Considéré comme l'un des plus grands acteurs de l'histoire du cinéma, Paul Newman a marqué le septième art pendant plus de cinq décennies. Avec des rôles emblématiques dans des films tels que La Chatte sur un toit brûlant (1958), L'Arnaqueur (1961), Butch Cassidy et le Kid (1969) et L'Arnaque (1973), il a remporté de nombreuses distinctions, dont un Oscar du meilleur acteur pour La Couleur de l'argent (1986). Son regard bleu acier et son charisme naturel ont fait de lui un sex-symbol, mais c'était aussi un acteur engagé, un réalisateur talentueux, un pilote automobile passionné et un philanthrope généreux.
Jeunesse et formation : des planches à l'écran
Né le 26 janvier 1925 à Shaker Heights, dans l'Ohio, Paul Leonard Newman est le fils d'Arthur Samuel Newman, un directeur de magasin d'articles de sport d'origine juive, et de Theresa Garth, une femme d'origine slovaque. Alors qu'il est prédestiné par son père à reprendre l'affaire familiale, le jeune homme aborde son avenir d'une toute autre manière. Dès l'âge de sept ans, il se produit sur scène dans des pièces de théâtre organisées par son école. À seulement 10 ans, il joue au Cleveland Play House dans la pièce Saint George and the Dragon. Cette première expérience confirme son désir de se lancer dans une carrière d'acteur.
Alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, Paul Newman décide de devenir pilote pour l'armée américaine et s'inscrit au programme de formation Navy V-12 à l'Université de Yale. Une ambition qu'il abandonnera rapidement, apprenant notamment qu'il est daltonien. Il prendra, malgré tout, part à la guerre du Pacifique de 1943 à 1945, en tant que radio-mitrailleur d'un bombardier-torpilleur Grumman TBF Avenger.
Une fois la guerre terminée, Paul Newman retourne sur les bancs de l'école et obtient son Bachelor of Arts en théâtre et économie au Kenyon College de Gambier en 1949. Une fois diplômé, le jeune homme rejoint plusieurs troupes de théâtre à l'instar des Belfry Players, ou encore les Woodstock Players. Il intègre ensuite, en 1951, l'école d'art dramatique de Yale, dans le Connecticut, pendant un an. Une fois formé, le comédien en devenir décide de poser ses bagages à New York, accompagné de son épouse Jackie Witte, et intègre l'Actor Studio auprès de Lee Strasberg. Il monte ensuite sur scène à Broadway et lance réellement sa carrière d'acteur. Il s'illustre notamment dans des pièces comme Picnic (1953) ou encore The desperate Hours (1955), qui vont lui permettre de se faire un nom dans le milieu.
En parallèle, le jeune Paul Newman tente de lancer sa carrière sur le petit écran, mais ne décroche que de petits rôles de figuration dans des séries telles que Tales of Tomorrow ou encore Appointment with Adventure. Il faudra attendre 1954 pour que Paul Newman réussisse à se faire une place dans le milieu très prisé de Hollywood.
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L'ascension cinématographique : une étoile est née
En 1954, le comédien, habitué aux planches, décroche enfin son premier grand rôle dans le long-métrage signé Victor Saville, Le Calice d'argent. Aux côtés de Pier Angeli, il prête ses traits au personnage de Basil, un jeune sculpteur qui cisèle un calice d'argent destiné à recevoir la coupe dans laquelle Jésus but le soir de la Cène. Bien qu'il ait détesté sa propre performance dans ce film, il décroche le Golden Globe de la révélation masculine de l'année.
L'année suivante, il est à l'affiche du film Marqué par la haine de Robert Wise où il devient boxeur professionnel pour l'occasion. L'année suivante, il retrouve sa partenaire de jeu de Picnic, Joanne Woodward, dans le drame Les Feux de l'été, signé de Martin Ritt. Un réalisateur qui le dirigera dans d'autres films par la suite, à l'instar de Paris Blues (1961), Le Plus Sauvage d'entre tous (1963), L'Outrage (1964) ou encore Hombre (1967).
