Cheikh Ahmadou Bamba, également connu sous le nom de Serigne Touba, est une figure emblématique de l'histoire sénégalaise et de l'islam soufi. Né en 1853 à Mbacké, dans l'ouest du Sénégal, il est le fondateur de la confrérie soufie des Mourides, qui compte aujourd'hui des millions de membres à travers le monde.

Naissance et Premières Années

Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (Cheikh Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ḥabīb Allāh), affectueusement appelé Khadimou Rassoul par ses compatriotes, est né à Mbacké, une ville fondée par son arrière-grand-père Maharame Mbacké dans le royaume de Baol. Fils de marabout de la confrérie de Xaadir (Qadiriyya), la plus ancienne du Sénégal, il était issu d'une lignée de marabouts. Son père, Momar Anta Sali Mbacké, était un savant respecté pour son enseignement de haut niveau. Sa mère, Mame Diarra Bousso, était reconnue comme une sainte.

Dès son plus jeune âge, Cheikh Ahmadou Bamba est initié à l'étude du Coran et des sciences islamiques. À l'âge de 7 ans, il fut confié à son oncle Serigne Mboussobé par son père afin d'apprendre le Coran. Ce dernier le confiera à Serigne Tafsir Mbacké Ndoumbé, l'oncle de sa mère, afin de compléter ses études coraniques. Il devient rapidement un maître spirituel respecté, et ses enseignements attirent de nombreux disciples.

Formation et Enseignement

Lorsque Tafsir Mbacké mourut, Cheikh Ahmadou Bamba retourna à l'école de son père qu'il ne quitta plus. Du vivant de son père, il versifia les écrits sur le Tawhid notamment Oum al barahim de Cheikh Abdallah Sanoussi qu'il intitula Mawahib al Qoddous. Cet ouvrage de 600 vers écrit pousse son père Momar Anta Saly à l'introduire dans le programme de son école. Le cheikh écrira d'autres livres parmi lesquels Tazawudou Cikhar (Le viatique des jeunes) et Jawharou Nafis (Le joyau précieux) qui est un commentaire en vers de l'imam Al Akhdari. Dans le soufisme, cheikh Ahmadou Bamba versifia Bidayat al Hidaya petit traité de l'Imam Ghazâli qu'il intitula Moulayyinou Soudour. Il composa également des odes et des panégyriques exclusivement dédiés à Allah et au prophète Mahomet.

Reprenant la charge de l'école de Mbacké après la mort de son père, il organise un système d'enseignement articulé autour de trois piliers : l'instruction (taalim), l'éducation (tarbiyya) et l’entraînement à la vie (tarqiyya). Le premier correspond à l'enseignement religieux et traditionnel des écoles coraniques alors que les deux autres répondent à des objectifs alors nouveaux. La taarbiyaa repose sur la soumission volontaire du mouride à un maître. Elle prévilégie l’action et vise à corriger les adeptes, par exemple en enjoignant à des « nobles » (geer) d'effectuer des tâches dévolues aux personnes castées (les ñeeño) afin de leur apprendre l'humilité. Elle comprend également des prêches et des échanges informels. Lors de la tarqiyya, qui marque la fin de l'enseignement, le disciple aide son marabout dans la gestion de son domaine, et celui-ci en retour l'introduit à la vie réelle, et lui apprend à se débrouiller face aux aléas du quotidien.

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Engagement pour la Paix et la Justice Sociale

Cheikh Ahmadou Bamba est surtout connu pour son engagement en faveur de la paix et de la justice sociale. Il prêche l'unité et la fraternité entre les différentes communautés religieuses et ethniques du Sénégal. Il s'oppose également de manière radicale à la domination coloniale française, ce qui lui a valu sa déportation au Gabon en 1895 où il passa sept années en détention.

Fondation de Touba et Développement du Mouridisme

En 1887, Cheikh Ahmadou Bamba fonde la ville de Touba, qui signifie "félicité" en arabe. Touba devient rapidement le centre spirituel du mouridisme et un lieu de pèlerinage important pour les musulmans du Sénégal et d'ailleurs.

