Niels Henrik David Bohr, né le 7 octobre 1885 à Copenhague (Danemark) et décédé le 18 novembre 1962 dans la même ville, était un physicien danois dont les travaux ont profondément marqué la physique atomique et la mécanique quantique. Ses contributions fondamentales lui ont valu une place parmi les plus grands savants, aux côtés de Newton et Einstein.
Une Biographie Marquée par la Science et l'Engagement
Niels Bohr est né dans une famille bourgeoise de Copenhague. Son père, Christian Bohr, était professeur de physiologie à l'université, et son frère, Harald Bohr, était un mathématicien de renom. Il obtint son doctorat à l'université de Copenhague en 1911. Il a ensuite travaillé à Cambridge avec Ernest Rutherford.
Sa carrière fut ponctuée de découvertes majeures. Célèbre pour sa participation à la création de la mécanique quantique, il reçoit le prix Nobel de Physique en 1922 pour ses études sur la structure des atomes et les radiations qui en proviennent.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bohr fut contraint de fuir le Danemark occupé. Il se rend aux États-Unis pour poursuivre ses recherches à l'abri du conflit. Après la guerre, il rentre à Copenhague.
Bohr fut un des premiers à montrer les dangers qu'impliquait l'emploi des armes nucléaires et à préconiser une politique fondée sur un franc et large échange d'informations entre les nations. Après la guerre, il prit une part active à l'organisation de la recherche scientifique tant au Danemark qu'au niveau européen, tout en continuant à exercer une influence profonde sur le développement de la physique atomique et nucléaire. Il participe à la création du CERN (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire), qui a pour objectif de relancer la recherche européenne en physique au lendemain de la guerre.
Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso
Les Premiers Pas dans la Physique : De l'Électromagnétisme Classique à l'Insuffisance
Dans sa thèse de doctorat, soutenue en 1911 à l'université de Copenhague, Bohr a appliqué la théorie classique des électrons à l'interprétation des propriétés des métaux. Il démontra ainsi les limites de l'électromagnétisme classique dans ce domaine.
Son séjour au laboratoire de Rutherford à Manchester, de 1912 à 1916, fut déterminant. C'est là qu'il jeta les bases, en 1913, d'une théorie de la constitution des atomes et des molécules. Il rompit délibérément avec les théories classiques. Cette théorie incorporait à la fois le modèle d'atome nucléaire proposé par Rutherford en 1911 et la notion de quantum d'action introduite par Planck en 1900. Dans la théorie de Bohr, le rôle du quantum d'action, exprimé par les postulats quantiques, était d'assurer la stabilité des édifices atomiques et de régler le mécanisme de leur interaction avec le rayonnement électromagnétique.
Le Modèle Atomique de Bohr : Une Révolution Conceptuelle
En 1913, Niels Bohr a proposé son modèle atomique révolutionnaire. Ce modèle décrit l'atome comme un noyau central autour duquel gravitent des électrons sur des orbites circulaires spécifiques, ou couches d'énergie. Les orbites les plus éloignées du noyau comprenant le plus d'électrons, ce qui détermine les propriétés chimiques de l'atome. Les électrons ont la possibilité de passer d'une couche à une autre, émettant ou absorbant un photon.
Selon Bohr, l’atome est constitué d’un noyau fixe autour duquel gravitent des électrons placés sur des orbites circulaires stables. Sur une orbite donnée, l’énergie de l’électron ne varie pas et l’électron ne peut perdre ou gagner de l’énergie qu’en passant sur une autre orbite : il émet alors un quantum d’énergie, le photon. Ce modèle permet d’aborder la quantification des niveaux d’énergie.
Ce modèle, bien que simplifié par rapport aux théories actuelles, a permis d'expliquer les raies spectrales de l'hydrogène et a jeté les bases de la mécanique quantique. Sa théorie lui vaut l'intérêt des plus grands comme Albert Einstein et elle sera d'ailleurs confirmée expérimentalement un peu plus tard. Les deux physiciens se rencontreront à de multiples reprises entre 1927 et 1935 afin de discuter de leurs désaccords concernant la théorie quantique. Ces échanges seront la base des "Écrits philosophiques" publiés par Bohr.
Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition
Perfectionnement de la Théorie Atomique et Principe de Correspondance
De 1913 à 1924, Bohr se consacra au perfectionnement de sa théorie atomique, sans toutefois parvenir à lui donner une forme entièrement satisfaisante. Néanmoins, en faisant adroitement usage d'un principe de correspondance entre les comportements quantique et classique des systèmes atomiques, il réussit à interpréter les principales caractéristiques des spectres atomiques ainsi que les régularités physiques et chimiques exprimées par le tableau périodique des éléments.
En 1923, il affine le principe de correspondance, qu’il utilise largement dans son article de 1913 : le comportement d’un système décrit par les lois de la physique quantique obéit aux lois de la physique classique si le système est suffisamment grand.
Ainsi, il préparait la voie qui devait finalement aboutir, en 1925, à la formulation d'une mécanique quantique rationnelle, formulation essentiellement due à Heisenberg.
Le Principe de Complémentarité : Une Nouvelle Façon de Comprendre la Réalité
La structure toute nouvelle de cette théorie soulevait des problèmes épistémologiques, à l'élucidation desquels Bohr consacra dès lors un effort prolongé. En 1927, pour trouver un consensus entre la formulation de Heisenberg et celle de Schrödinger de la mécanique quantique, il énonce le principe de complémentarité onde-corpuscule.
L'idée maîtresse de complémentarité entre les aspects mutuellement exclusifs que présentent les phénomènes quantiques lui permit dès 1927 d'asseoir définitivement la théorie sur une base logique suffisamment large. Bohr introduit également le principe de complémentarité qui permet d’appréhender les phénomènes physiques apparemment contradictoires de la mécanique quantique. Si des objets sont analysés séparément, les analyses peuvent faire conclure à des propriétés apparemment contraires mais qui, en mécanique quantique, sont en fait complémentaires. Par exemple, les physiciens pensent que la lumière est à la fois une onde et un faisceau de particules, les photons.
Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet
Il se préoccupa ensuite d'étendre la portée de l'idée de complémentarité aux domaines les plus divers de la pensée.
L'Institut de Copenhague et les Recherches sur le Noyau Atomique
À partir de 1916, Bohr fut attaché à l'université de Copenhague, dès 1920, comme directeur de l'Institut de physique théorique nouvellement créé à son intention. Il occupa ces fonctions jusqu'à sa mort, et fit de son institut un centre mondial de la recherche en physique atomique.
Niels Bohr est le fondateur de l’Institut de Physique Théorique de Copenhague, qui a formé une pléiade de jeunes scientifiques comme Heisenberg, Pauli, Dirac, Fermi, Oppenheimer, Gamow, Landau.
Dès les années trente, l'activité de l'Institut de Copenhague s'orienta vers l'étude des noyaux atomiques. En 1936, Bohr mit en évidence un des mécanismes les plus importants des réactions nucléaires, fondé sur la formation, à partir des particules entrant initialement en interaction, d'un noyau composé de vie moyenne relativement longue, et pouvant se désintégrer pour donner d'autres noyaux au stade final de la réaction.
tags: #date #de #naissance #de #niels #bohr
