, Mitterrand fait de la culture une priorité budgétaire : initiative de la « Fête de la musique », loi sur les radios libres, Opéra Bastille… Durant son mandat, il applique son programme électoral des ‘‘101 propositions’’ : abolition de la peine de mort en octobre 1981, semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, instauration du RMI, retraite à 60 ans, et nationalisation des banques et des grandes sociétés. Autre action importante de son mandat : la décentralisation. Les régions voient leurs pouvoirs étendus, leurs conseils sont désormais élus au suffrage universel direct, facilitant ainsi les initiatives locales. Il lance aussi les grands travaux : pyramide du Louvre, l’Arche de la Défense, l’Opéra-Bastille et la Grande Bibliothèque.

La cohabitation et le second septennat (1988-1995)

En 1986, pressentant la défaite électorale de son camp, François Mitterrand instaure le vote à la proportionnelle. Lors des élections législatives, la droite ne remporte la majorité que de quelques sièges, sauf à compter sur l’apport du Front national qui fait à cette occasion son entrée au Palais-Bourbon. La France connaît alors sa première cohabitation. Jacques Chirac, son premier ministre, semble subir ses coups : Mitterrand refuse de signer certaines ordonnances remettant en cause les avancées sociales acquises depuis 1981. En 1988, les deux hommes s’affrontent à la présidentielle dans un débat demeuré célèbre. Mitterrand l’emporte.

Réélu le 8 mai 1988 face à son Premier ministre Jacques Chirac, son deuxième mandat sera marqué par de nombreuses affaires. Pendant ses deux septennats, François Mitterrand a dû faire face à deux périodes de ‘‘cohabitation’’ : la première de 1986 à 1988 avec le gouvernement de Jacques Chirac et la seconde de 1993 à 1995 avec Edouard Balladur. Au niveau international, il engagera la France lors de la première guerre du Golfe en 1990-1991 aux côtés des États-Unis et s’impliquera activement dans la construction de l’Union européenne avec les signatures des accords de Schengen et le succès du référendum sur le traité de Maastricht.

Fin de vie et décès

Pendant son second mandat, le président découvre qu'il est atteint d'un incurable cancer de la prostate. Il cache sa maladie en faisant publier de faux bulletins de santé, ce qui suscite la polémique au moment où la France découvre qu’il a une fille adultérine, Mazarine. La presse people révèle l’existence de Mazarine Pingeot, la fille que François Mitterrand a eue hors mariage avec l’historienne de l’art Anne Pingeot et qui a déjà 19 ans. C’est aussi l’année où, dans une interview donnée à France 2, François Mitterrand s’explique sur son passé vichyste et sa relation avec René Bousquet.

Deux ans avant que Mitterrand quitte l’Elysée, Gabriel Robin, ambassadeur de France, note, dans la Revue des Deux Mondes de 1993 : «Le double septennat de François Mitterrand s’achève. Une nouvelle cohabitation pourrait y ajouter un épilogue ; elle n’en changerait ni l’allure générale ni les résultats.

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François Mitterrand quitte l’Élysée en mai 1995 et partage son temps entre Paris et Latche. Atteint d’une longue maladie depuis plusieurs années, il lutte avec courage jusqu’au bout et s’éteint le 8 janvier 1996 des suites de son cancer de la prostate. Décédé le 8 janvier 1996, François Mitterrand a marqué la politique et la France en étant le premier Président socialiste élu sous la Ve République.

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