Ahmadou Bamba resta à Mbacké Cayor pendant 2 ans dans le dessein d'aider les disciples de son père à approfondir leurs connaissances. Il rassembla l'ensemble de ces étudiants qui étaient dans une daara (école coranique) et leur dit : « si vous voulez juste étudier vous pouvez aller vers un autre dorénavant je resterais juste avec celui qui veut ce que je voudrais ». C'est la naissance de la mouridiyyah (la voie qui mène vers Allah).

Exil et Résistance Pacifique

En 1895, après avoir constaté que trop de personnes lui vouaient un serment d'allégeance, le gouverneur français Clément Thomas donna l'ordre à Cheikh Ahmadou Bamba de renvoyer ses disciples chez eux, mais ses directives demeurèrent sans effet. Après plusieurs tentatives infructueuses pour inviter le cheikh à se présenter à Saint-Louis, les convocations devinrent menaçantes mais ne donnèrent aucune suite. Ahmadou Bamba quitta Touba, pour s'installer à Mbacké Bari dans le Djolof à 50 km au nord de Touba en avril 1895. Il décide le 10 août 1895 d'aller répondre à la convocation du gouverneur en quittant Mbacké Bari et rencontre sur le chemin l'armée coloniale à Djéwol. Il est arrêté par cette dernière qui l'amène à Coki puis à Louga afin de prendre le train en direction de Saint-Louis. A Saint-Louis il est placé au siège du gouverneur de l'Afrique-Occidentale française (AOF). Le jeudi 5 septembre 1895, le conseil privé dirigé par le gouverneur général Louis Mouttet convoqua une assemblée à l'issue de laquelle la décision d'envoyer Cheikh Ahmadou Bamba vers le Gabon fut adoptée. Son frère Mame Thierno Birahim Mbacké supplée à son absence auprès de sa famille et de la communauté mouride.

L'administration coloniale justifie alors sa décision en affirmant : « Il ressort clairement du rapport que l'on n'a pu relever contre Ahmadou Bamba aucun fait de prédication de guerre sainte, mais son attitude, ses agissements, et surtout ceux de ses principaux élèves sont en tous points suspects. Il fut embarqué le 21 septembre 1895 dans un paquebot brésilien appelé Pernambuc à destination du Gabon où il passa 7 années dont 5 ans à Mayumba et 2 ans à Lambaréné. À Mayumba, il fut pratiquement livré à la nature dans des endroits inhabités, sans abri, ni nourriture, à la merci des bêtes sauvages, des intempéries des saisons de la région.

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Le 11 novembre 1902, le navire Ville de Maceio où avait embarqué cheikh Ahmadou Bamba, arriva à Dakar au bout de 15 jours de navigation. Il fut accueilli par ses disciples et acclamé par la foule2, alors que beaucoup pensaient qu'il était décédé. Il décida d'aller rendre visite à certains de ses disciples. Il fonda avec eux le village de Darou Marnane. Sa principale préoccupation dans cette zone était l'éducation spirituelle de ses talibés. À Darou Marnane beaucoup de gens vinrent lui rendre visite, de tous les coins du pays2. Ces mouvements de foule inquiétèrent à nouveau l'administration coloniale qui décida de l'arrêter, et de l'exiler en Mauritanie auprès d'un érudit maure, cheikh Sidia Baba. En 1904 à Sarsara, cheikh Ahmadou Bamba affirma avoir vu le prophète en veille et que ce dernier lui aurait remis son propre wird (la voie soufie karkariya). Cheikh Ahmadou Bamba resta en Mauritanie jusqu'au 26 avril 1907 soit 4 ans et reçut de l'administration coloniale l'autorisation de revenir au Sénégal. Dès son retour il fut assigné en résidence surveillée à Thiéyène. Après avoir obtenu l'autorisation de retourner au Baol par une lettre que le gouverneur général du Sénégal Henri François Charles Cor avait adressée au gouverneur de l'AOF William Merlaud-Ponty, cheikh Ahmadou Bamba quitte Thiéyène le 12 janvier 1912 pour arriver à Diourbel le 16 janvier 1912. Il s'installa en février 1913 sur un site choisi par lui même qu'il nommera la maison bénite (buuq'at al-mubâraka), ou en wolof Keur gou Mak.

