Micheline Presle, née Micheline Chassagne le 22 août 1922 à Paris et décédée le 21 février 2024 à Nogent-sur-Marne à l'âge de 101 ans, fut une figure emblématique du cinéma français. Son parcours exceptionnel, marqué par des succès précoces, une parenthèse américaine et une longévité artistique remarquable, témoigne de sa passion et de son engagement envers le 7ème art.

Une enfance parisienne et des débuts prometteurs

Fille d’un courtier et d’une artiste peintre, Micheline Chassagne voit le jour le 22 août 1922 dans le 5e arrondissement de Paris. Enfant, elle fréquente assidûment les salles obscures avec sa mère, développant ainsi une passion pour le cinéma. À 15 ans, elle fait de la figuration dans La Fessée (1937) de Pierre Caron et est admise au Cours Raymond Rouleau.

Après quelques apparitions dans d’autres films, elle est choisie pour interpréter le rôle principal dans Jeunes filles en détresse (1939) de Georg Wilhelm Pabst. Ce personnage lui permet de faire décoller sa carrière et de trouver son nom de scène en adoptant le patronyme Presle, de l’héroïne Jacqueline Presle qu'elle incarne.

L'ascension d'une étoile dans les années 40

Dès lors, l’actrice enchaîne les rôles de jeunes premières ingénues : Paradis perdu (1940), La Comédie du bonheur, Parade en sept nuits, La Belle aventure et devient une star en France. Sous l’Occupation, Micheline Presle joue sous la direction de Marcel L’Herbier et Marc Allégret. Contrairement à nombre de ses collègues, elle ne tourne pas dans les productions de la Continental, la société mise en place par l’occupant, et ne fait pas le voyage de Berlin.

Les années 40 la voient devenir une grande vedette du cinéma français. Jeune fille ou jeune femme, parfois hésitant entre les deux, elle trouve les meilleurs rôles de cette période sous la direction de Jacques Becker et Claude Autant-Lara. Pour le second, elle est à jamais Marthe dans Le diable au corps (1947), d’après le roman de Raymond Radiguet, avec Gérard Philipe, alors débutant, et que Micheline Presle avait réussi à faire engager. L'immense succès de Paradis perdu, qui sort après la défaite de juin 1940, fait de la jeune femme une vedette de première grandeur.

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Au lendemain de la guerre, elle casse son image de jeune fille sage avec le rôle-titre de la prostituée au grand cœur dans Boule de Suif (1945) de Christian-Jaque, qui a été tourné dans l’atmosphère patriotique du moment.

L'aventure américaine et le retour en France

Hollywood propose alors un contrat à Micheline Presle. L’actrice rejoint les studios, mais sa carrière américaine est un coup d’épée dans l’eau et elle ne fait rien de marquant, à l’exception de Guérillas (1950). À la fin des années 1940, Micheline Presle s’installe aux États-Unis où elle rencontre William Marshall dont il a un fils, Mike. Ils se marient en 1950 et ont une fille, Tonie Marshall, qui deviendra réalisatrice.

De retour en France en 1953, Micheline Presle se maintient en tête d’affiche mais ne retrouvera pas son statut des années 40. Pourtant, elle bouleverse dans L’amour d’une femme (1954) de Jean Grémillon. Dans ce beau film féministe, en avance sur son temps, elle incarne une femme médecin qui s’installe sur une île bretonne, et doit faire face à un dilemme professionnel et sentimental. Des années 50, on peut retenir aussi sa composition de Madame de Pompadour dans Si Versailles m’était conté (1954) de Sacha Guitry, et le polar britannique L’enquête de l’inspecteur Morgan (1959) de Joseph Losey.

La consécration télévisuelle et la diversité des rôles

Peu à peu elle renoue avec le succès, mais c’est son rôle dans la série Les Saintes Chéries (1968), aux côtés de Daniel Gélin, qui lui permet de renouer avec le public. Extrêmement populaire, elle ne quitte plus le devant de la scène, alternant entre cinéma, théâtre et télévision.

En 1970, elle rencontre Jacques Demy qui la sollicite pour Peau d’âne et l’année suivante, elle apparaît dans Les Pétroleuses, aux côtés de Claudia Cardinale et de Brigitte Bardot. Toujours insatiable Micheline PRESLE souhaite encore se mettre en danger, et tenter des choses, c’est ainsi qu’on a pu la voir dans des films plus sombres comme Mauvais Genre, mais a su également nous faire rire dans Chouchou avec Gad ELMALEH. En 2007 elle tourne avec son ami de toujours Jean-Claude BRIALY, dans Vous êtes de la police ?

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Les dernières années et l'héritage

Durant les années 90, elle tourne un peu peu moins, choisissant ses rôles avec beaucoup de soin. Elle apparaît cependant dans les longs-métrages de sa fille, Tonie Marshall : Vénus Beauté, France boutique et Tu veux ou tu veux pas. Ce film lui offrit son dernier personnage de fiction. Elle fit sa dernière apparition à l’écran en 2016 dans un documentaire de Frédéric Sojcher dont le titre résumait bien les décennies passées : Je veux être actrice.

Micheline Presle est décédée à 101 ans le 21 février 2024 à la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne. Elle laisse derrière elle une filmographie riche et variée, témoignant de son talent et de sa passion pour le cinéma. Son héritage perdure à travers ses nombreux films et son influence sur le cinéma français.

Vie privée

Côté cœur, après un premier mariage avec Michel Lefort, elle épouse le réalisateur William Marshall en septembre 1949. Ensemble, ils ont une fille, la réalisatrice Tonie Marshall, née en 1951.

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