Il continue son ascension cinématographique en décrochant, en 1958, le rôle de Brick Pollitt, un homme tourmenté, dans le film La Chatte sur un toit brûlant. Sa performance, face à Elizabeth Taylor, le propulse au rang de superstar, et il devient rapidement l'un des acteurs les plus recherchés de sa génération. Son interprétation fait à nouveau l'unanimité, et lui vaut sa première nomination à l'Oscar du meilleur acteur. Oscar qu'il décrochera quelques années plus tard, lors de la 59e cérémonie des Oscars, pour le film La Couleur de l'argent, signé du grand réalisateur Martin Scorsese.
Tout au long de sa carrière, Paul Newman apparaît dans plus de 58 films, dont les plus célèbres sont Le Rideau déchiré (1966), Luke la main froide (1967), Butch Cassidy et le Kid (1969), L'Arnaque (1973), La Tour infernale (1974), Le Policeman (1981), Le Verdict (1982), Le Grand Saut (1994) ou encore Les Sentiers de la perdition (2002) où il donne la réplique à un autre monstre du cinéma : Tom Hanks.
Derrière la caméra : un réalisateur engagé
Mais il n'y a pas qu'en tant qu'acteur que Paul Newman marque l'univers du septième art. Fasciné par ce monde, il décide de le marquer également grâce à sa réalisation. En effet, après avoir proposé un premier court-métrage sur les méfaits du tabac en 1959, intitulé On the harmfulness of tobacco, il décide de se lancer dans un projet plus ambitieux : la réalisation d'un film. C'est ainsi qu'est née l'idée du film Rachel, Rachel.
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Sorti en 1968, Rachel, Rachel, portée notamment par la femme de Paul Newman - Joanne Woodward -, fait sensation. Il est nommé pour l'Oscar du meilleur film, mais ce dernier reviendra finalement au long-métrage Oliver ! de John Woolf. Paul Newman décrochera tout de même le Golden Globe du meilleur réalisateur. Il réalise ensuite Le Clan des irréductibles (1971), De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (1972), L'Affrontement (1984) et La ménagerie de verre (1986).
Passion automobile : une autre carrière
C'est en 1968, à l'occasion du film Virages, que Paul Newman découvre réellement la compétition automobile. En effet, il se glisse dans la peau d'un pilote des 500 miles d'Indianapolis pour l'occasion, et se prend de passion pour ce sport. Il met alors à profit sa célébrité pour devenir pilote automobile et parvient à se hisser à la deuxième place des 24 heures du Mans édition 1979. Plus tard, en 1995, il remporte une victoire de catégorie lors des 24 heures de Daytona.
L'engouement de Paul Newman pour la course automobile se renforce réellement en 1978, lorsque l'acteur décide de créer sa propre écurie de CanAm. En 1983, il associe son écurie de CART/Champ Car avec Carl Haas, figure populaire du sport automobile américain.
Vie privée : un homme engagé
La vie sentimentale de Paul Newman a été rythmée par plusieurs relations. En 1949, l'acteur épouse Jacqueline Emily Witte, avec qui il aura trois enfants : Scott - qui décèdera à l'âge de 28 ans des suites d'une surdose -, Susan Kendall et Stephanie. Malheureusement, le couple divorce en 1958.
La même année, il dit "oui" à sa partenaire de jeu, Joanne Woodward. Le couple accueille à son tour trois enfants, trois filles : Nell, Melissa et Claire Olivia. Le couple restera ensemble jusqu'au décès de l'acteur en 2008. Pour sa 66e édition, le festival de Cannes a mis Paul Newman et Joanne Woodward à l'honneur en les choisissant pour figurer sur l'affiche officielle de l'événement. Un couple mythique à Hollywood qui a beaucoup partagé, à la ville comme à l'écran.
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En plus d'être un acteur bourré de talent, Paul Newman a toujours été un homme d'engagement et un véritable philanthrope. En 1980, il fonde le Centre Scott Newman - en hommage à son premier enfant - qui vise à aider les personnes toxicomanes ou alcooliques. Deux ans plus tard, il crée la marque de produits alimentaires Newman's Own dont les bénéfices sont versés à des organismes qui prennent en charge les enfants atteints du cancer ou de maladies du sang. L'acteur est également très actif dans le domaine de la défense des droits civiques. En 1968, il devient délégué du Connecticut à la convention du Parti démocrate.
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