Malgré son opposition à la colonisation, Cheikh Ahmadou Bamba prône la non-violence et la résistance pacifique. Il encourage ses disciples à travailler dur et à s'éduquer, tout en restant fidèles à leur foi islamique.

La Doctrine Mouride

La Mouridiyyah est une confrérie musulmane fondée par Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké au Sénégal au XIXe siècle. Sa doctrine repose sur la foi en Allah, la nécessité de vivre selon les valeurs de l'islam et l'importance de l'amour, du respect, de la solidarité, de la patience et de la persévérance. Les Mourides (adeptes de la Mouridiyyah) sont connus pour leur engagement communautaire, leur sens de la solidarité. Aujourd'hui la Mouridiyyah est considérée comme un pilier de la société sénégalaise, et joue un rôle important dans la vie économique, sociale et politique du pays.

Outre la fidélité à Dieu, cette voie du soufisme repose sur deux principes clés : le travail (Kasbu) et la prière. La doctrine est basée sur l'abnégation totale de soi en faveur de l'humilité et de la discipline. Le mouridisme est un parfait exemple de ce qu'est vraiment l'islam d'Afrique de l'Ouest : c'est une réponse à un monde opprimé, mélangé à une idéologie nationaliste africaine.

Héritage Spirituel et Temporel

Après 1910, les autorités françaises réalisent que Bamba ne désirait pas la guerre, ainsi puisque la doctrine de Bamba les servait, elles décident de collaborer avec lui. Pour sa contribution à la Première Guerre mondiale Ahmadou Bamba est honoré par le gouverneur, qui lui décerne en janvier 1919, le diplôme et la croix de chevalier de la légion d'honneur. Le marabout accepta le diplôme, mais refusa de porter la Croix de la légion d'honneur dans la mesure où ses principes religieux s'y opposaient. En 1921, le cheikh organisa publiquement pour la première fois l'anniversaire de son départ en exil.

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À son rappel à Dieu le 19 juillet 1927 à Diourbel, Cheikh Ahmadou Bamba laisse derrière lui un héritage spirituel et politique important, qui continue d'inspirer des millions de personnes à travers le monde. Son tombeau à Touba est un lieu de pèlerinage important pour les Mourides.

Cheikh Ahmadou Bamba meurt le mardi 19 juillet 1927 à son domicile de Diourbel. Son corps fut transporté par voiture le lendemain à Touba et fut inhumé dans sa maison, rattachée aujourd'hui à la grande mosquée de Touba4. Il fut remplacé officiellement par son fils aîné cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké à la tête de la confrérie mouride5.

Les Khalifes Généraux des Mourides

Après la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba, la confrérie des Mourides a été dirigée par une succession de khalifes généraux, tous descendants de Cheikh Ahmadou Bamba. Ces khalifes ont joué un rôle important dans le développement du mouridisme et dans la vie politique et sociale du Sénégal.

