Jean-Paul Albin, plus connu sous le nom de Paulo Albin, était une figure emblématique de la musique martiniquaise et antillaise. Son décès, survenu le mardi 19 novembre 2024 au CHU de Martinique, a laissé un vide immense dans le cœur de nombreux fans et admirateurs. Chanteur vedette du groupe La Perfecta, Paulo Albin a marqué plusieurs générations avec sa voix envoûtante et son rire communicatif. Cet article explore la vie et la carrière de cet artiste exceptionnel, de ses débuts avec La Perfecta à ses projets solo, en passant par son engagement en tant qu'enseignant et homme politique.
Les Débuts et l'Ascension avec La Perfecta
Paulo Albin a rejoint La Perfecta au début des années 1970, peu après la formation du groupe à Trinité. Il devient rapidement l'une des voix incontournables de cette formation, partageant la scène avec son complice Marius Priam et d'autres musiciens de talent. Ensemble, ils ont apporté une nouvelle touche à la musique antillaise, influençant de nombreux artistes.
La Perfecta, c'était plus qu'un simple groupe pour Paulo Albin. "Je suis La Perfecta et La Perfecta, c'est moi", disait-il avec amusement. Le groupe est devenu une famille, un lieu d'épanouissement et d'expression artistique. Dès qu'ils entendaient la Perfecta, les fans savaient qu'ils allaient entendre Paulo.
Le nom "La Perfecta" a été donné au groupe par Marcel Ravenet, un des chanteurs emblématiques, avec Daniel Ravaud. C'est Joujou Bangiola, la marraine, qui a décidé que ce serait la Perfecta. Depuis, le groupe tend vers une espèce de perfection.
L'Épanouissement Solo et les Collaborations
Après quelques dissensions avec le groupe, Paulo Albin a lancé son premier album solo en 1981. Le titre « Vagabond » a propulsé encore plus sa carrière. D'autres titres comme « La Divinité » et « Reste avec moi » sont également devenus des classiques.
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Parallèlement à ses prestations au sein de La Perfecta, Paulo Albin a trouvé le temps d’enregistrer plusieurs albums solos, réunissant des titres comme "Lucie", "Vagabond", "Si si ti Mamaye", "Pli Bel"…et bien d'autres. Il a aussi collaboré avec de nombreux autres musiciens et groupes, tels que le JM Harmony d’Emmanuel Granier, La Mafia de Jean-Michel Cabrimol et Simon Jurad, leader d'"Opération 78".
Un Artiste Engagé
Au-delà de sa carrière musicale, Paulo Albin était également enseignant de métier et engagé en politique. Il a été conseiller municipal, mettant ainsi ses compétences et son énergie au service de sa communauté.
Un Héritage Musical Inoubliable
Paulo Albin a laissé derrière lui un héritage musical inoubliable. Ses chansons ont bercé, fait danser plusieurs générations, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et au-delà. Sa voix unique, reconnaissable entre toutes par son timbre inaltérable, restera gravée dans les mémoires. Des titres comme "La Divinité", qu'il interprétait, restent encore l'une des chansons préférées de nombreuses personnes.
Selon Paco Man’Alma, le fils de Daniel Marie-Alphonsine, cerveau et ex-chef d’orchestre de la Perfecta, Paulo Albin est une "identité vocale indélébile". Il se rappellera de "Ayin" et d'autres chansons polémiques à l'image de sa personnalité, mais surtout de "La Divinité" et "Tout Bagay Paré", sous la direction de Daniel Marie-Alphonsine, des morceaux qui vont le porter au statut de voix masculine martiniquaise immortelle.
La Longévité et l'Infatigable Amour de la Scène
Infatigable, Paulo Albin aimait la scène. Il aimait son groupe, mais le quitte, à plusieurs reprises, pour mieux revenir. La dernière fois, c'était en 2015, pour lancer le "Paulo Albin All stars".
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Ce concert du 20 novembre au grand carbet du parc culturel Aimé-Césaire avait une autre saveur. La Perfecta, c'est comme la mer. Elle est toujours renouvelée. On ne s'en lasse jamais, on s'y habitue. Lorsqu'on ne la voit plus, on est un peu chagrin.
Les Hommages et la Reconnaissance
Le décès de Paulo Albin a suscité une vague d'émotion et d'hommages. L’exécutif régional a salué la mémoire d’une des plus belles voix de la Caraïbe, l’interprète de multiples tubes à succès dont La Divinité, Reste avec moi, de la Perfecta ou encore le morceau Vagabon, issu de son premier album. C’est une véritable figure de la musique martiniquaise et antillaise à la longévité énorme qui s’en est allée.
Jean-Pierre de la Kaz’Art se souvient de sa dernière scène en Guadeloupe, le 4 octobre dernier. Paulo était déjà souffrant, mais il lui a dit : « je vais exploser la Kaz’Art ». Il a eu des frissons, des larmes, car il sentait que Paulo transmettait des choses en public.
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