  1. Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké (1927-1945) : Le premier successeur de Cheikh Ahmadou Bamba naquit le 11 du mois de Muharram de l’an 1306 de l’Hégire, à Darou Salam, correspondant au 17 septembre 1888 de l’an romain. Les témoignages sur lui parlent d’un homme pétri de foi et d’initiative.
  2. Cheikh Mouhamadou Fadilou Mbacké (1945-1968) : Cheikh Mouhammadou Fadilou MBacké, fils du Cheikh Ahmadou Bamba, est né un vendredi du mois de Rajab en l’an 1306, jour anniversaire de l’ascension du Prophète Mouhammad (PSL). (correspond au 27 juin 1886 du calendrier grégorien). Il a encouragé le travail manuel, le défrichage, l’agriculture. C’est sous le khalifat de Cheikh Mouhammadou Fadilou MBacké que Touba eut ses premières infrastructures et que son visage actuel commençait à se dessiner. Sous son magistère la construction de la Grande mosquée de Touba a été achevée et inaugurée le 7 juin 1963. Le guide religieux a surtout réussi à donner une grande dimension au Magal de Touba en demandant à toute la communauté mouride de se rendre désormais dans la cité religieuse pour célébrer le Grand Magal. Cheikh Mouhammadou Fadilou étonnait par ses prières miraculeuses et son ouverture d’esprit. Travailleur, il fit de sa vie un exemple de vertu et un guide éclairé.
  3. Cheikh Abdoul Ahad MBacké (1968-1989) : Cheikh Abdoul Ahad MBacké, né en 1914 à Diourbel a été le 3e khalif de Touba d’août 1968 jusqu’à son rappel à ALLAH le 18 juin 1989. La naissance de ce premier enfant de l’après exil a suscité, selon la tradition, une vive émotion de la part du Cheikh qui lui prédit un destin hors du commun. Le fils de Sokhna Maryama Diakhaté et frère aîné de Serigne Chouhaïbou entama ses humanités coraniques sous la conduite de son oncle et érudit Serigne Hamzatou Diakhaté. Troisième Khalif de Serigne Touba, Cheikh Abdoul Ahad a continué l’œuvre de construction et de modernisation de Touba. Il s’affirma comme un bâtisseur et son Khalifa a surtout rimé avec développement prodigieux de la cité. Connu pour son culte de la vérité et du travail, sa rigueur et son langage tranchant, Cheikh Abdoul Ahad MBacké a mené une lutte farouche contre les manifestations profanes et tout ce qui éloigne l’homme d’ALLAH, conformémement au vœu du Cheikh Ahmadou Bamba de faire de Touba, un paradis sur terre pour le fidèle sincère. Cheikh Abdoul Ahad MBacké a aussi étendu ses actions dans l’enseignement.
  4. Cheikh Abdou Khadre Mbacké (1989-1990) : Cheikh Abdoul Khadr est né un 3ème jour du mois de Muharram de l’an en 1914 au village de Ndame. Il reçut à l’âge de 5 ans sa première formation coranique auprès de Serigne Abdou Rahmane Lô à Ndame (Dar alimou Kabir). Mais, c’est à Guédé, à quelques kilomètres de Touba, qu’il achève sa formation dans le domaine des sciences islamiques. Celui que l’on nomme «imam des imams» a pris le relais de Serigne Fallou en dirigeant la prière de vendredi à la grande mosquée deux décennies durant. Cheikh Abdou Khadre a laissé le souvenir d’un saint accompli.
  5. Cheikh Saliou MBacké (1990-2007) : Né le 22 septembre 1915 à Diourbel (de Sokhna Fatou Diakhaté), Cheikh Saliou MBacké est intronisé Khalif de Touba le 13 mai 1990, à la suite du rappel à ALLAH de son ainé Cheikh Abdou Khadr. Le cinquième Khalife des Mourides a mémorisé le Coran auprès de son oncle maternel Serigne Alassan Diakhaté. La vie de Cheikh Saliou a été surtout associée d’ascétisme, d’actes de dévotion, de détachement aux affaires mondaines et surtout du culte du travail. Humble et totalement désintéressé des choses de ce monde, Cheikh Saliou MBacké consacre essentiellement son action dans les institutions religieuses et les champs. Sous son magistère, il développa d’importants projets agricoles, des enseignements religieux. Serigne Saliou nous quitte douloureusement le 28 décembre 2007 pour rejoindre Serigne Touba.
  6. Serigne Bara Mbacké Falilou (2007-2010) : Appelé affectueusement El Hadji Bara, il est l’homonyme de Serigne Mouhamadou Lamine Bara MBACKE, fils de Cheikh AHMADOU BAMBA, qui lui inculqua une excellente éducation. C’est d’ailleurs sous sa férule qu’il mémorisa le Coran qu’il apprit, par la même occasion à calligraphier. A la même source il s’abreuva amplement de solides connaissances en sciences religieuses. Suivant en cela l’exemple de son père à l’égard de Serigne Touba, il a troqué auprès de Serigne Fallou le lien de sang qui les unissait contre le statut de talibé agrée. Très tôt attaché au service de son père il a eu à jouer des rôles divers comme chargé de mission ou homme de confiance dans beaucoup de missions qui demandent abnégation, engagement et courage. Il a également eu à jouer des rôles importants auprès de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, Cheikh Abdou Khadre et Serigne Saliou. Il a eu à se rendre à plusieurs reprises à la Mecque, en pèlerinage. Maniant avec aisance l’arabe comme le français, Serigne Bara est aussi connu pour sa perspicacité et son ouverture d’esprit. L’homme, pour ceux qui le connaissent, est réputé pour son assiduité aux prières du Vendredi, depuis l’inauguration, de la Grande Mosquée, un certain vendredi 7 juin 1963.
  7. Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké (2010-2017) : Né le 25 octobre 1925 à Mbacké Kadior, celui que l’on connaît aussi sous le nom de Cheikh Maty Lèye a suivi la formation théologique poussée qui sied aux héritiers de Touba. C’est son père Mouhamadou Lamine Bara Mbacké qui l’a initié au Coran avant de le confier à Mame Cheikh Awa Balla Mbacké, fils de Mame Thierno Mbacké à Darou Marnane. Puis, chez Serigne Mouhamadou Lamine Diop Dagana, un des proches du fondateur du mouridisme. Fidèle aux préceptes de son grand-père, ce soufi est aussi agriculteur et a consacré sa vie à l’étude des textes sacrés ainsi qu’à la mise en valeur des vastes exploitations agricoles qu’il possède dans la région de Touba. Son premier discours après sa désignation, en juillet 2010, a été l’occasion d’appeler à « la concorde entre confréries et à l’unité des musulmans ». Septième khalife général depuis la mort de Serigne Bara Mbacké Falilou, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké est aujourd’hui le dépositaire de la longue histoire croisée entre le pouvoir politique sénégalais et les confréries.
  8. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké (2017-Aujourd'hui) : Depuis 2017, Serigne Mouhamadou Mountakha, fils de Serigne Mouhamadou Bachir Mbacké (1895-1966), lui-même fils de Cheikh Ahmadou Bamba, est devenu le troisième petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba chargé de poursuivre l'oeuvre du fondateur de la Mouridiya. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké est né en 1933 à Darou Kayel près de Mboul. Serigne Mountakha a ouvert le Daara des homonymes de Sokhna Diarra Bousso, mère de Serigne Touba, à Porokhane. L'éducation et la connaissance constituent un sacerdoce pour lui, d'où son projet de création d'une université islamique qu'il a inaugurée le 06 février 2023. C'est également lui qui a inauguré la mosquée Massalikoul Jinan en 2019 à Dakar, une mosquée qui a coûté plus de 20 milliards de francs CFA.

Le Grand Magal de Touba

Chaque année, plusieurs centaines de milliers de disciples de Cheikh Ahmadou Bamba effectuent un pèlerinage dans la ville sainte de Touba en commémoration de son départ en exil au Gabon. Ce pèlerinage, organisé le 18 du mois lunaire de Safar et communément appelé Grand Magal de Touba, est l'occasion d'une fervente communion pour les pèlerins qui le considèrent comme le jour de leur salut.

La Grande Mosquée de Touba

La construction de la Grande Mosquée de Touba a commencé en 1926 et s'est achevée en 1963. Elle est l'un des monuments les plus importants du Sénégal et un symbole du mouridisme.

En 1917, le Serigne Bamba décide de faire construire une mosquée à Touba nommé la mosquée de Diourbel. Avec l'aide de ses fidèles, il réuni une somme totale de 10 000 dollars pour réaliser l'édifice religieux. La même année, le Cheikh A. Bamba trace avec son pied, l'emplacement de la future mosquée. Les premières fondations de la mosquée sont posées en 1932, quelques années après la mort de Serigne, par son fils aîné Cheikh Mouhamadou Moustapha. La construction est interrompue en 1941, lors de la Seconde Guerre Mondiale en raison de la difficulté d'acheminement des matières premières. Quatre ans plus tard, en 1945, le Cheikh Mouhamadou Moustapha meurt et comme son père il ne voit pas s'achever la mosquée. C'est son frère le Cheikh Muhammad Fadel (Serigne Fallou) qui conduit à sa fin les travaux en 1963.

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